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On a rarement vu ça dans toute l’histoire de l’humanité : Une inflation qui monte à 233,3%. C’était le cas au Venezuela en septembre dernier, à en croire un rapport publié lundi 09 octobre 2018 par le Parlement, la seule institution du pays pilotée par l’opposition. Calculée sur un an, la hausse des prix s’établit à 342 161%, rapporte l’AFP.
L’inflation annuelle, de septembre 2017 à septembre 2018, se situe à 342.161%, un chiffre vraiment accablant“, a déclaré le député Juan Andrés Mejia devant la presse.
D’après le rapport des élus, en septembre 2018 les prix ont bondi en avant de 233,3%. “C’est le chiffre le plus important depuis le début de l’année et cela accentue bien évidemment l’hyperinflation que nous subissons actuellement“, a ajouté Mejia.

En août, toujours d’après la même source, l’inflation a excédé le seuil des 200%, tandis que l’évolution des prix sur un an s’établissait à 200.005%. “Cela nous donne une projection de 1.030.281% d’inflation à la fin de l’année“, a précisé le député. Ce niveau d’inflation cadre avec les prévisions du Fonds monétaire international, selon lequel l’hyperinflation au Venezuela pourrait aller au-delà de 1 000 000% d’ici fin 2018.

En août, le chef de l’Etat, Nicolas Maduro, un socialiste, a décidé de tenter un électrochoc face à la crise économique, en montant le salaire minimum, plus de 30 de fois le niveau actuel ; au menu également une dévaluation de 96% du bolivar et une élévation de la TVA et du carburant, dont le pays est pourtant un gros producteur. Mais rien n’y a fait, l’inflation bat toujours des records mondiaux, elle grimpe de 4% chaque jour, d’après le rapport parlementaire.
La hausse du coût de la vie en une seule journée au Venezuela écrase le taux recensé en Colombie voisine durant les 12 derniers mois (3,23%).
Pour ne pas en rajouter à l’affolement et à la sinistrose générale (pénurie de denrées alimentaires, de médicaments et de tous les biens de consommation courante), la Banque Centrale a cessé depuis février 2016 de publier des données sur l’évolution de l’économie.

D’après les experts, le Venezuela doit ses déboires à une émission débridée de monnaie, pour un pays plongé dans la récession depuis 2014 à cause de la fonte des prix du pétrole et de la production de brut. A noter que le budget national est alimenté à 96% par les recettes du pétrole.

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Le taux d’inflation a enregistré en septembre 2018, un fléchissement à 7,4% contre 7,5% les mois de juillet et août 2018, selon les dernières statistiques de l’Institut National de la Statistique (INS).

En dépit de la hausse des prix des plusieurs produits, cette légère baisse est due principalement au ralentissement du rythme de l’augmentation des prix du groupe alimentation entre les d’août et septembre de cette année, en comparaison avec l’année dernière (0,2% contre 1,2%).

En effet les prix de l’alimentation ont augmenté de 5, 8% sur un an contre 7% le mois précédent. Cela s’explique dans une large mesure par la hausse des prix des fruits de 11%, des viandes de 12,3% et des dérivés de lait, fromages et œufs de 9%.

Les prix du groupe transport poursuit leu rythme de croissance avec un taux de 13,3% en raison de la hausse des prix des véhicules de 16,1%, des dépenses d’utilisation des véhicules de 13,6% et des services de transport de 8,7%.

Le groupe logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles a revu ses prix à la hausse de 6,1% en glissement annuel, du fait de la hausse des loyers de 5,2%, des tarifs d’entretien des logements de 15,4% et des tarifs de l’électricité et du gaz de 5,4%.

Quant au taux d’inflation sous-jacente ( qui concerne l’ensemble des produits hors alimentation, boissons et énergie), il s’est établi à un niveau de 7,9%.

Pour ce qui est de l’indice des prix à la consommation, il a augmenté de 0,5% sur un mois (septembre) et de 7,4% sur un an (2018). Cette hausse est expliquée par l’évolution des prix des produits et des services de transport de 1,2% suite à la révision des prix de carburants et de la hausse des prix des produits et services du groupe de l’enseignement avec un taux de 4,9%.

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Nous apprenons, de source sûr et fiable, que l’inflation devrait se situer à 7,4 % pour le mois de septembre 2018. En août 2018, l’inflation était à 7,5 %. En août 2018, le taux d’inflation s’est stabilisé à 7,5% après un repli le mois précédent. Le taux d’inflation a connu des augmentations successives allant de 6,9% en janvier jusqu’à 7,8% le mois de juin 2018 puis une stabilité à 7,5% en juillet et août 2018.

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C'est le paradis des prix... ou presque, selon le ministre

Depuis des années, les prix des fruits et légumes connaissent une flambée vertigineuse dans tous les gouvernorats du pays. Des légumes qui étaient accessibles pour les petites et moyennes bourses sont devenus hors de portée. Cette hausse reste souvent inexplicable, les commerçants et les responsables se rejettent la balle tandis que le citoyen lambda peine à remplir son couffin avec les produits de consommation les plus essentiels comme la tomate et le piment !

Selon des données officielles récemment dévoilées par le ministre du Commerce, Omar El Behi, les prix des légumes ont enregistré une baisse de 30 à 40% par rapport à 2017. Au cours de l’année 2018, le prix de la tomate a connu une baisse de 19%, le piment de 24%.

En ce qui concerne le prix de la viande blanche, un recul de 14% a été signalé. S’agissant des viandes rouges, les prix de vente ne dépassent pas les 23 dt pour le kilogramme. Concernant les fruits, une baisse a été également confirmée, à l’instar des pommes (8%), les raisins (7%), les figues (2%) et ce au cours du mois d’août 2018.

C'est le paradis des prix... ou presque, selon le ministre

C’est grâce à la campagne de contrôle entamée par son département dont le but était de préserver le pouvoir d’achat du citoyen que les prix ont baissé. D’ailleurs et dans le même contexte, 200 mille descentes ont été menées par les brigades de contrôle économique, qui se sont soldées par 24 mille infractions relevées dans plusieurs espaces (restaurants, hôtels, marchés, petits commerces…). Dans ce sens, le ministre du Commerce a mis en exergue l’importance de mettre en place un système de pesage et de facturation électroniques dans les marchés de gros, afin d’optimiser le contrôle des circuits de distribution, garantir une meilleure maitrise des prix, renforcer la transparence des transactions commerciales et faciliter la tache des agents de contrôle économique.

L’instauration de ce système, selon le ministre, constitue l’une des composantes du programme de réhabilitation des circuits de distribution des produits agricoles et de pêche selon les normes légales et procédurales.

La question de la hausse des prix de produits de consommation semble constituer l’une des priorités du gouvernement, qui considère la guerre contre la montée des prix comme la troisième priorité de son plan d’action après la lutte contre le déséquilibre régional et la lutte contre le chômage. C’est dans ce contexte que des mesures ont été prises pour juguler l’inflation, dont l’ajustement de la liste des produits subventionnés et la fixation du prix de certains produits alimentaires.

De même, une série d’autres mesures a également été annoncée, notamment le durcissement des contrôles des prix en amont et dans les points de vente, le renforcement des contrôles frontaliers, la régulation du marché par l’importation de certains produits et la constitution de stocks de régulation.

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Le communiqué du BE du parti islamiste Ennahdha, qui s’était réuni ce jeudi 20 septembre 2018, a évoqué la situation économique et plus spécialement le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2019. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas tendre avec le gouvernement de Youssef Chahed. Ses ministres en font partie pourtant. Mais les arbitrages ne semblent pas leur avoir plu. Le parti islamiste tunisien voudrait-il ainsi monnayer son soutien à Youssef Chahed ?

