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Tunisie
mercredi 30 septembre 2020
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Mechichi, un homme du Palais

De manière presque dictatoriale, le chef de l’Etat tunisien a chargé l’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement démissionnaire de former le 9ème gouvernement de l’après révolution, et le 3ème de son mandat (Habib Jemli et Elyes Fakhfakh). Dictatoriale, dans la mesure où le nom du nouveau nominé qu’est Hichem Mechichi n’a figuré dans aucune liste des candidats proposés.

Toute la sphère politique s’attendait, samedi, à ce que Saïed désigne Fadhel Abdelkefi, dont le nom a traversé presque toutes les listes de candidats. Il sera pourtant écarté. A cela, il y aurait deux raisons. D’abord, une mésentente aux origines des familles. Ensuite, une récente aversion du chef de l’Etat à tout profil d’affaires pour le poste de chef de gouvernement. D’autres sources mettent par contre en évidence l’empreinte de l’austère conseillère Nadia Akacha dans le nouveau choix de Mechichi.

Kais Saïed gomme les partis et déclare incapables leurs 37 proposés

Depuis Fakhfakh, Kais Saïed avait inventé une nouvelle manière de « discuter », sans jamais rencontrer une des personne avec lesquelles il dit discuter. Le chef de l’Etat tunisien avait, dès cet instant, repris l’initiative politique d’entre les mains des partis dont il prédisait toujours la disparition, et d’entre celles  du vainqueur des Législatives dans le choix du chef du gouvernement, en nominant une personnalité, de son propre choix et qui lui est proche.

Avec la nomination de Mechichi, Ennahdha, Qalb Tounes et Ettayar perdent, en tout cas, pour la seconde fois leur rôle déterminant dans le choix du candidat au poste de chef de gouvernement. Saïed efface même le rôle de tous les partis, en affirmant par son choix qu’aucun de leurs 37 candidats n’est apte à composer et à diriger un gouvernement.
La nomination de Mechichi a été tout aussi inattendue que celle de Fakhfakh qui a fini par démissionner. Mais plus encore. En effet, Si le nom de l’homme d’affaires Elyes Fakhfakh figurait sur une des listes proposées par les partis qui avaient remporté les élections de 2019, celui de Mechichi ne figurait sur aucune liste, ni sur aucune des tablettes de ceux qui avaient à chaque fois pris l’habitude d’en proposer sur les réseaux sociaux.

42 secondes, contre plus de 3 minutes avec Fakhfakh

Quadra de Boussalem (gouvernorat de Jendouba, une première dans les annales  politiques contemporaines de la Tunisie) Mechichi est un maîtrisard en droit de la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, l’établissement où Kais Saïed enseignait depuis 1999. Plus tard, on le retrouve conseiller principal du président de la République chargé des affaires juridiques. Les deux hommes se connaissent donc, plus que bien. Des observateurs croient même pouvoir affirmer que la nomination de Mechichi était acquise, depuis le mardi 21 juillet, lorsque très tard dans la nuit, le chef de l’Etat était allé le consulter au siège même du ministère de l’intérieur, sitôt rentré de la visite surprise rendue aux forces spéciales de l’armée à Bizerte.

Le délai court désormais, depuis ce dimanche 26 juillet 2020, pour un mois au bout duquel Hichem Mechichi devra terminer la constitution de son gouvernement et la présenter au vote de confiance de l’ARP, au cours d’une réunion exceptionnelle qui interrompra les vacances parlementaires. Samedi dernier, et contrairement à Fakhfakh il y a plus de 6 mois à la même position et dans une allocution de plus de 3 minutes, Mechichi n’a donné aucune indication, ni sur le nombre, ni sur l’orientation, politique ou technocrate de son gouvernement et encore moins sur ses priorités. « Je m’efforcerai de former un gouvernement qui réponde aux aspirations de tous les Tunisiens, et aux attentes légitimes qui sont les leurs  depuis des années », avait juste dit Mechichi dans une très brève allocution de 42 secondes.

Restera donc, d’abord, à voir la composition du nouveau gouvernement, ce qu’elle reflètera, un simple partage de sièges avec une équipe politiquement disparate, ou un véritable groupe homogène dont la composition traduit déjà une vision pour le pays. On attendra aussi, et même avant cela, les réactions des partis mis de côté par Saïed par cette nomination dictatoriale. On attendra ensuite le marchandage traditionnel qui lui assurerait la fameuse ceinture politique. Et on attendra enfin le résultat du vote de confiance, pour savoir si on va vers de nouvelles élections anticipées (en cas de chute devant l’ARP), ou vers un autre gouvernement qui pourrait à peine faire voter le prochain budget !

1 COMMENTAIRE

  1. Mr Boumiza , vous me décevez beaucoup car traiter le Président de votre pays de Dictateur est une grosse faute de votre part , car dans une Dictature , vous n’auriez pas pu utiliser ce terme

    J’ai trouvé celà trés bas de votre part

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