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Dans une Egypte qui va beaucoup mieux économiquement et où l’inflation recule, la Banque centrale s’est autorisée à baisser ses taux d’intérêts de 1%, rapporte l’Agence Ecofin. Les économistes applaudissent la mesure, la première de ce type depuis que le pays des pharaons a basculé dans le libre flottement de la monnaie nationale, en 2016.
A noter que depuis que ce dispositif est en cours, la banque avait remonté ses taux directeurs de 700 points de base (soit 7%), afin de faire face à l’inflation qui a en résulté.

«Cette réduction est un signal fort en direction des investisseurs afin de leur signifier que le resserrement de la politique monétaire qui a prévalu jusque-là s’achève. La décision de réduire les taux de 1% démontre également que la banque adopte une approche prudente, ce qui est hautement recommandé dans un contexte comme celui que connaît l’Egypte», a indiqué Noaman Khalid, économiste à CI Capital
«Les données que nous recevons continuent de confirmer une modération de la pression inflationniste. Aussi, le comité en charge de la politique monétaire (MPC) a décidé de réduire les taux directeurs. Ce comité suit avec attention les développements de notre économie et n’hésitera pas à ajuster sa posture afin d’accomplir sa mission qui est la stabilité des prix à moyen terme», dit un communiqué de la Banque centrale égyptienne.
Rappelons que l’inflation a culminé à 32,95% en juillet dernier, depuis elle a été divisée par deux, à peine 14,35% en janvier 2018…

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Il est agronome de formation, fils d’un agriculteur et qui s’était essayé, en 2011, au syndicalisme agricole où il a été membre du comité exécutif de l’UTAP. Il quitte l’organisation syndicale agricole, lorsque son ami de classe lui propose le fauteuil de secrétaire d’Etat à la Production agricole qui le mènera vers celui de ministre du Commerce.

Jeune Quadra, Omar Béhi maîtrise manifestement son dossier, suit la mercuriale, et connait bien ses chiffres et récite, avec précision, les performances du secteur dont il a la charge et reste dans les pas de son chef, Youssef Chahed, qui se montre franchement optimiste sur le développement de l’économie. Avec lui, Africanmanager a parlé des nouveaux chiffres du commerce extérieur, de l’inflation et… des voitures. Interview :

Les premiers chiffres, officiels mais non encore publiés par l’INS, indiquent une nette amélioration des échanges commerciaux de la Tunisie, avec une hausse de 39 % des exportations et de 25,5 % des importations et une amélioration de 7 points du taux de couverture. Comment expliquez-vous ces chiffres du 1er mois de 2018 et sont-ils conjoncturels ou constituent-ils un véritable trend qui s’installe ?

Les chiffres sont clairs. Ils indiquent une hausse de 39,4 % des exportations qui ont atteint 3,1 Milliards DT. Elles proviennent des 3 grands postes qui sont les IME où on est passé de 950 MDT à 1,270 Milliards DT, le textile où nos exportations sont passées de 500 à 750 MDT et des produits alimentaires, huile et dattes, où on est passé de 250 à 500 MDT. Une hausse sensible d’une moyenne de 250 MDT par produit et c’est de bon augure pour l’année 2018 qui sera, on l’espère, une bonne année pour l’exportation.

Pour les exportations, quelle est la tendance selon les chiffres dont vous disposez et les carnets de commandes dont vous avez certainement connaissance ?

Nous tablons sur une hausse de 20 % pour 2018, pour atteindre les 50 Milliards d’exportation en 2020, à travers les mêmes trois moteurs de l’exportation que sont le textile, les IME et l’agroalimentaire.

Il y avait le secteur des mines, qui est désormais à l’arrêt avec les grèves qui reprennent de plus belle en 2018. On se demande jusqu’où et combien les exportations vont pouvoir tenir sans l’apport de l’industrie phosphatière ?

Le secteur du phosphate est effectivement à l’arrêt. Nous sommes en pourparlers pour essayer de trouver un accord. Le ministre et le Secrétaire d’Etat y travaillent d’arrache-pied. J’estime, à ce sujet, qu’il faut un peu de bon sens pour tout le monde. Le secteur a en effet beaucoup recruté. Depuis 2011, le Groupe Chimique qui employait 9.000 personnes en compte maintenant 26.000. En 2010, on produisait 8,5 millions de tonnes par an. En 2017, on a à peine dépassé les 3 millions de tonnes en 2017. La baisse est importante. Cela a un impact négatif, alors qu’il pourrait aider à la reprise dont on voit désormais les prémices.

En face, vous ne maitrisez pas totalement l’évolution des importations

Ce qui est bien, c’est qu’on a déjà inversé la tendance. Désormais, les importations augmentent à un rythme moindre que celui des exportations. Il s’en est suivi une amélioration du taux de couverture. On est ainsi passé de 64 % en janvier 2017 à pratiquement 72 % en janvier dernier. Je voudrais faire noter que le taux de couverture s’est amélioré de 10 points chez les entreprises du régime général ou on-shore. Je noterais aussi que la baisse des importations n’a pas touché les matières premières et les semi-produits qui sont nécessaires pour l’industrie et l’export. Les mesures que nous avions prises, il y a quelques mois, depuis octobre 2017, pour la maitrise des importations et qui étaient derrière cette baisse des importations ont touché les produits finis et des produits non-essentiels, ainsi que la déclaration du pays origine de l’importation. Tout cela a participé à la baisse des importations et même contribué à une relative stabilisation du cours du DT au cours des trois derniers mois et n’a pas dépassé la barre symbolique des 3 DT pour 1 € et c’est une bonne chose. J’insiste pour dire que nous ne sommes pas pour l’interdiction des importations et que nous pensons que la meilleure façon d’améliorer la balance commerciale, c’est de booster l’exportation. Les exportations s’améliorent donc et si cela continue, que les réserves en devises s’améliorent et que la situation générale de l’économie s’améliore, nous pourrions même revoir les mesures prises pour limiter les importations et même les abandonner.

L’autre ratio qui échappe toujours au contrôle, du gouvernement et du ministère du Commerce, c’est celui de l’inflation. La Tunisie avait terminé 2017 avec 6,4 % et il paraitrait qu’en janvier elle atteindrait un nouveau pic de 7 % !

Pour l’inflation de janvier 2018, le chiffre officiel de l’INS indique une inflation 6,4 % et c’est logique avec l’augmentation de 1 % de la TVA qui a un impact de 0,8. L’inflation n’est pas supérieure à 7 % et c’est déjà une bonne chose, grâce au travail des équipes de contrôle au rythme d’une campagne par semaine depuis janvier.

Désormais, nous sévissons par la loi qui nous permet de fermer les boutiques des contrevenants et les empêcher de s’approvisionner en denrées subventionnées. Nous avons pris 40 décisions de fermeture et 40 décisions d’interdiction d’approvisionnement pour des grossistes notamment au cours du seul mois de janvier.

L’inflation est d’abord un effet de manque de production et de baisse de productivité. Cela, sans oublier l’inflation importée par la dépréciation du DT. Stabiliser le Dinar, comme on le fait maintenant, augmenter les exportations comme on y réussit et d’essayer la productivité du travail.

Les prix n’ont pour autant pas baissé, puisque l’inflation continue sa hausse !

Je ne suis pas d’accord. Les prix des fruits et légumes ont baissé. Celui de la tomate, par exemple, a baissé de 55 % par rapport à l’année dernière, celui du piment a baissé entre 35 et 50 %, celui des petits pois de 35 %, celui des œufs et de la viande de poulet est stabilisé, celui des viandes rouges a légèrement augmenté et on essaie de réguler avec l’importation.

D’où vient donc la hausse de l’inflation ?

Je n’ai pas dit qu’il n’y a pas d’autres augmentations, comme celui des produits industriels sous l’effet de la loi de finance et l’augmentation des prix de l’énergie. Il y a aussi l’inflation importée. Nous ne sommes pas bras croisés. Nous sommes actifs et réactifs, par le contrôle et l’importation régulatrice. Nous manquons cependant d’effectif, puisque nous ne disposons que de 400 contrôleurs sur le terrain pour tout le pays.

Le chef du gouvernement avait rencontré, il y a quelques semaines, les premiers responsables des grandes surfaces. Est-ce que vous avez pu remarquer une baisse des prix de leur part ?

L’effort, en matière de baisse des prix, est à fournir sur toute la chaîne de distribution, de l’agriculteur aux commerçants. Pour les grandes surfaces, il faut qu’elles maîtrisent à fond leurs marges, sinon on risque d’avoir des tensions inflationnistes et elles font des efforts. Nous leur avons demandé, par exemple, pour les fruits et légumes d’appliquer une marge maximale de 15 % à partir de la mercuriale de Bir El Kassaa (Marché de gros de Tunis), et ils le font. Nous leur fournissons aussi de la viande importée pour une vente à 17 DT pour la viande désossée et 11,7 DT le Kilo pour la viande non-désossée. Elles s’y tiennent et nous restons en discussions avec elles.

