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Chahed

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L’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimasi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont le remaniement ministériel, la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international et le projet de la loi de finances relatif à l’exercice 2019.

Que pensez-vous du dernier remaniement ministériel ?

 Le dernier remaniement du gouvernement Youssef Chahed constitue le énième chambardement de ce gouvernement. Ces changements successifs de ministres par d’autres, subis par ce gouvernement, ne font que refléter parfaitement l’échec cuisant de Chahed. Démuni de stratégie et de politique, voire même de simple programme,  incompétent dans le choix d’hommes d’état à la hauteur de la crise multidimensionnelle  que traverse le pays, et dispensé de tout soutien politique réel et consistant, Chahed s’est enfoncé dans les coalitions éphémères et fallacieuses ainsi que dans le populisme et la démagogie. De ce fait il a contribué avec les autres gouvernements post-révolte à aiguiser les cafouillages économiques et sociaux dont souffre ce pauvre pays, et à ternir encore plus l’image de ce dernier au niveau international. En agissant ainsi, Chahed ajoute de l’eau au total chaos menaçant le pays ; chaos qui ne peut profiter qu’aux sectes politico-religieuses genre Ennahdha.

L’année 2019 serait extrêmement dure et pénible pour le pays. Les déséquilibres socio-économiques atteindront leur summum. Les chacals politiques de tout genre, guettant le pouvoir, tenteront de se neutraliser mutuellement sans pitié. Ainsi notre cher pays serait un bateau dans la bourrasque sans réel capitaine. Seuls les pirates seront là pour le récupérer aisément.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international ? Certains experts considèrent cette sortie comme un échec le pays, votre avis ?

La dernière sortie sur le marché financier international a révélé la perte de notre pays  d’une bonne partie de sa fiabilité en matière de transactions extérieures. En effet, cherchant à mobiliser sur ce marché un emprunt de plus de 800 millions d’euros, le gouvernement n’a pu obtenir que 500 millions. L’excellente image d’antan de notre pays sur la scène mondiale s’est obscurcie puisque les bailleurs de fonds n’ont plus tout à fait confiance.
Par ailleurs le coût de cet emprunt serait très lourd puisque ses conditions ont été fort contraignantes : plus de 6,75% comme taux d’intérêt et seulement 5 ans comme durée de remboursement. L’on s’écrase réellement sous le fardeau de l’endettement d’autant plus que ce dernier sert de plus en plus non pas à consolider nos infrastructures de base et nos équipements collectifs mais à consommer, voire à gaspiller, inutilement.

La dernière sortie stérile et manquée sur le marché financier international n’est pas un phénomène fortuit et passager. Il représente l’un des signes de l’état économique et  financier fiévreux de structure que traverse depuis longtemps notre pays. Pour preuve le recours fréquent depuis la révolte aux budgets complémentaires. L’on concocte à la hâte un projet de budget bourré de fausses promesses et l’on replâtre par la suite par budget complémentaire dans des conditions dures et difficiles. Ainsi, les budgets complémentaires sont devenus une manie fréquente et régulière alors qu’ils étaient l’exception avant la révolte.

Pour preuve aussi ce recours régulier aux emprunts sur le marché financier international. Avant la révolte ce recours visant surtout à financer les dépenses improductives du budget était aussi exceptionnel. Avant la révolte, l’Etat tunisien faisait appel à des organismes internationaux (BIRD, BAD, BEI,…) pour l’obtention d’emprunts souvent affectés à des projets d’infrastructure ou d’équipements collectifs. Cette rationnelle politique d’avant la révolte s’est éteinte. Désormais on empreinte à des conditions ruineuses pour satisfaire des promesses illusoires.

Quels sont les points forts et les points faibles du PLF 2019 ? S’agit-il d’une loi de relance ?

Le PLF n’a ni des points forts ni des points faibles. Cette manière de s’interroger ainsi n’a aucun sens car dans une telle dynamique dialectique l’on ne peut séparer les points forts des points faibles. En fait, dans sa globalité, le PLF 2019 est une simple continuité des lois de finances antérieures : s’enliser dans de stériles dépenses budgétaires dépassant de trop loin les ressources propres de l’Etat. D’où un enfoncement jusqu’au cou dans l’endettement à des conditions de plus en plus coûteuses et pénibles.

Je le répète encore une fois : Le PLF 2019 ne fait pas exception par rapport aux précédents post-révolte ; en comparaison avec le PLF 2018, les dépenses additionnelles prévues par le PLF 2019 s’élèvent à environ 4,7 milliards de dinars (ce qui est plus qu’énorme), affectées à raison de 37% à l’augmentation des salaires (1 740 millions de DT), 28% pour le remboursement des dettes antérieures (1 320 millions de DT) et 15% pour les dépenses de compensation (700 millions de DT). A contrario, le budget de  l’équipement ne bénéficiera que de 5% de ces dépenses additionnelles du budget, soit le ridicule montant d’à peine 235 millions de dinars.

Le PLF 2019 montre clairement que depuis la sacrée révolte l’on s’est installé dans un joli bourbier du point de vue budgétaire : dépenser plus pour consommer ou gaspiller en se basant non sur l’amélioration de ses propres ressources mais plutôt sur le dangereux endettement et/ou sur le lynchage fiscal.

Peut–on parler d’une reprise en 2019 ?

De quelle relance parle-t-on alors que les trois moteurs impulsant la croissance économique sont en panne : l’investissement, les exportations et la consommation des ménages.
L’investissement privé piétine depuis longtemps pour différentes raisons dont notamment l’instabilité politique et sociale, la lourdeur bureaucratique, le délabrement de l’infrastructure de base, et l’absence de visibilité en matière de politique économique et financière. Ajoutons à cela l’irrationalité budgétaire citée plus haut, freinant lamentablement l’investissement public. Ajoutons aussi la grave crise qui secoue durement le secteur du bâtiment, représentant habituellement l’un des facteurs clés en matière d’investissement.

Nos exportations souffrent de plus en plus de la convergence de deux tendances pénalisantes : la hausse sans fin du coût et par là du prix de nos produits (montée galopante à la fois des salaires, des cotisations sociales, des impôts, des taux d’intérêt et dépréciation continue du dinar), d’une part, et la régression de notre productivité, d’autre part. Cette convergence devient encore plus contraignante lorsque l’on prend en considération l’énorme écart entre notre pays et l’Union européenne en termes d’inflation : 7 à 8% contre à peine 1%. C’est dire que désormais nos exportations ne bougent un peu que grâce à la pluie et non à l’effort et la performance des travailleurs. En un mot, depuis la révolte, notre capacité compétitive s’est sensiblement envolée à cause du populisme et de l’irrationalité des gouvernements qui se sont succédé.

