Tags Posts tagged with "inflation"

inflation

par -

Selon les données définitives publiées jeudi par l’Insee, l’inflation s’est stabilisée à 2,0% sur un an en juin en France, soit un rythme moindre qu’estimé initialement mais qui reste le plus élevé depuis août 2012, relate Reuters.

L’institut avait fait état d’une hausse de 2,1% dans sa première estimation publiée fin juin, après les +2,0% de mai.

L’Insee a révisé de même à la baisse l’évolution sur un an de l’indice des prix harmonisé IPCH, qui permet des comparaisons avec les autres pays de la zone euro, à +2,3%, là encore un plus haut depuis août 2012 et le même niveau qu’à fin mai, après l’avoir annoncé à +2,4% en première estimation.

Ces révisions découlent de celles de l’indice mensuel en normes françaises (IPC) comme européennes (IPCH), tous deux stables en juin après avoir été annoncés initialement en hausse de 0,1%.

En données corrigées des variations saisonnières, les prix à la consommation français sont également restés stables en juin et affichent aussi une augmentation de 2,0% sur un an.

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics et produits à prix volatils) a stagné le mois dernier et son évolution sur un an s’inscrit en faible hausse, à +0,8% après +1,0% fin mai.

Toujours selon la même source, quant à l’inflation hors tabac, elle s’établit à 1,7% en rythme annuel.

par -

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi a déclaré, lors d’un point de presse tenu ce mercredi 11 juillet 2018 au siège de l’institut d’émission que les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) autour du décaissement de la dernière tranche de crédit, bien qu’elles aient été difficiles, ,’en étaient pas moins constructives et se sont déroulées dans les meilleures conditions : ” Nos discussions avec le FMI étaient très constructives et se sont focalisées sur les handicaps de la Tunisie et la manière de les surmonter”, a-t-il dit.

Saisissant cette rencontre avec les médias, Marouane El Abassi a démenti les informations selon lesquelles la BCT est soumise aux directives du FMI,soulignant que la Tunisie a besoin aujourd’hui et plus que jamais d’engager les réformes que ce soit au niveau du secteur financier ou économique pour enrayer les difficultés non seulement au niveau du déficit budgétaire mais aussi de la balance commerciale et de la balance de paiement dont le déficit ne cesse de se creuser depuis des années.

Abassi a expliqué que depuis 2015, La Tunisie a été impactée par plusieurs phénomènes, en particulier et nettement dans le secteur du tourisme qui peine à se redresser, citant le déficit de la balance des paiements, de la balance énergétique puisque qu’on n’exporte pas le phosphates et un déficit au niveau de la production industrielle. ” Il y a des déficits importants qui se sont accumulés entraînant des déséquilibres au niveau budgétaire et commercial et de la balance des paiements. Du coup, la Banque centrale s’est trouvée impactée au niveau du taux de change et des réserves de change selon ses dires. “Des baisses très importantes ont été également enregistrées au niveau des autres indicateurs monétaires”, a-t-il précisé.

Le gouverneur de la BCT a fait remarquer que depuis que la Tunisie a conclu son programme avec le FMI , elle s’est engagée à mettre en place un ensemble de mesures financières et budgétaires mais il s’est avéré que cela n’est pas facile à mettre en œuvre à cause de la situation économique difficile.

Il a par ailleurs indiqué que depuis l’année 2018, les réformes sont en train d’être faites de manière coordonnée et on a eu quand même l’accord du FMI pour débourser cette tranche de crédit alors que d’autres pays qui passent par des difficultés financières semblables aux nôtres n’ont pas pu le faire citant le cas de la Jordanie.

Si on a réussir à franchir cette étape, c’est grâce à la bonne coordination entre la BCT et les autre ministères des Finances et de la Coopération internationale et de l’investissement, rappelant du taux de croissance réalisée par la Tunisie durant le premier trimestre et qui s’élève à 2,5%, une croissance portée, selon lui, par les investissements dans le secteur industriel, agroalimentaire et même agricole. Cette croissance est également expliquée par un retour au niveau des services notamment en matière du tourisme, et des transferts des Tunisiens à l’étranger.

Marouane Abassi a dans le même contexte estimé qu’il s’agit d’une nette amélioration de la situation économique générale dans le pays et que cela est devenu remarquable au niveau de la BCT : “Nous accueillons quotidiennement les investisseurs et les choses commencent à s’améliorer..”, a-t-il assuré.

Sur la récente décision de la BCT d’augmenter son taux directeur, Abassi a fait remarquer que l’institut d’émission a été obligée de l’opérer à deux reprises. ” L’inflation est le mal le plus important qu’il faut combattre pour assurer la stabilité des prix”, a reconnu le patron de la BCT, soulignant qu’il n’y a pas eu ces augmentations, sinon on aurait pu se retrouver avec une inflation à deux chiffres. Selon lui, l’inflation a baissé grâce au relèvement du taux directeur de la BCT.: “Tout sauf l’inflation (…) c’est vrai que cela a un impact sur l’investissement et les crédits à la consommation et au logement, mais si on ne l’a pas fait on aurait du se retrouver avec des chiffres plus importants que cela au niveau de l’inflation”, a-t-il alerté.

“Il faut être capable de le comprendre (…) On ne s’est jamais retrouvé avec une inflation très élevée comme aujourd’hui”, a estimé Abassi, exprimant l’espoir de voir l’inflation baisser en 2019. Cette baisse demeure toutefois, selon ses dires, tributaire de plusieurs facteurs dont une économie réelle qui fonctionne . “L’économie doit être consolidée et les réformes sont fondamentales”,a -t-il précisé.

“On est dans une logique économique difficile mais par rapport à ces mois, les choses ont évolué de manière positive (…) Il faut continuer à faire les réformes. sinon on va se retrouver face à un budget insoutenable.

Le gouverneur de la BCT a expliqué les contraintes par lesquelles passe le pays par plusieurs réformes dont l’absence de décisions politiques notamment en ce qui concerne la masse salariale qui représente de 15% du PIB.” On ne peut pas continuer comme ça (…) Nous devons reprendre et rétablir une économie réelle où on produit plus, on investit beaucoup tout en essayant d’ajuster les dépenses afin d’atteindre des taux soutenables”, a-t-il souligné.

Outre la masse salariale, Abassi a appelé à défendre le dinar avec l’augmentation de la production et l’amélioration des services notamment dans le secteur de la santé. ” C’est un des déséquilibres qui empêchent le bon déroulement de la politique monétaire. “Vous n’imaginz pas les difficultés qu’on gère quotidiennement à la Banque Centrale (…) C’est très difficile et compliqué”, a-t-il reconnu.

par -

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l’augmentation et à plusieurs reprises du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie, la baisse de la production de phosphate et l’augmentation récente des prix du carburant. Interview:

Quel impact aura la dernière augmentation des prix du carburant sur l’économie?

L’énergie d’une manière générale constitue un élément de coût direct de plusieurs produits. Elle constitue également un élément de coût très important du transport des biens et des personnes. De ce fait, l’augmentation des prix des carburants aurait un effet double sur l’augmentation des coûts directs et indirects (production et transport) de la plupart des produits et services et constitue donc un facteur d’inflation significatif. Il en est de même de l’électricité et du gaz dont les tarifs seront révisés à la hausse dans les prochains jours. Cette situation a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est un consommateur d’énergie, d’une part, et qui va subir, en outre, une inflation de plus en plus élevée en raison de l’augmentation des prix de la plupart des produits et services par les entreprises à même de faire face au surplus de coût qu’elles vont supporter, d’autre part.

Il convient de rappeler à ce titre que le prix de l’essence sans plomb par exemple, a fait l’objet de 4 augmentations successives en l’espace d’un an (depuis juillet 2017) et qui totalisent 275 millimes, soit 17%. Il en est de même des tarifs de l’électricité qui sont en augmentation annuelle quasi-systématique de l’ordre de 7%. Le taux d’inflation du mois de mai 2018 a atteint un record historique de 7,7% jamais atteint depuis des décennies et l’inflation ressentie serait beaucoup plus élevée que cette proportion moyenne publiée par l’INS. Il convient de rappeler également que les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés dans les produits de première nécessité, notamment les produits agricoles et agroalimentaires (9,3%) et le transport (9,6%), outre le logement, l’habillement, la santé et l’enseignement (considérés également comme produits de première nécessité).

L’augmentation des prix de l’énergie (carburant, électricité et gaz) aura également un impact néfaste sur la rentabilité et la compétitivité des entreprises (exportatrices ou non), surtout celles qui auraient conclu des marchés moyennant des prix fermes et non révisables (IME, textile, hôtellerie, par exemple). L’impact des dernières augmentations sera de plus en plus ressenti au cours des prochains mois et il serait alourdi davantage par de nouvelles augmentations selon nos prévisions et ce, compte tenu de la tendance haussière continue des cours du pétrole à l’échelle internationale, de la situation très difficile des finances publiques et du budget limité de compensation déterminé sur la base d’une hypothèse non plausible du cours du baril de 54$, alors qu’il a atteint une moyenne de 75$ au cours des dernières semaines et qu’il cotait déjà à plus de 60$ durant la période de discussion de la loi de finances 2018 et qu’en outre, les pays de l’OPEP ont déjà décidé, lors de la réunion du 30 novembre 2017, de prolonger leur accord de réduction de leur production en 2018 et ce, en vue de soutenir davantage le cours du baril.

  Il y a lieu également d’évoquer la perte de valeur continue de notre monnaie nationale, notamment face à l’Euro (3,137 dinars) et le dollar (2,638 dinars), contre des prévisions budgétaires pour la fin de l’année 2018 de 3,050 dinars pour l’Euro et 2,650 dinars pour le dollar. Ces écarts de change intervenus dès le premier semestre de l’année alourdissent davantage la facture d’importation d’énergie de 2018 et favorisent de nouvelles augmentations de prix.