Nous apprenons que la stratégie du gouvernement, en matière de prix, est d’aller vers la vérité des prix avec un meilleur ciblage des aides aux plus démunis. Confirmez-vous cette démarche ?

Il s’agit en fait de faire un meilleur ciblage de la compensation et de revaloriser en même temps les prix. Il ne s’agit pas d’aller directement vers la vérité des prix. Les prix augmenteraient alors, beaucoup et dans un court laps de temps et ce n’est pas notre objectif.

Il y a actuellement un travail d’identification des cibles prioritaires de la compensation, par le ministère des Affaires sociales. Nous savons par ailleurs qu’il y a 250 mille familles nécessiteuses, 750 milles personnes bénéficiant déjà du ticket réducteur de la CNAM, ce qui fait déjà un peu plus de 2 millions de personnes, mais nous ciblons une population plus large, avec un ciblage plus équitable, pour la distribution directe de la compensation en prévision de la revalorisation des prix.

De combien pourrait être le montant de cette compensation directe ?

C’est en moyenne 100 DT par habitant à l’échelle de la Tunisie. Tout le pays n’étant pas que des nécessiteux, la compensation directe par personne sera nettement supérieure à ce montant et nous voudrions débuter cette opération en 2018 pour les produits de 1ère nécessité, comme le pain, l’huile, le sucre, le lait, le thé, le café et les pâtes alimentaires. Une fois terminé le ciblage, les prix de ces denrées pourront être revalorisés.

Certaines études tunisiennes vous déconseillent pourtant ce système et alertent sur une possible explosion sociale si vous mettez en exécution…

Nous planchons, pour l’instant, sur tous les scénarios en coopération avec les organisations nationales, pour choisir la meilleure solution pour réformer un système de compensation qui a démontré ses limites.

Beaucoup aussi en veulent au ministère du Commerce, pour la multiplication des Franchises, jugées comme étant un gaspillage de devises par les Fees qu’elles génèrent et comme danger pour le petit commerce.

Il y en a en fait une trentaine et j’ajouterai que beaucoup sont libres, comme pour l’habillement, ne sont pas sujettes à autorisation. Dans une logique de libre-échange, il y a des règles de jeux qu’on se doit de respecter aussi. Celles des produits agroalimentaires sont sous autorisation. Mais importer une marque est aussi une marque de notoriété pour les étrangers et les touristes et cela existe un peu partout dans le monde. Il est vrai aussi que la franchise n’est pas toujours un signe de réussite. Certaines ont même fermé, même dans l’alimentation.

Si on est dans une logique de libre-échange, pourquoi alors le ministère du Commerce astreindrait-il les concessionnaires automobiles à un quota annuel d’importation avec toute une administration qui y est consacrée ?

Les importations de voitures représentent un montant annuel de quelque 1.400 MDT dans le circuit officiel. Ce n’est pas peu et c’est en devises. C’est aussi une consommation qui impacte l’épargne, sur l’inflation et sur l’économie tunisienne en général. A travers ce système de limitation de l’importation, en fonction de l’historique et des ventes de chaque opérateur, nous essayons juste de maitriser ces dépenses en devises. Et d’ailleurs, cette distribution se fait par les concessionnaires eux-mêmes à travers leur Chambre syndicale. Il y avait, avant 2010, un système de compensation. Il nous faut un système d’équilibre pour nos importations. D’ailleurs, l’augmentation du nombre des concessionnaires n’est pas une bonne chose sans valeur ajoutée pour le pays. Et je suis dans une logique d’encouragement à ceux qui font de la valeur ajoutée. Il faut faire un lien et pourquoi-pas penser à rétablir le système de la compensation. Nous y pensons, bien qu’il ait des procédures à voir avec l’OMC, mais je pense que c’est la bonne solution.

Vous dites que vous voulez diminuer l’importation des véhicules. Vous fermez pourtant toujours les yeux devant le marché parallèle dans ce domaine et qui ne représente pas peu !

Il y a en fait entre 15 et 16 mille qui entrent par la voie des systèmes, du RS et du FCR. Il y a une orientation, chez le gouvernement, de revoir tout cela et de mieux contrôler le FCR.

Khaled Boumiza

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Les mauvaises nouvelles s’égrènent depuis le début cette semaine. Après l’inflation à presque 7 % qui n’a semblé émouvoir personne, tant elle était attendue, voilà la Tunisie mise de manière officielle par la même Union Européenne (UE) dans une nouvelle liste noire, celle des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Un nouveau coup dur, après la liste des paradis fiscaux, qui risquerait d’avoir de graves conséquences pour l’économie d’une Tunisie, déjà en crise financière aigue.

  • BCT, le bouc émissaire tout désigné

La 1ère victime de cette nouvelle liste est le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Chedli Ayari, dont la tête était déjà demandée par diverses parties, dont l’UGTT. Dogmatiquement monétariste, alors que le gouvernement préférait un Keynésien acquis à la politique de relance, il avait pourtant fait plutôt du bon travail, dans la limite des missions qui lui sont assignées par les statuts de l’institut d’émission. Echaudé par le résultat du vote au sein de l’UE en faveur de l’inclusion de la Tunisie dans la liste des pays exposés au blanchiment d’argent, contre l’avis de l’instance internationale spécialisée qu’est le GAFI, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed a décidé d’accélérer les procédures de limogeage de Chedli Ayari et a déjà annoncé son successeur à la tête de la BCT, dans l’attente de l’accord de l’ARP. Une ARP qui montera certainement sur ses grands chevaux et demandera certainement une enquête sur cette nouvelle «médaille de la honte» décernée à un pays qui a pourtant été couronné par la médaille de l’honneur du Nobel de la paix. Une ARP aussi, qui n’a d’ailleurs pas conclu sa première enquête sur les péripéties de l’entrée de la Tunisie dans la liste des paradis fiscaux, avant qu’elle n’en sorte, bien que le point focal ait été clairement identifié.

  • Le blanchiment d’argent. Ce n’est pas une nouveauté en Tunisie !

Nous n’entrerons pas dans les détails de l’inclusion dans la liste des pays exposés au blanchiment d’argent et la gestion, désastreuse disons-le, de ce dossier, partagée entre deux institutions, le gouvernement à travers le ministère des Finances qui aurait rempli convenablement cette fois son rôle, et la présidence de la République à travers le ministère des Affaires étrangères qui n’aurait pas excellé dans la défense du dossier tunisien devant l’aile droite de l’UE. Ce n’est pas le propos. Il nous semble plutôt qu’il est temps pour la Tunisie de se poser certaines questions et d’en assumer pleinement la responsabilité.

La Tunisie n’avait pas besoin, en premier lieu, qu’on lui rappelle qu’elle est exposée au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Elle le sait très bien. Un rapport avait été établi depuis avril 2017, par la BCT dont on fait désormais le bouc émissaire, évaluant clairement et sans détour les dangers en la matière. Un autre rapport, en date de 2015, a été publié par la BCT et présenté au chef du gouvernement. Cette dernière était en négociation, avec ce que cela suppose en échange d’information, avec le GAFI, qui lui a même décerné un satisfecit quant aux progrès faits en la matière, comme en a fait part le 1er février 2018 un communiqué de la BCT. La Tunisie fait donc des progrès. Mais l’UE reste intransigeante à ce sujet, même avec ses propres membres. La Tunisie ne semble pas l’avoir compris, ni d’ailleurs les changements au sein de cette institution européenne.

  • La Ctaf a fait ce qu’elle pouvait. Et la justice ?

La Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF), instituée par l’article 118 de la loi organique n°2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression du blanchiment d’argent, est une Cellule de Renseignements Financiers de type administratif. Elle est cependant tenue à l’obligation de réserve. Elle identifie, après analyses, tous les dossiers et les transmet à la justice à laquelle il incombe de trancher. Plusieurs fois questionnée, par nos soins entre autres, elle assure qu’elle a instruit plus d’un dossier et tout transmis à la justice. Cette dernière, peut-être submergée, n’aurait jusqu’ici pris aucune décision. Une ou deux, ou même plus, décisions de justice auraient peut-être tranquillisé le partenaire européens sur l’engagement, clair et sans faille de la Tunisie dans sa démarche de lutte contre le blanchiment de l’argent et contre le financement du terrorisme, dans un pays où plus d’un donneur d’alerte avait pourtant évoqué de tels faits. La Tunisie reste, en la matière, réactive et peine à devenir active.

  • Quid des centaines d’associations, dites caritatives !

La Tunisie, c’est aussi des dizaines d’associations créées après la révolution, et qui ne sont pas toutes philanthropiques, caritatives et altruistes. La création de ces associations relève juridiquement du gouvernement et il y a même un ministre en charge de ce dossier. A plus d’une occasion, des révélations ont été faites sur l’activité de certaines d’entre elles, fortement soupçonnées de financement, pour le moins illicite pour ne pas dire en lien avec le terrorisme. Peu d’enquêtes ont été diligentées.