On lit ainsi, dans ce communiqué, que «le mouvement enregistre l’amélioration du taux de croissance grâce à l’agriculture, des industries manufacturières et les services. Mais remarque que cette croissance n’a pas amélioré la situation économique et sociale des citoyens en raison du taux d’inflation élevé». Ennahdha remarque aussi que «le projet de budget pour 2019 n’a pas apporté de nouvelles politiques pour les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, du commerce, de la lutte contre la corruption, et de l’allégement de la dette et s’est contentée d’une série de mesures traditionnelles».

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L'inflation baissera selon la BCT... mais en 2019

Selon la dernière note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT) intitulée “Évolution économiques et monétaires et perspectives à moyen termes”, les récentes prévisions à moyen terme laissent entrevoir une poursuite des pressions haussières sur les prix à la consommation jusqu’à la fin de 2018, avant de connaître une légère décélération en 2019. En moyenne annuelle, le taux d’inflation devrait se situer au voisinage de 7,8% en 2018 avant de revenir à 7% en 2019.

La BCT a expliqué que la conjonction de plusieurs facteurs défavorables a amplifié les tensions sur les prix en 2018 avec des effets qui pourraient s’étendre à 2019 et au-delà, étant donné qu’ils devraient toucher la quasi-totalité des composantes des prix et particulièrement l’inflation sous-jacente, indicateur de la tendance «fondamentale» des prix à moyen terme. Celle-ci serait en hausse, s’établissant en moyenne à 8,1% en 2018 avant de connaître une relative détente pour s’établir à 7,5% en 2019. Les perspectives haussières de l’inflation sous-jacente traduisent en particulier la poursuite de la transmission des effets de la dépréciation du taux de change, des hausses des prix internationaux des produits de base et les effets de second-tour des augmentations des prix de l’énergie et des produits alimentaires frais. Par ailleurs, le resserrement monétaire et les perspectives modérées de la demande de consommation devraient plaider pour une atténuation des tensions sur les prix.

L’incertitude est grandissante quant au retour de l’inflation à son niveau habituel à moyen terme. En effet, les mesures visant à limiter l’impact d’une éventuelle hausse des prix internationaux sur les prix domestiques, notamment les subventions, se heurteraient à de fortes contraintes budgétaires. En outre, les pressions sur le taux de change constituent un facteur de risque à part entière, vu sa forte contribution à l’envolée de l’inflation sous-jacente durant la période passée et actuelle. Egalement, une éventuelle hausse des coûts salariaux pourrait freiner la décélération de l’inflation à moyen terme. Finalement, les perturbations des circuits de distribution constituent des risques
supplémentaires pesant sur les perspectives de l’inflation.

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Yémen : La famine pourrait s'ajouter aux autres malheurs, alerte le PAM

Alors que le conflit continue de faire rage au Yémen, entraînant une inflation galopante et une flambée des prix alimentaires, le Programme alimentaire mondial (PAM) a tiré la sonnette d’alarme mercredi quant au sort des 18 millions de Yéménites qui ne savent pas d’où viendra leur prochain repas.

« Seule une cessation immédiate des hostilités donnera à la communauté humanitaire l’accès durable dont elle a besoin pour fournir la nourriture et toute autre assistance vitale nécessaire pour sauver des vies au Yémen », a affirmé dans une déclaration mercredi le Directeur exécutif du PAM, David Beasley.

« Ma principale préoccupation concerne les enfants, les femmes et les hommes innocents du Yémen et j’exhorte toutes les parties à mettre fin aux combats et à soutenir les efforts visant à instaurer la paix », a précisé le chef du PAM.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Yémen est confronté à l’une des crises humanitaires les plus profondes, avec 22,2 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance vitale, y compris de la nourriture, de l’eau salubre, d’un soutien nutritionnel et de soins médicaux de base.

L’économie du pays s’est effondrée depuis que le conflit entre les forces gouvernementales et leurs alliés, pour étouffer les rebelles houthis, s’est intensifié en 2015.

Une inflation galopante

Le riyal yéménite a subi une dépréciation de 180% en trois ans.

Le coût des produits alimentaires de base a augmenté de 35% au cours des 12 derniers mois, empêchant de nombreuses familles de se nourrir, alors que le Yémen est déjà confronté à la plus grande crise de la faim dans le monde avec près des deux tiers de la population, qui ne sait pas de quoi sera fait son prochain repas.

Chaque mois, entre 6 et 7 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire du PAM au cours de l’année passée, ce qui, selon David Beasley a empêché le pays de sombrer dans une famine généralisée.

Le Directeur exécutif du PAM a toutefois averti qu’avec les obstacles et risques croissants « nous atteignons maintenant la limite ».

Bien que l’agence ait l’intention d’augmenter ses capacités pour atteindre 8 millions de personnes par mois, le chef du PAM craint que « si le conflit continue à s’intensifier et que la situation économique se détériore » le nombre de Yéménites en insécurité alimentaire sévère n’atteigne les 12 millions.

« Avec un accès limité, une insécurité croissante et de nouveaux dommages aux infrastructures du pays », il serait « extrêmement difficile » pour le PAM de venir en aide à ce nombre de personnes, a souligné M. Beasley.

Arrêter de prendre pour cible des humanitaires

Le Directeur exécutif du PAM a fait état d’une série d’attaques, « involontaires ou non », sur les travailleurs, camions, entrepôts et silos du PAM qui contiennent des céréales. Il a rappelé que ces installations sont « neutres » et a affirmé que viser des travailleurs humanitaires ou des ressources et infrastructures humanitaires « ne devrait pas avoir sa place au Yémen ou ailleurs dans le monde ».

  1. Beasley a également souligné le fait qu’avec les multiples urgences humanitaires majeures à travers le monde, le choc financier de la crise au Yémen devient « un défi majeur pour la communauté internationale  ».

Il a appelé à de nouveaux points d’entrée pour les importations alimentaires humanitaires et commerciales dans le pays. « Le temps est compté pour les agences humanitaires au Yémen afin d’empêcher ce pays de sombrer dans une famine dévastatrice », a averti David Beasley.

« J’exhorte toutes les parties au conflit à s’acquitter de leurs obligations de protéger les civils et les infrastructures civiles et à prendre des mesures actives pour respecter le droit international humanitaire en mettant fin au conflit et en apportant la paix dont le Yémen a désespérément besoin », a conclu le chef du PAM.

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Au cours du mois d’aout, le taux d’inflation s’est stabilisé à 7,5% après un repli en juillet 2018. Ce taux a connu des augmentations successives allant de 6,9% en janvier 2018 jusqu’à 7,8% le mois de juin 2018, selon les dernières statistiques publiées mercredi, par l’Institut national de la statistique (INS).
Cette stabilité est expliquée d’une part, par la décélération du rythme d’augmentation des prix de l’alimentation (7% contre 8,3%) et d’autre part, par l’accélération observée au niveau du rythme d’augmentation des prix des services de logement (6%, contre 4,9%) et des prix de transport (12,2% contre 11%).

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L’économiste et consultant en stratégie d’investissement, Sadok Jebnoune a indiqué, dans une interview accordée à Africanmanager, que le dinar tunisien a perdu, depuis juillet 2008, 137% de sa valeur face au dollar américain, avant de souligner que la chute de la monnaie nationale s’est accélérée depuis l’année 2016 où elle a perdu 40% de sa valeur devant l’euro.