Enfin, la consommation des ménages ne répond plus, malgré les augmentations continues des salaires. L’inflation, à des taux inquiétants proches de 8%, grignote sans cesse le pouvoir d’achat de la quasi-totalité de ces ménages. Trois facteurs, pouvant accentuer encore plus l’inflation, sont en perspective : les énormes augmentations des salaires aussi bien dans le privé que dans le public, la dépréciation continue du dinar, et l’augmentation des prix d’une bonne partie des et services compensés et surtout le transport et les carburants.
La relance de notre économie ne dépend pas d’un piètre vœu mais plutôt d’une réforme structurelle radicale de toutes nos politiques économiques, sociales et financières. Ce qui nécessite beaucoup de clairvoyance, de force et surtout d’audace.

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Après les démissions qui ont décimé, il y a quelques jour, la présence de Nidaa Tounes à Sfax, voici les 14 membres du bureau régional de Ben Arous (Banlieue Sud de la capitale tunisienne), qui présentaient hier soir leur démission en bloc. Louay Trabelsi et ses 13 autres partisans, expliquent leur décision de démission en bloc, par «la situation à laquelle est arrivé Nidaa Tounes, à cause de la mauvaise gestion de ses crises internes (…), l’absence de lien avec ses bases, le monopole de la décision au niveau central et le manque de perspicacité dans certaines décisions, comme celle de geler celle d’un fils du parti qui est Youssef Chahed ». Nidaa, le parti qui s’effrite chaque jour un peu plus.

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Peu en odeur de sainteté l’un auprès de l’autre, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, ont finalement pris le parti de se rencontrer. Pour un évènement, c’en fut un après de longs mois hérissés d’abord de coups feutrés, puis d’échanges plus ou moins peu amènes et enfin de diatribes quasi quotidiennes décochées par le patron de la centrale syndicale et ses lieutenants. Une atmosphère si délétère qu’elle interdisait toute discussion sur un large éventail de dossiers urgents et épineux sur fond de situation politique, économique et sociale franchement mauvaise, bien que des canaux de contacts aient été aléatoirement mis en place entre les entourages des deux hommes.

Le bon sens commande que ces retrouvailles soient le prologue à un dialogue débarrassé de cet amas d’a priori, résolument en prise sur la réalité et l’avenir, et dans le droit fil d’une conviction nécessairement commune de trouver un terrain d’entente. C’est à la faveur de cette convergence retrouvée que les problèmes majeurs pourront être abordés avec une diligence dont il va falloir convenir, et surtout dans l’intérêt bien compris des deux parties, et par-delà tout dans celui du pays.

La glace se rompt

En l’absence d’un communiqué signé des deux interlocuteurs, on a senti à travers les quelques propos, laconiques mais lénifiants, tenus par Youssef Chahed qu’un premier pas est en train d’être franchi dans cette direction. La rencontre « positive et franche » a permis un « accord sur la poursuite du dialogue et du consensus pour trouver des solutions pour les différents dossiers ». Le gouvernement a exposé sa position et les pressions des finances publiques auxquelles il fait face, alors que le secrétaire général de l’Organisation ouvrière a présenté son point de vue sur les négociations sociales, la loi des finances et le pouvoir d’achat de la classe moyenne et défavorisée. Surtout, l’UGTT a fait montre de meilleures dispositions à cet égard.

Ce qui est certain, c’est que la barrière psychologique a été en quelque sorte brisée, du moins ébréchée, pouvant donnant lieu à une articulation sur laquelle il faudra capitaliser pour liquider une partie du contentieux où le politique prend le dessus sur le social et le syndical avec le rituel des appels au départ du gouvernement et, à la clé, de virulents réquisitoires descendant en flammes sa politique et ses décisions. C’est sans doute sous cet angle que la glace devra être le plus rompue. L’UGTT gagnerait à se replier vers sa vocation historique et naturelle, celle d’une organisation fédératrice, prête à aller au charbon chaque fois que l’intérêt suprême de la Nation le lui dicte, sans y déroger en s’éternisant dans les sentiers battus de la politique, telle qu’elle est menée par les partis, s’attirant les foudres de l’opinion de l’opinion publique, sa lassitude et parfois sa dérision. Pour faire plus simple, la centrale syndicale se procurerait un crédit plus conséquent si elle se gardait de se mêler, toute la sainte journée, de politique sauf s’il arrive à cette dernière d’avoir des retombées sur le social, l’économique et la condition des travailleurs.

La ressource de tenir son rang

Incontestablement, l’UGTT a rang de partenaire majeur dont la contribution est essentielle non seulement dans l’instauration et le maintien de la paix sociale, mais aussi surtout dans la conception et la mise en œuvre du processus de développement, et elle l’a montré tout au long de son histoire et de son parcours. En parrainant entre autres le Dialogue national, elle s’est parée des plus insignes lauriers et administré la preuve qu’elle est capable d’avoir la ressource de répondre à l’appel du devoir. D’autant mieux qu’en agissant à bon escient et à l’enseigne de la cohésion nationale, elle aura tout loisir de défendre les droits de la classe laborieuse, participer au bien-être général, et tenir son rang en tant que cheville ouvrière de la dynamique de la croissance et l’équitable répartition de ses dividendes.

On ne peut pas soupçonner le gouvernement de ne pas être conscient de l’envergure de ce rôle sauf qu’il est en peine d’en tirer les conséquences qui vaillent, étant régulièrement aux prises avec d’énormes difficultés financières, qu’il met invariablement en avant pour laisser sans suite les revendications sociales que porte l’Organisation ouvrière. En en prenant acte sans dire les comprendre, cette dernière ouvre une petite porte qui pourrait déboucher sur une sorte de gentleman’s agreement fondateur d’une nouvelle page entre le pouvoir et le syndicat. Commencer à en parler, c’est déjà faire bouger les choses !

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L’Instance politique du Mouvement Nidaa Tounes, réunie, vendredi soir, a décidé de geler l’adhésion du chef du gouvernement Youssef Chahed et de déférer son dossier à la commission du règlement intérieur, conformément aux dispositions des articles 59, 67 et 69 du règlement du parti.

Joint au téléphone par l’agence TAP, Abderraouf khammassi, membre de l’Instance politique, a indiqué que le premier congrès électif du parti aura bien lieu, les 26 et 27 janvier 2019.