Loin d’être désinformés, les ambassadeurs européens n’ont certainement pas manqué de relayer ces informations à leurs hiérarchies qui en ont sans aucun doute tenu compte dans les votes de leurs représentants. Loin d’être mal informés, les responsables tunisiens ont peut-être, par manque de volonté politique ou à leur corps défendant, fermé l’œil ou fait comme les singes de la sagesse, mais ils ne pouvaient pas ne pas être au courant. Ils, ou c’est encore la justice, ont laissé faire et ils viennent de recevoir, en pleine figure avec l’entrée dans cette nouvelle liste, le boomerang de leur partenaire et ami, l’Europe. C’est pour tout cela que nous mériterions presque ce qui nous est arrivé et que la Tunisie ne pourrait en vouloir qu’à elle-même !

 

NB : Les liens des deux rapports, sont de la BCT et sont sans danger, malgré le Warning de Microsoft

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L’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont le retrait de la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux de l’Union européenne, qu’il nous avait annoncé, le budget de l’État, la masse salariale et la hausse des prix constatée durant ce mois de janvier.

La Tunisie vient de passer de la liste noire à la liste grise des paradis fiscaux, établie par l’Union européenne. Qu’est-ce que cela va changer réellement ?

D’abord, c’est une décision importante même si elle était attendue car les conséquences négatives de cette classification sont importantes. Maintenant, tout n’est pas terminé. La décision des ministres de Finances européens est de nous faire passer de la liste noire, c’est-à-dire les pays non coopératifs, à la liste grise des pays coopératifs. Il faut maintenant prendre au sérieux les engagements qui ont été pris et les réaliser dans les délais qui ont été impartis.

Qu’est-ce qui doit être fait pour éviter d’être épinglé par l’UE, même dans la liste grise ?

Les engagements sont d’une double nature. Il y a d’abord ceux liés au renforcement de la transparence de notre système fiscal et à la lutte déterminée contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. A ce niveau, je crois que notre pays a effectué d’importants progrès qu’il faut poursuivre et renforcer et surtout tenir nos partenaires informés.

Le second domaine concerne les privilèges fiscaux qui ont été accordés par notre pays aux investisseurs étrangers, notamment dans le cadre de la Loi d’avril 1972. Or, ces privilèges n’ont pas été accordés pour favoriser une quelconque évasion fiscale mais plutôt pour attirer les investisseurs étrangers qui ont contribué à la création d’emplois et à la diversification de notre économie et à l’amélioration de sa compétitivité. Il est vrai qu’aujourd’hui la tendance mondiale est de favoriser une convergence entre les activités offshore et inshore, ce que nous avons commencé à faire dans notre pays où la fiscalité des entreprises offshore est passée de 0% à 10% dès 2014. Cette fiscalité doit par conséquent évoluer. Mais, cette décision est d’une grande importance car elle doit s’accompagner d’une évolution structurelle de notre tissu économique pour se spécialiser dans des activités à fort contenu technologique. Cette évolution risque de poser un problème pour les activités à fort contenu en main d’œuvre notamment les industries textiles qui connaissent déjà une importante concurrence de la part d’autres pays.

La hausse de la masse salariale pèse de plus en plus sur le budget de l’État au point que le ministre des Finances a récemment évoqué la possibilité de recourir au départ obligatoire à la retraite dans la fonction publique. Est-ce la bonne solution ?

La hausse de la masse salariale pèse lourdement sur le budget de l’Etat par rapport aux autres postes du budget de l’Etat, notamment les investissements. Le gouvernement a formulé deux projets de réformes pour faire faire face à cette augmentation : l’un concerne les départs anticipés à la retraite et l’autre les départs négociés dans la fonction publique. Ces deux projets pourraient réduire le poids de la masse salariale dans le budget. Mais leur impact sera limité dans la mesure où les économies fixées par le gouvernement me paraissent relativement faibles.

Que dites-vous de la hausse des prix et de la polémique qui en découle ?

L’année 2017 n’a pas été bonne en matière d’inflation. En effet, on a fini l’année avec une inflation relativement forte et qui a été estimée par l’INA à 6,4%. Ce chiffre constitue une rupture avec les années précédentes où nous avons réussi à la maintenir en-dessous du seuil de 5%. On craignait que les mesures contenues dans la loi de finances 2018 se traduisent pour une augmentation de l’indice des prix et déclenche une spirale inflationniste. Ce sont ces inquiétudes et ces préoccupations qui expliquent les critiques et les contestations qui se sont manifestées en ce début d’année.

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Le directeur du Centre d’études Sigma Conseil, Hassan Zargouni a déclaré qu’une lecture dans l’évolution de la situation économique en Tunisie, avant et après la révolution, fait ressortir une baisse de la croissance de 3,5% à 1,9% en 2017.

Il a tenu en outre à préciser, lors de son passage, ce lundi 15 janvier 2018, sur Express Fm, que le taux d’inflation est passé de 4,4% en 2010 à 6,5% en 2017 alors que le taux du déficit commercial a atteint 15 mille millions de dinars en 2017 après avoir été de 8290 MD en 2010, sachant que l’endettement public a augmenté passant de 39 à 71%.

Hassen Zargouni a précisé, encore, que le taux de chômage s’est élevé à 15,3% en 2017 soit 630 mille, soit 140 mille de plus par rapport à 2010

Concernant les indicateurs touristiques au cours des 7 dernières années, Zargouni a indiqué que la moyenne des visiteurs est passée à sept millions dont 2,5 millions en provenance d’Algérie et 570 mille de Russie et 500 mille autres en provenance de France.

Hassen Zargouni ajoute, toutefois, que malgré la hausse du nombre des visiteurs, les recettes touristiques ont enregistré une baisse significative passant de 3,5 milliards de dinars en 2010 à 2,3 milliards de dinars en 2017.

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Le titre est une reprise de celui d’un film français à succès. Mais ce qui se passe avec les prix en Tunisie n’en est pas moins un véritable cinéma, plein d’effets 3D, de cascadeurs, d’effets sonores et d’effets visuels. Un cinéma où tout le monde accuse un gouvernement, avec des députés représentants du peuple qui ont pourtant librement adopté les mesures qu’il a proposées pour essayer de redresser une situation de grave crise économique. Mission dont il avait aussi pris la charge officielle du même Parlement dont les députés tentent depuis quelques jours de descendre en flammes le texte qu’ils ont voté.

Précisons d’abord, en ce qui concerne les prix, qu’il y a des prix libres où la marge bénéficiaire est librement fixée par les opérateurs commerciaux et des prix administrés par l’Etatn qui en est responsable.

En décembre2017, l’indice de prix à la consommation a connu une augmentation de l’ordre de 0,4 % par rapport au mois de novembre 2017, et ce en raison notamment de l’enchérissement des prix du groupe alimentation et boissons de 0,3 %, les prix des articles d’habillement et chaussures de 1.3% ainsi que les prix des vêtements de 1,4% et des chaussures de 1,1%, des voitures de 1,2% et au niveau des dépenses d’utilisation des véhicules de 0,6%. De plus, le groupe meuble, articles de ménage et entretien du foyer a augmenté de 0,5%, suite à la hausse des prix des appareils ménagers de 0,6% et des prix de verrerie, vaisselle et ustensiles de 0,9%.

Il est important de signaler, comme le fait l’INS, que «sur un an, les prix de produits libres (non administrés) ont augmenté de 7,1% contre 3,9% pour les prix administrés. Les produits alimentaires libres ont connu une augmentation de 9.7% contre 0,8% pour les produits administrés». Ce ne sont donc pas les prix sur lesquels l’Etat a un certain pouvoir qui ont augmenté, mais ceux qui sont libres. Cherchez l’erreur !

Dans le tableau ci-dessus, l’INS détaille les résultats du taux d’inflation de l’année 2017 par principaux groupes. D’une année à l’autre, la variation des prix y est importante, très importante. Mais aussi, comme le montre ledit tableau, des prix de produits non administrés.

Augmentation des huiles alimentaires de 20%, des légumes de 11.9%, des fruits de 9,9%, des poissons de 8 %, des viandes de 7,6%, des boissons de 4.1% sous l’effet de la hausse des prix d’eaux minérales, boissons gazeuses et jus de fruits de 4.4% et des prix des cafés et thé de 3.4%.

