AccueilLa UNEL’offrande de Saïed pour la réussite de son référendum plébiscitaire?

L’offrande de Saïed pour la réussite de son référendum plébiscitaire?

Novembre 1987, Ben Ali l’avait épargné de l’échafaud que lui voulait Bourguiba, et aurait même par la suite fait fuir Rached Khriji à travers la frontière algérienne. Quelques mois plus tard, l’organisation militaire d’Ennahdha tentait de renverser Zine El Abidine Ben Ali par un missile « Stinger » qui devait toucher l’hélicoptère présidentiel en novembre 1987, à l’occasion de la Journée de la terre que devait inaugurer ZABA. Au pouvoir dès 2012, le bilan, tant politique qu’économique, d’Ennahdha a imposé le choix de Kais Saïed, l’antisystème que le parti islamiste avait même préféré au candidat Nabil Karoui. Retour du boomerang, Ghannouchi s’était d’abord retrouvé devant les barreaux de l’ARP par la volonté du même Saïed, puis peut-être, carrément derrière les barreaux par la volonté d’un peuple musulman déçu par l’expérience de l’islamisme politique.

Juillet 2022, Kais Saïed devenu chef de tout l’Etat tunisien offre, pour ainsi dire « la tête » du gourou des islamistes tunisiens en cadeau pour le prochain « Oui » au référendum sur l’autel de « SA » constitution qui résonne déjà comme un plébiscite multi-mandats. Et c’est une semaine, jour pour jour, avant ledit référendum, en effet, toujours aussi bien sapé sous les flashs des journalistes, l’œil torve, escorté de ses gardes et suivi  par quelques supporters, l’ancien président de l’ARP gelée, Rached Ghannouchi s’avançait en direction du pôle judiciaire antiterroriste à Tunis.

  • Khriji en justice. Pour la symbolique ou pour l’exemple ?

Ghannouchi qui n’excluait pas déjà d’être mis aux arrêts, et considérait cela « chose normale » dans un récent entretien avec « Al Arabi Al-Jadid », devrait répondre aux questions du juge d’instruction chargé de l’affaire « l’association Naama » où il est soupçonné, notamment, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, ce que récuse le parti islamiste tunisien.

Le même jour et à la même occasion, son service de presse rendait public un communiqué où il se disait victime du « coup d’Etat du 25 juillet » 2021, et faisait plaidoyer des réalisations de son parti politique et rendait hommage à ses « sacrifices » pour la construction de la démocratie.

Pierre angulaire de tout l’appui populaire au « renversement de la situation politique » le 25 juillet 2021 par l’alors président Kais Saïed qui deviendra par la suite chef de tout l’Etat, la sortie d’Ennahdha de l’arène politique tunisienne reste, depuis, la seule vraie demande populaire qui fait l’unanimité chez toute la classe politique tunisienne. A différentes reprises, des dirigeants d’Ennahdha avaient fait l’objet de mesures, administratives et judiciaires privativesde liberté. Tous étaient cependant sortis libres.

  • Ghannouchi connaîtra-t-il le même sort que Bhiri ?

Le cas de l’ancien député islamiste et vice-président d’Ennahdha, Noureddine Bhiri, avait été le plus « spectaculaire ». Mais avant lui, il y avait eu aussi la mise momentanée sous résidence surveillée d’Anouar Maarouf. L’ancien chef de gouvernement d’Ennahdha Hammadi Jbali s’était d’abord organisé une fausse arrestation en mai dernier lorsqu’il avait insisté pour accompagner sa femme arrêtée par la brigade économique. Jbali figurera par la suite sur la liste des suspects dans l’affaire en cours de l’association Naama, en plus de l’ancien ministre des AE et gendre de Ghannouchi, Rafik Bouchlaka, sa femme Soumaya, et son beau-frère Mouadh. D’autres accusations, nettement plus lourdes mais jamais officialisées, pèsent sur des dirigeants du parti islamiste tunisien, comme dans les affaires de assassinats politiques et ledit appareil secret, n’ont jamais abouti devant la justice. L’ancien chef d’Etat tunisien Feu Béji Caïed Essebssi, avait parlé des lourds soupçons dans ces dossiers, sans jamais mettre les points sur les i, ni les noms devant les accusés. Son successeur Kais Saïed ne fera pas mieux, préférant mettre en cause la justice et les juges pour les balayer plus tard au karcher.

Et c’est tout cela qui conduit à un sentiment diffus ailleurs que chez les pro-Saïed, que ce dernier ne franchira pas-volontairement ou à cause des juges- le Rubicon d’une guerre totale avec le parti islamiste tunisien. D’autres grosses têtes d’Ennahdha avaient déjà franchi les portes de la justice et en étaient sorties. Friedrich Nietzsche écrivait déjà en 1888 que « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». حلل وناقش disaient les questions de nos examens du Secondaire! Nous, on dit tout cela, on ne dit rien, comme diraient « Les Bronzés » de la troupe « Les Splendides » !

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1 COMMENTAIRE

  1. Y a-t-il justice en Tunisie ? Je ne pense pas, elle est faible et reste encore sous le regard et le contrôle d’Ennahdha, si non comment peut-on expliquer la sortie libre de la justice d’un gan comme BHRI et sa femme après avoir été retenu par la police. Ghannouchi suit la même trajectoire que son ami BHIRI, il sortira indemne et renforcé face à Said très fort seulement en parletta mais l’action demeure absente. En un mot, le peuple tunisien veut la tête de Ghannouchi quelque soit le prix, il veut aussi récuprer l’argent qu’ils ont volé vidant ainsi les caisses de l’Etat. Le peuple demande à Said de passer à la justice toute la mafia des traîtres qui a détruit le pays (Ennahdha, Al Karama,….) cas par cas. Il est temps de mettre de l’ordre dans ce pays si non, cette mafia va l’absorber, un rêve tunisien qui s’efface pour le long. terme.

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