Sur un autre plan, ila souligné que l’Instance politique du Mouvement Nidaa Tounes se tient aux côtés de la Centrale syndicale dans son combat, dénonçant ” la campagne de dénigrement ” qui vise son rôle national et historique.

Plus tôt dans la journée, l’Instance politique de Nidaa Tounes avait publié une déclaration à l’issue de sa réunion, dans laquelle elle a salué le rôle du groupe parlementaire de Nidaa Tounes et la cohésion de ses élus autour de la ligne politique du parti et les choix de son fondateur Béji Caïd Essebsi.

L’Instance politique du Mouvement Nidaa Tounes était en conclave, depuis trois jours à Tunis, pour décider du sort du chef du gouvernement, Youssef Chahed et statuer sur son maintien ou non au sein du Mouvement, avait déclaré à la TAP, le président du groupe parlementaire du mouvement, Sofien Toubel.

Interrogé samedi matin sur la décision prise à  son encontre par Nidaâ Tounès, Youssef Chahed a déclaré, cité par Mosaïque fm, qu’étant « absorbé par la loi des finances et la rentrée scolaire, je n’ai pas la tête à ça ».

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Le SG de l’UGTT Noureddine Taboubi boycotte le séminaire national sur les orientations et le contenu de la loi de finance 2019. C’est ce qu’a déclaré aux médias SG son adjoint Sami Tahri aux médias. Selon lui Taboubi aurait tardivement reçu l’invitation pour cette importante rencontre présidée par le chef du gouvernement Youssef Chahed ce matin à Tunis. Tahri a expliqué que l’UGTT n’a pas eu le temps de préparer les chiffres et les statistiques nécessaires à la discussion du projet en raison de l’invitation tardive.

Chahed et Taboubi sont depuis quelques semaines en guerre, déclarée sous formes de menaces directes et indirectes, l’UGTT demandant depuis des mois la tête du chef du gouvernement.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail, Noureddine Taboubi, devaient assister à cette conférence organisée sous le thème de la promotion du développement et de l’intégration sociale et régionale. Des responsables gouvernementaux et représentants d’organismes professionnels participeront, aujourd’hui, vendredi 14 septembre 2018, à une conférence nationale qui s’articulera autour des axes principaux du projet de loi de finances 2019.

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Le 5ème congrès du Parti des Travailleurs, se tiendra du 18 au 22 décembre 2018, a déclaré, dimanche aux médias, le porte-parole officiel du Parti, Jilani Hammami a indiqué, dimanche, aux médias, à l’issue de la tenue du 4ème Congrès du conseil national de son parti.
Il a rappelé que les travaux du conseil ont été consacrés à l’analyse et au diagnostic de la situation politique actuelle, indiquant que ” tout le gouvernement Chahed doit partir et que son maintien pourrait mener le pays à une risquée sur le plan social et sécuritaire”.
Toutefois, Jilani estime que “l’alternative ne réside pas dans la formation d’un nouveau gouvernement, mais dans la conception de nouveaux programmes et visions qui feront sortir le pays de la crise”.
Le Parti des Travailleurs, a-t-il dit, a déjà présenté un ensemble de propositions et de mesures urgentes pour sauver la Tunisie, préserver les richesses du pays et la souveraineté de la décision nationale et aussi répondre aux revendications sociales des citoyens.
En ce qui concerne la situation économique, il a indiqué que le parti a revendiqué la nationalisation des richesses nationales dans le domaine de l’énergie et du pétrole en plus de la distribution des terrains aux petits agriculteurs et aux jeunes sans-emploi pour faire face au phénomène du chômage et réaliser le développement social équitable.
Il a réitéré l’appel du parti à maitriser la hausse des prix et à mener des réformes fiscales pour sauver les petites entreprises et à lutter contre la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen tunisien en plus de la création de projets dans les régions intérieures et la réforme des secteurs des services, de l’éducation et de la santé.
Hammami a souligné l’impératif de ne pas reporter les élections pour réaliser la stabilité politique, sociale et sécuritaire du pays.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a présidé samedi matin à la caserne d’Al-Aouina,, l’ouverture de la conférence périodique des gouverneurs.

Selon un communiqué de la Primature, il a mis l’accent, dans son allocution, sur les points suivants :

-La mobilisation et la conjugaison des efforts des gouverneurs en vue de l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen, la lutte contre la spéculation et le contrôle des circuits de distribution

-La communication de proximité avec le citoyen et l’instauration d’une nouvelle méthode de travail au sein des conseils municipaux élus

– La réduction des entraves administratives en matière de services et d’investissement, s’agissant notamment des autorisations dans le nombre a été comprimé, et de l’adoption du mécanisme de l’interlocuteur unique

-La meilleure exploitation du système des achats publics TUNEPS

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Le vice-président du mouvement Ennahdha, Ali Laarayedh, a renouvelé l’attachement de son parti à la stabilité politique au travers du maintien de Youssef Chahed à la tête du gouvernement.

Il l’a redit dans une déclaration sur Radio Med en précisant toutefois que « Nidaâ Tounès veut déloger Youssef Chahed avec les canines d’Ennahdha ». « Ceci n’a pas lieu d’être et quiconque voudrait limoger le chef du gouvernement doit avoir recours aux voies et moyens constitutionnels et légaux », a-t-il dit.

Il a exhorté Nidaâ de « résoudre ses problèmes internes et suivre les dispositions constitutionnelles pour se débarrasser du chef du gouvernement »

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En visite officielle en Chine pour représenter la Tunisie au sommet de la coopération sino-africaine à Pékin, le chef du gouvernement tunisien prospecte à tour de bras. Il avait hier supervisé la signature d’une convention entre le groupe tunisien Tamarziste et le Chinois SAIC pour la 1ère usine automobile en Tunisie, puis les études pour un ensemble de grands projets d’infrastructure au Sud tunisien, il a aussi rencontré un grand nombre de grandes entreprises et de fonds d’investissements chinois. On le retrouvait ainsi autour de la table, avec un ensemble d’hommes d’affaires tunisiens, en discussion avec le fonds d’investissement «China Africa Developement Fund» plus connu sous le nom de Fonds CAD. C’est un fonds de capital-investissement chinois exclusivement financé par China Development Bank, la société spécialisée TIC «Inspur», le constructeur «China Cummunication Construction compagny» et le géant chinois de l’énergie et des énergies nouvelles «Power China International Group».

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Samir Majoul, Président du patronat tunisien a rencontré ce lundi le SG de l’UGTT Noureddine Taboubi. Une rencontre précédée par un entretient avec le président de l’organisation agricole. Selon une information rapportée par notre collègue Acharaa Al Magharibi qui citait une “source proche syndicale”, les deux parties auraient été d’accord sur la nécessité d’un changement de chef de gouvernement.

