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L’économie tunisienne, sous le gouvernement d’union nationale, finit l’année 2017 avec une croissance de 1,9 %. Elle fait ainsi mieux de 0,9 points que 2016. A la manière du verre vide versus verre plein, il y a deux manières de lire ce chiffre. Mais il y a aussi des évidences.

Pour le verre plein, il est indéniable que le, ou devrions-nous dire les gouvernements Youssef Chahed ont fait mieux que celui de son prédécesseur, Habib Essid. On pourrait même être un peu plus indulgent avec Youssef Chahed, et dire qu’il a réussi son pari de faire repartir la croissance.

Pour le verre vide, on pourrait dire qu’il n’a pas réalisé ses prévisions. Et si on voulait l’enfoncer un peu plus, on pourrait dire aussi qu’il n’a pas tenu parole et n’a pas encore su trouver la recette d’une croissance beaucoup plus vigoureuse. Les prévisions, comme les promesses, n’engagent que ceux qui les font, qui sont généralement aussi ceux qui y croient le plus. Youssef Chahed, qui prévoyait 2,5 %, n’est pas le seul dans ce cas. La Banque Mondiale prévoyait pour la Tunisie une croissance de 2,3 %. Les deux étaient, manifestement, plus optimistes que l’immobilisme tunisien, de toutes les parties, avec toujours aucun rebond, ni dans la production, ni dans la productivité, ni dans la création de richesses et de plus-value. Mais revenons à nos moutons (de panurge, dirons-nous) et décryptons froidement cette croissance de 1,9 %.

«Les origines de la croissance, on peut les étudier, d’abord au niveau de la contribution des forces de la demande à la croissance», dit le professeur universitaire et économiste Fethi Nouri. Ce dernier constate que «les secteurs introvertis, destinés au marché intérieur, ont contribué avec près de 1%. Quant aux secteurs extravertis qui sont destinés à l’extérieur, ils ont contribué à hauteur de 0,9%. Les activités non marchandes ont contribué, de leur côté, avec 0,3%. Par contre, les secteurs agricole et extractif ont freiné la croissance de -0,2%».

Et Fethi Nouri, qui parlait à Africanmanager, de continuer : «au niveau sectoriel, les secteurs suivants ont contribué respectivement : +1,6% pour le secteur des services, +0,4% pour les activités marchandes, une croissance vite absorbée pour le même taux par l’industrie non manufacturière. Le reste des secteurs ont apporté le reste de la croissance».

Le professeur Nouri estime donc que c’est là «une croissante lente et atone, qui peine à sortir de la trappe des faibles croissances entre 1 et 2%. C’est donc une croissance qui ne résout pas les problèmes et essentiellement ceux du chômage et des déséquilibres macro-économiques globaux. Une croissance, qui ne procure pas suffisamment des recettes fiscales, ce qui explique que nos recettes propres stagnent à un niveau inférieur à 75%. C’est une croissance qui n’a pas su profiter de la déprécation du taux de change du dinar tunisien pour booster l’exportation». Une croissance atone aussi non créatrice d’emplois, l’autre grand défi de tout gouvernement. En 2017, comme l’a indiqué l’INS, la morosité économique a quand même pu créer 10.400 nouveaux chômeurs et augmenté, même de peu, le taux de chômage qui passait de 15,3 % en 2016 à 15,5 % à la fin de l’exercice 2017.

Il faut dire aussi que la productivité tarde à revenir à son niveau antérieur pour accompagner la croissance et atteindre un seuil meilleur. Force est aussi de remarquer que cette croissance est lestée par un contexte social, très tendu, lequel représente un véritable frein qui empêche d’atteindre le rythme souhaité pour venir à bout des problèmes majeurs de l’économie tunisienne. Mais il y a aussi les reformes qui tardent à se mettre en place, à cause notamment des goulots d’étranglement administratifs.

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L’économiste et ancien ministre du Développement et de l’Investissement, Fadhel Abdelkefi, a estimé que sur le plan économique, « la Tunisie pourrait aller très loin et devenir un vrai dragon économique africain ».

Abdelkefi intervenait dans le cadre d’un forum économique organisé par l’Université Tunis Carthage à la Soukra au cours duquel il a émis un certain nombre de solutions afin de permettre à la situation économique délicate que traverse la Tunisie de se redresser.