Le glissement du dinar est devenu plus perceptible entre août 2017 et août 2018 où sa valeur a baissé de 11,1% par rapport à l’euro et de 10,7% par rapport au dollar. Ajoutons à cela la hausse du chômage à 15%, l’augmentation de l’inflation à 7,8% et la baisse des réserves en devises à 69 jours d’importation.

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Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur, indique un communiqué. Réuni mercredi 29 août 2018 à Tunis, la BCT a noté la persistance des tensions inflationnistes malgré une légère amélioration. L’évolution du rythme de l’indice des prix à la consommation s’établit, en glissement annuel, à 7,5% durant le mois de juillet 2018 contre 7,8% en juin dernier. L’institution souligne que le rythme d’évolution des prix est de nature à impacter négativement la reprise économique, ce qui nécessite un suivi minutieux des sources de l’inflation.

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L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel a été de 4,8% jusqu’à juillet 2018, a appris l`APS auprès de l`Office national des statistiques (ONS).

L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel en juillet 2018 est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois allant de août 2017 à juillet 2018 par rapport à la période allant de août 2016 à juillet 2017.

Quant à la variation mensuelle des prix à la consommation, c’est-à-dire l’évolution de l’indice du mois de juillet 2018 par rapport à celui du mois de juin 2018, elle est de -1,9%.

En termes de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont inscrit une baisse de 4,5% en juillet dernier par rapport à juin 2018.

A titre d’exemple, les prix des produits agricoles frais se distinguent par une chute de près de 8,7%, résultat de la baisse des prix de certains produits relevant de cette catégorie, notamment les fruits et légumes (respectivement -38,8% et -12,5%).

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Rétamée par des mois de boycott, la Centrale Danone a finalement flanché, et est même prête à se couper un bras en commercialisant son lait pasteurisé sans aucun bénéfice et ce, dès septembre 2018. Cette décision sans précédent dans le monde est la résultante de 4 mois de vaches maigres, jusqu’à moins 50% dans les ventes au Maroc. Danone, qui faisait la loi dans le royaume depuis toujours, n’avait d’autre choix que de céder. Ses concurrents eux aussi n’auront d’autre choix que de s’aligner… et vendre sans le moindre profit, ou disparaitre.

«Nous nous apprêtons à faire baisser le prix du litre de lait. L’annonce sera faite à la rentrée, après avoir trouvé le nouveau modèle économique qu’on adoptera dorénavant», a confié à Jeune Afrique, sous couvert d’anonymat, un dirigeant du groupe.
C’est donc l’épilogue d’une crise que le puissant groupe n’a jamais connu, au point de lancer une campagne de communication inédite pour redorer son blason. Emmanuel Faber, le PDG de Danone Monde, a même dû rappliquer d’urgence au Maroc, le 26 juin dernier, pour tenter d’éteindre l’incendie, avec trois propositions fermes, dont cette vente sans bénéfice, tout en maintenant les marges des éleveurs et des intermédiaires…

Tous les regards sont maintenant tournés vers Sidi Ali et Afriquia, eux aussi broyés par la campagne de boycott. Que sont-ils prêts à faire comme sacrifices pour retourner dans les bonnes grâces des consommateurs ?

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Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a récemment annoncé qu’un million 390 mille têtes de moutons de sacrifice sont disponibles en prévision de Aid Al-Idha, contre un million 211 mille têtes de moutons au cours de l’année précédente, soit une hausse de 15%.

Le prix du mouton, de moins de 40 kg, est fixé à 11,5 dinars tunisiens (DT) par kilogramme et à 11 DT/kg pour les moutons de plus de 40 kg.

En Tunisie, les prix du mouton ont connu ces dernières années une augmentation vertigineuse. Il faut débourser entre 350 et 450 dinars pour un mouton de taille moyenne, et entre 500 et 700 dinars pour un plus gros. Résultat : Une bonne frange de la population tunisienne recourt à l’endettement pour l’achat du mouton, pour l’accomplissement du sacrifice, lequel est une “sunna confirmée” !

Des vendeurs de moutons ont récemment fait savoir que «coïncidant avec le mois de Ramadan, la rentrée scolaire, l’affluence des Tunisiens dans les points de vente des moutons de sacrifice de l’Aïd el Idha est très faible cette année, malgré la baisse des prix par rapport à l’année dernière».

Le pouvoir d’achat des Tunisiens est grevé par l’augmentation spectaculaire des prix de plusieurs produits et services, à l’instar de l’électricité, du loyer, des télécommunications, des médicaments, du tabac. Envolée des prix, inflation, chômage, pertes d’emploi, endettement, appauvrissement… Rien n’est épargné aux citoyens ces dernières années !

Selon les estimations de l’Organisation de Défense du Consommateur (ODC) , 55% des Tunisiens n’achèteront pas le mouton d’Aïd Al-Idha cette année. D’ailleurs, depuis la dite Révolution du 14 janvier 2011, près du quart de la population tunisienne est considérée comme pauvre et subit de plein fouet le renchérissement du coût de la vie.

L’offre a, cette année, dépassé la demande et de nombreux paysans ont préféré retourner chez eux avec leurs moutons plutôt que “de vendre à perte“.

Bettaieb : Le prix d’un mouton oscille entre 250 DT et 280 DT !

Lors de sa visite hier 16 août 2018 dans l’un des points de vente sis au gouvernorat de Ben Arous, le ministre de l’Agriculture, Samir Bettaieb, a affirmé que le citoyen peut s’offrir un mouton à 250 ou 280 dt pour fêter l’Aid Al-Idhha, ajoutant qu’en cas de maladie détectée, le mouton pourrait être remplacé.

Bettaib a, sur un autre volet, indiqué que 136 points de vente répartis sur 19 gouvernorats ont été mis en place contre 48 points de vente répartis sur 18 gouvernorats l’année dernière.

Et d’ajouter que quelque 367 vétérinaires sont chargés du contrôle sanitaire dans ces points de vente, outre une liste de médecins vétérinaires disponibles dans 24 gouvernorats le jour de l’Aid, a indiqué le ministre à l’agence TAP.

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Le taux d’inflation se replie, pour la première fois cette année, à 7,5% contre 7,8% il y a peu. C’est ce qu’affirment les tous derniers chiffres de l’INS. Le taux d’inflation a connu des augmentations successives durant l’année 2018 allant de 6,9% en janvier 2018 à 7,8% le mois dernier. Cette régression est expliquée essentiellement par une décélération du rythme d’augmentation des prix entre les mois de juin et juillet de cette année (+0.5%) et la même période de l’année dernière (+0.9%), où les prix du tabac ont enregistré une forte augmentation en juillet 2017 (+13,1%), contre une stabilité en 2018.

Décélération aussi de l’augmentation des prix des produits alimentaires. En juillet 2018, les prix de l’alimentation augmentent avec un taux de 8,3% sur un an, contre 8,6% le mois précédent. Ce taux de 8,3% est expliqué par l’augmentation des prix des fruits de 19,9%, des prix des viandes de 14,3%, des poissons de 9,5%, des huiles alimentaires de 7,6% et des dérivés de lait, fromages et œufs de 7,4%. Les prix du groupe transport continuent d’augmenter à un taux de 11,0% en raison de la hausse des prix des véhicules de 13,7%, des dépenses d’utilisation des véhicules de 11,3% et des services de transport de 6,8%. Hausse des prix des biens et services divers. En glissement annuel, les prix de biens et services divers augmentent de 11,1% suite à la hausse des prix des soins personnels de 11,6%, des assurances de 9,3% et des services financiers de 7,5%.

Le taux d’inflation sous-jacente (l’ensemble hors alimentations et boissons et hors énergies) s’établit à un niveau de 7,3%. Les prix de produits libres (non administrés) augmentent de 8,5% contre 3,9% pour les prix administrés. Les produits alimentaires libres augmentent de 9,5% contre 2,1% pour les produits administrés.