Nous apprenons cependant, d’une source responsable officielle à l’UTICA, que le patronat n’a pourtant pas changé de position sur la question du changement de chef de gouvernement et l’aurait réitérée lors de la rencontre avec le SG de la centrale syndicale. La position de l’UTICA, dit cette source à Africanmanager, “est écrite noir sur blanc dans le point 64 du document de Carthage et qui dit que cette question du changement de chef de gouvernement est du ressort du chef de l’Etat et du parlement” selon notre source responsable et officielle. On comprendrait ainsi, que la position du patronat resterait inchangée et en complète opposition avec celle de l’UGTT.

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«La corruption est pire que sous Ben Ali». C’est ce qu’affirme la fondation Carnegie. La même fondation aurait pu affirmer la même chose pour ce qui concerne la mauvaise gestion des ressources de l’Etat, notamment en fiscalité et cotisations sociales. Supposée rétablir la justice et l’équité fiscale, la révolution, dite du printemps arabe tunisien, aura finalement approfondi cette perception d’une fiscalité qui frappe plus les riches que les pauvres. Désormais, tout le monde n’est pas égal devant le fisc. La révolution a démocratisé cette inégalité, en assurant son expansion aux fonctionnaires de l’Etat qui sont la «caste» la mieux payée (Plus de 16,3 Milliards DT, avec le crédit fiscal de 2017). Désormais aussi, tous les citoyens ne sont plus égaux devant les cotisations sociales. Certains se doivent de la payer pour avoir droit à la pension de retraite. D’autres ne la paient plus et gardent leurs droits intacts à une retraite pleine et entière. Démonstration :

  • Votre retraite sans payer vos cotisations aux caisses sociales

Des employés de la CNSS qui ne paient plus leurs cotisations et qui reçoivent leur retraite. Cela semble impossible. C’est pourtant le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, qui l’affirmait, pour la seconde fois (la première étant en décembre 2016) le lundi 24 octobre 2016 sur la radio privée Mosaïque Fm. «Les employés des caisses sociales ont des retraites sans verser leurs cotisations. Il a ajouté que ces privilèges spéciaux étaient en vertu d’un accord signé en 2011 pour mettre fin à leurs protestations à l’époque, soulignant qu’environ 5000 employés ne paient pas leurs cotisations mensuelles comme le reste des employés et pourtant reçoivent une pension et choisissent le système qu’ils privilégient», indiquait ainsi le ministre de Youssef Chahed. C’était donc, comme ne l’avait pas précisé le ministre des Affaires sociales, pendant le gouvernement de l’actuel chef de l’Etat Béji Caïed Essebssi, qui donnait ainsi le top au retour des mauvaises pratiques de gestion des ressources publiques, que cette première injustice sociale aurait été commise. La retraite des employés de la CNSS, est assimilée à une institution financière avec un niveau et un nombre de mensualités de salaires similaires. L’information n’est donc pas nouvelle. Elle n’a pourtant ému personne parmi les défenseurs des droits économiques et sociaux et les combattants acharnés des passe-droits des prévarications. Comme avant 2011, tant que seul l’Etat est lésé, cela ne dérange personne !

  • Un autre crédit d’impôt en guise de salaire qui consacre l’iniquité fiscale

Pour la seconde année consécutive, des fonctionnaires perçoivent l’augmentation salariale sous forme d’un crédit d’impôts, banalisant ainsi le principe de l’injustice fiscale. La loi de finances complémentaire pour l’exercice 2017 comporte uniquement 3 articles. Le 3ème stipule ainsi que «les fonctionnaires, de l’Etat, des collectivités locales, des entreprises publiques à caractère administratif, bénéficieront à partir du mois de janvier 2018 et jusqu’à décembre de la même année, d’un crédit d’impôt, consistant en une baisse de la retenue à la source sur leurs salaires, égale au montant net de l’augmentation salariale programmée pour les années 2017 et 2018 (…). Le crédit d’impôt comporte le montant restant des augmentations salariales programmées pour 2017 et qui ont été accordées sous forme de crédit d’impôt». Le gouvernement de Youssef Chahed avait promis aux bailleurs de fonds de la Tunisie cette procédure, peu orthodoxe, en matière d’augmentation des salaires. Il sera ainsi obligé d’y recourir, consacrant le piétinement du sacrosaint principe de l’égalité de tous les citoyens devant la fiscalité. C’est ainsi que, pour la seconde année, les fonctionnaires de l’Etat ne paieront pas d’impôt ou presque et ne seront notamment que partiellement assujettis à la retenue à la source, alors que les employés du secteur privé y seront pleinement assujettis. Nous passerons sur le recours, pour la seconde fois et peut-être pas la dernière, à ce genre d’entourloupette financière qui faussera, entre autres, le calcul du rendement de la fiscalité directe au profit des caisses de l’Etat. Nous passerons aussi sur l’image que donnera ce genre de procédés, qui s’apparenterait presque à de la mauvaise gestion, aux bailleurs de fonds sur la gestion des deniers publics par le gouvernement tunisien.

  • L’emploi fictif, c’est juste pour juger les autres

Plus d’un ancien responsable a été traduit en justice, pour chef d’emplois fictifs accordés aux autres. Et pourtant, ce sont entre 4.000 et 5.000 fonctionnaires tunisiens qui perçoivent des salaires, avec toutes les primes qui les accompagnent, et qui ne livrent aucun travail. C’est même un directeur de la fonction publique qui l’affirme. Cela ne ressemble pas à de l’emploi fictif, c’est de l’emploi fictif. Ce ne sont pas d’anciens responsables de l’ère Ben Ali qui l’ont permis, ce sont les responsables, issus de la «révolution» venus redresser les torts et tourner la page du passé, qui l’ont fait. Personne n’a pourtant cherché à arrêter cette hémorragie et encore moins à traduire les responsables en justice, ni Youssef Chahed, ni les chefs de gouvernement qui l’ont précédé !

Et alors que certains anciens responsables traînent encore des affaires de ce genre, l’emploi fictif a même été érigé en institution, dans la Tunisie de la révolution du redressement des torts et de la justice retrouvée. Il en est ainsi depuis de longues années, des millions de dinars versés aux différents «sociétés» dites d’environnement qui recrutent toujours. En 2015, on évoquait déjà les chiffres de 300 MDT pour les travailleurs de l’environnement et 265 pour ceux des chantiers ! Qui dira un jour que c’est de l’emploi fictif, financé par le budget de l’Etat et les deniers publics ?

