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Mechichi accroché à deux miracles !

En fait de concertations en vue de la formation de son gouvernement, Hichem Méchichi donne la nette impression d’abattre de la besogne. Il consulte sans désemparer même les profils que l’on prendrait volontiers pour improbables, ce qui arrangerait sa démonstration de n’avoir rien laissé au hasard. Il ne lui reste qu’une dizaine de jours avant de devoir remettre sa copie avant d’aller solliciter le feu vert du Parlement pour une liste de ministres et sans doute de secrétaires d’Etat, des « compétences indépendantes » qui n’ont pas l’heur de rentrer en grâce auprès des partis politiques.

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Mechichi doit réaliser deux miracles : amener le Parlement à se mettre d’accord sur son gouvernement et maintenir son gouvernement en vie plus longtemps que celui de Fakhfakh, afin de s’assurer que le véritable travail de gouvernement ne soit pas victime d’une guerre politique plus féroce, estime l’une des spécialistes les plus averties de la politique tunisienne, Sarah Yerkes, dans une analyse livrée sur le site « World Politics Review » .

C’est que, avant même de prendre ses fonctions, Hichem Mechichi doit surmonter plusieurs obstacles, dont le plus important est de mettre en place un gouvernement qui, tout en apaisant suffisamment les partis politiques tunisiens pour être approuvé par le Parlement, ne semble pas trop partisan et n’accorde pas trop de pouvoir à un groupe en particulier. C’est un défi particulier étant donné que le parlement actuel est le plus fracturé de l’histoire de la Tunisie, aucun parti ne détenant ne serait-ce qu’un quart des sièges.

Il n’y a aucune garantie que Mechichi réussira, craint l’analyste qui rappelle qu’il s’agit de la troisième tentative de former un gouvernement depuis les élections de l’automne 2019 qui ont vu l’avènement d’une nouvelle législature et d’un nouveau président, avec un Parlement qui a basculé dans le chaos, prenant parfois un ton particulièrement vicieux dans un comportement obstructionniste de députés, ce qui a accentué la division entre les différentes factions parlementaires. Et si Mechichi parvient à former un gouvernement, il devra trouver un moyen de faire baisser la tension politique et de dépasser les querelles intestines qui ont empêché le parlement de remplir l’office qui est le sien.

L’emprise sur le parlement

Le choix de Mechichi met également en évidence l’accent mis par le président de la République, Kais Saied , sur la lutte contre la corruption, principal enjeu de sa campagne présidentielle. Mechichi a fait partie de la Commission d’enquête post-révolutionnaire sur les malversations et la corruption, qui a enquêté sur les abus de l’ère Ben Ali, et a travaillé pour l’Instance nationale anti-corruption. Comme la lutte contre la corruption relève de la sphère des prérogatives du chef du gouvernement et non du président de la République, Saied pourra désormais mettre en œuvre plus facilement ses initiatives anti-corruption, s’il le souhaite.

Mais en choisissant Mechichi, Saied signale également son intention de contrôler davantage le parlement. Comme certains législateurs, Saied est de plus en plus incommodé par Ghannouchi, qui est perçu comme ayant outrepassé son rôle de président du Parlement. En janvier, il s’est rendu en Turquie, où il a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan, alors que les affaires étrangères sont le domaine réservé de la présidence de la République. Certains responsables tunisiens estiment également que. Ghannouchi se range indûment du côté de la Turquie et du Qatar dans leur soutien au gouvernement d’entente nationale soutenu par les Nations unies en Libye voisine, violant ainsi la politique officielle de neutralité de la Tunisie dans le conflit qui s’y déroule.

L’urgence de former un gouvernement

Les querelles sur la transition gouvernementale surviennent au beau milieu de la pandémie de coronavirus, qui a provoqué de graves difficultés économiques en Tunisie. Sous la direction de Fakhfakh, le pays a pu jusqu’à présent maintenir le bilan humain de COVID-19 à un niveau relativement bas en mettant en place un confinement et un couvre-feu stricts. Le nombre total de cas confirmés s’élève à un peu plus de 1 800, dont une cinquantaine de décès. Mais le confinement a dévasté l’industrie du tourisme, et le chômage devrait atteindre 20 % cette année. Les prévisions de croissance économique sont en chute libre, avec une baisse prévue de 7 % en 2020.