Cela dit, en juillet 2018, les prix à la consommation augmentent de 0,6% après une hausse de 0,5% le mois précédent. Cette évolution résulte principalement de la hausse des prix des produits et services des transports de 3,1% malgré la baisse des prix des produits alimentaires de (-0,5%).

En juillet 2018 aussi, les prix des produits alimentaires se replient. Sur un mois, les prix des produits alimentaires diminuent de 0,5% suite à la baisse des prix des œufs de 3,2%, des volailles de 2,8%, des légumes frais de 2,2% et des fruits frais de 1.5%.

Les prix de transport augmentent de 3,1% en raison de la hausse des prix des véhicules de 2,4%, des dépenses d’utilisation des véhicules de 2,0% et des services de transport de 6,3%, suite à la révision de la tarification des services de transport routier des passagers.

En juillet, les prix des services des restaurants et hôtels augmentent de 1,7% en raison de la hausse des prix des services des restaurants et cafés de 1,0%.

L’INS ne dit cependant pas, dans ce genre de communiqué narratif et sans aucune analyse perspective, si cette baisse dont elle dit être une première depuis 7 mois va continuer et constituer ainsi un trend de bon augure, ou si c’est un incident de parcours, dans la trajectoire d’une inflation dont tous les analystes pensent qu’elle pourrait dépasser les 9 % d’ici la fin de l’exercice 2018. “Wait and See” !

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“La stratégie pour le deuxième semestre 2018”, tel est le thème d’une étude réalisée, durant ce mois de juillet, par l’intermédiaire en bourse Arab Financial Consultants (AFC). Il en ressort que, durant ce premier trimestre, l’économie tunisienne a enregistré son plus fort taux de croissance depuis le 1er trimestre 2014, atteignant 2,5% contre 1,9% pour la même période de 2017. Cette croissance est tirée en premier lieu par les produits agricoles en raison d’une bonne saison oléicole. La valeur ajoutée des industries manufacturières enregistre une hausse de 2,4% contre 0,1% au premier semestre 2017 et –1% pour toute l’année 2017, ce qui dénote d’une reprise de ce secteur. Dans la même tendance de l’année 2017 au cours du premier trimestre 2018, les services marchands avancent de 4,3% et les services non marchands de seulement 0,5%.

Au niveau de la balance commerciale, l’étude a montré que les exportations ont progressé au cours du 1er semestre 2018 par rapport à celui de 2017 de 26,6%. Les produits agricoles et alimentaires de base enregistrent une hausse spectaculaire de 108% contribuant ainsi à 25% à la hausse des exportations.

S’agissant des exportations de produits intermédiaires et des autres produits de consommation, elles ont progressé respectivement de 29% et 22,1% contribuant à 29% chacun à la hausse des exportations totales.

Quant au volume des importations, il a enregistré une hausse de 20,8%. La plus forte hausse concerne les produits énergétiques dont les importations ont crû de 34,8% contribuant à 19% à la hausse totale de l’ensemble. A peu de choses prés, la moitié de la hausse des importations provient de l’augmentation des autres produits intermédiaires qui ont crû de 26,2%. Au total, le déficit a atteint, au mois de juin 2018, prés de 8,16 milliards de dinars contre 7,53 milliards pour la même période de 2017, le taux de couverture s’est amélioré de 3,3 point passant de 68,1% à 71,4% à l’issue des six premiers mois de l’année 2018.

Sur le front monétaire, MFC constate que le dernier TMM mensuel s’établit à 6,72% contre 4,94% à fin juin 2017. En effet le conseil de la BCT a décidé de relever le taux directeur à deux reprises en mars et juin, respectivement de 75 et 100 points de base. Cette action montre la détermination de la BCT à utiliser le levier des taux pour contenir l’inflation qui a connu une forte accélération en 2018 passant de 6,4% en glissement annuel au mois de décembre 2017 à 7,8% au mois de juin 2018.

“Avec le déficit de la balance commerciale qui s’élargit en valeur absolue, les tensions inflationnistes persistantes, le déficit budgétaire qui reste important malgré une légère stabilisation, les grandes réformes tant attendues des comptes publics non amorcés à cause d’un manque d’audace politique….2018 et 2019 risquent d’être des années encore difficiles, même si des prémices de reprise économique sont bien là grâce à un niveau plus soutenu de croissance du PIB”, précise la note.

L’étude à en outre indiqué que dans une conjoncture économique encore incertaine et perturbée par un climat politique instable, le TUNINDEX a réalisé une hausse de 28,29% durant le premier semestre 2018, clôturant à 8 059,10 points. A titre de comparaison, le TUNINDEX a progressé de 4,91% durant les six premiers de 2016 et de 9,73% durant le premier semestre de 2017. L’annonce de la reprise du tourisme a sans doute remis en confiance les investisseurs. En effet, sur les mois de Mai et de Juin, l’indice phare de la Bourse de Tunis a augmenté de 13,12%.

Au niveau des transactions, la Bourse a enregistré durant les six premiers mois de 2018 un volume global de 1 907,7 MDT contre 1 379,5 MDT sur la même période de 2017, soit un accroissement de 38,3%. Pour ce qui concerne le marché de la cote de la Bourse, les actions et obligations échangées durant le premier semestre de 2018 ont atteint 1 235 MDT contre 837 MDT sur la même période de 2017.

Le volume des échanges du premier semestre de 2018 se répartit entre 22,5% d’obligations et 77,5% d’actions contre 14,2% d’obligations et 85,8% d’actions pour le premier semestre de 2017. Du côté des actions, c’est la blue chip de la Bourse tunisienne (SFBT) qui détient la palme d’or des titres les plus échangés avec des flux semestriels atteignant les 212,3 MDT. Nous retrouvons ensuite 3 valeurs bancaires qui sont ATTIJARI BANK qui a généré un volume d’échange semestriel de 85,8 MDT, la BNA avec un total de capitaux traités de 70,5 MDT et la BIAT qui dépasse les 40 MDT.

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Bien que la croissance enregistrée, en 2017, soit encore modérée avec un taux de 2% aux prix constants de 2010, les tensions sur les prix observées durant la deuxième moitié de 2016 se sont exacerbées en 2017. En effet, l’inflation globale qui a débuté l’année au niveau de 4,6% est allée crescendo, culminant à 6,4% en décembre. Anticipant la résurgence des tensions inflationnistes, la Banque centrale a durci sa politique monétaire, en relevant, à deux reprises, son taux directeur, le portant de 4,25% à 4,75% en avril 2017, puis à 5% en mai“, indique la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son dernier rapport relatif à l’année 2017.

Toujours selon le rapport, à partir du mois de juillet, la Banque centrale a entamé un resserrement quantitatif, visant à limiter à 7 milliards de dinars ses opérations principales de refinancement, sous forme d’appels d’offres hebdomadaires et a procédé, fin décembre, à l’élargissement du corridor de fluctuation des taux du marché monétaire de 150 points de base, portant sa largeur à 200 points de base. En conséquence, le taux de la facilité de dépôts à 24 heures, qui constitue le plancher du corridor, a été ramené à 4% tandis que le taux de la facilité de prêt marginal, limite supérieure dudit corridor, s’est établi à 6%. L’élargissement du corridor n’était qu’un signe précurseur d’un relèvement imminent du taux directeur, qui a d’ailleurs été porté, début mars 2018, à 5,75%, à un moment où l’inflation a culminé à 7,1% en février 2018 et menace de poursuivre son trend haussier.