  • Les hommes d’affaires oui, les riches footballeurs non !

Ils sont des dizaines, sinon des centaines, les joueurs de football qui sont payés en millions de Dinars et qui ne paient rien car ils sont exemptés d’impôts. Des joueurs millionnaires et des clubs de football archimillionnaires qui vendent et achètent des joueurs, en local comme à l’international et qui paient des entraîneurs en devises, sans qu’ils ne soient un jour inquiétés par le fisc. Il fut un temps, celui de l’ancien président, où deux entraîneurs avaient fait l’objet de redressements fiscaux. Cela n’a jamais été refait. Le fisc, c’est bon pour les hommes d’affaires que tout le monde envie, mais pas pour tous les millionnaires.

Au pays des niches fiscales iniques et des privilèges, cela n’inquiète personne, même pas les ardents combattants de l’évasion fiscale ! Le balai citoyen les touchera-t-il un jour ? Il y a peu de chance qu’il le fasse, car le balai n’est pas aussi citoyen qu’on le dit ! La révolution n’a pas enlevé les privilèges. Elle les a continués.

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«Pays généralement non libre» et classé à la 123ème position sur un total de 180 Nations. Tel est vue l’économie tunisienne par la fondation «Heritage» dans son rapport sur la liberté économique et son classement des pays où la libre initiative est l’élément clé. Un classement qui place la Tunisie loin derrière le Maroc, son concurrent économique direct, classé à la 86ème place, mais dans le groupe des modérément libres. Au Maghreb, seule l’Algérie est mal classée, à la 172ème position.

Une image qui contraste avec celle que le GUN de Chahed avait fait miroiter aux participants du «Tunisia 2020 » d’octobre dernier et dont il avait essayé d’user en «faire-valoir» pour attirer plus d’investisseurs pour une économie asphyxiée par ses dépenses de fonctionnement et qui n’arrive pas à faire redémarrer l’investissement local. On ne s’étonnera alors plus qu’un concurrent comme le Maroc attire désormais même les investisseurs tunisiens et arrive à attirer des investissements étrangers lourds, comme ceux des constructeurs automobiles.

Pays à la recherche d’IDE (Investissements directs étrangers), la Tunisie reflète une image très brouillée pour les analystes de «Heritage Fondation». «Le dynamisme économique reste limité en Tunisie par des faiblesses institutionnelles qui restent sans réponse, principalement parce que l’instabilité politique a entravé une action gouvernementale décisive. Le régime de régulation, malgré certaines améliorations, reste lourd et freine l’activité entrepreneuriale et sa dynamique. Le régime commercial fermé et les marchés du travail rigides, empêchent en grande partie l’émergence d’un secteur privé dynamique», estime cette fondation, dont le rapport est une sorte de «livre de chevet » pour les investisseurs étrangers.
Question réformes, actuellement objet de toutes les discussions entre la Tunisie et son principal bailleur de fonds qu’est le FMI (Fond Monétaire International), l’avis de Heritage est là aussi mitigé.  «Adoptées ces dernières années [les réformes] n’ont pas permis, ni d’apporter des avantages tangibles à la stagnation du système économique, ni de déclencher une croissance plus rapide ». Et la même source d’estimer que «des réformes plus profondes pour améliorer la gouvernance et renforcer les piliers essentiels de la liberté économique sont nécessaires pour pousser l’économie sur une voie positive de transition».

⦁    Un gouvernement faible …

«Heritage Fondation» étend son analyse du paysage économique tunisien à l’efficience des règlementations et partant, de l’état du droit. «Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la protection des droits de propriété reste inégale, entravée par la corruption et les longues listes d’attente dans ce domaine ». Selon la même source, «la faiblesse gouvernementale favorise la réinsertion à des niveaux inférieurs de bureaucratie et d’application de la loi. Le ressentiment de longue date des efforts déployés contre la contrebande le long de la frontière libyenne, qui a éliminé les emplois locaux, s’est intensifié en 2016 après la construction d’un mur frontalier pour bloquer l’infiltration par les terroristes».

Et comme l’économie, c’est aussi et surtout les finances, les incitations fiscales et les impôts, Heritage s’y attarde et indique que «le taux d’imposition du revenu des particuliers le plus élevé est de 35 %, et le taux d’imposition des sociétés le plus élevé est de 30 %. Les autres taxes comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et une taxe de transfert de propriété». La fondation internationale en tire une conclusion qui contraste avec le chiffre officiel de la pression fiscale. Selon Heritage, la «charge fiscale globale équivaut à 22,5% du revenu national total» en Tunisie.

⦁    … et ses dépenses sont populistes

La même source estime que «malgré certains progrès, le cadre réglementaire manque encore de transparence et d’efficacité. Le respect des exigences en matière d’octroi de licences reste lourd. Le marché du travail rigide a stagné, n’ayant pas généré une croissance dynamique de l’emploi».
Heritage se montre même dure avec la politique du gouvernement Chahed, dont elle qualifie les dépenses de «populiste». En 2016, dit la Fondation, «les tensions sociales ont déclenché des politiques de dépenses populistes pour apaiser un électorat frustré, mais les prix bas du pétrole devraient permettre au gouvernement d’atteindre son objectif de suppression progressive des subventions aux carburants». Pour cette institution internationale dont les avis font loi, «les entreprises publiques faussent l’économie. Le secteur financier fragile est fragmenté. L’accès au crédit est limité et les marchés des capitaux sont sous-développés».

Autant de critiques, apparemment purement techniques, à moins qu’Heritage n’aime pas la Tunisie ou «qu’elle fasse partie d’un quelconque complot contre la révolution du jasmin», qui devraient donner lieu à réflexion à La Kasbah et dans le bureau du ministre du Développement économique, Fadhel Abdelkefi.
A l’économie fortement liée à l’extérieur, la Tunisie devrait plutôt s’ingénier à mettre en place les réformes nécessaires qui lui feraient gagner des places dans le prochain Index de Heritage Foundation et ses semblables, comme celui de la compétitivité !

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Du 24 au 27 janvier, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, accompagné par une centaine d’hommes d’affaires et d’organisations patronales (l’UTICA, CONECT et la TABC), effectuera une visite dans 3
pays africains, à savoir le Soudan, le Niger et le Burkina Faso, chacun dans une seule journée, pour essayer de faire des affaires. « La visite aura un caractère purement économique », ont annoncé les services de la primature tunisienne à l’agence de presse Reuters. Dans chacun des pays, il est prévu de tenir des forums économiques et de partenariat.