Pour mieux comprendre les facteurs ayant conduit à la conjoncture actuelle, Fadhel Abdelkefi a rappelé qu’avant 2011, la Tunisie enregistrait un taux d’inflation ne dépassant pas 3%, un déficit budgétaire de 1%, une croissance moyenne annuelle entre 4 et 5%, outre un pactole de 3,5 milliards de dinars placé à la Banque Centrale pour le compte du Trésor public suite à la cession de participations de l’Etat dans l’opérateur téléphonique Tunisie Telecom. « La Tunisie avait à cette époque une situation économique dite Maastricht » a-t-il déclaré.

Quelles sont donc les raisons qui ont mené à la situation actuelle ? L’économiste a expliqué devant les étudiants de l’UTC que « le premier gouvernement d’après la révolution, sous la pression de la rue, avait appliqué une politique budgétaire expansionniste ou la politique de « Go & Stop ». Nous avions un budget de l’Etat de 18 milliards de dinars qui est passé subitement à 34 milliards de dinars en moins de 6 ans. Les différents gouvernements ont fait passer la masse salariale de la fonction publique de 6,5 milliards de dinars à plus de 15 milliards de dinars. La dette publique est passée de 25 milliards de dinars à plus de 70 milliards de dinars. Cette même dette représente désormais plus de 60% du PIB au lieu de 40% en 2011. Un système financier qui souffre d’un manque de liquidité de 12 milliards de dinars chaque jour, tandis qu’il était en abondance de liquidité ».

Avant d’énumérer les pistes pour une sortie de crise, Fadhel Abdelkefi a estimé qu’il fallait d’abord commencer par dire la vérité aux Tunisiens et ne pas leur mentir par omission. « A mon avis, l’Etat devra se concentrer aujourd’hui sur les domaines de souveraineté, tels que l’éducation, l’enseignement supérieur, la culture, le sport, la défense nationale, l’intérieur, les transports, la santé pour pouvoir rendre un service décent aux citoyens » a-t-il estimé. « L’Etat ne peut pas être dans ces secteurs stratégiques et en même temps être actionnaire dans des banques publiques ou être distributeur de pétrole, régie de tabac, compagnie aérienne, etc. Il devra donc démobiliser sa puissance financière sur ces derniers secteurs et la relocaliser dans les secteurs de souveraineté ».

Concrètement, l’invité de l’UTC a suggéré à titre d’exemple que l’Etat pourrait donner ses banques en concession pendant 30, 40 ou 50 ans, comme l’a fait la Turquie. Une technique qui lui permettrait d’engager plus de fonds pour améliorer les services hospitaliers, les services de transports, l’enseignement, etc.

Il a par ailleurs abordé la question des réformes devant toucher la fonction publique et qui consiste en le gel des salaires dans la fonction publique, le redressement des caisses sociales nationales et le recentrage du rôle de l’Etat.

« Je reste extrêmement optimiste pour l’avenir du pays pour des raisons intégralement objectives. Il ne s’agit pas ni de chauvinisme, ni d’un excès d’amour du pays », a averti Abdelkefi. « La Tunisie possède certains points forts comme l’émancipation et le rôle de la femme, la logistique, l’éducation, le rôle de la société civile, la proximité de l’Europe, etc. », rappelant au passage que la Tunisie produit le nombre de médecins et de pharmaciens le plus important d’Afrique, qu’elle détient les meilleurs techniciens et qu’elle est aussi le centre mondial de l’automobile à titre d’exemples.

« C’est un pays qui pourrait croître à deux chiffres si nous arrivons à prendre certaines décisions qui sont douloureuses mais nécessaires » a-t-il conclu, considérant que la Tunisie disposait d’hommes courageux capables de prendre des décisions de bon sens.

Communiqué

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Au Kenya, le tourisme se porte bien. Après avoir généré 1,2 milliard de $ (+20% par rapport à 2016) au terme de l’année dernière, le secteur devrait connaître une croissance de 16% cette année, rapporte Ecofin.

Selon les autorités, cette bonne performance sera portée par la politique des «visas à l’arrivée», mise en œuvre par le pays pour les pays africains. En outre, les vols directs reliant le Kenya aux USA devrait être un autre moteur de la performance.

Face aux chiffres, l’optimisme des dirigeants se comprend, puisque l’Afrique est le second réservoir de touristes du pays avec 29% des visiteurs, derrière l’Europe (36% des visiteurs) tandis que les USA se classent 3ème avec 15% des visiteurs arrivant au Kenya.

