AccueilLa UNEL'UGTT met la barre haut au gouvernement, qui finit par céder

L’UGTT met la barre haut au gouvernement, qui finit par céder

Il y a des moments, où on est en droit de se demander si l’omnipotent syndicat ouvrier connaît très bien la réalité profonde de la situation économique et financière du pays dont il tire ses propres ressources financières, ou s’il fait simplement acte de déni de tout cela.

Ne sait-il pas, par exemple, que le salaire est une simple redistribution des richesses, créées par le travail ? Ne sait-il pas que le PIB est la valeur totale de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques résidant à l’intérieur d’un pays, et que celui de la Tunisie n’est plus créateur d’emplois depuis belle lurette,  alors que pour l’augmenter, il faut travailler plus et mieux, quitte à gagner temporairement moins comme l’ont fait récemment les Grecs ?

  • Une prochaine augmentation de 5 % pendant 3 ans pour les fonctionnaires et les EP

Ne sait-il pas que « le niveau de vie fait référence à la qualité et quantité des biens et services qu’une personne ou une population entière peut s’approprier et est en lien avec ses revenus et son patrimoine ».  Ne sait-il pas que « l’inflation est définie comme l’accroissement excessif des instruments de paiement (billets de banque, capitaux) entraînant une hausse des prix et une dépréciation de la monnaie » ? On trouve pourtant tout cela sur tous les moteurs de recherche !

Mais force est aussi de constater que certains ministres et responsables tunisiens arrivent à faire fi de toutes ces notions, sous la pression de l’UGTT. Cette dernière arrive toujours à ses fins, à leur faire prendre les vessies pour des lanternes, et lui donnent ce qu’elle demande.

Aux dernières nouvelles des négociations à huis-clos à La Kasbah, ce serait une augmentation de 5 % pendant 3 ans, durant lesquels le budget  accordera une augmentation d’un peu plus de 100 DT par mois (cas pratique d’un cadre catégorie A1), aux fonctionnaires, aux agents des entreprises publiques, et par effet induit, une revalorisation des retraites des agents de ces deux catégories. L’UGTT, c’est sa manière de négocier, avait auparavant placé la barre plus haut dans son dernier document des réformes qu’elle avait remis le 1er septembre 2022. La stratégie rapporte, et le gouvernement qui s’est toujours dit en gros mal d’argent, cède ! Le secteur privé ne saurait tarder à faire au moins de même ! 

  • L’UGTT voudrait appauvrir les pauvres

Sinon, comment expliquer que dans le document que l’UGTT oppose à celui du gouvernement de Najla Bouden pour redresser l’économie, « un engagement triennal du gouvernement Bouden », sans aucun engagement de quelque nature que ce soit de la part des syndicats, de « maintenir l’évolution de la masse salariale à un niveau inférieur à celui du PIB, et que cette évolution soit au moins égale à l’inflation ». Actuellement, la croissance du PIB est de 2,5 % et l’inflation est de 8,6 %. Que ferait l’UGTT de cette quadrature du cercle ? Ou est-ce que ses éminents économistes ne connaissaient pas ces chiffres ?

L’UGTT exige aussi une négociation des augmentations salariales, surtout à travers la réforme fiscale, et notamment la révision de l’amnistie fiscale pour les revenus de 5.000 DT. Ils sont déjà tellement pauvres que l’Etat les exempte de Fisc, mais l’UGTT veut les appauvrir encore plus. Elle exige aussi, et de façon immédiate, l’interdiction du double emploi. Il ne fait aucun doute que si, contrairement à l’Etat, le Tunisien n’est pas encore en banqueroute, c’est que ce sont  la débrouillardise et le double travail qui l’aident à développer cette résilience à la crise, des prix et de l’emploi.

  • L’UGTT contre l’entreprise, sauf si elle est publique

L’UGTT propose aussi « une lutte contre la fuite des subventions, en dehors des familles tunisiennes ». Le mot « tunisiennes », n’est pas fortuit, dans la mesure où il y a des secteurs d’activité, comme l’hôtellerie et la restauration pour ne citer que ceux-là, qui vivent indirectement de cette subvention, notamment pour le pain, les pâtes, le sucre et les carburants. Une subvention, qui impacte pourtant leurs coûts de production et leurs prix de vente. Et d’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le document de l’UGTT demande une « annulation progressive de la compensation des carburants pour les secteurs productifs », i.e les industriels qui consomment la haute et la moyenne tension. Cela impactera pourtant, comme semble l’ignorer l’UGTT, les coûts de production et les prix, domestiques et à l’export, et partant, l’exportation et l’emploi dans ces unités industrielles.

Pour les entreprises publiques, l’UGTT réclame « la création d’un fonds de restructuration financière », sans dire comment et d’où pourraient provenir ses moyens pour un Etat « يشهق ما يلحق». Et comme si elle voulait, indirectement grossir la liste des entreprises publiques, l’UGTT demande la « dissolution » pure et simple d’Elkarama Holding, pourtant chargée de trouver des ressources supplémentaires au budget de l’Etat par la vente des meilleures confisquées.

  •   Une ISF, pourquoi pas, mais à quel moment on est considéré fortuné ?

A l’actif de ce document, populiste, l’impôt sur la fortune bien que ce ne soit pas une si mauvaise chose et qu’il faudrait trouver la bonne procédure de fixation du seuil de richesse et vérifier plus durement les déclarations de certains métiers. Mais aussi des idées parfois irrationnelles et contradictoires, comme cette demande de réviser l’impôt pour les grandes surfaces en oubliant toujours l’impact sur les prix et le coût de la vie.

On peut cependant citer cette bonne demande d’investir dans la modernisation et la numérisation de l’administration fiscale, comme celle de la retenue à la source ou la TVA, la régularisation des dettes cumulées, ou encore la fin du système de l’impôt forfaitaire, et l’élargissement de l’assiette fiscale.

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