Est-ce qu’on peut aussi parler des pressions du FMI ?

Oui, justement, les pressions de plus en plus importantes du FMI invitent le gouvernement, lors de chaque revue, à maîtriser et limiter davantage les dépenses de compensation des carburants. Mais, il ne faut pas se limiter uniquement à ces facteurs. Il y a lieu également d’évoquer d’autres facteurs qui sont plutôt endogènes. Il s’agit notamment de la baisse considérable de l’ordre de 50% de la production nationale de pétrole en raison du vieillissement des champs, de l’absence d’octroi de nouveaux permis de recherche et de développement depuis plusieurs années, des arrêts répétitifs de la production suite aux grèves et aux sit-in, etc. Il s’agit également du retard important de plus de deux ans depuis la publication des textes pour l’octroi des permis d’exploitation des énergies renouvelables, un retard dû notamment à certaines insuffisances relevées dans les textes adoptés et la résistance de certaines parties au développement de ce secteur. Sans oublier la baisse considérable de la productivité dans la quasi-totalité des entreprises publiques, notamment celles opérant dans le secteur de l’énergie, ce qui affecte directement la balance énergétique et le budget de compensation.

Parmi les facteurs endogènes, on notera également le gaspillage d’énergie à tous les niveaux (carburants, électricité et gaz) notamment dans le secteur public. A cela s’ajoutent les encours de créances impayées de plusieurs centaines de millions de dinars détenues par plusieurs entreprises publiques du secteur (STEG, SNDP, etc) qui aggravent d’une manière significative leurs difficultés financières surtout en l’absence de stratégies de recouvrement claires et efficaces (application rigoureuse des procédures réglementaires, déclenchement et suivi rigoureux du processus judiciaire et contentieux, conclusion d’arrangements, rééchelonnements, cession de créances, etc).

La baisse considérable des réserves en devises à 71 jours d’importation et le resserrement de la politique de change par la BCT (sur recommandation du FMI) constituent également un facteur de difficulté majeur. Pour preuve, la STEG (dont l’encours des créances impayées avoisine un milliard de dinars) a récemment rencontré beaucoup de difficultés pour payer sa facture d’importation de gaz en raison de l’assèchement des devises sur le marché des changes ; le montant du financement demandé a dû être réparti entre plusieurs banques de la place.

Et l’impact de la baisse de la production de phosphate…

A l’instar de la situation du secteur de l’énergie, la baisse de la production des phosphates constitue un facteur majeur d’aggravation de la balance commerciale et du déficit courant, ce qui affecte directement les réserves en devises. En effet, les exportations des phosphates et produits dérivés au cours des 5 premiers mois de 2018 ont baissé de 14% aux prix courants et de 17,5% au prix constant (baisse des volumes exportés). La Tunisie n’a pas pu profiter de la hausse des cours de vente à l’échelle internationale, due notamment aux fluctuations des prix et du change.
La situation du secteur est très difficile et elle est due à plusieurs facteurs, notamment la baisse considérable de la production versus l’augmentation vertigineuse de l’effectif et des différents facteurs de coûts de la production, du transport et des autres services.

Comme premier facteur, je cite les grèves répétitives, les sit-in et les arrêts de production. La production des phosphates a été de 4 millions de tonnes environ en 2017, soit 50% uniquement de la capacité nominale qui est de l’ordre de 8 millions de tonnes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 6,5 millions de tonnes en 2018, un objectif devenu très ambitieux et difficilement réalisable compte tenu des arrêts répétitifs de la production survenus au cours des premiers mois de l’année.

Comme deuxième facteur, je note le sureffectif direct et indirect (notamment l’emploi de 11.000 personnes à travers les sociétés filiales de jardinage pour un coût annuel de l’ordre de 134 millions de dinars, vraisemblablement sans aucun rendement ou rentabilité prouvés). Les salaires servis à ce titre s’apparentent beaucoup plus à des indemnités de chômage déguisées. Outre les augmentations de salaires quasi-systématiques sans contrepartie effective en termes de croissance et sans lien direct avec la productivité dont la baisse considérable constitue à son tour un facteur majeur de dégradation. A noter également la baisse significative du taux d’encadrement dans l’ensemble des entreprises relevant du secteur, ce qui aggrave le manque de compétitivité.

Le manque de productivité et de compétitivité des différentes entités du Groupe chimique est dû également à l’utilisation de matériel et de technologies de production devenus obsolètes. Il en est de même pour le transport dont le coût et les problèmes d’arrêt, aussi bien par voie ferrée que par voie terrestre, ne cessent de s’aggraver. Certains investissements programmés depuis des années n’ont pas été réalisés quand bien même les financements seraient obtenus et les charges d’intérêts déjà courues, ce qui aggrave davantage les difficultés financières du Groupe en l’absence de contrepartie effective directe en termes de rentabilité et de cash flow. A titre de comparaison, parmi les actions de restructuration mises en place par l’OCP au Maroc, figure le changement du processus de production à travers l’emploi de nouvelles technologies et l’automatisation du transport du phosphate qui est désormais acheminé par pipeline d’une longueur de 235 Km.

Par ailleurs, il y a lieu de noter les difficultés d’ordre commercial du Groupe en raison de la perte de plusieurs marchés à l’international. L’exécution même des marchés en cours connaît des difficultés importantes au risque d’être perdus et ce, en raison des arrêts de production répétitifs et pourraient se traduire par des coûts supplémentaires (au lieu de procurer un rendement positif) suite à l’application des pénalités de retard mentionnées dans les conventions et/ou au recours à l’importation de la production nécessaire au respect des engagements contractuels et qui serait désormais payée en devises et selon les cours de vente sur le marché international (impact négatif double).

L’ensemble de ces facteurs et obstacles et bien d’autres menacent sérieusement la pérennité même des entreprises du secteur, notamment le Groupe Chimique Tunisien (GCT) et la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) qui ont essuyé des pertes de l’ordre de 482 millions de dinars en 2017 alors qu’en 2010 elles ont rapporté un milliard de dinars de recettes à l’Etat !
Bien entendu, les difficultés de l’ensemble des entités relevant du secteur s’étendent à d’autres qui lui sont directement et indirectement liés, tel que le secteur de l’agriculture (baisse de l’offre des engrais chimiques et autres produits dérivés, recours massif à l’importation à des prix plus élevés, etc). Il en est de même pour certains opérateurs économiques, tel que les BTP, qui ont subi de plein fouet les fortes tensions de trésorerie de la plupart des entreprises publiques et notamment celles du secteur des phosphates, remettant ainsi en cause l’image de l’Etat qui est relégué au rang de mauvais payeur et serait à l’origine de difficultés financières de plusieurs entreprises du secteur privé et par là même d’accumulation d’impayés dans le secteur bancaire et financier.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière hausse du taux directeur de la BCT ?

A vrai dire, il s’agit d’une augmentation de taux prévisible. En effet, parmi les missions principales de l’institution d’émission qui jouit du statut d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics depuis 2016, figure la maîtrise de l’inflation. Toutefois, elle ne dispose pas de suffisamment de marge de manœuvre pour le faire. L’instrument de politique monétaire usuellement utilisé en cas de tensions inflationnistes consiste à augmenter le taux d’intérêt directeur en vue de maîtriser la consommation et de réduire l’écart avec l’inflation. Or, l’inflation galopante ayant atteint un niveau record de 7,7% à fin mai 2018 n’est pas d’origine monétaire, de quoi remettre en question une telle décision, ayant suscité, par ailleurs, l’accord des équipes du FMI !

En effet, au niveau de sa note explicative publiée le 14 juin 2018, la BCT elle-même reconnaît, à juste titre d’ailleurs, que l’envolée de l’inflation trouve son origine principalement dans l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires, la hausse des salaires sans amélioration de la productivité, la persistance du déficit commercial à un niveau non soutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique. Donc, autant de facteurs qui ne sont guère liés à la politique monétaire. Il s’agit pour la plupart de facteurs exogènes qui alimentent l’inflation importée. Et auxquels j’ajouterais les augmentations d’impôts et taxes sur l’ensemble des produits et services locaux et importés ainsi que le glissement continu et sans précédent de la valeur du dinar à cause d’une flexibilité de change voulue en application des recommandations du FMI, mais qui n’est pas suffisamment explicite et surtout loin d’être maîtrisée. Cette situation affecte d’une manière directe le coût non seulement les produits et services destinés à la consommation, mais également les différents facteurs de production locale, tels que les investissements, les matières premières, les produits semi-finis, etc.

Quelle est la conséquence de l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations ?

L’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations, notamment des produits à la consommation non nécessaires et/ou ayant des similaires fabriqués localement constitue également un facteur majeur de déficit de la balance commerciale et d’inflation. L’élaboration par la BCT d’une liste de produits, fortement contestée (en l’absence de critères de choix rationnels publiés), dont l’importation doit être effectuée sur les fonds propres des agents économiques n’a vraisemblablement pas fait preuve d’efficacité pour baisser les importations puisqu’elle est fondamentalement de portée limitée, d’une part, et elle est facilement contournable par les agents économiques et le système bancaire, d’autre part. A contrario, elle a contribué à favoriser la position commerciale et concurrentielle dominante (voir même monopolistique) de certains importateurs disposant de suffisamment de moyens et d’appui financiers au détriment des autres opérateurs économiques.