En dépit de la tension politique qui prévaut actuellement, le tourisme kényan semble avoir tourné la page des années sombres. En effet, entre 2011 et 2015, le pays avait subi des attaques des Shebabs somaliens qui avaient fait chuter les arrivées de touristes, de 1,8 million de personnes par an à 1,18 million d’individus.

Toujours selon la même source, les autorités veulent croire que le regain d’activité qu’a récemment enregistré le secteur est la preuve de la confiance des visiteurs dans le climat de sécurité qui règne dans le pays.

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Bank Al-Maghrib (BAM) a annoncé jeudi 8 février 2018 que le taux de progression de l’agrégat monétaire M3 a décéléré de 6,2% en novembre à 5,8% en décembre 2017, pour se chiffrer à 1.272,1 milliards de dirhams, rapporte le site maroc-diplomatique.

Cette évolution reflète un ralentissement de la progression des détentions des agents économiques en titres d’OPCVM monétaires et en certificats de dépôts, ainsi qu’une quasi-stabilité du rythme de celle des placements à vue à 5,3% et de la circulation fiduciaire à 7,7%, explique BAM dans une note sur ses indicateurs clés des statistiques monétaires de décembre 2017.

En revanche, poursuit la même source, la baisse des dépôts à terme s’est atténuée de 7,9% à 4,6%, et les dépôts à vue auprès des banques ont enregistré une légère hausse de 7,4% après 7,3% le mois précédent.

Par contrepartie de M3, les créances nettes sur l’Administration centrale se sont accrues de 20% au lieu de 11,3% et la baisse des réserves internationales nettes s’est atténuée à 3,3% au lieu de 3,5%, fait savoir BAM, notant que pour le crédit bancaire, son taux de progression est revenu de 4,8% à 2,9%.

En glissement mensuel, l’agrégat M3 a enregistré, en décembre 2017, une hausse de 1,4%, reflétant l’accroissement des réserves internationales nettes (+1%), des créances nettes sur l’administration Centrale (+5,5%) et du crédit bancaire (+1%).

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L’Investissement en temps de crise, quelles incitations ?“, est le thème de la 5ème édition du forum de la fiscalité dont les travaux se sont ouverts, jeudi 08 février 2018, à Sfax à l’initiative de la section régionale de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE).
Le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, a affirmé que depuis la Révolution (décembre 2010/Janvier 2011), l’investissement fait face à plusieurs défis.
La Tunisie est en mesure de surmonter la crise en garantissant la reprise de deux moteurs de croissance, à savoir l’investissement et l’exportation, a souligné le ministre, rappelant que la Tunisie a mis en place plusieurs incitations visant à garantir la relance de l’investissement.
Il a, dans le même cadre, estimé que la réunion, tenue mercredi, par l’Instance supérieure de l’investissement, ne manquera pas d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la simplification des dispositions relatives à l’investissement.
Deux décrets seront publiés, prochainement, afin de simplifier les démarches d’investissement et d’annuler les autorisations, a indiqué Chalghoum, mettant l’accent sur l’importance du guichet unique au sein de l’Instance tunisienne de l’investissement.

Le ministre de l’Agriculture, Samir Taieb, a admis que la situation du secteur de l’eau est difficile en Tunisie étant donné “que les réserves dans les barrages ont diminué“.
Taieb a souligné que l’Etat aspire, face au déficit qui atteint 300 millions de mètres cubes, à valoriser les ressources non traditionnelles des eaux dont en particulier le dessalement des eaux de mer.
Il a passé en revue une série de projets, parlant notamment de la station de Djerba dont l’entrée en période de test est prévue en avril 2018 et du projet de la station de Sousse, dont la réalisation devrait démarrer, précisant que le taux de production pourrait atteindre 50 mille m3, outre le démarrage, prochainement, des travaux de réalisation des stations de Kerkennah et de Sfax et celle de Zarat (Gabès).
Il a rappelé l’importance du cadre juridique inscrit dans la loi de finances 2018 sur le partenariat public-privé, faisant remarquer que sa mise en oeuvre a démarré à travers 19 projets structurés d’une valeur dépassant les 5 mille millions de dinars.