En réalité, ces évolutions ne sont que la conséquence des derniers développements à l’échelle internationale et nationale. Au niveau international, l’orientation vers la normalisation des politiques monétaires de la BCE et de la FED, sur fond de reprise de l’activité et d’un début de convergence des taux d’inflation vers leurs niveaux-cible, devrait impacter les taux sur les marchés financiers internationaux et par conséquent les coûts de mobilisation des ressources. Par ailleurs, l’augmentation des prix de la plupart des produits de base et l’environnement géopolitique encore hostile resteront les principaux défis auxquels l’économie tunisienne devrait faire face.

A l’échelle nationale, la croissance économique a été tirée, entre autres, par la bonne tenue du secteur touristique et des industries manufacturières exportatrices, et à un moindre degré par une faible reprise de l’activité dans le secteur agricole. Elle aurait été bien meilleure n’eussent été les difficultés persistantes dans les activités extractives. Sur un autre plan, le déficit courant de la balance des paiements a culminé à 10,2% du PIB, un plus haut sur deux décennies. Pour sa part, le déficit budgétaire s’est situé à 6,1% du PIB et a nécessité, pour son financement, un recours accru aux ressources extérieures, portant l’encours de la dette publique au voisinage de 70% du PIB. In fine, l’ampleur des déficits jumeaux a non seulement mis davantage de pression sur le marché des changes et la liquidité bancaire, mais devient de plus en plus menaçante pour la soutenabilité de la dette.

Pour 2018, la stabilisation du cadre macroéconomique s’avère nécessaire pour renouer avec une croissance saine et durable, et cela ne pourrait être accompli qu’à travers la maîtrise de l’inflation et des déficits jumeaux, et la poursuite des réformes structurelles.

La BCT a sous un autre angle indiqué que la conjoncture économique difficile qui a prévalu, en 2017, a contribué à un resserrement plus prononcé de la liquidité bancaire. En effet, l’importante baisse des avoirs en devises, du fait du niveau exceptionnellement élevé du déficit courant et de l’importance des besoins de financement domestique du Trésor, continue à exercer des effets restrictifs sur la liquidité bancaire. En revanche, les Billets et monnaies en circulation (BMC), en dépit de leur augmentation notable, en 2017, n’ont eu qu’un effet modéré sur la liquidité bancaire. C’est qu’une bonne partie de la fiducie se trouve en dehors du circuit bancaire.

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BCT : Les banques de plus en plus gourmandes

“En se situant à 1,9% au cours de l’année 2017, la croissance économique a pratiquement doublé par rapport à 2016. Toutefois et en dépit de ce raffermissement, le rythme de la reprise de l’activité économique demeure faible, sept ans après la Révolution, au regard des défis du développement intégré, de la création d’emplois et de la maîtrise des équilibres macroéconomiques”, a indiqué Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans le rapport annuel de la Banque relatif à l’année 2017.

“Il importe, en revanche, de relever que la croissance gagne en qualité comparativement aux années passées, avec un repli de la contribution des services non marchands au profit des secteurs productifs, en particulier l’agriculture et la pêche, les industries manufacturières et les services marchands. Cette inflexion positive semble, du reste, se consolider depuis le début de l’année 2018 grâce à une saison touristique prometteuse et dont les indicateurs sont de nouveau au vert, une saison agricole satisfaisante et à la reprise des exportations des industries manufacturières. Elle est d’ailleurs corroborée par une reprise de la croissance économique au cours du premier trimestre 2018, enregistrant un taux de 2,5% en glissement annuel”, a-t-il déclaré.

El Abassi a toutefois indiqué qu’une telle reprise demeure fragile à cause des vulnérabilités persistantes liées, en particulier, au dérapage des déficits budgétaire et des paiements courants (6,1% et 10,2% du PIB respectivement en 2017), doublé d’une recrudescence des tensions inflationnistes (7,7% à fin mai 2018 contre 6,4% en 2017 et 4,2% en 2016), et dont les effets répressifs pénalisent la situation monétaire et financière du pays ainsi que sa capacité à mobiliser les ressources de financement nécessaires, aussi bien sur le marché local qu’au niveau des marchés extérieurs. Ces déséquilibres qui s’entretiennent mutuellement et qui prennent plus d’ampleur, d’année en année, continuent à affecter l’activité économique, dont le recul de la productivité globale des facteurs persiste, impactant davantage les ressources propres du budget de l’Etat.

“Pour sa part, le secteur extérieur continue à se dégrader en raison du manque d’offre exportable et d’un rythme effréné des importations. La baisse des réserves en devises, l’’accroissement de l’endettement extérieur (63,5% du Revenu national disponible brut en 2017), notamment public, en plus de la dépréciation accrue du dinar constituent, à cet égard, des conséquences inévitables de cette évolution. Face à cette situation, des résolutions adéquates à même de rompre avec cet enchaînement préjudiciable doivent être adoptées de manière urgente pour accompagner une relance de l’économie sur des bases saines. Tout report à ce niveau des réformes indispensables ne peut qu’aggraver la situation économique et rendre plus difficile la mise en œuvre d’un plan de redressement viable.”, a–il précisé.

Et d’ajouter qu’à cet effet, les différentes mesures fiscales prises dans le cadre des lois des Finances au titre des années 2017 et 2018, associées à une maîtrise des dépenses, contribueront à atténuer le déséquilibre budgétaire, même si elles ont été diversement perçues par les opérateurs économiques. Les incertitudes de ces opérateurs et des investisseurs potentiels gagneront à être levées par une meilleure visibilité fiscale pour améliorer le climat des affaires, affecté par ailleurs par une série de classements négatifs appliqués au pays, notamment en ce qui concerne notre dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, outre la dégradation de la note souveraine décidée par les agences de notation financière.

Selon ses déclarations, la politique monétaire a également été constamment sollicitée pour couvrir le besoin de liquidité des banques, besoins émanant aussi bien des opérateurs économiques que du Trésor Public, et intervenir activement sur le marché des changes pour financer les importations stratégiques, notamment l’énergie. Les secteurs exportateurs, en particulier ceux liés à l’industrie extractive n’ont pas, à cet égard, apporté la contribution souhaitée à la reconstitution des réserves de change.

Ainsi, les interventions massives de la BCT pour réguler la liquidité se sont, en fin de compte, traduites par un accroissement du refinancement accordé au système bancaire à un rythme accéléré, et une baisse des réserves en devises. La dépréciation du dinar qui en a découlé a, en conséquence, contribué à alimenter les tensions inflationnistes, lesquelles pourraient poursuivre leur tendance haussière au cours des prochains mois. Ainsi et selon les données statistiques disponibles et les indicateurs avancés de la BCT, l’inflation risque de se maintenir à un niveau élevé d’ici la fin de l’année en cours.

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Selon les données définitives publiées jeudi par l’Insee, l’inflation s’est stabilisée à 2,0% sur un an en juin en France, soit un rythme moindre qu’estimé initialement mais qui reste le plus élevé depuis août 2012, relate Reuters.

L’institut avait fait état d’une hausse de 2,1% dans sa première estimation publiée fin juin, après les +2,0% de mai.

L’Insee a révisé de même à la baisse l’évolution sur un an de l’indice des prix harmonisé IPCH, qui permet des comparaisons avec les autres pays de la zone euro, à +2,3%, là encore un plus haut depuis août 2012 et le même niveau qu’à fin mai, après l’avoir annoncé à +2,4% en première estimation.

Ces révisions découlent de celles de l’indice mensuel en normes françaises (IPC) comme européennes (IPCH), tous deux stables en juin après avoir été annoncés initialement en hausse de 0,1%.