En outre, peut-on prétendre maîtriser l’inflation par l’augmentation du taux directeur alors que plusieurs facteurs économiques échappent à tout contrôle et là, je vise une économie informelle et souterraine de plus de 1/3 du PIB qui constitue un refuge pour la plupart des consommateurs et leur permet de maintenir une élasticité de crédit à un niveau plus ou moins soutenable jusqu’à présent. Je dois également noter, à ce même titre, l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les circuits de distribution, notamment des produits de première nécessité (agricoles, agroalimentaires, etc), de régulation des prix, de lutte contre la concurrence déloyale ainsi que les situations monopolistiques et d’intermédiation fragmentée favorisant des marges exagérées, souvent sans contrepartie réelle, non déclarées et qui échappent à tout contrôle.

Il ressort de ce qui précède que l’augmentation de l’inflation n’est pas d’origine monétaire. Elle est due plutôt à des facteurs économiques et sociaux (augmentation des salaires sans contre- partie effective en termes de production et de productivité), dont la résolution relève principalement de la responsabilité du gouvernement moyennant une parfaite coordination avec la BCT. Parmi ces facteurs, figure l’importation directe et indirecte qui constitue une composante prépondérante : importation directe, en ce qui concerne les produits de consommation ; et indirecte pour les biens produits localement, mais dont les composantes et autres facteurs de production (équipements, matières premières et semi-finies, énergie, etc) sont majoritairement importés, ce qui est le cas pour la quasi-totalité de nos produits, tous secteurs confondus. De quoi se poser la question sur la valeur ajoutée réelle de notre production nationale ?!
D’ailleurs, bien que la BCT ait élevé son taux directeur à 4 reprises en un an seulement, l’inflation a continué d’augmenter à un rythme de plus en plus soutenu passant de 4,8% en Mai 2017 à 7,7% en Mai 2018 ; ce qui confirme notre analyse et nos conclusions précédentes.

D’un autre côté, les augmentations successives du taux directeur qui est passé de 4,25% en Mai 2017 à 6,75% en juin 2018, soit une majoration de taux de 250 points de base ou 59% pourraient avoir un effet contraire et constituer elles-mêmes un facteur d’inflation. Avec un corridor de 100 points de base, le TMM serait de plus de 7,5% au cours de la prochaine période. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette situation se traduit par une augmentation au niveau des échéances d’intérêt de l’ordre de 30% aussi bien pour les entreprises que les ménages, et risque d’affecter leur capacité de remboursement (dette insoutenable) et par là même d’augmenter l’encours des impayés et des créances classées dans le secteur bancaire et financier. Par ailleurs, il convient de noter qu’à fin 2016, 72% de l’encours des crédits accordés par les banques sont destinés aux entreprises et 28% aux particuliers, (dont plus de la moitié sous forme de crédits immobiliers). L’augmentation significative du coût de l’investissement et des charges financières des entreprises, dont le besoin de financement du fonds de roulement et des déficits de trésorerie ne cesse de s’accentuer, serait répercutée sur les prix de vente des différents produits et services et, de ce fait, alimenterait davantage l’inflation.

Et quel effet sur le service de la dette ?

Il va sans dire que l’augmentation du taux directeur aurait également un effet négatif sur le service de la dette de l’Etat et sur le coût des ressources des établissements financiers et plus particulièrement les compagnies de leasing qui, de par la réglementation en vigueur, financent exclusivement l’investissement et ne collectent pas les dépôts, et dont les marges d’intérêt s’érodent et le coût du risque augmente.
Enfin et en prévision d’un taux d’inflation de 8% sur l’ensemble de l’année 2018, tel que présenté dans la note explicative de la BCT, d’une part, et en l’absence d’actions concrètes urgentes efficaces permettant de maîtriser les facteurs d’inflation réels précités, d’autre part, la BCT poursuivrait, conformément aux recommandations du FMI, sa même politique monétaire adoptée jusqu’à présent consistant à augmenter son taux directeur en vue de réduire l’écart avec le taux d’inflation qui serait, dans ce cas, de l’ordre de 125 points de base.

Dans une telle perspective, je ne serai pas d’avis que l’inflation soit maîtrisée dans un avenir prévisible ; au contraire, elle battrait, fort probablement, de nouveaux records. Par ailleurs, les conséquences seraient de plus en plus lourdes sur le coût des ressources, le financement de l’exploitation des entreprises et de l’investissement, la soutenabilité de la dette des professionnels et des particuliers, la rentabilité et la compétitivité économiques des entreprises, le pouvoir d’achat du citoyen, le service de la dette publique, etc.

par -

La capitale de la Tunisie vient d’avoir une “distinction” qui est tombée depuis le 28 juin 2018, mais que les autorités se sont bien gardées de commenter, et pour cause elle est très problématique et personne n’a envie de s’attaquer aux problèmes (il y en déjà tellement !) : Tunis occupe le premier rang des villes du continent africain pour le coût du logement, ex aequo avec l’Afrique du Sud. Mais si cette dernière, 2ème économie du continent, et qui donc garde son attractivité, peut se permettre un tel classement, ce n’est pas le cas de Tunis, qui perd là un de ses points forts. Cette situation a une seule explication : Une capitale trop pleine, une pression immobilière folle, des promoteurs qui se lâchent complètement. Et on en arrive à un problème insoluble pour les acheteurs, pour les locataires, pour les promoteurs immobiliers eux-mêmes et in fine pour l’économie.

Comme le désert attend la pluie, les agents du secteur public attendent les résultats de ce qui se joue actuellement entre le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le leader de l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), Noureddine Taboubi. Des augmentations de salaire, c’est ce qu’escomptent les employés du secteur public, ceux du secteur privé attendent leur tour, comme si cette affaire était la solution au problème de la montée des prix dont tout le monde se plaint, surtout à Tunis. Taboubi ne fera pas le déplacement pour rien, Chahed très probablement allongera les billets, après l’accord, au moins tacite, du FMI, qui surveille de près. Mais le problème n’est pas là, il est dans le fait que les salariés ne sont pas les seuls à attendre ces augmentations, les commerçants aussi attendent, les promoteurs immobiliers également. A tel point que ces hausses sont devenues un poison car elles entretiennent l’inflation laquelle finit par décourager les consommateurs et casser la dynamique de la consommation, un des moteurs de l’économie qui fonctionnent encore. Si on veut régler le problème des citoyens et du pays, il faut élaborer une vraie politique de désengorgement des grandes villes, de décentralisation, ce qui fera exploser la bulle immobilière et fera baisser automatiquement les prix pratiqués.

Une décentralisation à minima

La Tunisie n’a pas de vraie politique de décentralisation, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Ce qu’on a servi dernièrement n’est en fait, pour le moment, qu’un saupoudrage de déconcentration budgétaire, dont le principe est l’affectation de certaines dépenses aux municipalités et aux collectivités locales. C’est une simple commodité de comptabilité pour moins de tracasseries pour les autorités centrales et une exécution plus rapide de certains projets locaux liés à l’éclairage public, les routes, les hôpitaux, les écoles, etc. Sans plus. Rien pour un vrai développement régional seul apte à fixer les populations sur place et à créer une vraie économie locale capable de tirer vers le haut tout le pays. Un éclairage public et de belles routes sans l’activité économique qui va avec, ça ne vole pas très haut et surtout ça ne freine pas cet exode rural massif qui a impacté l’économie dans les régions, complètement défiguré la capitale et en a fait un enfer pour ses habitants.

Le courage, le vrai, la politique de décentralisation, la vraie, auraient été de délocaliser certains ministères et organismes public qui ne gagnent rien à rester à Tunis. Le ministère de l’Agriculture aurait très bien pu migrer vers la ville de Sliman, Bizerte ou même Jendouba, Béja sans que cela que cela ne nuise en rien à son fonctionnement, avec la numérisation et la dématérialisation des procédures qui est déjà sur les rails. Le ministère de l’Industrie serait très bien à Sfax, la première ville industrielle du pays, etc. On n’a rien inventé, toutes les solutions sont là, sous nos yeux, il suffit d’oser. Bien entendu tout cela bouleverserait des vies, causerait des désagréments personnels, mais que pèsent-ils face au grand bien que ça ferait à toute la Nation ?

Pourtant les exemples sont là !

Le président sénégalais, Macky Sall, l’avait promis à ses électeurs, il va passer à l’acte bientôt. Pas moins de 15 ministères vont être éjectés de la capitale, Dakar, qui a les mêmes problèmes que Tunis. Sall a fait sortir de terre une méga ville administrative à Diamnadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar, avec des logements à foison, des infrastructures, un TER (train express régional) et tout le toutim pour accueillir les ministères et toute l’économie qu’il y a autour. Il a même déplacé l’aéroport de la capitale à Diass, à 47 kilomètres au sud-est de Dakar. Ce dernier va respirer ! Et la pression immobilière va se dégonfler automatiquement. Il y a aussi l’exemple de l’Egypte, qui va se doter d’une nouvelle capitale administrative. Bon vous me direz qu’il était temps pour le Caire, avec ses 20 millions d’âmes. Mais pour Tunis aussi ça urge, alors qu’on ne voit pas le bout d’un programme dans ce sens. Au contraire on dépense des sommes folles dans des projets autoroutiers – RFR surtout – lesquels de toute façon ne régleront pas le problème de fond d’une capitale au bord de l’explosion.

par -

Dans une interview exclusive accordée à African Manager, le Président du Directoire d’Amen Bank et Président de l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers (A.P.T.B.E.F.), Ahmed EL KARM, est revenu sur plusieurs points relatifs à l’économie. Il a souligné que la situation actuelle de la Tunisie paraît difficile : “Nous sommes dans une étape où on devrait prendre des réformes structurelles fortes pour relancer l’activité économique et assainir le climat des affaires (…) Plus grave encore, le Tunisien s’appauvrit jour après jour“, a indiqué EL KARM. Il a expliqué cette situation par deux facteurs essentiels, à savoir la chute du taux de change du dinar et l’envolée de l’inflation. “Depuis 2010, le pouvoir d’achat du Tunisien a diminué dans des proportions avoisinant les 25% suite à l’aggravation du déficit budgétaire qui a atteint 6% du PIB et du déficit courant qui s’est élevé à 10% du PIB”. Du coup, il est urgent, selon ses dires, “d’entreprendre les mesures urgentes de nature à normaliser ces deux déficits et réduire par conséquent la pression sur le taux de change du dinar et partant l’inflation“.