Alors qu’on connait les particularités du domaine des affaires en Afrique, les services de la Primature n’ont pas précisé à Reuters si ces visites économiques éclair ont été précédées par une préparation sur le terrain ou entre les officiels des quatre pays.

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Nous croyons savoir, de sources concordantes proches du dossier, que les dernières déclaration du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à propos des banques publiques, semblent avoir pris presque tout son monde par surprise.
Ce serait en effet ainsi le cas du ministère des Finances où le chef de cabinet de la ministre était pourtant en charge du dossier de la restructuration et de la recapitalisation des banques publiques.
Au matin de la publication de notre article, le chef de cabinet de la ministre Boujneh, téléphonait aux amis banquiers pour savoir ce qui se serait passé pour amener le chef du gouvernement à court-circuiter la propre tutelle des banques publiques par ses déclarations du samedi dernier. Seul le ministre du développement Fadhel Abdelkefi semblait être bien au courant des intentions de Chahed et les expliquait dès lundi sur les ondes d’une radio privée.

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Dans son roman « Un fils tombé du ciel », l’écrivain chinois Lao She a légué à la postérité une réflexion qui conserve une extraordinaire pertinence un demi-siècle après sa mort : « C’est parfois d’une situation désespérée que jaillit l’espoir ». On se laisserait prendre à la tentation de trouver une affinité           entre cette pensée et l’esprit qui a présidé à l’allocution prononcée samedi par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à la clôture des débats parlementaires sur la loi de finance 2017. En changeant ce qu’il faut changer, convenons que la situation, sans être désespérée, est difficile, voire très difficile. Et pour un chef du gouvernement qui a une haute opinion de son office, l’essentiel n’est-il pas de se convaincre et surtout de convaincre que l’on peut s’en sortir ? Youssef Chahed a visiblement pris le parti de le faire en affirmant que « le gouvernement ambitionne de voir l’année 2017 être celle de la relance économique et de l’accélération du rythme de croissance, grâce à l’investissement, la production, l’exportation et la création d’opportunités d’emplois pour les jeunes ».

L’architecture mise en place permettra-t-elle d’y arriver ? Le chef du gouvernement y croit dur comme fer, invoquant notamment le retour de la confiance des partenaires de la Tunisie. Oui, mais encore ! Les engagements pris et les promesses prodiguées à tour de bras seront-ils à eux seuls suffisants pour redresser le pays et le remettre sur les rails de la croissance ? Encore une interrogation qui n’est pas près de livrer une piste. D’autant que la littérature des conférences internationales sur l’investissement enseigne qu’il ne faut pas prendre leurs conclusions pour de l’argent comptant. Il n’en reste pas moins que l’engagement plus ou moins ferme pris à Tunis par les bailleurs de fonds, publics, faut-il tenir à le préciser, peut dissiper des doutes quant à sa mise en œuvre.

Autre plaidoyer qui irait dans ce sens, l’arrangement conclu avec l’UGTT au sujet des augmentations salariales. Un obstacle de moins sur la voie tracée par le gouvernement pour se donner les moyens de conduire ses politiques sans accrocs majeurs. Mais ce n’est pas encore le gage crédible que la situation sociale sera indemne de convulsions. Et il n’est pas exclu que d’autres voix suivies de mouvements sur le terrain se fassent entendre pour des « causes » qui ne manqueront pas d’être plaidées, le plus souvent par tempérament syndical.

Des aléas à la pelle

Et puis, la ci-devant controversée loi de finances 2017 ne semble pas avoir vocation à procurer à l’Etat les ressources qu’il escomptait pour redémarrer la machine et mettre de l’ordre dans

ses finances, pour cause de « résistances » âprement conduites, par exemple, par certaines professions libérales, et non des moindres. Le gouvernement arrivera-t-il à atténuer les déficits simples et jumelés pour pouvoir gérer commodément ses finances, payer ses fonctionnaires et investir dans les projets créateurs d’emplois et incitatifs à l’investissement, singulièrement dans les régions de l’intérieur ? Il est à espérer qu’il n’aura pas besoin d’édicter une loi de finances complémentaire, une autre, pour combler les trous. D’autant qu’il va immanquablement devoir réviser ses prévisions et ses hypothèses concernant notamment celles relatives au prix du pétrole, 50 dollars le baril, alors que les pays de l’OPEP viennent de conclure un « accord historique » aux termes duquel ils se sont engagés à diminuer leur production de 558.000 barils par jour, avec son corollaire naturel d’une augmentation des cours mondiaux de l’or noir, qui vont grimper bien au delà des 50 dollars le baril.

Ce ne sont là que quelques uns des aléas que la Tunisie doit s’apprêter à confronter et qui devront grever les ressources que son gouvernement entend mobiliser pour soutenir ses programmes de développement. Il s’y ajoute bien d’autres écueils inhibiteurs. Au point que le ministre du Développement, de l’investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi-et il sait de quoi il parle- a asséné pas plus tard que ce weekend, le constat que voici : – « La situation est compliquée. Il ne faut un big-bang et s’attaquer à la réalisation des grands projets. Les revenus fiscaux sont par terre ! La solution aux caisses sociales est un mix entre trois composants. La privatisation des entreprises publiques est encore un tabou alors qu’elles sont déficitaires. On ne peut pas rester dans le pourrissement. L’administration est bloquée par les lois. La collecte des impôts est très faible».De quoi doucher bien des ambitions !

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Lors d’un point de presse tenu, ce mercredi 30 novembre 2016, en marge de la conférence internationale de l’investissement “Tunisia 2020” qui a eu lieu à Tunis, les 29 et 30 novembre 2016, le chef du gouvernement a déclaré que la Tunisie a pu mobiliser 34 milliards de dinars dont 19 milliards de dinars en promesses et 15 milliards de dinars en accords de financement de projets.

Chahed a tenu à féliciter tout le peuple de la réussite de cet événement dont principalement le chef de l’État, Béji Caied Essebsi qui n’a cessé, selon lui, depuis la prise de ses fonction à Carthage de promouvoir la diplomatie tunisienne à travers les visites qu’il a effectué dans plusieurs pays voisins.

Outre, le chef du gouvernement a félicité l’ancien gouvernement d’Essid, tous les chefs d’entreprises, les bailleurs de fonds étrangers, les institutions financières internationales, les pays frères de la Tunisie ainsi que l’institution sécuritaire et militaire pour l’effort qu’ils ont fourni pour réussir ce forum. Il a toutefois, indiqué que le plus important ne sont pas les promesses, mais plutôt les messages et la nouvelle image donnée par la Tunisie, “un pays qui a réussi sa transition démocratique et qui est en train de mettre en place ses institutions et ses lois”, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que cette conférence permettra à la Tunisie de revenir en force : “La Tunisie a pu réussir cet événement parce qu’elle a investi en masse dans le système démocratique. ” La Tunisie est sur le bon chemin en économie … Elle reste un site attractif malgré les difficultés”, a-t-il ajouté.