En données corrigées des variations saisonnières, les prix à la consommation français sont également restés stables en juin et affichent aussi une augmentation de 2,0% sur un an.

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics et produits à prix volatils) a stagné le mois dernier et son évolution sur un an s’inscrit en faible hausse, à +0,8% après +1,0% fin mai.

Toujours selon la même source, quant à l’inflation hors tabac, elle s’établit à 1,7% en rythme annuel.

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Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi a déclaré, lors d’un point de presse tenu ce mercredi 11 juillet 2018 au siège de l’institut d’émission que les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) autour du décaissement de la dernière tranche de crédit, bien qu’elles aient été difficiles, ,’en étaient pas moins constructives et se sont déroulées dans les meilleures conditions : ” Nos discussions avec le FMI étaient très constructives et se sont focalisées sur les handicaps de la Tunisie et la manière de les surmonter”, a-t-il dit.

Saisissant cette rencontre avec les médias, Marouane El Abassi a démenti les informations selon lesquelles la BCT est soumise aux directives du FMI,soulignant que la Tunisie a besoin aujourd’hui et plus que jamais d’engager les réformes que ce soit au niveau du secteur financier ou économique pour enrayer les difficultés non seulement au niveau du déficit budgétaire mais aussi de la balance commerciale et de la balance de paiement dont le déficit ne cesse de se creuser depuis des années.

Abassi a expliqué que depuis 2015, La Tunisie a été impactée par plusieurs phénomènes, en particulier et nettement dans le secteur du tourisme qui peine à se redresser, citant le déficit de la balance des paiements, de la balance énergétique puisque qu’on n’exporte pas le phosphates et un déficit au niveau de la production industrielle. ” Il y a des déficits importants qui se sont accumulés entraînant des déséquilibres au niveau budgétaire et commercial et de la balance des paiements. Du coup, la Banque centrale s’est trouvée impactée au niveau du taux de change et des réserves de change selon ses dires. “Des baisses très importantes ont été également enregistrées au niveau des autres indicateurs monétaires”, a-t-il précisé.

Le gouverneur de la BCT a fait remarquer que depuis que la Tunisie a conclu son programme avec le FMI , elle s’est engagée à mettre en place un ensemble de mesures financières et budgétaires mais il s’est avéré que cela n’est pas facile à mettre en œuvre à cause de la situation économique difficile.

Il a par ailleurs indiqué que depuis l’année 2018, les réformes sont en train d’être faites de manière coordonnée et on a eu quand même l’accord du FMI pour débourser cette tranche de crédit alors que d’autres pays qui passent par des difficultés financières semblables aux nôtres n’ont pas pu le faire citant le cas de la Jordanie.

Si on a réussir à franchir cette étape, c’est grâce à la bonne coordination entre la BCT et les autre ministères des Finances et de la Coopération internationale et de l’investissement, rappelant du taux de croissance réalisée par la Tunisie durant le premier trimestre et qui s’élève à 2,5%, une croissance portée, selon lui, par les investissements dans le secteur industriel, agroalimentaire et même agricole. Cette croissance est également expliquée par un retour au niveau des services notamment en matière du tourisme, et des transferts des Tunisiens à l’étranger.

Marouane Abassi a dans le même contexte estimé qu’il s’agit d’une nette amélioration de la situation économique générale dans le pays et que cela est devenu remarquable au niveau de la BCT : “Nous accueillons quotidiennement les investisseurs et les choses commencent à s’améliorer..”, a-t-il assuré.

Sur la récente décision de la BCT d’augmenter son taux directeur, Abassi a fait remarquer que l’institut d’émission a été obligée de l’opérer à deux reprises. ” L’inflation est le mal le plus important qu’il faut combattre pour assurer la stabilité des prix”, a reconnu le patron de la BCT, soulignant qu’il n’y a pas eu ces augmentations, sinon on aurait pu se retrouver avec une inflation à deux chiffres. Selon lui, l’inflation a baissé grâce au relèvement du taux directeur de la BCT.: “Tout sauf l’inflation (…) c’est vrai que cela a un impact sur l’investissement et les crédits à la consommation et au logement, mais si on ne l’a pas fait on aurait du se retrouver avec des chiffres plus importants que cela au niveau de l’inflation”, a-t-il alerté.

“Il faut être capable de le comprendre (…) On ne s’est jamais retrouvé avec une inflation très élevée comme aujourd’hui”, a estimé Abassi, exprimant l’espoir de voir l’inflation baisser en 2019. Cette baisse demeure toutefois, selon ses dires, tributaire de plusieurs facteurs dont une économie réelle qui fonctionne . “L’économie doit être consolidée et les réformes sont fondamentales”,a -t-il précisé.

“On est dans une logique économique difficile mais par rapport à ces mois, les choses ont évolué de manière positive (…) Il faut continuer à faire les réformes. sinon on va se retrouver face à un budget insoutenable.

Le gouverneur de la BCT a expliqué les contraintes par lesquelles passe le pays par plusieurs réformes dont l’absence de décisions politiques notamment en ce qui concerne la masse salariale qui représente de 15% du PIB.” On ne peut pas continuer comme ça (…) Nous devons reprendre et rétablir une économie réelle où on produit plus, on investit beaucoup tout en essayant d’ajuster les dépenses afin d’atteindre des taux soutenables”, a-t-il souligné.

Outre la masse salariale, Abassi a appelé à défendre le dinar avec l’augmentation de la production et l’amélioration des services notamment dans le secteur de la santé. ” C’est un des déséquilibres qui empêchent le bon déroulement de la politique monétaire. “Vous n’imaginz pas les difficultés qu’on gère quotidiennement à la Banque Centrale (…) C’est très difficile et compliqué”, a-t-il reconnu.

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Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l’augmentation et à plusieurs reprises du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie, la baisse de la production de phosphate et l’augmentation récente des prix du carburant. Interview:

Quel impact aura la dernière augmentation des prix du carburant sur l’économie?

L’énergie d’une manière générale constitue un élément de coût direct de plusieurs produits. Elle constitue également un élément de coût très important du transport des biens et des personnes. De ce fait, l’augmentation des prix des carburants aurait un effet double sur l’augmentation des coûts directs et indirects (production et transport) de la plupart des produits et services et constitue donc un facteur d’inflation significatif. Il en est de même de l’électricité et du gaz dont les tarifs seront révisés à la hausse dans les prochains jours. Cette situation a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est un consommateur d’énergie, d’une part, et qui va subir, en outre, une inflation de plus en plus élevée en raison de l’augmentation des prix de la plupart des produits et services par les entreprises à même de faire face au surplus de coût qu’elles vont supporter, d’autre part.

Il convient de rappeler à ce titre que le prix de l’essence sans plomb par exemple, a fait l’objet de 4 augmentations successives en l’espace d’un an (depuis juillet 2017) et qui totalisent 275 millimes, soit 17%. Il en est de même des tarifs de l’électricité qui sont en augmentation annuelle quasi-systématique de l’ordre de 7%. Le taux d’inflation du mois de mai 2018 a atteint un record historique de 7,7% jamais atteint depuis des décennies et l’inflation ressentie serait beaucoup plus élevée que cette proportion moyenne publiée par l’INS. Il convient de rappeler également que les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés dans les produits de première nécessité, notamment les produits agricoles et agroalimentaires (9,3%) et le transport (9,6%), outre le logement, l’habillement, la santé et l’enseignement (considérés également comme produits de première nécessité).