Les prix des articles d’habillement et chaussures ont augmenté de 6,7% en glissement annuel, en raison de l’augmentation des prix des chaussures de 5,2%, des vêtements de 7,4 % et des tissus de 5,4%. Le groupe logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles a connu une augmentation de 4.2% en glissement annuel, du fait de la hausse des loyers de 4.3%, des tarifs d’entretien des logements de 10.6% et des tarifs de l’électricité et gaz de 2.9%. Les prix du groupe meubles, articles de ménage et entretien du foyer ont également augmenté de 5.7% durant l’année 2017, suite à l’augmentation des prix des meubles, tapis et autres revêtements de 4.5% , des prix des appareils ménagers de 5.0%, des prix de verrerie, vaisselle et ustensiles de 9.9% et des prix des biens et services d’entretien courant du foyer de 6.7%. Augmentation de 4,2% du groupe santé, suite à la hausse des prix des médicaments de 2,5% et des prix des services ambulatoires privés de 7,4%. Hausse des tarifs du groupe transport de 5,9%, suite à l’augmentation des prix de véhicules de 9,6%, des dépenses d’utilisation des véhicules de 6,3% et des services de transport de 0,4%. Rien ou presque n’a été épargné en 2017, ni l’enseignement (+6 %), ni les hôtels (+7 %), ni même les prix des services restaurants et cafés (qui ne paient par ailleurs que très très peu de taxes et fiscalités à l’Etat) de 7,4%, les soins personnels (+7,6 %) et les assurances-voitures (7,3%).

Tout cela c’est 2017, mais qui laisse des traces pour 2018. Cela s’appelle l’inflation héritée. Pour 2018 proprement, on ne connait pas encore les chiffres.

  • Les véritables responsables et là où le gouvernement devrait «sévir»

L’objet de toutes les manifestations, pacifiques faut-il le souligner sans oublier leurs effets dévastateurs en casses et incendies des biens publics et privés, sont de simples appréhesions que les mesures de la loi de finances (LF) 2018 ne viennent allourdir la note, par l’effet de la hausse généralisée d’un point de TVA. Encore faut-il rappeler que la masse des produits adminstrés ne représente que peu de choses dans le pagnier de la ménagère.

Avec des exemples concrets, le ministre conseiller du chef du gouvernement Taoufik Rajhi démontre à Africanmanager le peu de poids des mesures de la LF 2018 sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien. «Selon les simulations entreprises par le gouvernement pour voir l’impact de la hausse de la TVA sur les prix, l’effet varie, selon le panier de biens, de 28 millimes à 77 millimes avec une moyenne de 72 millimes pour chaque 10 Dinars dépensés». Et Rajhi de préciser que «il n y a que 4 produits alimentaires qui sont soumis aux droits à la consommation. Il s’agit du chocolat, des biscuits, des glaces et des produits sucrés. Le reste concerne les montres en or, les yachts, le granite et les produits de beauté. Autant dire que ce sont des produits de luxe».

D’où proviendrait donc une possible détérioration du pouvoir d’achat ? La réponse est claire et n’est qu’un secret de Polichinelle. «Il y a, d’abord, les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a, ensuite, les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a, enfin, la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée. S’attaquer au problème de la hausse des prix, c’est lutter contre ces mécanismes et non contre la TVA», assure le conseiller de Youssef Chahed.

C’est là que le bât blesse. C’est là aussi que le gouvernement devrait essayer, dans la mesure du possible et face à une imminente situation de désobéissance civile en la matière, de sévir. Cela par exemple en multipliant, sinon en triplant et sextuplant, les campagnes de contrôle économique avec force présence médiatique pour donner confiance à la population et la rassurer sur le fait que l’Etat veille au grain. Tenter aussi de faire appel au sens patriotique de ces opérateurs commerciaux, pour qu’ils acceptent de diminuer leurs bénéfices au profit des moins nantis. C’est aussi cela la redistribution de la richesse !

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Il n’est pas le ministre des Finances, mais il en connait tous les arcanes. C’est un survivant du gouvernement «Essid» et il est l’homme des grandes réformes dans le gouvernement de Youssef Chahed. «Il y a d’abord les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a ensuite les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a enfin la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée», affirme-t-il.

Avec lui, Africanmanager a évoqué, dans le détail, la question de la hausse des prix qui secoue depuis quelques jours la Tunisie, avec une vague de protestations, pacifiques et destructrices. Interview :

Quels effets, selon vos scénarios, pourraient avoir les mesures fiscales de la LF 2018, sur les prix et dans quels domaines ?

Lors de la préparation de la loi de finances 2018, nous avons entrepris des simulations pour voir l’impact de la hausse de la TVA sur les prix. L’effet varie, selon le panier de biens, de 28 millimes à 77 millimes avec une moyenne de 72 millimes pour chaque 10 Dinars dépensés. Autant dire que l’effet est marginal et ne pourrait expliquer la hausse des prix héritée de l’année 2017. Le 1 point de TVA ne rapporte que 330 MDT sur une année, ce qui voudrait dire que ce n’est pas lui la source de la hausse des prix. En plus, il s’inscrit parfaitement dans une réforme fiscale adoptée depuis 2013. Comparativement à nos voisins et aux taux standards, en matière de TVA, nous sommes très en-dessous.

Comment cela ?

Au Maroc le taux de TVA est de 20 %. En Algérie il est de 19 %. En Italie il est de 21% et en France il est de 20%, alors qu’au Portugal il est de 23%.

Et la hausse des droits à la consommation ?

Même les biens soumis aux augmentations de droits de consommation ont été choisis de sorte que les biens essentiels ne soit pas impactés. Il n’y a que 4 produits alimentaires qui sont soumis aux droits à la consommation : Il s’agit du chocolat, des biscuits, des glaces et des produits sucrés. Le reste concerne les montres en or, les yachts, le granite et les produits de beauté. Autant dire que ce sont des produits de luxe.

En vous écoutant, on a l’impression que la loi de finances n’est pas la cause de la hausse des prix observée aujourd’hui !

La loi finances, et en particulier les mesures de TVA, ne sont pas responsables de la hausse de l’inflation observée depuis 2017. D’ailleurs, la TVA ne s’applique pas aux produis agricoles et aux produits administrés de première nécessité, qui n’ont d’ailleurs pas augmenté. Le gouvernement continue de subventionner les produits de base à hauteur de 1.500 MDT. Il a aussi pris l’engagement de ne pas augmenter ces prix. La loi de finances aura sûrement un impact, mais marginal, qui devrait se faire sentir au cours de l’année. Mais la loi de finances 2018 n’est pas responsable de la hausse des prix. Il est de toutes les façons très tôt de le constater et donc de le dire.

Es-ce que vous êtes en train de contester la hausse des prix et la baisse des pouvoirs d’achat ?

Pas du tout. Le gouvernement s’est attaqué, depuis 2017, à la hausse des prix dont l’origine est triple. Il y a, d’abord, les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a, ensuite, les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a, enfin, la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée. S’attaquer au problème de la hausse des prix, c’est lutter contre ces mécanismes et non contre la TVA.

On accuse le gouvernement de ne pas avoir accompagné ces augmentations, prévues dans la LF 2018, de mesures sociales. Pourquoi n’y avez-vous pas pensé ?

Au contraire, nous avons pensé et pris plusieurs mesures à cet effet. D’abord, nous avons maintenu les engagements d’augmentation salariaux en janvier, février, mars et avril. Nous avons aussi promis la revalorisation de la prime des familles nécessiteuses. Plusieurs mesures sont à l’étude, relatives à l’évaluation financière de cette prime qui devra tenir compte des contraintes budgétaires. Car nous ne faisons pas les choses à la légère.

Serait-il possible ou imaginable, après les manifestations, de suspendre la LF 2018, ou de faire une LF complémentaire ?

La Loi de finances de 2018 est une loi de rigueur économique et non d’austérité. Elle permettra de réduire l’endettement et de mettre les finances publiques sur une trajectoire de consolidation. La LF 2018 est cependant un simple alibi pour des considérations électorales, ce qui est irresponsable et n’a rien à avoir avec la hausse des prix constatée depuis 2017. Le pays a besoin de stabilité et de consensus autour des objectifs économiques. L’essentiel est d’avoir des mesures accompagnatrices pour alléger l’impact de certaines mesures sur les populations vulnérables. Suspendre la LF 2018 serait catastrophique pour le pays, mais une LF complémentaire est toujours envisageable.

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Lors de son déplacement à Remada ce mardi 9 janvier, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a évoqué dans un point de presse la montée de fièvre dans certaines parties du pays. Il a tenu à indiquer qu’il y a un énorme malentendu et que ses intentions ont été mal interprétées, rapporte Shems FM.

«Certes, la Tunisie rencontre des difficultés mais il y a des signes positifs et la situation va s’améliorer», a-t-il affirmé, en ajoutant : «J’ai déjà dit que 2018 sera la dernière année difficile et le dernier budget difficile à ficeler, car il y a des indicateurs économiques qui sont en train de progresser».
Toutefois il a déclaré au sujet des débordements : «aujourd’hui, il faut que tout le monde évite de verser dans la violence et qu’on négocie, car le dialogue est l’unique solution». «La violence n’est pas acceptable et nous n’avons d’autre choix que d’appliquer la loi et tous ceux qui manifestent pacifiquement, on les protège et on les écoute», a-t-il ajouté.