Au niveau du budget de l’état de 2019, Ahmed EL KARM a assuré qu’il n’est plus aujourd’hui possible d’augmenter les taxes et impôts comme ce fut le cas pour l’équilibrage du budget de l’année 2018. “Il reste à s’occuper convenablement des sources de gaspillage et des dépenses inutiles en réformant le système de compensation et faire en sorte que la subvention des prix profite réellement aux classes nécessiteuses (…). Beaucoup de pays l’ont fait grâce à une politique intelligente basée sur une technologie moderne et ils sont réussi à comprimer sensiblement les interventions des caisses de compensation“, a expliqué El KARM, faisant remarquer que cette action est d’autant plus urgente que l’on s’attend à une sensible augmentation du baril qui pourrait atteindre les 100 dollars avec les conséquences inévitables et désastreuses sur le niveau des subventions si on s’abstient d’engager des réformes, certes douloureuses, mais indispensables, selon ses déclarations.

Il s’agit également, selon ses dires, de rechercher de nouvelles sources de revenu alimentant les caisses de l’Etat et parvenir à faire face aux importantes dépenses de fonctionnement et de règlement du service de la dette et c’est pour cela, selon lui, qu’il est plus qu’une urgence aujourd’hui “de démystifier la question de la privatisation qui doit être abordée comme une simple solution économique à la situation d’un secteur d’entreprises publiques qui coûte cher à l’État en subventions et subsides de tout genre… Certes, cette privatisation doit être menée de manière intelligente tenant compte des intérêts des différentes parties concernées et au premier chef des quelles la force de travail“.

Il s’agit enfin“, a ajouté EL KARM, de mettre en exécution le programme de réforme des organismes de retraite et de sécurité sociale qui s’équilibrent actuellement grâce à des prélèvements de plus en pus importants opérés sur le budget de l’État. “Du coup, la question de l’augmentation de l’âge de la retraite parait évidente et naturelle et tout retard en la matière ne fera qu’aggraver la situation du déficit budgétaire et remettre en cause le service des pensions aux retraités“.

Ahmed El KARM a sous un autre angle indiqué que comme pour le déficit budgétaire, la donne énergétique constitue aujourd’hui un facteur important occasionnant l’aggravation du déficit courant. “Il devient urgent dans ce contexte de sécuriser les différentes entreprises internationales du secteur pétrolier pour que la Tunisie retrouve une cadence plus accélérée de recherche des énergies fossiles tout en engagent une réflexion sérieuse sur l’éventuel développement du pétrole et du gaz de schiste en étudiant de manière approfondie toute répercussion sur l’environnement”, a-t-il déclaré. Il est également urgent, selon lui, d’accélérer l’ambitieux programme du gouvernement afférent à l’efficacité énergétique et les investissements de production de l’électricité à partir des énergies solaires et éoliennes.

Dans le même ordre d’idées, le Président du Directoire d’Amen Bank estime que certains secteurs à forte capacité exportatrice méritaient un traitement privilégié pour leur effet immédiat sur le redressement de la balance courante, citant à titre d’exemple le textile, l’agroalimentaire ou les composants automobiles. Le curseur pourrait être aussi mis sur des nouveaux secteurs novateurs dans le domaine des services d’intelligence où la Tunisie a des avantages comparatifs et compétitifs indéniables. C’est le cas des services de santé à l’exportation, des métiers rattachés aux nouvelles technologies de l’information et de la filière de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.

Le responsable a en outre indiqué que la Tunisie gagnera certes à renforcer ses relations historiques avec l’Europe, mais il ne faut pas oublier qu’il y a de nouveaux continents et pays qui pourraient offrir de nouvelles opportunités pour sceller des relations durables devant contribuer au redressement  de la balance courante  et à la promotion des investissements étrangers directs : C’est le cas de l’Afrique pour laquelle il y a lieu d’affiner la stratégie de conquête et de partenariat et de nommer un “Monsieur Afrique”  de haut niveau décisionnel pour prendre et  coordonner toutes les mesures nécessaires afin de renforcer une présence tunisienne dans un continent promoteur. C’est également le cas de la Chine, qui consciente de sa puissance économique, cherche à être reconnue comme une nation de premier ordre par tous les pays de la planète. «La diplomatie chinoise a développé un programme d’investissements durables très ambitieux dans plusieurs pays. Elle a fait de la nouvelle route de la soie un des instruments confortant sa présence économique dans le reste du monde. Cette stratégie de la nouvelle route de la soie s’articule autour d’investissements importants dans les secteurs de l’infrastructure, de la transformation des produits miniers et énergétiques, dans les industries manufacturières destinées à l’exportation et aux marchés locaux ainsi qu’une multitude de programme touchant divers domaines. En Grèce, la Chine a acheté le port grec de Pirée, faisant de lui une porte d’entrée sur l’Europe. En Éthiopie, elle a construit un chemin de fer reliant Addis Abeba à Djibouti et a développé une importante base de production de textile destiné à l’exportation sur l’Europe. À Djibouti, les Chinois ont bâti un port et un aéroport. Plus proche de nous, au Maroc, pas moins de 22 projets de grande envergure sont réalisés grâce à l’appui technique et financier de la Chine” a-t-il dit.

Il a dans le même contexte indiqué que la nouvelle route de la soie est une réalité qui se concrétise à travers des projets effectifs et ambitieux qui se multiplient jour après jour. Elle s’appuie sur un soutien financier déjà constitué s’élevant, dans une première étape à mille milliards de dollars. La Tunisie gagnerait à en tirer profit de cette dynamique et une visite de très haut niveau en Chine devrait être programmée très rapidement, selon El KARM.

Il a sur un autre volet indiqué que l’inflation est considérée comme mortelle pour toute économie surtout si elle est, comme c’est le cas de la Tunisie, fragilisée par des chroniques dysfonctionnements structurels, économiques, sociaux et politiques.  “La lutte contre l’inflation devrait être une priorité absolue fondamentale de l’action du gouvernement (…) Avec une inflation non contrôlée, la confiance dans l’économie ne peut que s’éroder et toute relance des investissements est appelée à être reportée. Les investisseurs ont besoin d’un environnement des affaires stable pour pouvoir entreprendre les anticipations positives leur permettant de faire des calculs économiques pouvant aboutir à une rentabilité attendue“, a-t-il indiqué.
L’inflation réduit par ailleurs le revenu réel du citoyen et rend inefficace toute augmentation de salaire dont les effets sur le pouvoir d’achat seront neutralisés par l’augmentation des prix. “La Tunisie, si elle ne combat pas efficacement l’inflation, pourrait entrer dans une spirale dangereuse pour son équilibre économique et social“, a-t-il averti.
Il a ajouté que bien que l’inflation ne soit pas exclusivement d’origine monétaire, la Banque centrale de Tunisie ne peut pas rester les bras croisés devant cette situation. Sa mission n’est-elle pas prioritairement de stabiliser les prix et il est normal qu’elle utilise pour cela les instruments monétaires à sa disposition dont notamment et principalement l’augmentation du taux d’intérêt. Parallèlement, le gouvernemental devrait s’atteler plus efficacement à la lutte contre les comportements spéculatifs, le marché parallèle, et surtout prendre les mesures nécessaires réglementaires et budgétaires pour relancer la croissance économique et par conséquent alimenter le marché par une meilleure offre des biens et services, a conclu le Président de l’A.P.T.B.E.F. .

par -

A l’avenant du cours des choses dans bien des compartiments du vécu des Tunisiens, le coût de la vie est en train de s’emballer nourri par une flambée des prix dont on peut noter qu’elle épargne de moins en moins de produits et de services. Elle est d’autant plus toxique qu’elle est incontrôlable soit parce qu’elle est le fait de facteurs exogènes tels que les cours mondiaux du pétrole, soit parce que les circuits de distribution dysfonctionnent, soit encore parce que la spéculation et le secteur parallèle sont passés par là.

Au sortir du mois de Ramadan où cet exercice acquiert toutes ses « lettres de noblesse », on s’est pris à croire que le pire était déjà derrière nous et que la mercuriale allait revenir à son statu quo ante, pourtant peu accommodant pour le portefeuille du consommateur. Ce fut peine perdue, puisque, d’autres produits, plus est indispensables, ont été gagnés par cette espèce d’ignition, devenue récurrente et face à laquelle le gouvernement dit ne rien y pouvoir. Il s’agit des prix des carburants qu’il a été décidé d’augmenter pour la troisième fois cette année, entre autres, plutôt surtout, parce que le Fonds monétaire international le veut et l’exige sans s’embarrasser des conséquences que cela produira sur l’inflation, celle-là même où , paradoxalement, il fait au gouvernement injonction de faire montre d’esprit de suite en la combattant sans relâche et en priorité. D’ailleurs, sur ce registre, la Tunisie est au milieu du gué, car d’autres augmentations sont dans le pipe, au moins jusqu’à la fin de l’année cours. Le gouvernement, le couteau sous la gorge, est tenu d’y déférer sous peine de voir la prochaine tranche du prêt du FMI s’exposer à des mesures coercitives, au mieux, différé le temps que les pouvoirs publics se résolvent à faire ce qui leur est demandé de faire.