L’augmentation des prix de l’énergie (carburant, électricité et gaz) aura également un impact néfaste sur la rentabilité et la compétitivité des entreprises (exportatrices ou non), surtout celles qui auraient conclu des marchés moyennant des prix fermes et non révisables (IME, textile, hôtellerie, par exemple). L’impact des dernières augmentations sera de plus en plus ressenti au cours des prochains mois et il serait alourdi davantage par de nouvelles augmentations selon nos prévisions et ce, compte tenu de la tendance haussière continue des cours du pétrole à l’échelle internationale, de la situation très difficile des finances publiques et du budget limité de compensation déterminé sur la base d’une hypothèse non plausible du cours du baril de 54$, alors qu’il a atteint une moyenne de 75$ au cours des dernières semaines et qu’il cotait déjà à plus de 60$ durant la période de discussion de la loi de finances 2018 et qu’en outre, les pays de l’OPEP ont déjà décidé, lors de la réunion du 30 novembre 2017, de prolonger leur accord de réduction de leur production en 2018 et ce, en vue de soutenir davantage le cours du baril.

  Il y a lieu également d’évoquer la perte de valeur continue de notre monnaie nationale, notamment face à l’Euro (3,137 dinars) et le dollar (2,638 dinars), contre des prévisions budgétaires pour la fin de l’année 2018 de 3,050 dinars pour l’Euro et 2,650 dinars pour le dollar. Ces écarts de change intervenus dès le premier semestre de l’année alourdissent davantage la facture d’importation d’énergie de 2018 et favorisent de nouvelles augmentations de prix.

Est-ce qu’on peut aussi parler des pressions du FMI ?

Oui, justement, les pressions de plus en plus importantes du FMI invitent le gouvernement, lors de chaque revue, à maîtriser et limiter davantage les dépenses de compensation des carburants. Mais, il ne faut pas se limiter uniquement à ces facteurs. Il y a lieu également d’évoquer d’autres facteurs qui sont plutôt endogènes. Il s’agit notamment de la baisse considérable de l’ordre de 50% de la production nationale de pétrole en raison du vieillissement des champs, de l’absence d’octroi de nouveaux permis de recherche et de développement depuis plusieurs années, des arrêts répétitifs de la production suite aux grèves et aux sit-in, etc. Il s’agit également du retard important de plus de deux ans depuis la publication des textes pour l’octroi des permis d’exploitation des énergies renouvelables, un retard dû notamment à certaines insuffisances relevées dans les textes adoptés et la résistance de certaines parties au développement de ce secteur. Sans oublier la baisse considérable de la productivité dans la quasi-totalité des entreprises publiques, notamment celles opérant dans le secteur de l’énergie, ce qui affecte directement la balance énergétique et le budget de compensation.

Parmi les facteurs endogènes, on notera également le gaspillage d’énergie à tous les niveaux (carburants, électricité et gaz) notamment dans le secteur public. A cela s’ajoutent les encours de créances impayées de plusieurs centaines de millions de dinars détenues par plusieurs entreprises publiques du secteur (STEG, SNDP, etc) qui aggravent d’une manière significative leurs difficultés financières surtout en l’absence de stratégies de recouvrement claires et efficaces (application rigoureuse des procédures réglementaires, déclenchement et suivi rigoureux du processus judiciaire et contentieux, conclusion d’arrangements, rééchelonnements, cession de créances, etc).

La baisse considérable des réserves en devises à 71 jours d’importation et le resserrement de la politique de change par la BCT (sur recommandation du FMI) constituent également un facteur de difficulté majeur. Pour preuve, la STEG (dont l’encours des créances impayées avoisine un milliard de dinars) a récemment rencontré beaucoup de difficultés pour payer sa facture d’importation de gaz en raison de l’assèchement des devises sur le marché des changes ; le montant du financement demandé a dû être réparti entre plusieurs banques de la place.

Et l’impact de la baisse de la production de phosphate…

A l’instar de la situation du secteur de l’énergie, la baisse de la production des phosphates constitue un facteur majeur d’aggravation de la balance commerciale et du déficit courant, ce qui affecte directement les réserves en devises. En effet, les exportations des phosphates et produits dérivés au cours des 5 premiers mois de 2018 ont baissé de 14% aux prix courants et de 17,5% au prix constant (baisse des volumes exportés). La Tunisie n’a pas pu profiter de la hausse des cours de vente à l’échelle internationale, due notamment aux fluctuations des prix et du change.
La situation du secteur est très difficile et elle est due à plusieurs facteurs, notamment la baisse considérable de la production versus l’augmentation vertigineuse de l’effectif et des différents facteurs de coûts de la production, du transport et des autres services.

Comme premier facteur, je cite les grèves répétitives, les sit-in et les arrêts de production. La production des phosphates a été de 4 millions de tonnes environ en 2017, soit 50% uniquement de la capacité nominale qui est de l’ordre de 8 millions de tonnes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 6,5 millions de tonnes en 2018, un objectif devenu très ambitieux et difficilement réalisable compte tenu des arrêts répétitifs de la production survenus au cours des premiers mois de l’année.

Comme deuxième facteur, je note le sureffectif direct et indirect (notamment l’emploi de 11.000 personnes à travers les sociétés filiales de jardinage pour un coût annuel de l’ordre de 134 millions de dinars, vraisemblablement sans aucun rendement ou rentabilité prouvés). Les salaires servis à ce titre s’apparentent beaucoup plus à des indemnités de chômage déguisées. Outre les augmentations de salaires quasi-systématiques sans contrepartie effective en termes de croissance et sans lien direct avec la productivité dont la baisse considérable constitue à son tour un facteur majeur de dégradation. A noter également la baisse significative du taux d’encadrement dans l’ensemble des entreprises relevant du secteur, ce qui aggrave le manque de compétitivité.

Le manque de productivité et de compétitivité des différentes entités du Groupe chimique est dû également à l’utilisation de matériel et de technologies de production devenus obsolètes. Il en est de même pour le transport dont le coût et les problèmes d’arrêt, aussi bien par voie ferrée que par voie terrestre, ne cessent de s’aggraver. Certains investissements programmés depuis des années n’ont pas été réalisés quand bien même les financements seraient obtenus et les charges d’intérêts déjà courues, ce qui aggrave davantage les difficultés financières du Groupe en l’absence de contrepartie effective directe en termes de rentabilité et de cash flow. A titre de comparaison, parmi les actions de restructuration mises en place par l’OCP au Maroc, figure le changement du processus de production à travers l’emploi de nouvelles technologies et l’automatisation du transport du phosphate qui est désormais acheminé par pipeline d’une longueur de 235 Km.

Par ailleurs, il y a lieu de noter les difficultés d’ordre commercial du Groupe en raison de la perte de plusieurs marchés à l’international. L’exécution même des marchés en cours connaît des difficultés importantes au risque d’être perdus et ce, en raison des arrêts de production répétitifs et pourraient se traduire par des coûts supplémentaires (au lieu de procurer un rendement positif) suite à l’application des pénalités de retard mentionnées dans les conventions et/ou au recours à l’importation de la production nécessaire au respect des engagements contractuels et qui serait désormais payée en devises et selon les cours de vente sur le marché international (impact négatif double).

L’ensemble de ces facteurs et obstacles et bien d’autres menacent sérieusement la pérennité même des entreprises du secteur, notamment le Groupe Chimique Tunisien (GCT) et la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) qui ont essuyé des pertes de l’ordre de 482 millions de dinars en 2017 alors qu’en 2010 elles ont rapporté un milliard de dinars de recettes à l’Etat !
Bien entendu, les difficultés de l’ensemble des entités relevant du secteur s’étendent à d’autres qui lui sont directement et indirectement liés, tel que le secteur de l’agriculture (baisse de l’offre des engrais chimiques et autres produits dérivés, recours massif à l’importation à des prix plus élevés, etc). Il en est de même pour certains opérateurs économiques, tel que les BTP, qui ont subi de plein fouet les fortes tensions de trésorerie de la plupart des entreprises publiques et notamment celles du secteur des phosphates, remettant ainsi en cause l’image de l’Etat qui est relégué au rang de mauvais payeur et serait à l’origine de difficultés financières de plusieurs entreprises du secteur privé et par là même d’accumulation d’impayés dans le secteur bancaire et financier.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière hausse du taux directeur de la BCT ?