Et pour conclure, Chahed a appelé tous les Tunisiens à mettre la main dans la main afin de rétablir la confiance, attirer l’investissement, créer de l’emploi, et développer les régions défavorisées : ” Ces conventions sont sous forme de prêt et de dons, mais on ne va pas s’arrêter là, nous veillerons à ce que les projets démarre dans les meilleures délais et que les promesses soient concrétisées”.

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A la cadence où vont les choses, il ne serait pas aléatoire de craindre qu’une crise gravissime pointe à l’horizon. Ses acteurs sont, à l’évidence, le gouvernement, l’UGTT, mais sont en train de s’y ajouter des partis politiques, censés servir de bouclier au pouvoir en place, sans parler de l’opposition qui ne joue là que le rôle qui est naturellement le sien. C’est moins la loi de finances 2017 que la survie même du gouvernement qui est en cause. Et les indices abondent qui accréditent cette course vers l’abîme.

Comme l’on s’y attendait, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’a pas changé d’un iota sa position concernant les augmentations salariales, affirmant qu’  en l’absence de croissance, ces dernières ne peuvent pas être concrétisées », même s’il a laissé la porte ouverte à une révision de son calendrier, 9 mois si les finances de l’Etat le permettaient. Une éventualité balayée d’un revers de main par l’Organisation ouvrière dont le Bureau exécutif, réuni samedi, à réitéré son « refus catégorique » de l’annulation des augmentations de salaires, y voyant un « coup porté au dialogue social et à la crédibilité des partenaires sociaux et un reniement du Document de Carthage ». Il s’agit aussi, selon lui, d’une « mesure spécieuse nourrie d’arrière-pensées politiques de nature à ébranler la stabilité du pays et envenimer la situation ».

Une position pas toute à fait nouvelle, puisque l’UGTT y est viscéralement attachée depuis qu’a été connue, voilà quelques semaines, l’intention du gouvernement de rééchelonner les hausses salariales pour cause de graves difficultés financières. Mais ce à quoi l’on assiste actuellement est d’une autre eau. Des appels, d’abord allusifs, puis progressivement explicites, fusent de bien des bords pour un renversement du gouvernement, en fonction depuis un peu plus de 80 jours. « S’il arrivait au gouvernement de tomber, il tomberait sur toutes les têtes », a averti sur un ton comminatoire, le chef du gouvernement, visiblement offusqué par les menées qui se préparent à cette fin. Le message est clairement destiné aux formations politiques parties prenantes au gouvernement mais aussi à tous les acteurs politiques sans exception.

Le « Front du refus »

Sans qu’il y ait lieu de s’attarder, par exemple, sur le parti « Al-Harak » dont le secrétaire général se demande si « le glas du gouvernement est sonné », ni sur le Front populaire dont le porte-parole officiel, qui croit dur comme fer que le gouvernement tombera en 2017, on prête aux partis « Machrouû Tounès et UPL, dont les présidents, Mohsen Marzouk et Slim Riahi, se sont rencontrés dernièrement à Paris, le projet de renverser le gouvernement de Youssef Chahed pour y substituer un « gouvernement de salut national », comme l’a ébruité il y a quelques jours le député Walid Jalled. Quel que soit le crédit que l’on puisse donner à ce projet, il ne s’en adosse pas moins à des déclarations publiques allant dans ce sens faites par le président de l’UPL qui a demandé le plus explicitement du monde le départ du gouvernement pour cause d’inaptitude à réussir.

C’est sans doute peu de chose comparé au « plan de bataille » en préparation Rue Mhamed Ali, appelant les travailleurs à la mobilisation. L’UGTT, pas plus tard que ce weekend, a lancé ses fantassins en prélude à la grève générale dont il est abondamment question. Une façon de dire au gouvernement que le temps est venu pour faire ses cartons. L’Organisation patronale, l’UTICA, tout en s’exceptant de tenir un langage « subversif » a préconisé par la voix de sa présidente l’impérieuse révision du Document de Carthage et l’ouverture d’un nouveau dialogue à son sujet, sachant que ledit document est l’acte fondateur du gouvernement dit d’union nationale présidé par Youssef Chahed. Et si le Document de Carthage n’a plus sa raison d’être, qu’en serait-il du gouvernement dont il est l’émanation ?

Ennahdha lance ses fantassins

Dans ce concert d’appels, d’exhortations et de non-dits, il y a singulièrement la voix délibérément feutrée d’Ennahdha, dont le chef Rached Ghannouchi a pernicieusement rappelé que le gouvernement Chahed est celui de Nidaâ. Sans devoir faire une exégèse poussée de cette déclaration, on ne serait pas loin de comprendre que si l’un des poids lourds soutenant le gouvernement, nommément Nidaâ, se retire de la coalition gouvernementale, comme le demandent des dirigeant des deux partis à l’occasion de l’affaire Lotfi Naguedh, c’est le gouvernement qui suivra le mouvement.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à entendre les députés d’Ennahdha qui ont pris la parole lors du débat sur le discours de Youssef Chahed à l’ouverture du marathon budgétaire. Un concert de critiques contre la loi de finances 2017, mais aussi et surtout une salve de tirs croisés sur les choix du gouvernement, dirigés selon une parfaite répartition des rôles, chaque intervenant ciblant un volet précis du rendement du gouvernement. Une offensive d’autant plus virulente et systématique qu’elle est inédite et rare s’agissant d’un parti soutenant un gouvernement. Au point que le parti de Ghannouchi semblait avoir un pied au gouvernement et un autre dans l’opposition. Un exercice qui interpelle vivement et soulève moult sérieuses interrogations sur les intentions d’Ennahdha dont la dimension électorale est clairement perceptible, en prévision des Municipales dont, pourtant, même pas la date n’a pas été fixée.

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C’est un truisme de dire que le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, aura fort à faire pour asseoir sa légitimité et celle de son équipe ministérielle après avoir obtenu le feu vert des députés devant lesquels il va devoir revenir dans le cadre d’une session parlementaire extraordinaire qu’il a lui-même demandée avec une centaine d’élus. Un oral de contrôle en quelque sorte qui lui permettra de finaliser un programme d’action dont il est en train de sculpter les contours.