Mais pour Chahed, «les Tunisiens doivent comprendre qu’il faut faire des sacrifices car la période est difficile et tous les pays ont déjà consenti des sacrifices». Par ailleurs il a dit qu’«il ne faut pas exagérer la montée des prix, il y a un torrent de rumeurs sur les réseaux sociaux, nous de notre part on se doit de clarifier les choses. Il en est de même pour les partis politiques et les organisations qui doivent nous aider à éclairer l’opinion publique, à calmer les choses pour un avenir meilleur», a-t-il affirmé.

A propos de la mort d’un protestataire à Tebourba la veille, le chef du gouvernement est d’avis que ce drame était évitable. Selon lui ceux qui ont de bonnes intentions ne manifestent pas la nuit, car nous sommes en démocratie et par conséquent ils peuvent manifester en plein jour, avec l’assurance d’être protégés et entendus par le gouvernement.

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Traduisant la crise monétaire que traverse le pays, le dinar tunisien poursuit sa chute face aux principales monnaies étrangères, perdant 20,38 % par rapport à l’euro et 5,44 par rapport au dollar entre le 4 janvier 2017 et le 4 janvier 2018, selon les derniers Indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale de Tunisie.
Commentant cette tendance baissière, l’universitaire et économiste Aram Belhadj a souligné que “cette dépréciation va, visiblement, se poursuivre en 2018 et ce, en dépit de la reprise progressive de la croissance. Elle est prévisible pour au moins deux raisons : une raison interne liée à un déficit commercial énorme et une détérioration des réserves en devises et une raison externe liée à la nature des politiques monétaires de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) (normalisation de la politique monétaire américaine à travers une augmentation progressive des taux d’intérêt) et de la Banque centrale européenne (BCE) (Fléchissement du “quantitative easing” se traduisant par une réduction des quantités de monnaie en circulation suite à la baisse des achats des bons de trésor)“.

Ces deux politiques vont augmenter les taux d’intérêt aux USA et en Europe, et il y aura donc, une appréciation du dollar et de l’euro et par conséquent une dépréciation du Dinar, face à ces deux monnaies. Une telle dépréciation aura pour effets directs une montée de l’inflation et une détérioration du pouvoir d’achat du citoyen. Elle impactera aussi, les coûts de production des entreprises qui augmenteront leurs prix, ce qui alimentera les tensions inflationnistes“.
Malheureusement, l’effet de la dépréciation du dinar sur les exportations ne sera pas substantielle, tant que l’intégration dans la chaine de valeur mondiale, n’est pas importante et tant que les barrières logistiques et administratives freinent les exportations“, a-t-il encore regretté.
Face à cette situation, Belhadj pense nécessaire de mettre en application “les techniques de couverture contre le risque de change, afin de limiter les effets négatifs d’une dépréciation importante de change, de mettre en place des mesures strictes de limitation des importations ainsi qu’une véritable stratégie de développement et de valorisation des exportations outre la résolution du problème de l’économie informelle“.

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Bien que l’information ait été officiellement démentie dans un communiqué publié, mercredi 3 janvier 2018, par le ministère du Commerce, les augmentations au niveau des prix telles qu’elles ont été constatées depuis quelques semaines, non seulement dans les grandes surfaces mais aussi les petits commerces, ont de nouveau fait jaillir la grogne populaire. Des statuts appelant à la dissolution du parti Nidaa Tounes et à la chute du régime qu’il pilote, au gel de la loi de finances 2018 et au retour de Ben Ali ont été abondamment partagés sur les réseaux sociaux. Le pire est que ces augmentations ont été déguisées. Cette hausse a été observée depuis la fin de l’année 2017 mais personne n’en parlait. Par exemple, certaines grandes surfaces ne proposent que le sucre en paquet – où est passé le sucre en poudre en vrac ?! -, et il est à 1500 le Kilo. Parallèlement, les petits commerces sont en train de liquider les stocks qu’ils ont déjà. Une fois écoulé, c’est le sucre en paquet qui sera commercialisé. Idem pour l’huile végétale qui se vend actuellement sur le marché à 1100 Millimes le litre. Un tarif qui devrait aussi augmenter une fois, comme déjà annoncé par le ministère du Commerce, le produit mis dans des bouteilles en plastique. Ces augmentations des prix du sucre et de l’huile végétale ne sont que des exemples parmi plusieurs autres, comme celles observées dans les hydrocarbures, le gaz, le café, le thé… Et la liste est encore très longue. D’ailleurs c’est ce qui a poussé la commission des Finances de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à inviter les deux ministres concernés par la question, à savoir ceux des Finances et du Commerce, pour les interroger sur ces dernières augmentations.

Des augmentations qui ne pourraient que déstabiliser un peu plus la Tunisie, devant la cherté de la vie et la détérioration du pouvoir d’achat de la classe moyenne en général. Le citoyen tunisien vit aujourd’hui dans une vraie crise au point qu’il ne sait plus où donner de la tête! Il n’arrive plus à remplir son couffin du quotidien et acheter les produits de première nécessité. Imaginez alors sa situation avec les nouvelles augmentations qui n’ont épargné aucun secteur et qui pourraient être encore plus importantes que celles prévues à cause de plusieurs facteurs principalement liés à la dépréciation du dinar et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale. Plusieurs experts en la matière ont déjà mis en garde contre une catastrophe sociale suite à la hausse des prix et la dégradation de la situation financière du Tunisien. Le président de la commission des finances à l’ARP, Mongi Rahoui, a déjà averti  sur la gravité de la situation, soulignant, dans une interview accordée récemment à Africanmanager, que la loi de finances 2018 sera celle de l’explosion sociale : “Avec cette loi, l’année 2018 sera celle d’une catastrophe au vrai sens du terme et le gouvernement ne pourra que distribuer de la pauvreté. Ce projet de loi ne pourrait pas passer sous sa forme actuelle”, avait-il affirmé. Les amendements qui ont été apportés n’ont manifestement pas suffi à atténuer les coups portés au porte-monnaie…

De son côté, le bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a estimé, dans un communiqué publié le 03 janvier 2018, que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corollaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.
Le bureau exécutif a fustigé ces hausses, affirmant qu’elles sont “l’aboutissement inéluctable des réserves formulées par l’UGTT sur l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée dans le budget de 2018 en tant que solution de facilité choisie par le gouvernement pour combler le déficit budgétaire aux dépens des consommateurs et essentiellement des salariés”.
Le centrale syndicale a qualifié l’augmentation des prix avant la révision du système de compensation de facteur aggravant “l’injustice sociale et de frein à la consommation en tant, un des principaux moteurs de relance de la croissance en Tunisie à la lumière du ralentissement des investissements”.
Elle a estimé d’autre part que la hausse des prix de nombreux produits est “artificielle et frauduleuses”, telle la hausse du prix du sucre, appelant le gouvernement à honorer ses engagements et à s’abstenir de relever les prix des produits de première nécessité conformément à l’accord avec l’UGTT.

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La hausse des prix des produits de consommation, due à l’augmentation de la TVA décidée dans le cadre de la loi de finances 2018, entrainera une aggravation de l’inflation, d’au moins 1%, par rapport aux niveaux moyens de l’inflation enregistrés en 2017, a indiqué jeudi un responsable de l’Institut national de la statistique (INS), dans une déclaration à l’agence TAP.

Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, nous devons nous attendre à partir du mois de janvier 2018 à une inflation persistante. De fait, la hausse de 1% de la taxation de différents produits (passant de 6 à 7% pour certains, de 12 à 13% pour d’autres et de 18 à 19% pour d’autres encore) engendrera une hausse minimale de l’inflation de 0,5%. A cela s’ajoute la dernière hausse des prix du carburant qui sera à l’origine d’un accroissement d’au moins 0,5% de l’inflation.
L’augmentation des prix des produits pétroliers aura un impact direct sur le pouvoir d’achat du citoyen, mais aussi, un impact indirect sur le coût du transport des personnes et des marchandises et sur le coût de la production et de la compétitivité des entreprises.

Le droit au choix du consommateur, balayé !

Pour Foued Ajroudi, porte-parole de l’Organisation Tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), “le droit au choix du consommateur qui lui donne accès à une variété de produits et services correspondant à ses besoins, à des prix compétitifs, n’existe plus en Tunisie, surtout avec la hausse continue des prix et la dernière augmentation de la TVA qui a engendré un renchérissement excessif et incontrôlé de certains produits“.
Cela constitue désormais un réel problème en Tunisie, puisque des commerçants ont profité de cette situation pour augmenter abusivement les prix de certains produits d’usage quotidien. Confronté à la hausse des prix de la majorité des produits, le consommateur se retrouve dans une situation difficile avec la détérioration de son pouvoir d’achat“, a-t-il relevé.

