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Mechichi à la recherche du «vaccin FMI» contre la crise financière (أمّا ڤاتلك ڤاتلك)

Déjà vacciné contre le Covid-19, entre bénédiction de l’exemple donné et critiques acerbes de la priorité dérobée, Hichem Mechichi se prépare à une traversée périlleuse de l’Atlantique. Périlleuse pour l’avenir du chef du gouvernement tunisien qui résiste depuis des mois aux tentatives du chef de l’Etat de le déloger de la Kasbah, et qui devra démentir les pronostics des cassandres qui lui prédisent déjà l’échec à convaincre le FMI avec son projet. Périlleuse aussi pour l’avenir des finances tunisiennes, tant à court qu’à long terme, alors que son ministre des Finances, qui sera d’ailleurs du voyage à Washington, et qui crie  sur tous les toits qu’il est déjà incapable d’honorer ses engagements.

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A Washington, Hichem Mechichi ira à la recherche d’un vaccin financier contre toutes les crises par lesquelles il passe en même temps que son gouvernement et toute la situation qu’ils gèrent depuis quelques mois. Vaccin financier,  aussi, contre les réactions de la place financière internationale vis-à-vis d’un pays où la crise économique le dispute à la crise politique. Une situation qui a déjà poussé plus d’un pétrolier à quitter, tout au moins mettre en sourdine ses opérations  en Tunisie, et désormais des industriels comme la société de confection/habillement Bortex. Une première dose du vaccin financier FMI, qui pourrait ouvrir les coffres d’autres bailleurs de fonds à une Tunisie qui ambitionne de sortir prochainement sur la place financière internationale.  

  • La polémique (justifiée ?) enfle

Entretemps, c’est une polémique qui enfle autour du recours du chef du gouvernement au FMI. Une polémique, tout aussi étrange qu’attendue. Etrange, par le déni de la cruciale urgence de l’aide  à une économie à l’agonie  financière, l’importance de l’avis du FMI pour le reste de ses Followers et le reste de la place financière internationale, pour toute autre sortie financière. Attendue, par la position du chef du gouvernement tunisien dans l’œil de cyclone de la crise, constitutionnelle et institutionnelle où se trouve la Tunisie depuis quelques mois. Les critiques de Hichem Mechichi savent qu’en le renversant, ils visaient Ennahdha, et sembleraient prêts pour ce faire,  à accepter ce qui  s’en suivrait. Mais toutes les critiques à Hichem Mechichi ne sont pas politiques, et certaines rationnelles.

Samir Marrakchi, CEO et fondateur de MSKD consulting, estime que « il faut un programme de réduction des dépenses, un rétablissement de la production,  puis une discussion en fonction d’un reprofilage de la dette (…), car la dette devient insoutenable en l’état actuel des choses »

Ancien haut cadre de la BCT, Mohamed Souilem, estime que « cet accord ne constitue qu’un calmant pour le mal profond qu’endure la Tunisie. Il va apporter quelques sous certes, et qui vont d’ailleurs aggraver davantage l’endettement du pays, mais il ne va pas permettre de changer positivement le climat politique, l’environnement des affaires, ni rétablir la confiance dans cette classe politique qui ne sait que détruire et est loin d’être capable de construire quoi que ce soit ! ».

Ancien ministre, et un des tout premiers pilotes du bureau de la mise à niveau, Slim Tlatli, trouve que  « un accord avec le FMI est une condition nécessaire mais très loin d’être suffisante… Une issue qui nécessitera des larmes mais je n’espère pas de sang (Churchill)…un post Facebook ne permet pas de décliner un programme de sortie de crise qui a nécessairement des dimensions politiques, économiques et sociales, le problème dépasse très largement la nécessité de mobiliser près de 19 Milliards pour boucler le budget de 2021 »

Mustapha Mezghani, expert en développement numérique, facilitation des échanges et politiques publiques », estime que c’est « un marché de dupes où les parties qui concluent l’accord savent pertinemment qu’il ne sera pas respecté. Le FMI, tout en ne lâchant pas la Tunisie, finira par conclure un accord et débloquer une première tranche assez faible sachant que les conditions de déblocage de la deuxième tranche risquent de ne jamais être remplies ».

Crûment, voici ce qu’en pense Taoufik Rajhi, estimant sur sa page que « lorsque la bêtise et le manque d’expérience se combinent avec les ABC du travail avec les organisations internationales, cela devient une risée dans les couloirs de leur bureau de Washington. En novembre 2015, le premier programme avec le FMI avait été arrêté. Nous avons préparé le programme national de réformes majeures et le programme de stabilité macroéconomique, et le conseil d’administration du Fonds s’est réuni et a approuvé le nouveau programme en avril 2016, soit après quatre mois. Il y a plus d’un an, la Tunisie a arrêté le programme, et nous avons commencé à tourner dans un cercle vicieux, dont le dernier est cette lettre (Ndlr : celle de la DG du FMI en réponse à celle du chef du gouvernement), qui dit : Apportez votre programme économique et financier, convaincant et convenu, et nous l’examinerons, et il n’y a pas besoin de visite ».

Nous estimons, de notre part, que cette polémique aurait tourné autrement si le gouvernement n’avait pas fait demande de nouvel accord avec le FMI. Quel que soit le chef du gouvernement, il aurait alors été descendu en flammes !

1 COMMENTAIRE

  1. le seul vaccin du FMI est l’application des réformes exigées par le FMI qui arrêté la sixième tranche de l’ancien crédit fin 2019 et il a confirmé pas de nouveau crédit tant que l’État ne commence pas à appliquer les réformes exigées mais notre premier ministre depuis son arrivée a distribué trop d’argent à ses fonctionnaires crevant davantage le déficit de son administration ses prédécesseurs ont fait les mêmes promesses sans aucune application nos gouvernants actuels ne rappellent du crédit FMI EN 1986 appelé programme d’ajustement structurel entamé par le premier ministre de l’époque Rachid Sfar et poursuivi par Ben Ali après son coup d’État médical ou il a déposé l’ancien président vieilli malade et sénile

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