Une inflation de 12%, ce n’est pas une vue de l’esprit !

On ne s’étendra pas davantage sur cette augmentation des prix des carburants sauf pour souligner que cette mesure rejaillira sur bon nombre d’autres produits et services énergétivores ou pas, tels que le transport, l’immobilier, la production industrielle, et par-dessus tout, l’électricité, le gaz dont la Steg a donné le la en annonçant que leurs prix vont s’inscrire à la hausse. Une autre tuile pour les ménages dont le budget est déjà fortement mis à mal par une spirale dont ils sont en peine de voir la fin avec une inflation qui gravite autour des 7,7% et dont maints analystes disent qu’elle devra filer vers un taux à deux chiffres, aux environs de 12%.

Et voilà que se prépare à s’y greffer le prix du lait. Non seulement parce que le gouvernement veut en raboter la compensation, mais parce que les éleveurs et les producteurs exigent qu’il soit majoré pour qu’ils puissent rentrer dans leurs frais, invoquant des charges qui s’envolent au point que certains d’entre eux, au motif qu’ils sont au bord de la faillite, ont commencé déjà à vendre leurs vaches laitières. Ils réclament mordicus une augmentation de pas moins de 300 millimes le litre. De quoi tourmenter encore plus le consommateur lambda qui peine déjà à trouver ce breuvage essentiel au prix où il avait l’habitude de l’acheter. Sans parler du sucre dont le prix a grimpé d’environ la moitié au prétexte qu’il n’est plus proposé en vrac, mais sous emballage.

La liste est longue qui ajoute à l’exaspération du Tunisien qui ne sait plus à quel saint se vouer pour répondre aux besoins primaires des siens alors même que les portes de l’endettement lui sont verrouillées avec un taux directeur qui s’emballe et des banques qui sont à l’avenant pour ce qui de leur propre taux d’intérêt, là encore dans le droit fil des « recommandations » du Fonds monétaire international qui préconisent la rationalisation, en fait l’arrêt des crédits à la consommation.

La spéculation, autre carburant de l’inflation

Inflation importée, mais aussi inflation domestique, gérée d’une « main de maître », par les bonnets de la spéculation et de la contrebande, mettant le feu à la mercuriale grâce aux ententes qu’ils ont scellées et aux pratiques monopolistiques auxquelles ils se livrent dans l’impunité presque totale au vu et au su de tout le monde et d’abord de ceux qui ont vocation à les combattre, même si , de tems en temps, il est fait état de quelques saisies et de quelques prises, lesquelles toutes confondues, ne représenteraient qu’une goutte d’eau dans l’océan.

C’est à craindre que les choses n’empirent pour le pouvoir d’achat du citoyen dont la préservation est le crédo récurrent d’organisations telle que l’UGTT qui , pas plus tard que ce samedi a dénoncé avec la dernière énergie la dernière hausse des prix du carburant mettant en garde contre les conséquences d’une éventuelle augmentation des prix des produits de base y compris les produits subventionnés, les médicaments ou même les services sociaux comme le transport. Sans s’empêcher d’étriller, dans la foulée, « l’absence d’une vision stratégique et une mauvaise gestion de la crise », et surtout focaliser sur « l’urgence de changer la composition du gouvernement actuel pour pouvoir sortir de cette crise ».

par -

La dernière hausse du taux directeur de la BCT, expliquée par la logique du «Tout sauf l’inflation» qu’on retrouve en filigrane du communiqué de la BCT en date du 14 juin 2018, fait encore polémique et ses détracteurs mettent surtout l’accent sur les répercussions de cette seconde hausse en quelques mois sur l’investissement.

Africanmanager croit pourtant savoir, de sources financières concordantes, que la négociation pour cette hausse avec les équipes du FMI qui auraient estimé que la situation financière tunisienne est aujourd’hui accommodante plus que par le passé malgré les pressions budgétaires, était sur la base de 300 à 500 points de base. Ce seuil est jugé nécessaire par le principal bailleur de fonds international de la Tunisie, pour réussir à casser définitivement la spirale de l’inflation, assécher les crédits à la consommation et arrêter les importations non nécessaires, tous sources d’inflation. A l’instar du bombardier qui lance des contre-mesures, les autorités tunisiennes mettent en place depuis peu une batterie de mesures pour adoucir les effets de la hausse du TMM sur l’économie réelle.

  • Guichet PME, fiscalité de croissance et bonification

Et à ceux qui proposaient la mise en place de taux d’intérêt différenciés selon l’utilisation et des taux multiples, les sources financières d’Africanmanager ont estimé que les institutions financières n’y ont pas droit et agissent donc par le biais du refinancement du secteur bancaire auprès de la BCT.

En effet, pour cause de problèmes de liquidité et manque de ressources en épargne, les banques s’adressent à la BCT pour se refinancer, et nous croyons savoir que la Banque centrale de Tunisie mettra bientôt à leur disposition ce qui est déjà convenu d’appeler le «guichet PME », lequel devrait entrer en activité d’ici la semaine prochaine au plus tard. On leur permettra ainsi l’accès à une facilité préférentielle de refinancement proche de 6,75 %, sur une période de 6 mois, mais seulement au titre du financement des PME, obligeant ainsi les banques à ne financer que la petite et moyenne entreprise et donc à financer la production et la création de l’emploi et non plus la consommation ou les situations de rente.

On rappelle à ce sujet qu’à l’initiative de lAPTBEF, la hausse du TMM épargnera les crédits de logement et que la nouvelle «fiscalité de croissance» devrait être annoncée à l’occasion de la prochaine LF complémentaire, pour une mise en œuvre à partir de l’exercice 2019. On devrait ainsi s’acheminer, sans impact budgétaire notable, vers l’institution de 3 taux de l’IS, c’est-à-dire 35, 25 et 13 % et affirmer que ces taux ne seront pas changés après 2019.

Nos sources évoquent aussi une ligne de crédit de 200 MDT sur 5 ans, dont 20 à 25 MDT serviront à la bonification de 2 points, pour les crédits aux PME et aux entreprises en difficulté. Ces ressources seront soit d’origine internationale à travers un pool financier dont ferait partie l’AFD et qui pose le problème du risque de change qui crée un problème au ministre des Finances, soit dans le budget de la prochaine loi de finances complémentaire. Couplée au resserrement du financement pour qu’il aille dans le secteur productif, la mesure pourrait avoir un bon effet sur l’économie tunisienne et endiguer le crédit à la consommation,lequel baissera beaucoup.

  • Inflation & Prévisions 2018

Sous l’effet des deux dernières hausses du taux directeur de la BCT, la Tunisie escomptait une baisse de l’inflation au 4ème trimestre 2018, n’eut été la hausse du prix de baril de pétrole. Les autorités espéraient ainsi terminer l’année en cours à 7,2 % d’inflation, on la terminera peut-être à 8,2 % d’inflation, selon des sources financières concordantes, la baisse restant la première des priorités de la BCT.

Force est de constater qu’il faut désormais que les Tunisiens s’habituent au fait que si l’inflation augmente, le taux directeur suivra. Ancrer l’anticipation de l’inflation, devrait aussi être une ligne directrice majeure dans l’intervention de la BCT en matière de politique monétaire. Certains experts estiment même que La BCT avait géré l’instabilité politique et avait quelque peu retardé des hausses qui devaient être faites. Elle devrait ainsi désormais faire montre de son indépendance et agir sur le taux directeur, dès que l’inflation montera.

L’ARP devra aussi laisser passer le projet de loi sur l’amnistie fiscale et l’amnistie de change. L’Etat devra frapper un peu plus fort sur le secteur informel par le biais de la Douane. Il faudra aussi que toute la classe politique et tous les partenaires sociaux intègrent le coût de la non-réforme et de la non-prise de décisions dans leurs calculs, politiques et économiques.

La marge de manœuvre devenant de plus en plus restreinte, une certaine maturité se développe à l’ARP. On le constate comme pour la question des NPL et le passage des 3 DG de banques publiques devant les députés, et qui devrait faire que plus d’une réforme passera comme celle des caisses sociales.

  • Ce que la Tunisie aura et ce qu’il lui faudra faire

Il faudra aussi faire pression sur les circuits de distribution pour baisser les prix. Il faut encore bien étudier l’impact de l’inflation sous-jacente, hors prix administrés et produits frais, qui tire les prix vers le haut. S’occuper aussi des situations de rente de certains hommes d’affaires et tout mettre en œuvre pour recréer les conditions de la résilience et y pousser tout le monde, pour ne pas arriver à un scénario de rupture si rien ne change dans la conjoncture et le refus de toute transition économique. Il faut savoir se confronter à nos propres démons et y réussir.

Sauf complication politique qui brouillerait la visibilité politique pour les bailleurs de fonds qui l’ont ainsi signifié aux autorités financières et monétaires tunisiennes, la Tunisie devrait recevoir, le 26 juin 2018, 500 MDT en appui budgétaire de la Banque Mondiale au rebours de tout ce qui se dit de contraire en Tunisie et recevoir aussi les 250 MDT du FMI en juillet prochain suite à la conclusion de la dernière Revue.

A Tunis, on reste malgré tout optimiste et on escompte terminer 2018 avec un déficit budgétaire en baisse d’un point. «On est à 6.2 et on devrait terminer à 5.2 », assure une source financière à Africanmanager. On devrait aussi assister à une nouvelle hausse des prix de l’essence et des carburants en général, dont l’électricité et le gaz avant la fin 2018 aussi.

