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Mechichi dans le piège d’El Kamour, cette fois au Kef et Gafsa n’est jamais loin

C’est en scandant « Mechichi, le peuple Kefois ne peut être méprisé », « le Kef est le pays de la misère et de la faim » et « emploi, liberté et dignité », que les habitants du Kef (Nord-est de la Tunisie » sont depuis quelques jour dans la  rue. Ils  demandent, eux aussi désormais, leur part des richesses de l’Etat. Les choses ne se sont pas jusqu’ici développées comme au Sud avec l’affaire d’El Kamour (pas de vanne fermée et pas encore de coordination constituée), mais elles le pourraient, car ainsi sont allés jusque-là les mouvements de contestation populaire depuis ladite révolution de 2011.

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Ce n’est pas que ce qui avait été fait à Tataouine et ce que les habitants de cette ville du Sud tunisien, n’était pas mérité et même nécessaire. Ce sont juste la manière dont ils l’avaient obtenu, le choix de Tataouine, certes pas délibéré mais forcé, et le coût de cette « victoire », qui font encore débat.

Tout récemment, la ministre de l’Industrie, de l’énergie et des mines, Saloua Sghaier a fait savoir que la production durant la période du sit-in d’El Kamour a causé des pertes de l’ordre de 374 millions de dinars, sachant que les champs pétroliers concernés représentent 42% de la production nationale de pétrole et 37% de la production nationale de gaz naturel, presque cinq fois les 80 MDT concédés à la région. Et personne ne paiera ces dégâts, puisque l’accord interdit toute poursuite judiciaire contre quiconque de la région.

A ces critiques, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi avait répondu par un communiqué indiquant qu’il comptait faire la même chose, et appliquer la même tactique de négociation et la même recette au reste des gouvernorats. Le chef des négociateurs du gouvernement à Tataouine avait de son côté affirmé qu’il n’y avait aucune chance que cela se répète ailleurs, en guise de défense d’un accord qui avait été mal médiatisé et mal compris dans d’autres régions d’une Tunisie où même la discrimination positive en développement n’avait rien pu faire, et où la dernière étude de l’INS sur la pauvreté a pointé du doigt les régions les plus pauvres et les foyers de pauvreté en Tunisie, qu’on retrouve même dans les gouvernorats côtiers, censément  riches.

Et quelques jours après ce fameux communiqué, la région du Kef se soulève pour demander sa part du « gâteau » des aides de l’Etat. Anciennement bassin minier, en zinc et en plomb, le Kef est aussi une région agricole « (491 000 hectares dont 116 000 de forêts et parcours et 16 000 ha de périmètres irrigués) et les ressources hydrauliques sont abondantes (349 millions de m3 mobilisés par plusieurs barrages et lacs dont 202 millions de m3 mobilisés par le barrage Mellègue). Ceci a permis au gouvernorat de contribuer à la production agricole nationale de 12 % pour les céréales, 8,4 % pour les produits forestiers, 6,8% pour la viande rouge et 3% pour la production du lait. Le gouvernorat compte 50 unités industrielles (employant 10 personnes et plus) dont 4 unités totalement exportatrices et 6 entreprises étrangères. Ces unités opèrent dans les secteurs de l’industrie, des services, de l’agriculture et du tourisme », selon ce qu’en dit le site Invest In Tunisia. Mais une région oubliée côté infrastructures routières et moyens de transport.

Sans jouer les  Cassandre, force est de noter qu’aujourd’hui ce n’aurait été qu’une simple marche de protestation. Mais si le mouvement de contestation se durcissait et s’y développait comme à El Kamour, le gouvernement de Hichem Mechichi se retrouverait de nouveau dans un piège. Pour l’instant aussi, faut-il le remarquer, l’autre région minière de Gafsa, autre foyer de tension sociale occasionnant d’énormes pertes économiques et financières à l’Etat tunisien, est dans un calme précaire. Le gouvernorat de Gafsa occupe, pourtant, le premier rang des régions les plus protestataires tout au long du mois d’octobre 2020 avec 195 mouvements de protestation enregistrés, suivi par celui de Tunis (151 mouvements de protestation), Kairouan (147), Sfax (82), Tataouine (80) et Sousse (59).

871 mouvements de protestation ont été enregistrés au mois d’octobre 2020, soit une augmentation de près de 16% par rapport au mois de septembre 2020 (751 mouvements), a révélé mercredi le rapport publié par l’observatoire social tunisien relevant du forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

1 COMMENTAIRE

  1. A présent c;’est Gabes et en particulier le GCT fleuron de l’économie tunisienne et berceau de l’industrialisation du Sud Tunisien . C’était le passage obligé des personnalités internationales qui visitaient notre pays . Bonjour Tristesse !

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