A vrai dire, il s’agit d’une augmentation de taux prévisible. En effet, parmi les missions principales de l’institution d’émission qui jouit du statut d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics depuis 2016, figure la maîtrise de l’inflation. Toutefois, elle ne dispose pas de suffisamment de marge de manœuvre pour le faire. L’instrument de politique monétaire usuellement utilisé en cas de tensions inflationnistes consiste à augmenter le taux d’intérêt directeur en vue de maîtriser la consommation et de réduire l’écart avec l’inflation. Or, l’inflation galopante ayant atteint un niveau record de 7,7% à fin mai 2018 n’est pas d’origine monétaire, de quoi remettre en question une telle décision, ayant suscité, par ailleurs, l’accord des équipes du FMI !

En effet, au niveau de sa note explicative publiée le 14 juin 2018, la BCT elle-même reconnaît, à juste titre d’ailleurs, que l’envolée de l’inflation trouve son origine principalement dans l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires, la hausse des salaires sans amélioration de la productivité, la persistance du déficit commercial à un niveau non soutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique. Donc, autant de facteurs qui ne sont guère liés à la politique monétaire. Il s’agit pour la plupart de facteurs exogènes qui alimentent l’inflation importée. Et auxquels j’ajouterais les augmentations d’impôts et taxes sur l’ensemble des produits et services locaux et importés ainsi que le glissement continu et sans précédent de la valeur du dinar à cause d’une flexibilité de change voulue en application des recommandations du FMI, mais qui n’est pas suffisamment explicite et surtout loin d’être maîtrisée. Cette situation affecte d’une manière directe le coût non seulement les produits et services destinés à la consommation, mais également les différents facteurs de production locale, tels que les investissements, les matières premières, les produits semi-finis, etc.

Quelle est la conséquence de l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations ?

L’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations, notamment des produits à la consommation non nécessaires et/ou ayant des similaires fabriqués localement constitue également un facteur majeur de déficit de la balance commerciale et d’inflation. L’élaboration par la BCT d’une liste de produits, fortement contestée (en l’absence de critères de choix rationnels publiés), dont l’importation doit être effectuée sur les fonds propres des agents économiques n’a vraisemblablement pas fait preuve d’efficacité pour baisser les importations puisqu’elle est fondamentalement de portée limitée, d’une part, et elle est facilement contournable par les agents économiques et le système bancaire, d’autre part. A contrario, elle a contribué à favoriser la position commerciale et concurrentielle dominante (voir même monopolistique) de certains importateurs disposant de suffisamment de moyens et d’appui financiers au détriment des autres opérateurs économiques.

En outre, peut-on prétendre maîtriser l’inflation par l’augmentation du taux directeur alors que plusieurs facteurs économiques échappent à tout contrôle et là, je vise une économie informelle et souterraine de plus de 1/3 du PIB qui constitue un refuge pour la plupart des consommateurs et leur permet de maintenir une élasticité de crédit à un niveau plus ou moins soutenable jusqu’à présent. Je dois également noter, à ce même titre, l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les circuits de distribution, notamment des produits de première nécessité (agricoles, agroalimentaires, etc), de régulation des prix, de lutte contre la concurrence déloyale ainsi que les situations monopolistiques et d’intermédiation fragmentée favorisant des marges exagérées, souvent sans contrepartie réelle, non déclarées et qui échappent à tout contrôle.

Il ressort de ce qui précède que l’augmentation de l’inflation n’est pas d’origine monétaire. Elle est due plutôt à des facteurs économiques et sociaux (augmentation des salaires sans contre- partie effective en termes de production et de productivité), dont la résolution relève principalement de la responsabilité du gouvernement moyennant une parfaite coordination avec la BCT. Parmi ces facteurs, figure l’importation directe et indirecte qui constitue une composante prépondérante : importation directe, en ce qui concerne les produits de consommation ; et indirecte pour les biens produits localement, mais dont les composantes et autres facteurs de production (équipements, matières premières et semi-finies, énergie, etc) sont majoritairement importés, ce qui est le cas pour la quasi-totalité de nos produits, tous secteurs confondus. De quoi se poser la question sur la valeur ajoutée réelle de notre production nationale ?!
D’ailleurs, bien que la BCT ait élevé son taux directeur à 4 reprises en un an seulement, l’inflation a continué d’augmenter à un rythme de plus en plus soutenu passant de 4,8% en Mai 2017 à 7,7% en Mai 2018 ; ce qui confirme notre analyse et nos conclusions précédentes.

D’un autre côté, les augmentations successives du taux directeur qui est passé de 4,25% en Mai 2017 à 6,75% en juin 2018, soit une majoration de taux de 250 points de base ou 59% pourraient avoir un effet contraire et constituer elles-mêmes un facteur d’inflation. Avec un corridor de 100 points de base, le TMM serait de plus de 7,5% au cours de la prochaine période. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette situation se traduit par une augmentation au niveau des échéances d’intérêt de l’ordre de 30% aussi bien pour les entreprises que les ménages, et risque d’affecter leur capacité de remboursement (dette insoutenable) et par là même d’augmenter l’encours des impayés et des créances classées dans le secteur bancaire et financier. Par ailleurs, il convient de noter qu’à fin 2016, 72% de l’encours des crédits accordés par les banques sont destinés aux entreprises et 28% aux particuliers, (dont plus de la moitié sous forme de crédits immobiliers). L’augmentation significative du coût de l’investissement et des charges financières des entreprises, dont le besoin de financement du fonds de roulement et des déficits de trésorerie ne cesse de s’accentuer, serait répercutée sur les prix de vente des différents produits et services et, de ce fait, alimenterait davantage l’inflation.

Et quel effet sur le service de la dette ?

Il va sans dire que l’augmentation du taux directeur aurait également un effet négatif sur le service de la dette de l’Etat et sur le coût des ressources des établissements financiers et plus particulièrement les compagnies de leasing qui, de par la réglementation en vigueur, financent exclusivement l’investissement et ne collectent pas les dépôts, et dont les marges d’intérêt s’érodent et le coût du risque augmente.
Enfin et en prévision d’un taux d’inflation de 8% sur l’ensemble de l’année 2018, tel que présenté dans la note explicative de la BCT, d’une part, et en l’absence d’actions concrètes urgentes efficaces permettant de maîtriser les facteurs d’inflation réels précités, d’autre part, la BCT poursuivrait, conformément aux recommandations du FMI, sa même politique monétaire adoptée jusqu’à présent consistant à augmenter son taux directeur en vue de réduire l’écart avec le taux d’inflation qui serait, dans ce cas, de l’ordre de 125 points de base.

Dans une telle perspective, je ne serai pas d’avis que l’inflation soit maîtrisée dans un avenir prévisible ; au contraire, elle battrait, fort probablement, de nouveaux records. Par ailleurs, les conséquences seraient de plus en plus lourdes sur le coût des ressources, le financement de l’exploitation des entreprises et de l’investissement, la soutenabilité de la dette des professionnels et des particuliers, la rentabilité et la compétitivité économiques des entreprises, le pouvoir d’achat du citoyen, le service de la dette publique, etc.

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