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“En se situant à 1,9% au cours de l’année 2017, la croissance économique a pratiquement doublé par rapport à 2016. Toutefois et en dépit de ce raffermissement, le rythme de la reprise de l’activité économique demeure faible, sept ans après la Révolution, au regard des défis du développement intégré, de la création d’emplois et de la maîtrise des équilibres macroéconomiques”, a indiqué Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans le rapport annuel de la Banque relatif à l’année 2017.

“Il importe, en revanche, de relever que la croissance gagne en qualité comparativement aux années passées, avec un repli de la contribution des services non marchands au profit des secteurs productifs, en particulier l’agriculture et la pêche, les industries manufacturières et les services marchands. Cette inflexion positive semble, du reste, se consolider depuis le début de l’année 2018 grâce à une saison touristique prometteuse et dont les indicateurs sont de nouveau au vert, une saison agricole satisfaisante et à la reprise des exportations des industries manufacturières. Elle est d’ailleurs corroborée par une reprise de la croissance économique au cours du premier trimestre 2018, enregistrant un taux de 2,5% en glissement annuel”, a-t-il déclaré.

El Abassi a toutefois indiqué qu’une telle reprise demeure fragile à cause des vulnérabilités persistantes liées, en particulier, au dérapage des déficits budgétaire et des paiements courants (6,1% et 10,2% du PIB respectivement en 2017), doublé d’une recrudescence des tensions inflationnistes (7,7% à fin mai 2018 contre 6,4% en 2017 et 4,2% en 2016), et dont les effets répressifs pénalisent la situation monétaire et financière du pays ainsi que sa capacité à mobiliser les ressources de financement nécessaires, aussi bien sur le marché local qu’au niveau des marchés extérieurs. Ces déséquilibres qui s’entretiennent mutuellement et qui prennent plus d’ampleur, d’année en année, continuent à affecter l’activité économique, dont le recul de la productivité globale des facteurs persiste, impactant davantage les ressources propres du budget de l’Etat.

“Pour sa part, le secteur extérieur continue à se dégrader en raison du manque d’offre exportable et d’un rythme effréné des importations. La baisse des réserves en devises, l’’accroissement de l’endettement extérieur (63,5% du Revenu national disponible brut en 2017), notamment public, en plus de la dépréciation accrue du dinar constituent, à cet égard, des conséquences inévitables de cette évolution. Face à cette situation, des résolutions adéquates à même de rompre avec cet enchaînement préjudiciable doivent être adoptées de manière urgente pour accompagner une relance de l’économie sur des bases saines. Tout report à ce niveau des réformes indispensables ne peut qu’aggraver la situation économique et rendre plus difficile la mise en œuvre d’un plan de redressement viable.”, a–il précisé.

Et d’ajouter qu’à cet effet, les différentes mesures fiscales prises dans le cadre des lois des Finances au titre des années 2017 et 2018, associées à une maîtrise des dépenses, contribueront à atténuer le déséquilibre budgétaire, même si elles ont été diversement perçues par les opérateurs économiques. Les incertitudes de ces opérateurs et des investisseurs potentiels gagneront à être levées par une meilleure visibilité fiscale pour améliorer le climat des affaires, affecté par ailleurs par une série de classements négatifs appliqués au pays, notamment en ce qui concerne notre dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, outre la dégradation de la note souveraine décidée par les agences de notation financière.

Selon ses déclarations, la politique monétaire a également été constamment sollicitée pour couvrir le besoin de liquidité des banques, besoins émanant aussi bien des opérateurs économiques que du Trésor Public, et intervenir activement sur le marché des changes pour financer les importations stratégiques, notamment l’énergie. Les secteurs exportateurs, en particulier ceux liés à l’industrie extractive n’ont pas, à cet égard, apporté la contribution souhaitée à la reconstitution des réserves de change.

Ainsi, les interventions massives de la BCT pour réguler la liquidité se sont, en fin de compte, traduites par un accroissement du refinancement accordé au système bancaire à un rythme accéléré, et une baisse des réserves en devises. La dépréciation du dinar qui en a découlé a, en conséquence, contribué à alimenter les tensions inflationnistes, lesquelles pourraient poursuivre leur tendance haussière au cours des prochains mois. Ainsi et selon les données statistiques disponibles et les indicateurs avancés de la BCT, l’inflation risque de se maintenir à un niveau élevé d’ici la fin de l’année en cours.

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L’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) a appelé à l’assainissement budgétaire, et ce à travers l’optimisation des dépenses courantes improductives (notamment celles consacrées à une fonction publique inefficace), le ciblage des subventions ainsi que la hausse des recettes par l’élargissement de l’assiette fiscale et non pas par le relèvement des taux, soulignant qu’il est clair que les dispositions de la LF 2018 montrent l’inefficacité du relèvement des taux pour améliorer les recettes fiscales.

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Ites a ajouté que l’assainissement budgétaire est la clé de voûte du processus permettant de renouer avec une trajectoire ascendante de croissance économique. “En fait, la structure du budget de l’Etat est biaisée. Le gonflement du budget de fonctionnement (61.5% du budget total en 2018) au détriment du budget d’équipement (seulement 16.2% en 2018) et le poids de la dette publique (22.1% en 2018) n’est nullement favorable à la résorption des déséquilibres macroéconomiques et la croissance économique”, a expliqué l’Ites.