La hausse de la TVA n’est pas la solution à adopter en pareille situation de crise. Imposer plus d’impôts au consommateur et au secteur organisé est une démarche erronée et inopportune, qui peut obliger certains à recourir à la fraude ou à la fermeture” s’est-il indigné.
Et de rappeler que “54% de l’économie tunisienne ne sont pas soumis actuellement, à la TVA alors que le pays souffre déjà des phénomènes de l’expansion du marché parallèle et du flux des importations anarchiques“.
La vie est chère pour le consommateur au moment où les phénomènes de fraude et de spéculation prennent de plus en plus d’importance et nécessitent des interventions fortes de la part de l’Etat. Les prix sont contrôlés et manipulés par les grands spéculateurs, à l’exemple des centaines de tonnes de pommes de terre saisies récemment et qui étaient stockées illégalement, dans le but de manipuler les prix sur le marché. Toute personnes impliquée dans des fraudes doit figurer sur une liste noire et privée de toute opération avec l’Etat“, a t-il estimé.
Il a appelé à cet effet à réviser les mécanismes de concession et de régulation ainsi que les systèmes de sous-traitance au niveau des marché de gros en particulier et des autres marchés en général, étant donné qu’ils ont laissé libre cours à la spéculation et aux fraudes.

L’enchérissement des prix touche aussi de plein fouet le secteur de l’automobile. En effet, face à la hausse de la TVA, la classe moyenne ou le fonctionnaire ordinaire trouvera des difficultés à acheter une nouvelle voiture populaire, dont le prix atteint actuellement plus de 30 mille dinars.
Il convient de rappeler que l’UGTT a estimé que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corolaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.

Pour rappel, la BCT avait fait état, fin décembre 2017, de la poursuite de l’accélération de l’inflation pour atteindre 6,3%, en glissement annuel, en novembre 2017 contre 5,8% en octobre, 5% en avril et 4,6% en janvier 2017. L’institut d’émission a souligné l’accentuation des pressions inflationnistes en perspective, qui s’établirait en moyenne à 6,1%, en glissement annuel, en 2018 contre 5,2% attendue en 2017.
Dans une interview à l’Agence TAP, l’expert comptable Walid Ben Salah avait mis en garde contre l’augmentation du taux d’inflation, laquelle pousserait le citoyen à recourir à l’économie informelle, alors que l’un des principaux objectifs du gouvernement est de lutter contre l’économie parallèle.

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Dans les événements de la nuit dernière, malheureusement, une dizaine de personnes au total ont été tuées dans plusieurs villes“, a dit la télévision publique ce lundi 1er janvier 2018 au sujet des manifestations qui ont agité le pays hier dimanche 31 décembre 2017. Elle a, tout de même, chargé la barque des manifestations en mettant bien en évidence les dégâts qu’ils ont provoqués. Mais cette répression sanglante est loin d’avoir calmé les ardeurs de la jeunesse, ce lundi des appels sur les réseaux sociales appellent à poursuivre le mouvement contre le pouvoir et l’envolée des prix, rapporte l’agence Reuters.

Rappelons que des dizaines de milliers de personnes battent le pavé depuis jeudi dernier sur toute l’étendue du territoire. Ce sont les plus grosses manifs depuis celles de 2009 qui exigeaint des réformes.
Le président Hassan Rohani y est allé de son appel au calme et même de ses menaces, mais rien n’y fait. Frappés par le chômage, qui toucheraient 30% des jeunes, ulcérés par la corruption et la montée des prix, les citoyens sont décidés à se faire entendre par un pouvoir sclérosé et qui a tendance à s’emmurer dans l’archaïsme de pratiques d’un autre temps que la jeunesse, par définition plus portée vers la modernité, digère de moins en moins. Les manifestants pointent également l’appétit du pouvoir chiite pour la bataille confessionnelle contre l’Arabie saoudite, laquelle déstabilise l’Irak, la Syrie, le Liban et toute lé région…

C’est bientôt la fin de l’année et chacun y va de son petit bilan et de ses projections pour 2018. Ce vendredi 29 décembre, c’est ceux de Achraf Ayadi, expert en banque et finance résidant à Paris, qu’il a publiés sur sa page Facebook, qui ont retenu notre attention. Et pour cause : il résume toutes les difficultés sur le chemin du chef du gouvernement, de tous les citoyens, pour ne pas dire toutes les tuiles qui vont nous tomber sur la tête en 2018. Bon courage à tous !

* L’EUR en route vers 3 TND
* L’USD en route vers 2.5 TND
* Le baril de brut en route vers 70 USD contre une hypothèse de 54 USD dans la LDF2018
* L’inflation (officielle) proche de 7% hors produits administrés
* Les réserves de devises à 92 jours d’importations
* Tous les déficits sont en aggravation
* Volume global de refinancement de la liquidité bancaire > 10 milliards de TND malgré le plafonnement mis en place par la BCT
*…

#No_Comment

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Le taux d’inflation s’est aggravé, en novembre 2017, pour atteindre 6,3% en glissement annuel contre 5,8% en octobre 2017, a indiqué jeudi la Banque Centrale de Tunisie dans une note de conjoncture.
La hausse de l’inflation a concerné aussi bien les prix libres qu’administrés, qui se sont accrus respectivement de 7,2% et 3,6% en G.A au cours du mois de novembre 2017 contre 6,8% et 2,6% un moins auparavant, niveaux nettement plus élevés que ceux enregistrés en novembre 2016 (4,8% et 1,2% respectivement).

La progression notable des prix libres a été soutenue par ceux des produits alimentaires (+10,2% en novembre, en G.A contre +8,4% en octobre), surtout pour leur composante transformée (11,5% en novembre contre 10,8% en octobre 2017 et seulement 3,1% en novembre 2016).
Quant à l’affermissement de l’inflation des produits à prix administrés (+3,6% en novembre 2017 contre +2,6% le mois précédent), il est dû à la forte progression de l’inflation des produits manufacturés, en relation avec un effet de base engendré par la baisse des prix du tabac en novembre 2016.

L’analyse par branche d’activité montre que les principales composantes de l’IPC ont connu des évolutions contrastées. En effet, alors que l’inflation des produits alimentaires a connu une forte accélération, celle des produits manufacturés a progressé modérément. Quant à l’inflation des services, elle a plutôt enregistré une quasi-stabilité dans son rythme d’évolution.
La hausse conséquente des prix des produits alimentaires (+8,7% en novembre en G.A contre +7,2% en octobre), a été principalement tirée par l’accélération de l’inflation des produits alimentaires frais (+9,4% en G.A contre +7,1%) due à la diminution de l’offre sur le marché domestique de certains produits.

Concernant l’inflation des produits manufacturés, elle a enregistré, en novembre 2017, une hausse de 6,3% en G.A contre 6,1% un mois auparavant.
Cette accélération se traduit au niveau des prix des produits manufacturés (équipements ménagers (+3,6% en G.A contre +3,2%), matériaux de construction et d’entretien de logement (+10,3% en G.A contre +8,4%), produits d’entretien (+4,7% en G.A contre +4,2%) et autres produits manufacturés (+6,8% en G.A contre +5,9%). En revanche, les prix de l’habillement et chaussures ont connu une relative détente par rapport au mois précédent (+6,6% en G.A contre +7,9%).

L’inflation des services a évolué au même rythme que celui du mois d’octobre 2017 soit 4,3% en G.A. Cette hausse a résulté des évolutions disparates des principales composantes. En effet, alors que l’inflation du service de loyer et celle des autres services se sont maintenues au même niveau du mois précédent, soit respectivement 4,5% et 6,4% en G.A, l’inflation des tarifs publics a connu un léger ralentissement (+1,7% en G.A contre +1,8% un mois auparavant).

Quant à l’inflation des services de santé et d’hygiène, elle a enregistré une hausse plus soutenue (6,0% en G.A contre 5,5% un mois auparavant).
Par ailleurs, les deux principaux indicateurs de l’inflation sous-jacente sont demeurés sur un palier relativement élevé. L’inflation ” hors produits administrés et alimentaires frais “, bien qu’ayant accusé un léger recul en GA, s’est établie à 6,6% en novembre contre 6,7% un mois auparavant. Par contre, l’inflation ” hors produits alimentaires et énergie ” s’est inscrite en hausse pour atteindre 5,5% contre 5,3% en octobre 2017.

En moyenne, les deux indices sous-jacents se sont établis en moyenne à 6,3% et 5,4% respectivement, au cours des 11 premiers mois de 2017, contre 5,1% et 4,7% durant la même période de 2016, dénotant du caractère persistant de l’inflation.

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L’Office national des statistiques (ONS) a annoncé que l’évolution des prix à la consommation en rythme annuel a été de 5,8% jusqu’à novembre 2017, relate APS.

L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel en novembre 2017 est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois allant de décembre 2016 à novembre 2017 par rapport à la période allant de décembre 2015 à novembre 2016.

Quant à la variation mensuelle des prix à la consommation en novembre, qui est l`indice des prix du mois de novembre par rapport à octobre 2017, elle a marqué une baisse de 0,04%.

En terme de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont affiché une baisse 0,6% induite, exclusivement, par des produits agricoles frais.

En effet, les prix des produits agricoles frais ont reculé de 1,4% en raison d’une chute de l’ordre de 19,3% des prix des légumes frais.