Il est donc extrêmement urgent pour Mechichi de former un gouvernement et, s’il réussit, de mettre rapidement en œuvre les réformes nécessaires pour éviter un nouveau déclin économique et répondre aux besoins du peuple tunisien. Même avant la pandémie, l’alternance quasi constante des dirigeants tunisiens était dangereuse pour la transition démocratique du pays, obligeant les partis et leurs députés à se battre pour être représentés au sein du nouveau gouvernement. Cela leur a laissé peu de temps et d’énergie pour faire passer les réformes économiques cruciales qui permettraient d’assurer une croissance à long terme et de remédier aux vastes disparités socio-économiques entre la côte et le reste du pays.

Aujourd’hui, l’absence de gouvernement a des conséquences désastreuses pour les Tunisiens les plus vulnérables, en particulier ceux des régions du Sud et de l’intérieur qui ont été laissés pour compte par le gouvernement pendant des décennies. Les gouvernements étrangers et les organisations internationales sont généreusement intervenus en apportant une aide de plus de 1,5 milliard de dollars, à la fin du mois de mai, pour soutenir l’économie tunisienne et relever les défis de la pandémie. Mais aucun montant d’aide étrangère ne peut remédier aux inefficacités structurelles à long terme qui poussent le pays dans la mauvaise direction, conclut l’analyse de Sarah Yerkes.

3 Commentaires

  1. Le plus grand problème en Tunisie réside dans le fait que le Tunisien, à presque tous les niveaux sociaux n’a pas le mental disposé à travailler en équipe et en groupements d’équipes. Ainsi, la diversité des partis politiques ont favorisé la fissuration de la société et la création d’ambiances de haines liées aux croyances et aux styles de vies.
    L’ARP ne semble pas servir le peuple, mais montre clairement que les politiciens choisis par un peule mal informé ou trompé par plusieurs manœuvres médiatiques et de contacts directes, a choisi des personnes et des partis qui ne pensent qu’à leurs conforts. De ce fait, le Tunisien est mal servi, et les différents gouvernements ont navigué presqu’à l’aveuglette. Quelques soient leurs tendances, les partis une fois sous la coupole, leurs missions consiste à servir le peuple par la conception d’outils intellectuels et juridiques à mettre en place pour assurer la sécurité globale du pays. L’ARP a pour rôle de détecter les différentes anomalies de fonctionnement et de développement global et durable du pays. Ils doivent se mettre d’abord d’accord sur une stratégie saine, capable d’immuniser le peuple contre les divers maux corporels, intellectuels et financiers. Ces personnes qui ont eu la confiance d’un pourcentage de la population Tunisienne et payés par tous les Tunisiens, doivent être à la hauteur de leurs responsabilités et être rentables quant à leurs interventions pour le meilleur du citoyen. Ils doivent savoir que le temps qu’ils ont fait perdre au pays est difficilement récupérable. Ainsi, je pense que les trois équipes ARP, Présidence de gouvernement et Présidence de la république doivent faire bonne équipe pour la réalisation d’un projet de construction d’un mental collectif favorable au meilleur usage de nos ressources humaines et naturelles. La conception et la stratégie est alors à donner à l’ARP. L’exécution est à confier au chef du gouvernement qui pilote une équipe de compétences engagées ou fait intervenir des spécialités par missions limitées dans le temps (études statistiques, stratégiques, financières, sécuritaires et autres) à confier à des structures professionnelles indépendantes. Le président de la république supervise avec l’aide de ses conseillers politiquement indépendants, la bonne exécution des étapes du projet conçu et mis en réalisation par les deux autres corps. Tout désordre met le pays en danger et amoindri son immunité pour qu’il devienne proie faciles aux prédateurs et corrompus de l’intérieur et de l’extérieur. Vive la Tunisie, bien qu’actuellement appauvrie, mais demeure riche en énergie humaine, malheureusement en déperdition à cause de la mauvaise gérance du pays.

  2. Il faut adhèrer à la zone Euro de toute urgence.
    De cette manière on pourra travailler en Tunisie et on n’aura plus besoin de tout ce désordre politique.
    Les tunisiens pourront se consacrer pleinement à leur activité économique et s’épanouir dans l’espace méditerranéen.

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