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“La légère reprise économique enregistrée en 2017 est confirmée au premier trimestre 2018. Le taux de croissance du PIB (en glissement annuel) est de 2.5% et de 1% par rapport au trimestre précédent. Au niveau sectoriel, cette croissance est tirée par les industries manufacturières (+2.4%), l’agriculture et la pêche (+11.9%), les services marchands (+12.5%), l’agro-alimentaire (+16.7%), les industries mécaniques et électriques (+5.3%) et le textile (+0.2%)”, c’est ce qui ressort de la note de conjoncture de l’institut tunisien des études stratégiques (ITES).

Toutefois, la contribution des industries manufacturières est handicapée par le secteur du bâtiment et corollairement des matériaux de construction (-5.3%) suite à la baisse de la demande interne en raison notamment des dispositions de la LF 2018 qui a institué la TVA à 19% sur l’immobilier destiné aux particuliers. Le secteur de la promotion immobilière et corollairement le bâtiment connaît effectivement une crise sévère depuis quelques années. Cette crise se manifeste par la chute des ventes qui sont passées de 16000 unités en 2011 à moins de 9000 unités en 2017, la stagnation des prix du neuf (dans certaines zones il y a une légère baisse), l’augmentation du stock des unités invendues et le blocage des ventes depuis le début de l’année en raison du refus de l’administration fiscale d’autoriser la déduction de la TVA sur les stocks construits avant 2018. S’y ajoute l’augmentation des taux des créances classées des entreprises de promotion immobilière durant les cinq premier mois 2018. En effet, selon la note de l’ITES, les difficultés que connaît le secteur de la promotion immobilière s’explique principalement par l’augmentation du prix de l’immobilier (4,7% pour les loyers et 15,4% pour l’entretien et la réparation des logements), l’augmentation des taxes avec l’instauration d’une TVA de 13% sur les ventes destinées aux particuliers et la détérioration du pouvoir d’achat des acquéreurs en raison du rythme de croissance de l’IPC comparativement aux taux d’augmentation salariale depuis 2011 (un taux d’inflation global de 7,7% en mai 2018). Autre facteur non moins important, la baisse des capacités de financement en raison de l’augmentation du taux d’intérêt des crédits bancaires.

Au total, l’ensemble du secteur est engagé à + 4000 MD à l’égard du secteur bancaire. Ces difficultés ont amené la majorité des établissements de crédits à revoir leurs stratégies d’engagement dans le secteur. Ces stratégies se sont traduites essentiellement par un durcissement des conditions de financement, une sélectivité accrue des projets et une révision des quotités accordées. Ce qui renforce le risque de procyclicité qui pourrait conduire à l’aggravation de la situation des promoteurs immobiliers en particulier les plus fragiles d’entre eux.

La croissance économique est aussi pénalisée par la contribution du secteur minier à cause surtout de la baisse de la production du phosphate (-38% par rapport au premier trimestre 2017). De ce fait, la valeur ajoutée des industries chimiques s’est trouvée négativement affectée (-24%). Enfin, la baisse (de moitié par rapport à 2010) de la production de pétrole est une véritable perte sèche pour la croissance de l’économie nationale.
Le tourisme, avec un accroissement des flux, a concerné en particulier les Européens. Les ressortissants des pays du Maghreb gardent une tendance haussière quoique à un rythme moins accéléré pour les Algériens et les Libyens. Selon les données relatives aux « paiements extérieurs » publiées par la BCT, les recettes touristiques, au terme des cinq premiers mois de 2018, ont augmenté de +28.4% (en glissement annuel).

L’ITES a dans le même contexte noté que les perspectives de croissance pour le reste de l’année sont bonnes pour le tourisme et l’agriculture. Ces deux secteurs sont cependant volatils et leur contribution à la croissance n’est pas à l’abri d’un quelconque choc non anticipé. Autrement dit, la reprise pourrait s’avérer fragile. L’atteinte de l’objectif de croissance de 3% fixé par le gouvernement est dès lors difficile à atteindre, sans un soutien de l’investissement, le moteur essentiel de la croissance.

Ainsi, la croissance économique pour le reste de l’année est aussi tributaire de la reprise sans discontinuité de la production de phosphates et dérivés.
Le secteur du bâtiment et de l’immobilier fragilisé par les nouvelles mesures fiscales et la rigueur de la politique monétaire pourrait négativement impacter la croissance pour le reste de l’année.

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Lors d’un point de presse tenu mercredi 11 juillet 2018 à Tunis, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouan Abassi a indiqué que le taux de croissance de la Tunisie serait de 3% au cours du deuxième trimestre de cette année, soulignant que le plus important est que cette croissance se base essentiellement sur l’amélioration des activités productives, ainsi que sur le secteur touristique et la relance des activités extractives, notamment, le phosphate.

Il a en outre indiqué que l’approbation du FMI de verser à la Tunisie, la 4ème tranche du programme des prêts relatifs aux réformes économiques, le gouverneur a estimé que le montant de la tranche en lui-même n’est pas important (250 millions de dollars), mais il représente un message rassurant pour les autres bailleurs de fonds et investisseurs sur le rétablissement en cours de l’état de l’économie du pays.