Par contre, des hausses ont caractérisé certains produits, notamment la viande de poulet (+12,8%) et la pomme de terre (+8,8%).   Par ailleurs, les prix des produits agroalimentaires (industrie alimentaire) ont enregistré une croissance modérée de 0,1%.

Les prix des produits manufacturés ont enregistré une hausse de 0,5% et ceux des services ont grimpé de 0,4%.

Par groupe de biens et services, les prix de l’habillement-chaussures et ceux des transports et communication ont connu une hausse de 0,5%.

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Nouveau style ? Langage de vérité, là aussi nouveau ? En tout cas le moins qu’on puisse dire est que le nouveau ministre de l’Industrie et des PME, Slim Feriani, a jeté un pavé dans la mare sur le plateau de Myriam Belkadhi, hier mardi 19 décembre 2017 dans la soirée. Il a déclaré qu’il ne fallait pas s’attendre à une baisse des prix du marché, alors que le ministère du Commerce nous avait fait croire le contraire et qu’il s’activait dans ce sens !

«Il faut être réaliste. Cependant, nous œuvrons à la stabilisation des prix. Le plus important serait de faire monter le niveau de notre économie. Et puis, il faut être conscient du fait que l’inflation est préférable à la déflation», a-t-il ajouté. En d’autres termes il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement s’épuise en courant derrière les prix pour tenter de les rogner…

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Il faut l’avouer, les signes de reprise, “vendues” ça et là par les autorités, sont difficilement perceptibles pour le citoyen lambda ! Sans vouloir démentir les déclarations récentes du chef du gouvernement, Youssef Chahed, ou encore celles du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, faisant état d’une légère embellie économique, aucun signe d’amélioration ou de relance n’a été jusqu’ici enregistré de façon tangible. Les principaux indicateurs sur lesquels est basée notre économie sont encore au rouge : Le déficit commercial n’a cessé de se creuser, l’inflation monte ; les exportations sont en berne ; l’ensemble des prêts octroyés à la Tunisie et les dons qui lui ont été versés par plusieurs pays, depuis un petit paquet d’années, n’ont fait qu’entrainer le pays dans un cycle d’endettement sans précédent, sachant qu’une grande partie des fonds cumulés a été décaissée pour couvrir les dépenses liées aux salaires du public, au détriment de l’investissement et du développement. Pire, les avoirs nets en devise de la Tunisie à la date du 24 novembre dernier ont plongé à 92 jours d’importation ( 12,420 MDT), contre des réserves couvrant 98 jours d’importation (12,954 MDT) à la date du 27 octobre 2017, un niveau qui place la Tunisie sur le seuil de l’insécurité en termes de réserves en devises.

Et le projet de la loi de finances 2018, actuellement en discussion au Parlement, ne va rien changer. Au contraire, il cache une année plus mauvaise que l’actuelle, notamment devant l’augmentation très probable du prix du baril du pétrole jusqu’à 56 dollars en 2018, prédit la Banque Mondiale, contre 54 inscrit au titre de cette loi, ce qui aura certainement un impact très négatif sur le budget de l’Etat. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Khaled Kaddour, a déjà évoqué le problème. Dans une déclaration récente faite devant les médias, il a fait remarquer qu’une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole représente un surcoût de 120 millions de dinars (MD) pour le budget de l’État et que toute hausse de 10 millimes dans le taux de change du dollar coûte à l’Etat tunisien 30 millions de dinars.

Dans une note publiée ce mois de novembre, la BCT a indiqué que le déficit commercial de la Tunisie a continué à se détériorer au cours des 9 premiers mois de 2017 pour s’élever à 11, 5 Mds de dinars. Cette situation s’explique par l’amplification continue du niveau des importations de tous les groupes de produits alors que celui des exportations demeure toujours insuffisant pour redresser l’équilibre.

Ajoutons à cela la dépréciation du dinar tunisien par rapport à la monnaie verte. Durant la journée du lundi 27 novembre 2017, le dinar a poursuivi sa tendance à la baisse face à l’euro pour atteindre de nouveau un plus bas historique à 2,9500 dt contre 2.9450 dt vendredi 24 du même mois. Le dinar tunisien a également enregistré une baisse face au dollar américain, qui s’est négocié à 2.4900 dt contre 2.4850 la fin de la semaine écoulée.

Plusieurs experts économiques ont déjà mis en garde contre la dégradation de notre économie au cours de l’année 2018. Ezzedine Saidane a pointé la fonte des réserves en devises couvrant seulement 92 jours d’importations, un niveau qualifié d’alarmant, en expliquant que cette détérioration est un danger pour la situation économique du pays, en référence aux normes internationales.

Il a, par ailleurs, dénoncé, lors de son passage, lundi, sur Express Fm, la gravité de la situation économique actuelle de la Tunisie, en expliquant que malgré l’obtention des prêts de la part du Fonds monétaire international (FMI), les réserves en devises actuelles ne couvriront pas les dettes du pays envers les institutions financières internationales.

L’expert en économie a aussi déclaré que le déblocage de la troisième tranche du crédit du FMI n’a pas eu lieu à cause des promesses non tenues de la Tunisie. Il a précisé que le versement se fera après la ratification de la loi de finances 2018.

Saidane a sous un autre angle indiqué que les conditions du FMI pour le versement de la troisième tranche du prêt sont la réforme du Fonds de Compensation et la révision des prix des produits de base, mettant en garde contre les conséquences de la décision du Fonds en cas de non déblocage de la troisième tranche. Il a expliqué que toutes les institutions financières mondiales se rangeront derrière la décision du FMI et feront les mêmes conclusions, qui pourront contribuer à l’avancement de l’économie du pays comme à sa détérioration.

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Il aura beau essayer de lui serrer les mains dans l’étau du contrôle, le chef du gouvernement tunisien ne devrait pas terminer l’année 2017 en bons termes avec les prix, dont l’indice semble courir plus vite que les visites inopinées et les saisies de marchandises dans les entrepôts frigorifiques de Youssef Chahed et son ministre du Commerce. Les deux n’avaient pourtant pas craint de se frotter aux opérateurs des marchés de la distribution, pour essayer d’exercer le peu de pression qu’il reste à leur statut de hauts responsables de gouvernement.

Ce n’est certainement pas le pire cas de figure que l’inflation ait connu. En 1982, l’inflation avait grimpé à 14,1 % ; en 1992, elle était à 8,4 % et avait même connu un 3,6 % en 2012. Pour 2017, le gouvernement de Youssef Chahed avait terminé ses quatre premiers mois d’exercice 2016 avec une inflation de 4,2 %. Fin août 2017, après un an jour pour jour de GUN (Gouvernement d’union nationale), l’inflation était déjà à 5,7%. L’exercice 2017 sera d’ailleurs celui de la non-maîtrise de l’inflation pour Chahed et ses différents ministres du Commerce. Force est donc de remarquer que Youssef Chahed s’était mis à la lutte contre l’inflation un peu tard.

  • Une gestion de la hausse des prix par la communication

On pourrait ainsi imaginer que si le chef du gouvernement tunisien s’était réveillé à cette lutte, depuis janvier dernier, tenu compte de l’impact des hausses des salaires sur les prix, ainsi que de la dépréciation du dinar sur divers intrants, fait et refait ses visites surprises aux différents marchés de gros du pays, et s’attaquer plus tôt aux entrepôts frigorifiques, l’état de l’indice des prix serait autre. On pourrait aussi imaginer que s’il s’était mis à confisquer plus tôt les milliers de tonnes de fruits et légumes pour les réinjecter dans les circuits légaux de distribution, leurs ardeurs se seraient calmées depuis l’été dernier. On pourrait, enfin, sans que ce soit la fin, imaginer que s’il avait réuni plus tôt les patrons des grandes surfaces et réuni même les petits vendeurs de fruits et légumes et les épiciers de quartier, le glissement des prix n’aurait pas continué de manière aussi débridée et l’inflation, au moins pour les produits agricoles, aurait été mieux maîtrisée.

Youssef Chahed avait déjà présidé depuis le 6 février 2017 une séance de travail consacrée à la discussion sur les prix des produits de consommation, des circuits de distribution et de la préservation du pouvoir d’achat des citoyens. C’était le temps de Zied Laadhari et Fayçal Hafiane au ministère du Commerce et l’inflation n’était alors qu’à 4,6 %. Depuis, elle n’a pas baissé. Deux mois plus tard, elle grimpait de 0,2 points.

En octobre dernier, le ministère du Commerce apportait même un démenti aux plaintes des consommateurs d’une hausse des prix et affirmait qu’il «lance quotidiennement de vaste campagnes de contrôle économique sur tous les points de vente de produits de consommation, couvrant tout le territoire de la République. Cette mobilisation a pour objectif de protéger le consommateur, surtout durant la période d’intersaison et de lutter contre les pratiques de monopole et l’augmentation illégale des prix de vente des légumes et fruits». Octobre dernier aussi, nombre de citoyens se plaignaient de la hausse des prix des légumes, et nouveau démenti et nouvelle promesse que les prix reviendront à la baisse. En octobre, la hausse reprenait et l’inflation aussi.