L’investisseur et l’exportateur Abdelaziz Makhloufi a présenté un témoignage sur son expérience et sa vision à propos des encouragements contenus dans la nouvelle loi sur l’investissement et ses impacts sur ses activités industrielles et exportatrices.
Il a critiqué les incitations au titre de l’investissement agricole, outre la transformation considérant qu’elles “ne concernent pas les grands investisseurs et se limitent aux petits investisseurs ce qui aboutit à mettre des obstacles pour la structuration du secteur et son développement“. Il a aussi critiqué l’absence d’une vision et d’une stratégie sur le secteur de l’eau qui souffre d’un manque et d’une pénurie immenses appelant à l’impératif de mettre en place un plan de dessalement des eaux de mer.
Taieb a, également, reconnu l’existence d’un “retard” dans l’exploitation des eaux usées traitées laquelle ne dépasse pas 15% par an, annonçant le lancement d’une étude consacrée aux eaux en Tunisie à l’horizon 2050.

Le Président de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), Ahmed Bouzguenda, a souligné, de son côté, que la sortie de la crise de confiance que le secteur de l’investissement connaît, en ce moment, exige “de mettre l’accent sur l’environnement des affaires et de s’intéresser aux spécificités du parcours politique et démocratique actuel et le clivage régional“. Il a appelé les parties sociales à porter l’intérêt requis au Contrat social et à se détacher de l’ancien modèle de développement.
Il a appelé à prendre en considération les besoins des investisseurs locaux et internationaux, affirmant que la crise de confiance ne peut être dépassée avec l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement ou d’autres mesures mais nécessite, plutôt, l’élaboration d’une vision économique et industrielle claire dans tous les domaines.

Les positions des différents intervenants par rapport à la nouvelle loi sur l’investissement ont varié entre la critique et l’approbation. Certains opérateurs ont loué la diversité des mesures alors que d’autres ont pointé du doigt leur dispersion et leur limitation à certaines activités, estimant qu’elles demeurent en deçà des attentes.

TAP

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La ville de Marrakech accueille depuis lundi 29 janvier 2018 et durant deux jours la Conférence régionale du Fonds monétaire international (FMI) pour la région du Maghreb et du Moyen-Orient (MENA). Sous l’intitulé “Les opportunités pour tous : croissance, emplois et inclusion dans le monde arabe”, cette conférence traite de l’état des lieux et des perspectives de croissance dans la région.

Le FMI a pointé, via son directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale, Jihad Azour, les “frustrations” exprimées par les citoyens dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, et les réformes nécessaires à conduire.

Jihad Azour a alerté, lors de l’ouverture de cette conférence, sur les risques de montée des tensions sociales et des manifestations dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en expliquant cette tension par le «désir insatisfait» de prospérité et d’équité. Le directeur a appelé à des réformes immédiates afin d’éviter des «explosions» sociales généralisées. Ces réformes doivent viser les problèmes fondamentaux des sociétés de la région : la corruption généralisée et endémique, le taux de chômage élevé, la faible croissance.

En préparation de cette conférence, le FMI avait publié une note de présentation intitulée «Vers une croissance plus soutenue et inclusive au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», laquelle a fait un récapitulatif de la situation de la région sous l’éclairage des indicateurs de croissance inclusive, les réformes en cours, les mesures déjà entreprises et les réformes nécessaires pour assurer l’égalité des chances.

Jihad Azour a par ailleurs souligné dans un article publié le 18 janvier dernier que les pays de la région MENA «souffrent depuis des décennies d’un modèle d’assistanat où le secteur public pourvoit à un cinquième des emplois”. Une situation qui ne fait qu’empirer en raison «des conflits interminables, des attentats terroristes, de           la chute des cours des produits de base et du repli de la croissance».

Une productivité faible et une corruption généralisée et omniprésente participent à la décélération des performances économiques de la région, explique  Azour. Dans sa note de présentation, il rapporte la préoccupation du FMI face à une croissance qui ne profite pas à tous et qui creuse les inégalités. Le document pointe également le manque d’opportunités ainsi que la difficulté d’accès à des services publics «abordables et de qualité». “Ce sont tous ces facteurs qui alimentent une grande frustration (…) et qui alertent sur une situation explosive», ajoute le texte.

La note rappelle que la région MENA affiche des taux d’emploi parmi les plus faibles du monde. Moins de 50% de la population adulte travaille, et parmi elle très peu sont des femmes.