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Moody’s prévoit une croissance de 2,8% en 2018 et de 3% en 2019, contre 1,9% en 2017 et une hausse du taux d’endettement à 73% en 2019, en Tunisie.
Le taux d’endettement public en Tunisie atteindra 72% du PIB en 2018 et 73% en 2019, sous l’effet d’une dépréciation constante de la monnaie, de déficits primaires persistants et d’un fardeau croissant des taux d’intérêt, a indiqué l’agence de notation dans un rapport d’analyse et de mise à jour des marchés, publié cette semaine. Dans ce rapport, intitulé “Gouvernement de la Tunisie – B2 Stable, analyse annuelle du crédit” et disponible sur www.moodys.com, Moody’s a indiqué que les problèmes de crédit de la Tunisie incluent la détérioration structurelle de sa solidité fiscale, la flexibilité budgétaire limitée et la détérioration de la dynamique des comptes courants.

La vice-présidente de Moody’s et auteure du rapport, Elisa Parisi-Capone, a rappelé que le taux d’endettement de la Tunisie a fortement augmenté pour atteindre près de 70% du PIB à la fin de 2017 et les fortes pressions sur les dépenses du secteur public limitent sa flexibilité budgétaire”, indiquant que l’agence de notation a “assisté à des retards dans la mise en œuvre des réformes du FMI“.
Le rapport, rappelle, ainsi, que les déficits budgétaires élevés de la Tunisie ont été parmi les principaux contributeurs à l’augmentation de la dette publique, qui a atteint 69,9% du PIB en 2017 contre 50,8% en 2014. La dynamique des taux de change a également contribué à plus de 68% de la dette publique tunisienne libellée en monnaie étrangère.

La relance du secteur touristique aidée par la levée des restrictions des agences de voyages va avoir un impact sur l’économie et sur le système bancaire, car plusieurs crédits “non performants” accordés, notamment, au secteur public, sont étroitement liés au tourisme“, lit-on dans le rapport de Moody’s.
Le maintien de la perspective stable de la notation souveraine de la Tunisie reflète la confiance de Moody’s dans la capacité du pays à continuer ses démarches pour mener les réformes proposées par le FMI.
Moody’s estime, cependant, qu’une pression négative sur la notation suivrait d’autres retards dans la mise en œuvre du programme de réforme économique du FMI, qui a eu un impact sur l’accès de la Tunisie à des sources de financement officielles et qui a retourné l’appétit du marché à la baisse.

 

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La Banque mondiale a annoncé jeudi 28 juin 2018 un nouveau financement de 500 millions de dollars pour appuyer un important train de réformes en Tunisie, dans le but de stimuler l’investissement privé et la création de débouchés pour les petites entreprises et, parallèlement, de protéger les ménages vulnérables et renforcer la sécurité énergétique. Cette opération soutiendra des mesures concrètes pour simplifier les procédures d’importation et d’exportation, ouvrir des secteurs pour l’investissement, faciliter l’accès des petites entreprises au crédit et aux marchés publics, garantir une couverture sociale aux plus pauvres, renforcer le capital humain et bâtir un secteur de l’énergie plus durable et plus vert.

Le prêt à l’appui des politiques de développement pour l’investissement, la compétitivité et l’inclusion veut soutenir la réalisation des grands objectifs fixés dans le plan quinquennal de développement 2016-20 du pays. Cette opération comporte trois volets, dont le premier vise à appliquer la nouvelle loi sur l’investissement. Il s’agira entre autres de supprimer 27 des 127 formalités douanières en vigueur, les autres devant être informatisées pour rendre le processus plus prévisible et efficace. Comme le veut la loi, les marchés publics seront eux aussi informatisés pour simplifier la réponse à un appel d’offres et réaliser ainsi l’objectif qui prévoit d’attribuer 20 % des marchés publics aux petites entreprises.

« L’informatisation des formalités douanières limitera les risques de corruption et enverra un signal fort aux investisseurs, leur montrant que la Tunisie est prête à faire des affaires, explique Zied Ladhari, ministre du Développement et de la Coopération internationale. En plus de créer des opportunités pour les petites entreprises qui sont, nous le savons, une source cruciale d’emplois, nous voulons leur donner véritablement accès au crédit en appliquant la loi sur les garanties incluant les biens meubles. Au lieu de gager un actif immobilier, comme un bâtiment ou un terrain, pour emprunter, elles pourront par exemple apporter leurs stocks en garantie, sachant qu’il s’agit généralement du seul type d’actifs que possèdent les entreprises détenues par des jeunes ou des femmes. »

Le deuxième volet s’attachera à améliorer le ciblage et l’impact des filets de protection sociale et à étendre l’accès au microcrédit. Mieux ciblés, les programmes sociaux bénéficieront vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. Mais ils faciliteront également l’application de la loi prévoyant une hausse des indemnités. Le nouveau financement devrait par ailleurs resserrer le lien entre les programmes sociaux et l’amélioration des performances en matière de santé et d’éducation. Le plafond pour les microcrédits passera de 20 000 à 40 000 dinars tunisiens, afin d’accroître le nombre de demandeurs potentiels, qu’il s’agisse de soutenir des activités rémunératrices au profit des populations les plus marginalisées ou des start-up lancées par des jeunes au chômage ou de nouveaux diplômés du supérieur. Ce faisant, le volume des microcrédits augmentera de 731 millions de dinars actuellement à 1,17 milliard, dont 600 millions destinés aux femmes.