La Tunisie devrait également, sauf nouvelle hausse du prix du baril ou complication sécuritaire, terminer avec un taux de croissance de 3 %, malgré la prévision de seulement 2.5 du FMI, après 2.5 sinon plus pour le second trimestre 2018, ce qui confirmera un maintien de la croissance. C’est ce qu’affirment nos propres sources.

  • Remettre les pendules à l’heure de la priorité économique absolue

Jusqu’ici, le politique a primé sur l’économique et même les bailleurs de fonds, comme le FMI et la BM, s’étaient laissé aller à cet état des choses, ne mettant pas assez de pression sur la Tunisie et même bloquer les aides dès 2012, pour pousser le pays à réaliser les réformes qui deviennent désormais, non plus urgentes mais vitales.

En ces temps-là, on était bien soutenus par nos partenaires, comme les deux garanties américaines de 500 M$ du temps d’Obama, car tout le monde pensait que la transition politique s’achèverait en 2014 et que le pays s’occupera dès lors de réussir sa transition économique. Le pétrole coûtait alors moins cher et une entrée, dès 2014, dans les programmes de transition énergétique aurait pu sauver la situation. Ce reproche a été fait aux bailleurs de fonds, qui en sont conscients et l’acceptent amèrement, mais n’entendraient plus s’y plier, ce qui explique par exemple le durcissement des conditions du FMI lors de la dernière Revue et sa menace même, non officielle, de renvoyer la Revue au mois d’octobre 2018 et donc le décaissement d’une nouvelle tranche du crédit, si la stabilité politique venait à être ébranlée par un nouveau changement de gouvernement.

par -

Abdelkader Boudrigua, expert en économie, a déclaré lors de son intervention sur les ondes d’Express Fm que l’augmentation du taux directeur pourrait avoir des répercussions sur le pouvoir d’achat du consommateur tunisien vu que les prêts sont essentiellement contractés par les particuliers, notamment les crédits à la consommation et les crédits immobiliers (qui ne sont pas impactés pour le moment) qui sont indexés en général sur le TMM. Donc une montée de l’échéance de la mensualité du remboursement des prêts par les particuliers est à craindre.

Selon Boudrigua, l’augmentation du taux directeur affectera également les PME, surtout celles opérant dans des secteurs qui ont recours aux banques tels que l’immobilier et les concessionnaires automobiles.

L’expert en économie a, par ailleurs, émis le souhait que la décision de la BCT aura l’effet escompté, à savoir la baisse ou la stabilisation du taux d’inflation qui est la condition sine qua non de l’appui du FMI .

Abdelkader Boudrigua a en outre indiqué qu’en se référant à l’ensemble des indicateurs, et à la situation macroéconomique, il faut attendre les résultats de la première augmentation de 75 points de base effectuée en avril 2018 pour pouvoir établir un diagnostic. Et de conclure que le taux d’inflation pourrait augmenter en fin d’année 2018 et pourrait se stabiliser en 2019.

par -

Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie, réuni le 13 juin 2018, avait décidé une hausse de 100 points de base du taux directeur de la BCT, le portant ainsi de 5,75% à 6,75%. «Cette décision a été prise à l’issue de l’examen des indicateurs récents de la conjoncture économique internationale et nationale, en particulier l’analyse des derniers développements en matière d’inflation et de prix et leurs perspectives lors des prochains mois», explique l’institution de régulation financière dans un communiqué rendu public ce jeudi 14 juin 2018.

Selon cette explication, «les tensions inflationnistes risquent de s’exacerber davantage d’ici la fin de l’année avec des effets néfastes aussi bien sur la reprise récente de la croissance économique que sur le pouvoir d’achat des citoyens et de ce fait, une action préventive appropriée sur les taux d’intérêts est indispensable».

Le taux d’inflation, au mois de mai 2018, est en effet ressorti à 7,7% en glissement annuel, contre 4,8% en mai 2017. «Cette envolée de l’inflation porte la marque de la hausse substantielle de l’inflation des produits alimentaires (+9,3% contre +3,9%) et des produits manufacturés (+9,2% sur un an contre +5,5%), fortement impactés par l’effet de la dépréciation du dinar et celui des relèvements des salaires, notamment en 2017», explique encore la BCT. Et l’institut d’émission d’indiquer que «l’inflation sous-jacente, (hors produits à prix administrés et produits alimentaires frais, lesquels produits sont insensibles aux actions de la politique monétaire), qui traduit l’évolution structurelle des prix a atteint également 7,7% en mai 2018, en glissement annuel. Son caractère persistant demeure une source de préoccupation pour les autorités monétaires».

Conscient de l’impact de sa dernière décision d’augmentation du taux directeur et de son impact sur le crédit qui fait vivre, personnes physiques et morales, la BCT indique dans son communiqué que «en perspectives, l’inflation risque de s’inscrire sur une tendance haussière et se situerait aux alentours de 8% en moyenne pour toute l’année 2018». Une mauvaise nouvelle, mais qui a aussi son explication et la BCT la donne. Il s’agit de «l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires et la hausse des salaires sans amélioration de la productivité». Tout cela, sans oublier, comme le précise encore la BCT, «la persistance du déficit commercial à un niveau insoutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique avec une saison qui s’annonce prometteuse». Autant de facteurs qui contribueraient à propulser l’inflation vers des niveaux jamais atteints depuis près de trois décennies, comme le prédit encore la BCT.

Droit dans ses bottes de gardien de l’inflation, la BCT souligne que «cette action de politique monétaire confirme la détermination de la BCT à mener une politique monétaire proactive pour juguler l’inflation qui a enregistré une forte accélération en 2018 et qui risque de s’installer à des niveaux préjudiciables à toute relance de l’activité économique et à la stabilité financière dans son ensemble».

Et afin de faire passer la pilule, la BCT a aussi décidé un certain nombre de mesures d’accompagnement «pour l’allocation des liquidités nécessaires et ce à travers la mise en place de nouvelles facilités permettant de fournir de la liquidité structurelle, en l’occurrence un guichet d’appel d’offres d’une maturité de 6 mois, au profit des banques, dédié au refinancement des crédits accordés au titre de nouveaux projets d’investissement, notamment ceux initiés par les PME».

Selon le communiqué de la BCT, «ce mécanisme, qui introduit une nouvelle dynamique dans la politique de refinancement de la BCT, vise in fine à fournir au système bancaire des liquidités plus stables et à les inciter à financer les PME et ce, dans le cadre d’une meilleure allocation des crédits ciblant davantage les secteurs productifs».

Autre mesure d’accompagnement, annoncée par la fédération patronale des banquiers qui est l’APTBEF, celle de l’exclusion des crédits de logement du champ d’application de la hausse du taux directeur de la BCT. Le crédit logement n’augmentera donc pas pour l’instant

Reste à savoir si cette explication convaincra ceux qui crient déjà Haro sur la BCT qui rendrait l’argent de plus en plus cher, par l’augmentation de son taux directeur de 175 points de base en seulement deux mois, et si ces mesures d’accompagnement réussiront à calmer la colère des patrons contre la hausse du coût de l’argent.

Mustapha Mezghani n’est pas un inconnu dans le domaine économique. Jugez-en : Il est spécialisé dans  l’Entreprenariat, les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que le conseil et l’accompagnement des entreprises technologiques. Il a participé à différentes missions au profit de gouvernements ainsi que d’organismes publics et entreprises privées. Il est fondateur de quatre entreprises actives dans le domaine des TIC et a accompagné plusieurs entreprises innovantes à développer et mettre en  œuvre des stratégies export, à lever des financements, à mettre en place une organisation adéquate… Il n’est pas content de ce qui se passe sur le plan économique et il le dit sur sa page officielle, comme s’il racontait une histoire :

«C’est l’histoire d’un pays où l’état crée l’inflation en adoptant des politiques dites de “go & stop” où nous avons vu le go et non le stop, en créant des emplois fictifs dans le secteur public et augmentant la masse salariale sans que cela ne soit justifié et sans « production » additionnelle. 

Les besoins de l’Etat ne cessent d’augmenter mais les revenus ne suivent pas car les politiques adoptées, ou du moins les mesures prises (car il n’y a ni stratégie ni politique) n’encouragent ni à investir, ni à se développer. Bien au contraire, elles encouragent à quitter le secteur formel pour aller vers l’informel.

Personne n’a voulu prendre le taureau par les cornes et aller chercher l’argent où il se trouve, pire encore, l’Etat s’acharne sur les bons contribuables en augmentant les impôts et taxes et en tournant le dos aux opérateurs du secteur informel, aux contrebandiers, aux faux forfaitaires, etc.

Résultat des courses, une inflation galopante contre laquelle la BCT réagit en augmentant son taux directeur.

Comme la majorité des tunisiens sont endettés et les entreprises aussi, (tous les schémas de financement conçus dans le cadre de programmes publics de financement des entreprises sont basé sur un taux d’endettement de 60 à 70% de l’investissement), cela crée plus de charges et se traduira, à court terme, par une inflation additionnelle. Les familles, elles, celles qui ont encore la possibilité d’épargner ne pourront plus le faire. Adieu investissement.

Nous voilà donc dans un cercle vicieux pire, dans une spirale inflationniste.