Il est dès lors dans l’ordre des choses qu’il se soit gardé d’annoncer la moindre grande mesure ou initiative, ayant été de surcroît occupé à gérer des événements imprévus tels que l’opération terroriste de Sammama et la tragédie routière de Khammouda, deux occurrences qui l’ont vu monter au front pour montrer l’étendue de sa capacité  à administrer les contingences et de la façon dont il entend remplir les missions pour lesquelles il a été choisi. Ironie du sort, c’est ailleurs que dans les domaines  essentiels où il était le plus attendu qu’il lui a été donné de le faire, à savoir certes la lutte contre le terrorisme, le chômage, la corruption, la délétère situation sociale, la croissance asthénique…

A l’évidence, c’est bien là et moins qu’autre part que Youssef Chahed est attendu au tournant, non seulement par l’opposition qui ne cesse de pousser des cris d’orfraie, mais aussi, sous une forme beaucoup moins virulente, par ceux des siens et leurs alliés qui attendent de lui qu’il fasse oublier ses prédécesseurs et leurs erreurs et dérives. C’est que le nouveau locataire de la Kasbah est à tous les égards astreint à sortir des sentiers battus dans lesquels se sont enfermés les divers chef de gouvernement qui se sont succédé à la Primature sans offrir la moindre perspective de redressement alors qu’ils en avaient grosso modo l’opportunité, ni créer les rudiments de l’architecture qui fasse naître l’espoir que le changement est possible.

Les premiers commencements du mandat de Youssef Chahed suggèrent que les Tunisiens ont affaire à un chef de gouvernement pragmatique, droit dans ses bottes lorsqu’il s’agit de résister aux pressions des politiques, qui semble savoir où aller avec le minimum nécessaire et, en fait de réformes, il a commencé à en opérer au sein de son attelage ministériel. Surtout, on dit qu’il a demandé à son gouvernement de ne pas trop s’emmêler dans les dossiers mais plutôt de redonner confiance à l’administration qui doit gérer ces dossiers. Parmi les décisions intra muros qu’il a prises, celle de diminuer les salaires des ministres et des secrétaires d’Etat. Par-delà la symbolique qui s’attache à une telle mesure qui n’est pas, du reste,  nouvelle dans les annales gouvernementales de l’après-révolution, on y décèle une première déclinaison d’une saine gestion des deniers publics, et d’abord et surtout au cœur même de la haute hiérarchie du pouvoir. D’aucuns y verraient une démarche cosmétique et de dérisoire effet, mais, concédons-le, une décision qui renseigne sur l’exemple à donner que le gouvernement est le premier à devoir « faire des sacrifices » si minimes soient-ils.

Préjugé favorable !

Le préjugé favorable, c’est sans doute la première manifestation de capital confiance dont commence à être crédité le nouveau chef du gouvernement. L’un des premiers à le lui témoigner n’est autre que le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui a estimé que le  gouvernement de Youssef Chahed réunit toutes les conditions de succès notamment dans les domaines économique, social et de développement. Et abondant dans ce sens, il a assuré que « le  succès du nouveau gouvernement ne manquera pas de dénouer la crise qui secoue le pays et de redonner de l’espoir aux Tunisiens ».

Mais Ghannouchi irait-il là vite en besogne, alors que, immanquablement, il ne peut pas s’exempter de réaliser, à l’instar du grand nombre, l’énormité des tâches titanesques qui attendent Youssef Chahed ? Le fait est que les choses ne font pas se régler en un tournemain. Des dossiers comme ceux du chômage, de la croissance, de l’investissement et de la corruption, pour ne citer que ceux-ci, sont de vrais défis que l’on ne relève pas par de simples décisions décrétées en Conseil des ministres ou des réunions assimilées. Habib Essid en sait quelque chose pour s’y être cassé les dents, comme tous ses prédécesseurs, d’ailleurs. On ne voit pas comment Youssef Chahed pourrait s’en tirer d’affaire alors même que la centrale syndicale, l’UGTT et ses dépendances ne décrochent pas de leurs ukases larvés ou explicites concernant bien des dossiers tels que les retraites, les augmentations salariales. « Le gouvernement Chahed doit chercher des solutions alternatives à la politique d’austérité pour sauver la Tunisie d’une situation économique difficile, et ce, sans opter pour la politique d’austérité qui se fera aux dépens des employés et des catégories les plus fragiles», a-t-il dit.

Or, le nouveau chef du gouvernement n’a de cesse de clamer que la Tunisie devra impérativement prendre des « décisions douloureuses », forcément dans le cadre d’une politique d’austérité. Hors cette logique, il serait chimérique de sonder d’autres biais. Vaste programme !

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La haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne

La chargée de la politique étrangère de l’Union Européenne Federica Mogherini a réitéré le soutien de l’UE pour le gouvernement Chahed et pour l’ensemble de son gouvernement après qu’il ait obtenu la confiance du parlement avec une majorité confortable de 168 voix pour.

“Au moment où le nouveau Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, et l’ensemble de son gouvernement ont obtenu le vote de confiance à l’Assemblée des Représentants du Peuple, je leur exprime les vœux de réussite et le soutien renouvelé de l’UE dans la tâche importante qu’ils entament au service des Tunisiennes et des Tunisiens”, lit-on dans un communiqué rendu public samedi 27 août 2016.

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Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, peut opérer un changement sur la composition de son équipe tant que celle-ci n’a pas encore été soumise au vote de confiance, a déclaré, mardi à la TAP, la juriste Hana Ben Abda.
Prétendre qu’il est impossible de changer la composition du gouvernement est dicté essentiellement, selon elle, par des considérations politiques et ne repose aucunement sur un fondement juridique.
La professeure de Droit public a, d’autre part, estimé que les évènements politiques en Tunisie exigent de conférer au gouvernement proposé la légalité et la légitimité absolue, à travers un vote avec une majorité confortable, étant donné que c’est un gouvernement d’union nationale.
Lundi, le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur, a déclaré en conférence de presse que le chef du gouvernement désigné est, en principe, en mesure d’introduire des changements à la composition du nouveau cabinet ministériel.
De son côté, le député Habib Khedher (Ennahdha) et membre du bureau de l’ARP, a estimé, en se basant sur la Constitution, que la mission du chef du gouvernement désigné prend fin une fois la composition de son cabinet présentée au président de la République.
“La Constitution ne permet pas au chef du gouvernement désigné de changer la composition de son gouvernement une fois celle-ci remise au président de la République et par la suite au parlement”, a-t-il expliqué.

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