« Des filets de protection sociale bien conçus joueront un rôle central dans l’engagement du gouvernement à ne laisser personne sur le bord du chemin, souligne Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte. En plus de protéger les plus vulnérables contre les chocs ponctuels qui peuvent accompagner les réformes, ces filets sont un moyen de lutte contre la pauvreté intergénérationnelle, en incitant les familles à scolariser durablement leurs enfants et en favorisant une alimentation et une santé de qualité. Les microcrédits sont particulièrement vitaux pour les habitants des régions moins avancées, qui ont moins de possibilités d’accéder à des financements. »

Le troisième volet vise à soutenir la réforme du secteur de l’énergie, pour le rendre financièrement viable et installer les conditions permettant d’atteindre l’objectif de 30 % de la production d’électricité assurée par des sources renouvelables d’ici 2030. Une étape cruciale consistera à supprimer les subventions à l’énergie, qui pèsent excessivement lourd dans le budget national et profitent surtout aux riches, qui consomment plus d’énergie que les pauvres. Cela permettra également de rediriger de précieuses ressources publiques vers les filets de protection sociale. La hausse des tarifs, tout aussi importante, parallèlement à l’introduction de réformes pour améliorer l’efficacité du secteur, permettra aux compagnies d’électricité de récupérer l’intégralité des coûts de production. Enfin, cela enverra un signal décisif aux investisseurs tout en permettant de lever les fonds nécessaires pour financer la transition vers les énergies vertes.

Selon les deux co-responsables du projet à la Banque mondiale, Abdoulaye Sy, économiste senior, et Fadwa Bennani, spécialiste senior du secteur financier, l’augmentation des prix du pétrole va ajouter de nouvelles pressions sur le budget du pays, rendant la résolution du problème des subventions à l’énergie plus urgente que jamais. Et de souligner également que le développement des énergies renouvelables réduira la dépendance aux combustibles fossiles importés et renforcera la sécurité énergétique, sachant que, d’après l’expérience d’autres pays, des réformes adaptées pourraient attirer environ 300 millions d’investissements privés dans les énergies solaires au cours des quatre prochaines années.

Communiqué

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A l’image de son chef, Youssef Chahed, le porte-parole du gouvernement, Iyed Dahmani, a été très offensif ce mardi 26 juin 2018, sur Express FM et bigrement confiant ! Au sujet des attaques contre le gouvernement, notamment par l’UGTT, au motif que l’équipe de Chahed aurait échoué, Dahmani a brandi des chiffres : «Je vous invite à comparer les chiffres entre 2016 et 2018, la croissance a progressé de 2%, et le taux de chômage a chuté ; on ne peut évaluer le rendement d’un gouvernement que par les chiffres», a-t-il asséné

Il a par ailleurs balayé les bruits sur la crise au sein du gouvernement : «L’équipe gouvernementale travaille en parfaite harmonie, il n’y a pas de crise dans le gouvernement, même si le pays traverse une crise politique. Il y a eu une tentative de sabotage de notre action, mais elle a échoué», a déclaré le porte-parole du gouvernement. Il a ajouté : «Dans les sondages d’opinions, Youssef Chahed figure au premier rang, il est populaire, donc les citoyens sont d’accord avec les orientations du gouvernement».

Enfin il a fait savoir que le chef du gouvernement est actuellement en train de passer à la loupe le rendement de ses ministres pour pouvoir apporter les correctifs qui s’imposent…

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L’équipe de recherche de Ecobank prévoit une amélioration continue des perspectives économiques de l’Afrique de l’Est dans la section dédiée à cette région qui vient d’être mise en ligne sur son site Web financier, AfricaFICC (https://ecobank.com/AfricaFICC). L’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda sont des moteurs économiques de la région et connaissent une période de croissance économique importante – on estime que leur produit intérieur va afficher une croissance comprise entre 5,2 % et 8,5 % cette année – stimulée par les réformes adoptées et l’essor du prix des matières premières qui a augmenté les revenus d’exportation.

La plupart des pays de la région tirent leurs revenus d’exportation de l’agriculture et des matières premières, mais les perspectives économiques sont bonnes. Les effets de la diversification des exportations, la modernisation des infrastructures, l’industrialisation, la découverte de nouveaux gisements pétroliers importants et le potentiel de croissance des services commerciaux devraient considérablement booster les économies régionales.

L’Afrique de l’Est est un centre de commerce anglophone bien intégré, mais la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) pourrait permettre à l’ensemble du continent africain d’exploiter son énorme potentiel de croissance. Une coopération et une intégration économiques de plus en plus renforcées créeront le socle à partir duquel le continent pourra développer sa compétitivité au niveau mondial.

Samuel Adjei, directeur général de Ecobank Kenya et directeur exécutif de la région CESA (Afrique centrale, de l’Est et australe) chez Ecobank, a précisé : « Les nations est-africaines devraient connaître une croissance économique continue et soutenue, portée par la hausse des prix des matières premières et la perspective d’une production pétrolière élevée. La région est un leader mondial des fintech, comme le montre le succès des services bancaires sur mobile. Le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda sont des centres régionaux pour les services commerciaux internationaux ».

Dr. Edward George, directeur de la recherche du groupe Ecobank, a souligné : « Les pays d’Afrique de l’Est, dont la plupart sont membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), constituent l’une des régions commerciales et économiques les plus dynamiques d’Afrique. L’Afrique de l’Est est un grand exportateur de thé, de café, de fleurs coupées et de minerais à l’international. La région est un centre des finances, de logistique et de services et possède l’un des flux de commerce intra-régionaux les plus diversifiés d’Afrique. Les consommateurs de pays comme le Kenya réalisent des transactions sur mobile depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, des pôles technologiques est-africains, à Nairobi, Kigali et Kampala, ont un rôle de leader dans les innovations visant à relever les défis auxquels sont confrontés les Africains depuis longtemps. C’est une période passionnante pour l’Afrique de l’Est ».