Il est temps que les véritables mesures de lutte contre l’inflation soit mises en œuvre et que l’on ne se limite plus à toujours appliquer les mêmes « recommandations » du FMI (les plus faciles à appliquer) alors que la liste est longue et que l’on commence à s’attaquer vraiment aux véritables problèmes dont, le plus important, est l’élargissement de la base imposables et à la fuite fiscale. Les solutions existent et certaines ont commencé à être mises en œuvre, malheureusement elles ont été bloquées par la suite ».

par -

Dans son dernier communiqué du 30 Mai 2018, le FMI déclare que « des mesures décisives sont nécessaires cette année pour lutter contre l’inflation ». En effet, l’inflation a atteint 7,7 % en Mai 2018, un niveau jamais atteint depuis 1991, année où la Tunisie était également sous ajustement structurel du FMI dans le cadre d’un Mécanisme élargi de crédit (1988-1992)“. C’est ce qui ressort de la dernière note de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) publiée ce jeudi 14 juin 2018 ; elle souligne que le premier tournant de l’inflation se situe autour d’Avril 2016. A cette date, le FMI avait imposé à la Tunisie de faire passer la loi sur l’indépendance de la BCT avec pour mission principale de lutter contre l’inflation (voir notre étude) tout en libéralisant le dinar. Ce changement structurel s’est matérialisé par la publication le 10 Mars 2017, mois où le dinar a subi son plus grand décrochage, d’une circulaire de la BCT instituant la nouvelle politique monétaire de la BCT inspirée de l’idéologie du FMI.

L’OTE a également noté que l’idéologie du FMI veut que l’inflation soit partout et toujours d’origine monétaire, c’est-à-dire qu’elle ne peut provenir que d’une trop grande distribution de crédits. Pour lutter contre cette inflation d’origine monétaire, il faudrait donc augmenter les taux d’intérêt pour réduire l’inflation. Or, la réalité en Tunisie est toute autre. “L’inflation en Tunisie a augmenté principalement avec la libéralisation du dinar en Avril 2016 puis s’est accélérée notamment après le décrochage du dinar de Mars 2017. Nous avons calculé qu’entre Janvier 2013 et Mars 2016, le coefficient de corrélation entre l’inflation et le taux de change TND/EUR était faible (0,25) tandis qu’il est devenu très fort entre Avril 2016 et Mai 2018 (-0,91). Ces chiffres appuient ainsi notre interprétation que l’inflation est due principalement à la libéralisation du dinar puis à la chute de sa valeur qui augmente les prix des biens importés. Pour preuve, l’augmentation du taux directeur de la BCT en Avril et Mai 2017 n’a eu aucun impact sur l’inflation. En réalité, l’inflation n’a jamais été aussi grande que depuis que le FMI a imposé à la BCT de ne se focaliser que sur la lutte contre l’inflation“, lit-on dans cette note.

L’OTE constate aussi que l’échec de la politique monétaire promue par le FMI est donc total. “Non seulement l’inflation n’est pas monétaire, mais elle est issue directement des politiques imposées par le FMI (libéralisation du dinar, augmentation de la TVA et des prix de l’essence). De plus, dans sa deuxième revue, le FMI reconnaît que l’augmentation des taux d’intérêt n’a aucun impact sur la demande de crédit (point 15). En attendant, l’inflation et l’augmentation des taux d’intérêt sont en train d’étouffer financièrement les ménages et les entreprises en Tunisie. Il devient urgent de redéfinir la mission de la BCT en l’adaptant aux besoin de l’économie tunisienne (chômage, croissance, investissement) plutôt qu’à l’idéologie du FMI“, ajoute l’observatoire.

Il est à signaler à ce propos que le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé mercredi 13 juin de relever le taux d’intérêt directeur de la Banque de 100 points de base, passant de 5,75% à 6,75% par an, pour faire face à la persistance des tensions inflationnistes. Le conseil a par ailleurs noté que ces tensions “sont susceptibles de s’intensifier au cours de la période à venir, au vu des évolutions prévisibles de l’ensemble des indicateurs conjoncturels avancés, en particulier la hausse attendue des prix internationaux des matières de base, notamment de l’énergie”. Le taux d’inflation s’est établi à un niveau élevé pour le deuxième mois consécutif, portant l’évolution de l’indice des prix à la consommation à la fin du mois de mai 2018 à 7,7% en glissement annuel.

La poursuite des pressions inflationnistes constitue “une menace pour la reprise récente de l’activité économique ainsi que pour le pouvoir d’achat des citoyens, et nécessite, par conséquent, la prise des mesures préventives appropriées pour en réduire les effets négatifs et ce, moyennant la régulation de la politique monétaire via l’instrument du taux d’intérêt”, a-t-il expliqué.

par -

La stabilisation du taux d’inflation à 7.7% a un aspect positif, toutefois il ne faut pas occulter qu’un pareil taux demeure très élevé. Tel est, en substance, le message de Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), mardi 12 juin 2018, en marge de la signature d’un accord de coopération entre la BCT et l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC).

Si la concertation entre les différents intervenants gouvernementaux est nécessaire, comment procéder dans une situation où le taux d’intérêt réel est négatif, comprendre un taux d’inflation qui dépasse le taux d’intérêt nominal ?

Selon les chiffres de la BCT, au 12/06/2018, le taux d’intérêt directeur est de 5,75% tandis que le taux du marché monétaire (TM) est de 6,4% alors que le taux moyen du marché monétaire (TMM) du mois de Mai 2018 est de 6,39 %. A ce titre, rapporte la TAP, El Abassi précise «que la BCT veille à intervenir via les mécanismes nécessaires pour lutter contre la hausse du taux d’inflation». Faut-il y comprendre un ajustement imminent de la politique monétaire, donc une hausse du taux directeur ?

par -

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie. Il assure que la croissance devrait atteindre 2,4 % en 2018 grâce aux bonnes récoltes et à l’embellie du secteur manufacturier et du tourisme. Le taux de chômage reste élevé, à 15 %, et touche en particulier les jeunes, les femmes et la population des régions intérieures.

Toujours selon le FMI, l’inflation a accéléré, s’établissant à un taux annualisé de 7,1 % en février 2018, en raison de la dépréciation du dinar (dépréciation réelle de 10 % en 2017), des augmentations de salaire dans les secteurs public et privé, et de la hausse des prix réglementés.

par -

La campagne de communication de Centrale Danone se poursuit à la suite de l’appel de boycott qui vise son lait depuis le 20 avril. Après une série d’interviews de son PDG, Didier Lamblin, la filiale du géant français Danone vient d’émettre un profit warning alertant ses actionnaires sur l’incidence du boycott.
Depuis le début du mouvement, l’activité de Centrale Danone a connu une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 50 % par rapport aux même six semaines d’avril et mai 2017.
Pour l’ensemble du premier semestre de l’année, les revenus commerciaux de la firme ont subi une chute d’environ 20 % par rapport à la même période de l’année dernière. Alors qu’il pointait à plus de 3,22 milliards de dirhams (290 millions d’euros) lors du premier semestre de l’année écoulée. Le chiffre d’affaires du groupe devrait ainsi tourner au tour de 2,5 milliards de dirhams pour cette première partie de l’année 2018, selon Jeune Afrique.

par -

L’Algérie reste confrontée à de graves difficultés économiques qui plombent sa croissance a estimé le FMI dans une nouvelle évaluation de la situation. A l’issue de son conseil d’administration, le 1er juin 2018, le Fonds a insisté de nouveau sur l’urgence d’accélérer les réformes et surtout à éviter le recours à la planche à billets que privilégient les autorités.
Dans sa dernière évaluation de la situation économique, le fonds a relevé la persistance des défis importants notamment des déficits budgétaires et courants élevés malgré un assainissement considérable des finances publiques en 2017.
Le tableau dressé par le FMI est des moins reluisant avec une croissance du PIB réel qui a fortement ralenti, un taux de chômage qui s’est hissé à 11,7 % en septembre 2017, contre 10,5 % un an plus tôt, alors que le taux d’inflation moyen s’est établi à 5,6 % en 2017 contre 6,4% une année plutôt, selon La Tribune Afrique.

par -

L’Office national des statistiques (ONS) a annoncé que l’évolution des prix à la consommation en rythme annuel a été de 4,3% jusqu’à avril 2018, relate APS.

L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel en avril 2018 est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois allant de mai 2017 à avril 2018 par rapport à la période allant de mai 2016 à avril 2017.

Quant à la variation mensuelle des prix à la consommation, c’est-à-dire l’évolution de l’indice du mois d’avril 2018 par rapport à celui du mois de mars 2018, elle a augmenté de 0,6%.

En termes de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont inscrit une hausse de 1,1% en avril dernier.

A titre d’exemple, les prix des produits agricoles frais ont grimpé de 2,3% en raison, essentiellement, de l’augmentation des prix des fruits (+6,6%) et des légumes (+5%) et de la viande de poulet (+10%).

En revanche, certains produits ont affiché des variations négatives, principalement la pomme de terre (-7,8%) et les oeufs (-3,9%).

Pour les prix des produits alimentaires industriels (agroalimentaires), ils ont enregistré une relative stagnation, selon l’ONS.

Par ailleurs, les prix des produits manufacturés ont évolué de 0,2% alors que les services ont connu une stagnation.

Par groupe de biens et services, les prix des meubles et articles d’ameublement ont haussé de 1,5%, alors que ceux du groupe éducation-culture-loisirs ont augmenté de 0,3%.

Les prix du reste des produits se sont caractérisés par des stagnations, selon la même source.

par -

Le boycott de certains produits au Maroc a du bon, finalement. En effet le gouvernement a décidé de peser de son poids pour freiner la montée des prix. Le carburant sera le premier secteur ciblé, d’ailleurs le projet de loi est déjà ficelé, a affirmé le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, ce week-end, lors d’une réunion interne de son parti, des propos rapportés par le quotidien Al Massae dans son édition de ce lundi 28 mai 2018.