Si les promesses avaient été alors tenues, le chef du gouvernement n’aurait peut-être pas été obligé de se lever très tôt pour aller encore une fois à Bir El Kassaa. Mais, on ne refait pas le monde avec des Si !

  • 6% d’inflation d’ici fin 2017 et plus en 2018, estiment des sources d’AM

Visiblement, pris à la gorge par les différentes urgences – politiques, politiciennes, économiques, financières et sociales -, le chef du gouvernement a choisi une gestion à grands coups de communication éclairs et des coups de poing médiatiques. Mais ne dit-on pas que «la corde du mensonge est courte» ?

Cette campagne antihausse des prix, faut-il le rappeler, est intervenue dans une conjoncture interne où de plus en plus de voix s’étaient élevées demandant le départ de Youssef Chahed et au moment où ses détracteurs avaient cru tenir, dans le projet de la loi de finance 2018, le bon filon pour serrer l’étau autour du chef du gouvernement tunisien et le pousser vers la sortie. Aussi, est-il désormais permis de croire que ce n’était là que de la simple communication. Dans le cas contraire, même si nous croyons que la marge de manœuvre de Chahed est très restreinte en matière de prix, les prix se seraient au moins stabilisés à 5 %, ce qui ne fut pas le cas.

En octobre 2017, l’indice de prix à la consommation a connu une augmentation remarquable de l’ordre de 1.1% par rapport au mois de septembre 2017, et ce en raison notamment de l’enrichissement des prix du groupe alimentation et boissons de 1.0%, suite à l’augmentation des prix des légumes et des fruits frais. De même, les prix des articles d’habillement et chaussures ont augmenté de 4.9%.

Avec l’approche du mois de décembre, mois de consommation, notamment pour la fiesta du jour de l’an et les départs en vacances de fin d’année, la Tunisie devrait terminer l’exercice 2017 avec une inflation plus proche du 6 % que du 5 %, selon des sources officielles qui se sont confiées à Africanmanager (AM) et qui préfèrent garder l’anonymat. Le trend haussier de l’inflation ne devrait pas non plus s’inverser en 2018, une année où l’impact des prochaines hausses de TVA à tous les échelons devrait être plus important, cela sans compter d’autres hausses de prix d’un très important nombre de produits et services.

Khaled Boumiza

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Les députés de l’ARP ont approuvé, ce mardi 7 novembre 2017 avec 124 voix (pour) et 11 (contre), le projet de loi portant approbation de l’accord de crédit entre l’Etat et 13 banques locales pour le financement du budget de l’Etat pour l’exercice 2017, moyennant une enveloppe de 250 millions d’euros prélevés sur les dépôts en devises des non- résidents auprès des banques concernées. Les 13 banques concernées par cet accord sont respectivement : la BIAT (60 millions d’euros), Attijari Bank (60 millions d’euros), l’UIB (40 millions d’euros), la BNA (21 millions d’euros), l’ATB (20 millions d’euros), la STB (10 millions d’euros), l’Amen Bank (10 millions d’euros), la BH (5 millions d’euros), l’ABC (5 millions d’euros), la North Africa International Bank, NAIB Bank (5 millions d’euros), la BTI (3 millions d’euros) et la BTE (1 million d’euros). La Banque nationale agricole (BNA), en tant que “moniteur délégué”, se charge des opérations de retrait du crédit et du remboursement. Des fonds qui devraient servir à financer le budget de l’État pour l’année 2017.

Marwane Felfel, député de Nidaa Tounes et membre de la commission des finances à l’ARP, a indiqué à ce sujet qu’emprunter auprès de banques locales ne peut être qu’un pas positif pour la Tunisie, appelant à un dialogue national sur l’endettement public : ” Il est plus qu’urgent aujourd’hui d’instaurer un dialogue national urgent et réel sur le dossier de l’endettement public”, a indiqué Felfel, faisant savoir toutefois que cette question est en étroite relation avec la continuité de l’État et de ses institutions”, a-t-il dit, précisant que ce dialogue national doit être organisé loin des tiraillements politiques et de certaines considérations, appelant ainsi à y faire participer toutes les parties concernées.
Quant à lui, le député du mouvement du Peuple, Salem Labiadh, s’est interrogé sur la faible contribution des banques publiques dans le cadre de cet accord de crédit, soulignant que cet accord de financement reflète la mauvaise situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’État. Cela reflète aussi le faible rôle joué par la Banque centrale dans le garantie des équilibres financiers. Il a tenu toutefois à préciser que ces banques financent aujourd’hui le budget de l’État parce qu’elles n’investissent plus dans le développement économique du pays.

De son côté, le député du Front Populaire Ammar Amroussia, n’a pas apprécié le fait que l’État emprunte auprès des banques locales et en devises. Dans son intervention lors de cette plénière, il a appelé à faire un audit approfondi sur la situation de l’endettement dans le pays.

Dans sa réponse aux députés, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum a assuré que l’accord de crédit conclu entre l’Etat et 13 banques locales pour le financement du budget de l’Etat, n’aura aucun effet sur l’inflation. ” Au contraire, cela va réduire l’inflation puisque les fonds collectés auprès des banques seront mis à la disposition de la Banque centrale de Tunisie (BCT), pour emprunter par la suite avec le dinar”, a expliqué le ministre lors d’une plénière tenu ce mardi 7 novembre 2017 à l’ARP.
Il a reconnu que la participation des banques publiques dans ce financement est certes faible par rapport à celles des banques privées et qui ont généralement des filiales à l’étranger ou faisant partie d’une banque mère installée à l’étranger, estimant toutefois que la contribution des banques publiques dans le financement de l’économie nationale est en train d’évoluer par rapport aux années dernières.

Au sujet du glissement du dinar par rapport à la monnaie verte, Ridha Chalghoum a expliqué cela par la détérioration des principaux indicateurs économiques du pays comme le déficit ou encore les pressions sur le demande en devises.

Il a par ailleurs indiqué que plusieurs mesures ont été à cet effet mises en place dans le projet de la loi de finances relatif à l’exercice 2018, pour réduire l’importation et faire baisser par la suite la pression sur la balance commerciale.

En ce qui concerne l’exportation, le ministre a annoncé que les subventions qui seront allouées à Foprodex seront doublées et ce, dans l’objectif de stimuler l’exportation tout en aidant les sociétés exportatrices à chercher de nouveaux marchés et de nouvelles niches pour faire écouler leurs produits.

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Envolée des prix, inflation, chômage, pertes d’emploi, endettement et appauvrissement… La classe moyenne, qui est en réalité plus pauvre qu’on ne le croit, ne sait plus à quel saint se vouer, surtout avec la cherté de la vie et la dégradation du pouvoir d’achat au point que remplir le couffin, même avec le strict minimum, devient un rêve pour pas mal de Tunisiens.

Un grand nombre de citoyens se sont plaints de la poursuite du rythme ascendant des prix de vente des produits de consommation de base. Ils ont pointé du doigt les dépassements commis par certains commerçants qui n’hésitent pas à tricher sur le poids des produits, et augmentent les prix d’une manière excessive.

Dans une déclaration accordée à Africanmanager, Abdelkader Timoumi, directeur des recherches économiques au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, a démenti les informations selon lesquelles une augmentation des prix des produits de base est prévue dans les jours à venir.

Timoumi a, en outre, précisé que la pénurie d‘huile végétale subventionnée s’explique notamment par les pratiques de monopole des commerçants, ajoutant que le département du commerce injecte sur les marchés environ 13 mille tonnes d’huile et ce, chaque mois.

Su un autre volet, le responsable a affirmé que le ministère du Commerce lance quotidiennement de vaste campagnes de contrôle économique sur tous les points de vente de produits de consommation, couvrant tout le territoire de la République. Cette mobilisation a pour objectif             de protéger le consommateur, surtout durant la période d’intersaison et de lutter contre les pratiques de monopole et l’augmentation illégale des prix de vente des légumes et fruits.

Il a ajouté qu’un numéro vert a été lancé par son département afin de dénoncer les mauvaises pratiques et les diverses fraudes commises par certains commerçants qui ne respectent pas la loi.

INS : légère baisse du taux d’inflation

D’après de récentes statistiques publiées par l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation a enregistré une baisse, passant de 5,7% en août dernier à 5,5% en septembre 2017.

Une hausse des prix des produits alimentaires et boissons de 6% a également été enregistrée durant le mois de septembre. Cette augmentation provient essentiellement de la hausse des prix des huiles alimentaires de 21%, des poissons de 7,6%, des viandes de 4,7% et du lait, fromages et œufs de 2%.
Les prix des boissons ont également augmenté de 6,3% sous l’effet de la hausse des prix d’eaux minérales, boissons gazeuses et jus de fruits de 7,3% et les prix des cafés et thé de 3,8%, détaille l’INS.

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