Autres conclusions de recherche importantes sur la région d’Afrique de l’Est :

  • Le Kenya, avec ses exportations de matières premières diversifiées, dont le thé, les produits horticoles et le café, a débuté la production de pétrole brut. Mais, comme le pays ne possède pas d’oléoduc, le pétrole doit être acheminé par camion vers la côte. Le Kenya et l’Ouganda ont proposé la construction d’un oléoduc mais, tant qu’il n’aura pas été décidé quel oléoduc sera construit le premier, la production pétrolière kényane sera freinée.
  • L’Éthiopie bénéficie d’investissements étrangers directs importants dans les infrastructures et les projets industriels. Ses exportations de café et d’or ont profité de la hausse du prix des matières premières, même si l’augmentation du cours du pétrole pourrait entraver son économie, dépendante des importations de produits pétroliers.
  • Les transports, la construction, les minerais, le tourisme et les services commerciaux sont les moteurs de la forte croissance économique de la Tanzanie, qui modernise ses infrastructures et poursuit son industrialisation.
  • L’Ouganda a diversifié ses exportations agricoles, dont le premier produit est le café (c’est le premier exportateur de robusta d’Afrique). Le pays prévoit de débuter l’exportation de pétrole brut en 2019 et son secteur des services, qui représente 52 % de son PIB, continue d’afficher une forte croissance, portée par l’émergence d’un secteur d’innovation technologique.
  • Le secteur agricole rwandais profite de l’amélioration des conditions météorologiques et l’augmentation des prix des matières premières stimule ses exportations de minerais. Le soutien que le gouvernement apporte à l’innovation vise à faire du Rwanda le pays de choix des innovateurs en Afrique.
  • La fragilité de la situation politique au Burundi – qui a conduit à la suspension de l’aide apportée par les bailleurs de fonds – a affaibli son économie qui dépend en grande partie de l’agriculture et des minerais.
  • La guerre civile au Sud Soudan a fortement entravé la croissance économique et le développement des infrastructures des transports et des services publics du pays. Les réserves pétrolières importantes, les terres fertiles avec d’abondantes ressources d’eau et l’essor de la population pourraient permettre une forte croissance à l’avenir.

Le site Web de Ecobank, Taux, Devises et Matières premières en Afrique (FICC) – https://ecobank.com/AfricaFICC – fournit des informations essentielles aux entreprises et aux investisseurs sur les économies des pays d’Afrique subsaharienne et les principaux secteurs d’activité. Le site Web propose une analyse pays par pays, avec des perspectives économiques générales (https://goo.gl/SEFBZP), des informations sur les activités de change, les revenus fixes et les secteurs bancaires (https://goo.gl/R9k9o3). Il donne également une vue d’ensemble des secteurs de l’énergie (https://goo.gl/3Cx3CS) et des matières premières agricoles (https://goo.gl/ooSxBs), ainsi que des principaux flux de commerce (https://goo.gl/EQmcmD).

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Si les banques augmentaient le nombre de prêts octroyés aux femmes entrepreneurs de Tunisie, elles pourraient accroître considérablement leurs bénéfices, tout en stimulant la croissance économique à travers le pays, selon un nouveau rapport de la Société financière internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale.

Publié mercredi 20 juin 2018, le rapport révèle que bien qu’elles possèdent environ un cinquième des entreprises tunisiennes, les femmes entrepreneurs rencontrent toujours des difficultés à obtenir des financements. Elles représentent pourtant un important marché pour les prêteurs, car les petites entreprises appartenant aux femmes font face à un écart de crédit combiné de 595 millions de dollars. L’étude précise également que si plus de femmes avaient accès au crédit, elles pourraient davantage développer leurs entreprises et créer des emplois.

Les femmes entrepreneurs sont en train de changer le paysage de l’économie mondiale, tout en créant des emplois durables et en stimulant la croissance économique“, a déclaré Georges Joseph Ghorra, le Représentant résident de la SFI, en Tunisie.
Au niveau national, étendre les services financiers à ces femmes permettra de créer la croissance et les emplois dont les entreprises ont tant besoin. Pour les banques, développer les services bancaires au profit des femmes a un intérêt commercial : les entreprises gérées par des femmes constituent un large marché, encore inexploité, et qui pourrait devenir un véritable moteur de rentabilité“.

Les Tunisiennes payées en moyenne 15% de moins que leurs collègues mecs

Toujours selon le rapport, alors que la Tunisie est l’un de pays les plus progressistes en matière de droits des femmes dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), ces avancées ne se traduisent pas forcément en opportunités économiques. En effet, les femmes ne représentent qu’un tiers de la population active et sont payées en moyenne 15% de moins que leurs collègues masculins.
Sur l’ensemble de la région MENA, la demande de financement pour les entreprises appartenant à des femmes, grandes ou petites, s’élève à 73 milliards de dollars par an. Si davantage de femmes avaient accès au crédit, cela conduirait à un meilleur respect de la parité et à plus d’égalité des genres dans ces pays.