El Othmani, qui pilotait samedi 26 mai 2018 la commission nationale de son parti, a admis que, “quoique indispensable“, le virage de la libéralisation des prix des hydrocarbures pris par son prédécesseur “a néanmoins posé des problèmes“.
Il a ensuite évoqué le boycott qui frappe trois marques de produits de grande consommation. Selon lui on a affaire à “un cri de détresse de la classe moyenne“, et le gouvernement se doit d’écouter ce bruit et lui apporter des réponses, indique le journal.

par -

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouen Abassi, a pris la parole ce lundi 14 mai 2018, sur Express FM. Il a déclaré, d’emblée, que la dégradation des indicateurs économiques n’a pas pour seule source la monnaie nationale. Il a ajouté que la politique monétaire doit aller de concert avec la politique budgétaire. Une manière de dégager sa responsabilité et d’anticiper d’éventuelles accusations de la même nature que celles qu’avaient encaissées son prédécesseur, Chedli Ayari.

Pour Abassi, la difficulté majeure en Tunisie réside plus dans l’accès aux crédits que le taux d’intérêt. «Il y a un véritable intérêt pour les microcrédits et le leasing malgré leurs taux d’intérêts élevés. Il faut reconnaitre qu’en Tunisie il y a un problème d’inclusion financière et bancaire. Cela est du à un manque de confiance. Ce manque de confiance peut être résolu grâce aux nouvelles technologies, et en l’occurrence la technologie blockchain peut être la réponse».

Par ailleurs le patron de la BCT a affirmé que l’inflation est remorquée par la montée des prix des produits frais, qui est plus conséquente que celle des produits agricoles. Il a également déclaré que le plus gros problème est le manque de productivité : «D’ailleurs, on constate que l’exportation ne s’est pas envolée en dépit du repli du taux de change. Il est d’usage qu’un taux de change compétitif propulse davantage l’exportation, or ce n’est pas le cas. Cela est du au déficit de production, à l’absence d’une bonne offre exportable ainsi qu’aux obstacles pour l’accès au marché. Il y a un problème au niveau de toute la chaîne de valeur, et pas uniquement une défaillance dans la politique monétaire».

par -

En mars 2018, les prix à la consommation augmentent de 0,7% après une baisse de 0,1% le mois précédent. Cette augmentation est surtout liée à la hausse des prix de l’alimentation, des produits de textile et du transport. Sur un mois, les prix des produits alimentaires augmentent de 1,1% suite à la hausse des prix des volailles de 4,2%, des fruits frais de 2,5% et les viandes bovines de 2,4%.

En mars, les prix des produits d’habillement augmentent de 0,9% contre une baisse de 3,7% enregistrée le mois précédent. Cette hausse est liée à la fin des soldes d’hiver. Les prix des articles d’habillement augmentent de 1,0% et des chaussures de 0,7%. Les prix de transport augmentent de 0,8% en raison de la hausse de prix des véhicules de 1,2% et les dépenses d’utilisation des véhicules de 0,2%.

En mars 2018 aussi, les prix des biens et services divers augmentent de 0,8% en raison de la hausse des prix des produits et services liés au soin personnel de 1,1%. Les prix des services des restaurants et hôtels augmentent de 0,6% suite à l’augmentation des prix des services des restaurants et cafés de 0,5% et des prix des services des hôtels de 0.9%.

  • En mars 2018, les prix à la consommation augmentent de 7,6% sur un an

Le taux d’inflation augmente à 7,6% contre 7,1% le mois précédent et 6,9% le mois de janvier. Cette hausse provient de l’accélération des prix d’alimentation (8,7% contre 7,7%) et des prix d’habillement (8,0% contre 6,9%). En mars 2018, les prix de l’alimentation augmentent de 8,0% sur un an (7,7% en février). Ce taux de 8,0% est expliqué par l’augmentation des prix des fruits de 23,4%, des huiles alimentaires de 13,7%, des poissons de 10,4% et des viandes de 9,7%. Les prix de l’alimentation non frais sont en hausse de 7,0% sur un an. Sur un an, les prix de transport augmentent de 10% en raison de la hausse des prix des véhicules de 16,6% et les prix des pièces de rechange de 10%. En glissement annuel, les prix de logement, eau, gaz et autres combustibles augmentent de 4,4% suite à l’augmentation des prix des services de loyers de 4,5% et les prix d’entretien et réparation des logements et plus particulièrement les matériaux de construction de 15,3%.

Le taux d’inflation sous-jacente (l’ensemble sans l’alimentations et boissons et hors énergies) s’établit à un taux de 7,4% contre 7,0% en février 2018. Les prix de produits libres (non administrés) augmentent de 8,5% contre 4,5% pour les prix administrés. Les produits alimentaires libres augmentent de 9,9% contre 2,2% pour les produits administrés

par -

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Dhaneshwar Ghura a en effet visité Abidjan du 22 mars au 5 avril 2018 pour mener les consultations au titre de l’article IV des statuts du FMI pour l’année 2018 et tenir les discussions sur la troisième revue du programme économique et financier triennal soutenu par le FMI grâce à des accords conclus dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et du Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC).

A la fin de la visite, M. Ghura a rendu publique la déclaration ci-après :

« La mission du FMI et les autorités sont arrivées à un accord au niveau des services sur la troisième revue du programme appuyé par les accords FEC et MEDC, sous réserve de son approbation par la direction du FMI et du Conseil d’administration. L’examen par le Conseil d’administration pourrait intervenir en juin 2018.

« Sur la base des résultats préliminaires, le PIB a augmenté de 7,8% l’an dernier nonobstant la chute des cours du cacao et les revendications sociales. L’inflation est restée faible à environ 1%, bien en dessous de la norme de 3% de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le crédit à l’économie a progressé à un rythme soutenu de 13,3% en 2017. Reflétant la baisse des cours du cacao en 2017, le déficit du compte courant extérieur s’est situé à 2,1% du PIB.

« Les perspectives à moyen terme sont favorables et les risques pesant sur les prévisions sont globalement équilibrés. L’activité économique devrait rester soutenue en 2018 et les perspectives à moyen terme projettent la poursuite d’une croissance robuste. L’inflation devrait rester contenue. Le déficit budgétaire devrait être maintenu à 3,75% du PIB en 2018, en phase avec les objectifs du programme. L’équipe salue l’engagement des autorités à converger vers la norme du déficit budgétaire régional de l’UEMOA de 3% du PIB en 2019.

« Les performances du programme soutenu par le FMI ont été satisfaisantes en 2017. Le déficit budgétaire était de 4,2% du PIB en 2017, un peu moins que prévu. Tous les critères de performance et tous les repères indicatifs, à l’exception d’un seul, pour fin décembre 2017 ont été respectés. Tous les repères structurels, à l’exception d’un seul, ont également été mis en oeuvre. Les politiques solides engagées par les autorités dans le cadre du programme appuyé par le FMI et les bonnes performances économiques du pays ont contribué à l’émission de l’Eurobond en mars 2018.

« L’équipe du FMI et les autorités ont convenu de la nécessité d’accélérer les réformes essentielles pour maintenir la croissance à un rythme soutenable et continuer de la rendre plus inclusive. L’équipe salue les progrès réalisés par les autorités dans la priorisation des nouveaux projets d’investissement qui devraient contribuer à maintenir l’espace nécessaire au financement du Programme National de Développement (2016-2020). L’équipe du FMI et les autorités se sont également accordées sur l’importance d’augmenter les recettes internes pour créer un espace budgétaire permettant de prendre en charge les dépenses prioritaires et d’améliorer la capacité à rembourser la dette.

« La mission a noté les efforts visant à atténuer les risques budgétaires en poursuivant la restructuration de la raffinerie nationale et des banques publiques. La mise en oeuvre des nouvelles réglementations prudentielles conformes aux principes de Bâle II / III devrait renforcer la stabilité du secteur bancaire. Les performances économiques de la Côte d’Ivoire sont solides. Les perspectives présentent toutefois des risques liés notamment au rythme plus lent que prévu de la mobilisation des recettes, aux termes de l’échange défavorables et au resserrement des conditions financières internationales.

« La mission et les autorités ont convenu que le programme de transformation économique de la Côte d’Ivoire progresse bien. La poursuite de la consolidation budgétaire, une politique d’endettement prudente et des réformes du côté de l’offre permettront de soutenir les taux de croissance élevés. La poursuite des actions visant à diffuser les retombées de la croissance et à réduire le chômage des jeunes sera également un facteur important pour assurer le succès à long terme des politiques du gouvernement.

« La mission du FMI tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité et les échanges constructifs lors de la mission. »

La mission du FMI a été reçue en audience par Son Excellence Monsieur le Président de la République Alassane Ouattara ; M. Amadou Gon Coulibaly, Premier Ministre ; M. Adama Koné, Ministre de l’Economie et des Finances ; M. Amadou Koné, Ministre des transports ; M. Thierry Tanoh, Ministre du Pétrole, de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables ; M. Jean Claude, Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale ; Madame Nialé Kaba, Ministre du Plan ; M. Moussa Sanogo, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat ; M. Chalouho Coulibaly, Directeur

FOCUS 🔍

La BIAT, qui apporte depuis s plusieurs années, un soutien à la culture et aux industries créatives allant au-delà du mécénat, a lancé une...

Le meilleur des RS

Notre rubrique «Le meilleurs des réseaux Sociaux », début de la saison estivale oblige, choisit de mettre en lumière une initiative citoyenne, soutenue par un...

INTERVIEW

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l'augmentation et à plusieurs reprises...

AFRIQUE

Cela faisait trois ans que Barack Obama n'avait pas foulé la terre de ses ancêtres. Depuis dimanche, l'ancien président américain est au Kenya, pays...

Reseaux Sociaux

SPORT