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Moratoire pour 3 sites tunisiens vers une conversion en « aires protégées »

L’Ile de Kneiss (Sud de Sfax), l’Archipel de la Galite (Tunisie) et le parc national de Zembra et Zembretta (Tunisie), ont obtenu une période transitoire de six ans maximum pour le renouvellement de leur statuts, en tant qu’Aires Spécialement Protégées d’Importance Méditerranéenne (ASPIM) de la convention de Barcelone.

Il s’agit de zones marines et côtières ayant une importance pour la conservation de la diversité biologique, renfermant des écosystèmes spécifiques à la méditerranéenne ou des habitats d’espèces menacées d’extinction. Ils présentent aussi un intérêt particulier sur les plans scientifique, esthétique, culturel ou éducatif.

Expliquant dans une interview à TAP les techniques d’évaluation des ASPIM, Mohamed Ali Ben Temessek, sous-directeur des Milieux Naturels, a indiqué que la note minimale requise pour être inscrit dans le processus de révision ordinaire est de 40 sur 60, alors que les ASPIM ayant déjà fait l’objet de révisions ordinaires (comme c’est le cas des sites tunisiens qui ont été évalués en 2008), la note minimale requise pour être maintenu dans le processus de révision ordinaire est de 46 sur 66.

Pénurie de ressources humaines

Pour toutes les ASPIM en Tunisie, les évaluations ont constaté un manque de ressources humaines consacrées aux interventions sur terrain, notamment, l’absence d’unités de gestion permanente pour chaque site. Il s’agit, également, de la lenteur du processus de déclaration de l’ASPIM en tant qu’Aires Marines et côtières protégées en application de la loi Tunisienne numéro 49-2009 qui permet de formaliser tous les aspects règlementaires de contrôle, de surveillance et de gestion.

Aussi l’Etat tunisien est-il appelé à renforcer et à garantir une mobilisation permanente des financements pour une meilleure gestion des ASPIM sur le long terme.  » Une des opportunités offertes serait de faire bénéficier les ASPIM d’un financement régulier dans le cadre du MedFund dont la Tunisie est membre fondateur aux côtés de Monaco et de la France « , a-t-il ajouté.

S’agissant de l’ile de Kneiss qui a obtenu une note de 43/66, les principales remarques des groupes d’évaluation concernent le manque de gestion et de contrôle du site, notamment, pour aménager et gérer la pêche à pied de la palourde et le Contrôle de la pêche avec de larges filets (Kiss), a-t-il encore fait savoir.

Et d’ajouter que la Galite qui a obtenu 41/66, les principales remarques concernent le manque de prise en compte de la composante archéologique du site qui mérite une meilleure valorisation via la création de partenariats avec l’Institut National du Patrimoine, outre l’absence d’un plan d’urgence pour lutter contre les pollutions accidentelles.

Le responsable a mis l’accent sur la nécessité de mieux conserver la biodiversité au sein de ce site en aménageant un arboretum pour préserver in- situ ou ex-situ les variétés locales, outre la poursuite des activités de formation et de partenariat avec les institutions scientifiques et les ONG.

Pour le Parc National de Zembra qui a obtenu une note de 42/66, les experts ont évoqué l’absence d’un plan d’urgence pour faire face aux risques anthropiques majeurs y compris les risques liés au trafic maritime, outre les problèmes d’érosion qui affectent les sites archéologiques de Zembra et qui méritent plus d’attention.

Examen détaillé régulier

Interrogé sur la révision périodique ordinaire, le responsable a expliqué qu’il s’agit d’un examen détaillé régulier effectué chaque six ans, à compter de la date d’inscription du site sur la liste des ASPIM.  » Cette évaluation est réalisée par une Commission Technique Consultative mixte nationale/indépendante », a-t-il précisé.

 » En cas d’une évaluation négative, les Points Focaux recommandent à la COP d’accorder à l’ASPIM une période provisoire de six ans au maximum, au cours de laquelle le pays concerné doit lancer des mesures correctives « , a-t-il avancé, ajoutant qu’avant la fin de la période de six ans, une révision extraordinaire sera effectuée. Si la révision extraordinaire conclut que les mesures recommandées ont été mises en application et que les statuts légaux ainsi que les mesures de protection écologiques ont été revus, au cours de cette période, l’ASPIM quittera la période provisoire et entrera de nouveau dans le processus normal de révision, a expliqué le responsable.

Si la révision extraordinaire conclut que les dégâts sont irrémédiables ou que les mesures nécessaires n’ont pas été mises en application au cours de la période provisoire, les Parties peuvent suggérer à l’Etat concerné de faire sortir le site de la liste des ASPIM. Dans ce cas il faudra choisir une des deux options ; soit accepter le retrait, ou recommander un autre site dans le même pays, sachant que la décision du retrait sera prise par la COP à la majorité des deux-tiers.

TAP

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