Outre ces constats, le rapport souligne également que les femmes restent fidèles à leur banque tant qu’elles y reçoivent un service satisfaisant, et sont plus ouvertes aux autres produits que les hommes. Les femmes épargnent davantage que les hommes en tant que clients particuliers ou professionnels, et leurs dépôts augmentent à un rythme plus élevé.
En outre, les PME dirigées par des femmes ont une meilleure performance que celles dirigées par des hommes, et en termes de remboursement de prêt, les femmes sont tout aussi bons payeurs, voire meilleurs que leurs homologues masculins.
Le rapport fait partie d’un effort plus large de la SFI qui vise à soutenir les femmes entrepreneurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Un élément central de cette initiative est le programme “Banking on Women” qui, grâce au réseau de 29 banques partenaires à travers le monde, soutient l’accès au financement des femmes.

TAP

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Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie. Il assure que la croissance devrait atteindre 2,4 % en 2018 grâce aux bonnes récoltes et à l’embellie du secteur manufacturier et du tourisme. Le taux de chômage reste élevé, à 15 %, et touche en particulier les jeunes, les femmes et la population des régions intérieures.

Toujours selon le FMI, l’inflation a accéléré, s’établissant à un taux annualisé de 7,1 % en février 2018, en raison de la dépréciation du dinar (dépréciation réelle de 10 % en 2017), des augmentations de salaire dans les secteurs public et privé, et de la hausse des prix réglementés.

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Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rencontré lundi 11 juin 2018 le président du Rwanda et président de l’Union africaine, Paul Kagame, à la suite du Sommet du G7 de Charlevoix.

Le Premier ministre Trudeau a remercié le président Kagame d’avoir pris part au G7 et les deux dirigeants ont discuté de leurs priorités communes, dont l’autonomisation des femmes, l’égalité des sexes et la protection environnementale.

Le Premier ministre et le président ont discuté de la relation bilatérale et ont réitéré leur engagement à l’approfondir.

Le Premier ministre Trudeau a félicité le président Kagame pour sa présidence de l’Union africaine et a parlé de l’engagement croissant du Canada envers l’Afrique, notamment à l’appui de la croissance économique.

Le Premier ministre a félicité le président de la sélection du Rwanda à titre d’hôte de la Réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth en 2020 et lui a indiqué qu’il était impatient de poursuivre leur collaboration solide pour en assurer le succès.

Les deux dirigeants ont aussi parlé de la Francophonie et de son rôle dans le rayonnement de la langue française et de la culture française. Le Premier ministre a réitéré son ferme soutien à l’égard de la réélection de Michaëlle Jean à titre de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

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L’Algérie reste confrontée à de graves difficultés économiques qui plombent sa croissance a estimé le FMI dans une nouvelle évaluation de la situation. A l’issue de son conseil d’administration, le 1er juin 2018, le Fonds a insisté de nouveau sur l’urgence d’accélérer les réformes et surtout à éviter le recours à la planche à billets que privilégient les autorités.
Dans sa dernière évaluation de la situation économique, le fonds a relevé la persistance des défis importants notamment des déficits budgétaires et courants élevés malgré un assainissement considérable des finances publiques en 2017.
Le tableau dressé par le FMI est des moins reluisant avec une croissance du PIB réel qui a fortement ralenti, un taux de chômage qui s’est hissé à 11,7 % en septembre 2017, contre 10,5 % un an plus tôt, alors que le taux d’inflation moyen s’est établi à 5,6 % en 2017 contre 6,4% une année plutôt, selon La Tribune Afrique.

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La croissance de l’économie mondiale s’affermit, à la faveur du redressement des échanges, de la progression de l’investissement et du dynamisme des créations d’emplois, sur fond de politiques monétaires très accommodantes et d’assouplissement budgétaire, selon la dernière édition des Perspectives économiques de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques).
Le rythme de l’expansion mondiale sur la période 2018/2019 devrait avoisiner les 4 %, soit un niveau proche de la moyenne à long terme, toutefois, l’OCDE a souligné que d’importants risques liés aux tensions commerciales, aux vulnérabilités relevées sur les marchés financiers et à la hausse des prix du pétrole assombrissent fortement l’horizon.
La faiblesse des taux d’intérêt, même s’ils augmenteront progressivement, conjuguée à l’assouplissement budgétaire dans de nombreux pays, continueront d’étayer l’expansion, qui s’accompagnera de hausses modérées des salaires aussi bien que de l’inflation.
Dans la zone OCDE, le chômage devrait chuter pour atteindre les niveaux les plus bas jamais observés depuis 1980, mais des mesures supplémentaires pourraient être prises pour ramener davantage de personnes sur le marché du travail.

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L’Europe continue d’enregistrer une croissance vigoureuse. L’activité s’est affermie dans bon nombre de pays, et cette tendance devrait se poursuivre. Le PIB réel a progressé de 2,8% 2017, après avoir augmenté de 1,8% en 2016, selon le rapport du FMI “Perspectives économiques régionales” (mai 2018).
Cette expansion s’explique dans une large mesure par la demande intérieure. La croissance du crédit s’est finalement accélérée, ce qui aide les banques européennes à rétablir leur rentabilité. Si les indicateurs avancés ont commencé récemment à baisser, ils demeurent à des niveaux élevés. En conséquence, il est prévu que la croissance restera vigoureuse, pour atteindre 2,6 % en 2018 avant de fléchir à 2,2 % en 2019. Cependant, sur fond de ces bons résultats, les efforts d’ajustement budgétaire et de réformes structurelles faiblissent.