Avec une population composée à plus de 60% de personnes de moins de 30 ans, la région a désespérément besoin d’une croissance plus vigoureuse et de plus d’emplois”. Une situation amenée à s’aggraver car 5,5 millions de jeunes arriveront chaque année sur le marché du travail dans les cinq prochaines années, selon cette note.

Selon M. Azour, les réformes les plus urgentes à mener dans la région portent sur «la lutte contre la corruption, la création d’emploi pour les jeunes, l’insertion des femmes dans la vie économique, et le développement du secteur privé». Ces thèmes seront au programme de la conférence de Marrakech à laquelle ont été conviés les hauts responsables des pays de la région, des chefs d’entreprises, des jeunes et des représentants de la société civile. Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, y est et a rencontré ce mardi Christine Lagarde, directrice générale du FMI, arrivée dimanche 28 janvier 2018 à Marrakech pour présider la conférence “Opportunity4Mena“. “Nous soutenons les réformes du gouvernement et continuerons à travailler en étroite collaboration pour assurer l’équilibre social des réformes“, a indiqué Lagarde à l’issue d’un entretien avec Chahed.
Elle a souligné, dans une déclaration à la presse, “nous avons eu une réunion fructueuse, nous avons discuté des récents développements en Tunisie et des efforts fournis par le gouvernement pour améliorer la situation économique“.

Nous comprenons la frustration des Tunisiens qui n’ont pas encore bénéficié des retombées économiques de la transformation politique“, a-t-elle dit, soulignant que “ce processus est difficile et prend du temps” et que “les réformes sont essentielles pour permettre aux Tunisiens de voir le chômage baisser et sentir la croissance s’accélérer“.

Evoquant les réformes engagées par la Tunisie, elle a noté que “parmi les principales réalisations figurent la loi des finances 2018 ainsi que la stratégie de réforme de la fonction publique visant à améliorer la qualité du service et à ralentir la croissance de la masse salariale“.
Nous soutenons, également, les réformes visant à mettre fin à la corruption et à améliorer le climat des affaires, ainsi que la soutenabilité des entreprises publiques“.

Finalement, elle a réitéré “nous partageons tous le même objectif : croissance et équité. Nous travaillons ensemble pour une économie tunisienne plus forte et un avenir meilleur pour tous les Tunisiens“.

تصريح كريستين لاغارد المديرة العامة لصندوق النقد الدولي اثر لقائها برئيس الحكومة يوسف الشاهد ظهر اليوم بمدينة مراكش المغربية

تصريح كريستين لاغارد المديرة العامة لصندوق النقد الدولي اثر لقائها برئيس الحكومة يوسف الشاهد ظهر اليوم بمدينة مراكش المغربية

Publié par ‎Présidence du Gouvernement Tunisien – رئاسة الحكومة التونسية‎ sur mardi 30 Janvier 2018

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La croissance est bien de retour dans la zone euro, elle est même à un niveau record, flirtant avec l’embellie d’il y a 10 ans, avant que la planète ne plonge dans la crise financière. La montée du produit intérieur brut (PIB) a atteint 2,5% en 2017 et ce, dans les 19 nations qui ont sauté le pas de la monnaie unique, contre 1,8% en 2016, a fait savoir l’Office européen de statistiques Eurostat dans sa première estimation dévoilée ce mardi 30 janvier. On n’avait pas vu ça depuis 2007, avec un taux de 3,0%.

La croissance de la zone euro a été plus rapide que celle des Etats-Unis (2,3% en 2017) et se situe maintenant à près d’un point de pourcentage au-dessus de celle du Royaume-Uni (1,8%)“, a confié à l’AFP Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.
L’élan de l’économie européenne explique en grande partie les attitudes haussières à l’égard de l’euro et des valeurs européennes“, indique-t-il.

A noter que le chiffre d’Eurostat pour 2017 dépasse celui de la Commission européenne, laquelle, au mieux, évaluait la croissance à 2,2% en novembre 2017 ; la Banque centrale européenne quant à elle la situait à 2,4% en décembre dernier.
L’économie de la zone euro continue de tourner à plein régime“, affirme Bert Colijn, économiste de la banque néerlandaise ING.
L’investissement n’a pas encore totalement récupéré de la crise mais a été un contributeur essentiel à la croissance au cours de l’année“, ajoute-t-il.

La courbe du chômage, dont les données de décembre seront dévoilées demain mercredi, a été impactée positivement pas cette tendance, depuis plusieurs mois elle plonge, 8,7% en novembre 2017.