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Dans une interview accordée à Africanmanager, l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a évoqué la prochaine sortie de la Tunisie sur le marché financier international pour lever 1 milliard de dollars. Il a fait remarquer que cette sortie a trop tardé, alors que les débuts d’année sont toujours plus favorables sur les marchés.

Il a ajouté que les nuages et les incertitudes qui ont augmenté sur le ciel de notre économie font que les conditions seront certainement assez coûteuses. “L’incertitude politique, l’accroissement du prix du baril et ses effets sur notre économie, les résultats économiques modestes et les retards dans les réformes que ne cessent de souligner le FMI et les autres institutions internationales vont peser lourdement sur cette sortie et sur le coût du prêt“, a-t-il dit.

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Le député à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) Fadhel ben Omrane a mis en garde contre les statistiques de l’Institut National des Statistiques (INS) sur la pauvreté. “Il faut vérifier les chiffres (…), à l’ARP on s’est mis d’accord pour ne pas prendre en compte les chiffres et les indices publiés par l’INS (…). Ils sont en train de nous enduire en erreur“, a indiqué l’élu, avant d’ajouter qu’il avait envoyé une correspondance au chef du gouvernement sur cette question, mais aucune réponse ne leur est parvenue jusqu’ici. “Ma correspondance a été jetée à la poubelle“, a-t-il dit.

Il a démenti l’étude de l’INS selon laquelle Sousse se classe troisième gouvernorat le plus pauvre après Kasserine et Kairouan, qualifiant cela de faux et illogique.
Ce n’est pas la première fois que Ben Omrane s’en prend aux données publiées par l’INS, en janvier 2017 il avait porté une attaque contre l’institution, pour les mêmes griefs contre les statistiques sur la pauvreté. Le ministre du Développement de l’époque, Fadhel Abdelkefi, avait été obligé de monter au front, au Parlement, pour défendre le travail de l’organisme.

Ben Omrane a d’autre part évoqué le taux de croissance de 2,5% annoncé par le gouvernement durant le premier trimestre de cette année. “Cette croissance a été faite grâce à Dieu et n’est pas du aux efforts du gouvernement“, a-t-il précisé.

Il a dans un autre contexte exprimé son opposition à la nouvelle taxe imposée aux promoteurs immobiliers. “Pourquoi cette taxe ? L’immobilier ne va plus et c’est pour cela que rien ne va dans le pays (…). Aujourd’hui c’est un autre secteur sinistré qui s’ajoute à la liste : c’est le bâtiment“, a-t-il indiqué…

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Selon les instituts de statistiques des pays du sud de l’Europe, les taux de croissance des produits intérieurs bruts (PIB) de la plupart des pays sont en hausse. En France, l’Insee vient de relever la progression pour 2017 de 2 à 2,2% (1,2% en 2016). L’Espagne affiche +3% (3,3% en 2016) et son voisin le Portugal 2,7% (1,5% en 2016), chiffre le plus élevé depuis dix ans. Après avoir perdu 25% de son PIB depuis la crise de 2008, la Grèce reprend des couleurs avec un taux de croissance de 1,4% (-0,2% en 2016). L’Italie arrive en queue de peloton avec seulement 1,5 % (1,2% en 2016) de taux de croissance.
Les meilleures performances reviennent à Chypre à +3,9% (3,4% en 2016), la Croatie à 2,8% (3,2% en 2016) et surtout Malte, qui profite de sa position de paradis fiscal pour afficher 6,6% de taux de croissance (5,5% en 2016), selon Econstrum.

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Dans une interview accordée à Africanmager, l’expert en économie Ezzedine Saidane a déclaré que “l’Accord de Carthage 2” est une perte de temps, qu’il en a pris plus qu’il ne faut pour aboutir à un document qui ne vaut rien du tout. “Cet accord est un mélange de mesures, de mesurettes et de réformes, marqué par une absence totale de démarche, de compréhension et de l’évaluation de l’état des lieux de la situation économique et financière du pays. Lister des mesures de cette façon prouve une mauvaise compréhension de l’urgence de la situation. Le pire c’est qu’on n’en a pas encore fini puisque ce document va être encore soumis à des sous-commissions“, a-t-il précisé.

Il a en outre indiqué qu’en parallèle de ce qui se passe avec le Document de Carthage 2, les indicateurs économiques, sans exception, continuent de se détériorer, considérant cela comme une forme d’inconscience volontaire ou involontaire face à la gravité de la situation : “Chaque partie à son agenda caché alors que le pays nécessite une véritable opération de sauvetage et d’arrêt de l’hémorragie“, a alerté l’expert en économie.

Le sauvetage est encore possible

Cela fait des années qu’on dit que le sauvetage est encore possible mais sous certaines conditions“, a soutenu Saidane, faisant toutefois remarquer que normalement les propositions de solutions devraient provenir de celui qui a le pouvoir, qui n’est autre que le gouvernement, qui est totalement absent du Document de Carthage, selon ses dires.

Outre cette problématique, l’économiste a reproché à l’équipe de Yousseg Chahed de travailler sur les grandes réformes sans coordination avec la commission qui se charge de la question  : “Chaque partie, comme l’UGTT ou encore l’UTICA, déclare avoir son propre programme de réformes, sans aucune coordination entre elles“, a-t-il dit.

Interrogé sur les solutions, Saidane a suggéré une évaluation réelle de la situation économique et financière du pays signée par les parties prenantes du Document de Carthage 2 et la mise en place d’un programme de réformes structurelles dont le principal objectif est d’arrêter l’hémorragie et faire sortir l’économie tunisienne du trou dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. “Ce plan d’ajustement structurel“, ajoute-t-il, nécessite entre 18 et 24 mois pour son implémentation.

Une fois ce programme de réformes structurelles finalisé, nous devons, selon Saidane, engager les réformes profondes qui nécessitent une clarification de la perception politique : “Il y a une crise de gouvernance très claire en Tunisie et on est appelé plus que jamais à reconnaître la gravité de la situation économique et financière“, a-t-il dit.

9,5 milliards de dinars de crédits nouveaux

Il a sous un autre angle indiqué que les réserves de change de la Tunisie se situent actuellement aux alentours de 73 jours d’importation. “Or, par rapport à la norme internationale, quand un pays descend en-dessous de 90 jours d’importation, il lui devient très difficile d’emprunter sur le marché financier international, surtout que la Tunisie est appelée à mobiliser dans le cadre du budget 2018 quelque 9,5 milliards de dinars de crédits nouveaux, et c’est ça le problème“, a précisé Saidane, faisant remarquer que si la Tunisie n’arrive pas à emprunter et que les réserves de change continuent de baisser, elle pourrait se retrouver dans une situation de rééchelonnement de sa dette extérieure, et ça serait dommage car ce serait la fin d’une histoire très glorieuse pour la Tunisie en matière de remboursement de sa dette extérieure. “La Tunisie n’a jamais fait de faux bond jusque-là et n’a jamais payé en retard sa dette extérieure. C’est un acquis énorme qui va être perdu et c’est dommage pour nous“, a-t-il dit.

Le FMI demain en Tunisie !

Sur un autre volet, l’expert en économie nous a rappelé qu’une délégation du FMI viendra demain, jeudi 17 mai 2018 en Tunisie et que cette institution financière n’est pas une banque mais plutôt un préteur de dernier recours. “On y a recours lorsqu’on ne peut pas emprunter sur le marché financier international. Le FMI emprunte pour aider les pays en question à sortir de leur situation, et c’est pour cela qu’il y a toujours un programme et des engagements à respecter sinon il n y aura pas de déblocage“a-t-il expliqué, faisant savoir que le gouvernement n’est pas encore sorti sur le marché financier international alors que l’ARP l’a autorisé à le faire : “La Tunisie aurait dû sortir sur le marché financier international pendant la deuxième moitié du mois de mars pour emprunter 1 milliard de dollars, mais avec les ratios actuels, les indicateurs économiques et financiers et la dernière notation de Moodys, cela comporte un risque important dans le sens où la Tunisie sait qu’il ne lui sera pas possible de trouver le montant demandé, ou que même si elle trouve tout le montant ou une partie, cela se ferra à des taux d’intérêts exorbitants“.

La décision souveraine menacée

Évoquant l’endettement, Saidane a déclaré que l’endettement impacte directement la souveraineté du pays. “Quand on est surendetté, qu’on est sous le contrôle du FMI, et si on arrivait à l’étape du rééchelonnement de la dette, une partie de la décision souveraine de la Tunisie ne serait plus dans ses mains mais plutôt dans celles de la partie qui la finance”, a-t-il affirmé.

Il a d’autre part indiqué que les positions de l’UGTT à l’égard des manifestations et des mouvements de protestation et le refus de faire des alliances a un impact très négatif sur la situation économique et financière du pays, appelant ainsi à respecter cette première étape d’évaluation réelle de la situation financière. “Si ce n’est pas fait, on va vivre de grandes contradictions où chaque partie parle d’une évaluation et d’un diagnostic propre à elle (…). Je ne pense pas que l’UGTT soit moins patriote et moins nationaliste que les autres parties. C’est une question de vrai débat pour passer aux réformes indispensables“, a ajouté Saidane.

Au sujet de la situation économique générale du pays, Saidane a dressé un tableau sombre : “La situation ne s’améliore pas encore et les indicateurs continuent de se dégrader (…). Du coup, une opération de sauvetage qui dépend d’un plan d’ajustement structurel devient d’une importance extrême pour éviter à l’économie tunisienne un étouffement financier extérieur“, dixit Saidane.

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La valeur ajoutée des secteurs des industries non manufacturières a diminué de 5,3% durant le premier trimestre de cette année, et ce par rapport à la même période de l’année 2017? Ce repli est expliqué par la baisse de la production du secteur extraction de pétrole et de gaz naturel de 2,4%. C’est ce qui a été indiqué dans un document du ministère du développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale.

Selon le même document, la valeur ajoutée du secteur des mines a aussi marqué une grande chute de 37,9% contre une augmentation de 21,3% enregistrée au cours du premier trimestre de l’année 2017.

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Au premier trimestre de 2018, la valeur ajoutée du secteur de l’agriculture et de la pêche a enregistré une augmentation importante de 11,9%. Cette performance du secteur agricole en 2018 est liée principalement à une augmentation exceptionnelle de la production oléicole. Ce sont les chiffres dévoilés par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale.

Durant cette même période, le secteur des services marchands a enregistré une croissance de 3,3% par rapport à la même période de 2017. Cette augmentation est expliquée par le dynamisme de tous les secteurs, tels que le secteur des services d’hôtellerie et de restauration, le secteur des services financiers et le secteur des services de transport qui ont augmenté successivement de 9,2%, de 6,4% et de 3%.

D’autre part, une croissance de 0,2% du secteur des services non marchands a été enregistrée durant le premier trimestre de cette année.

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