Eurostat n’a pas livré les détails de la croissance par pays, mais par exemples en France on l’estime à 1,9%, le taux le plus important depuis 2011, en Allemagne 2,2%, en Espagne 3,1%…

La grande question pour 2018 est de savoir si l’euro plus fort neutralisera les effets de l’amélioration de la demande extérieure“, souligne Bert Colijn.

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La “positive attitude“, des pensées positives, porteuses, c’est sans doute ce qu’il y a de plus difficile à trouver en ce moment en Tunisie. Les citoyens ont certes des raisons de se plaindre (des prix ; des ponctions fiscales ; du sucre en poudre et de l’huile, tous subventionnés, qui ont été planqués par je ne sais qui pour je ne sais quoi ; de l’insécurité ; de l’insalubrité ; des incivilités, etc.), mais il faut aussi reconnaitre que certains se complaisent dans cette sinistrose ambiante, l’entretiennent, la diffusent. Pourtant ce n’est pas faute de tenter de semer de bonnes graines, de tenter d’inoculer le virus de la foi en des lendemains meilleurs, après les années de marasme économique et de turbulences sociales post-révolutionnaires. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, s’y essaye, énergiquement, mais la mayonnaise ne prend pas. La défiance et le défaitisme sont tels que c’est maintenant des économistes français de renom qui s’y collent pour tenter de convaincre les élites et les citoyens qu’il y a, tout de même, des raisons d’espérer, d’y croire encore. Après le vibrant plaidoyer de Lionel Zinsou le 17 janvier 2018, c’est au tour de Jacques Attali de prêcher la bonne parole ce 29 janvier… lui aussi avec moult solutions pratiques !

Si vous voulez réussir, pensez à mettre en place une Tunisie positive, une Tunisie qui travaille pour l’intérêt des générations suivantes et pourquoi pas à établir un plan Tunisie 2030 dans lequel vous inscrirez toutes les stratégies et actions devant servir cette fin“. C’est l’appel adressé aux Tunisiens par l’économiste, écrivain, haut fonctionnaire français et ex-conseiller du président François Mitterrand, Jacques Attali.
Animant, lundi, une conférence économique internationale sur le thème “Evolution de l’économie mondiale et la place de la Tunisie“, Attali estime que “dans un contexte incertain où la probabilité de mettre en place un état de droit planétaire est encore difficile à prévoir, ce qui fait la place relative d’un pays, c’est d’abord sa capacité à établir un Etat de droit stable, à connaitre ses atouts (position géographique, histoire, ressources naturelles…) et à être positif“.
Et d’expliquer “une économie positive c’est une économie qui travaille dans l’intérêt des générations suivantes. Un pays ne peut avancer que s’il est positif ; c’est-à-dire lorsque chacune des décisions qu’il prend doit servir l’intérêt des générations à venir. Plus un pays est positif, plus son niveau de vie est élevé, plus il résiste aux crises et plus le bien-être y est généralisé“.

Toujours selon l’économiste français, la Tunisie dispose d’une multitude d’atouts, dont son contact direct avec la mer. “Tournez-vous vers la mer“, a-t-il dit. “La mer comme enjeu stratégique, comme une source de l’histoire mais aussi d’avenir. Votre port en eaux profondes constitue un enjeu absolument stratégique. Vous devez l’accomplir le mieux, le plus vite et le plus vaste possible“, a-t-il ajouté.
Et de poursuivre “la question pour vous sera, quels seront les ports qui relieront, dans le futur, l’Europe à l’Afrique. Est-ce celui de Tanger seulement ? Ou y aura-t-il un port tunisien qui assurera aussi cette liaison ?
Un autre atout de la Tunisie, selon Attali, c’est l’Afrique. Et de recommander “tournez-vous vers le sud. Il n’est pas normal que vous ne soyez pas encore membre de la COMESA. Il n’est pas normal non plus que vous n’avez pas assez développé votre présence (banques, institutions, compagnie aérienne…) sur un marché de 2 milliards et demi d’habitants dans 30 ans“.

Parmi les avantages de la Tunisie figurent également, selon l’ex-conseiller de François Mitterrand “son appartenance à la francophonie, mais aussi au monde arabe dont le potentiel de développement est gigantesque et pour lequel la Tunisie pourrait incarner la volonté de modernité“.
L’économiste français a également évoqué la dimension européenne de la Tunisie, soulignant à ce sujet : “vous faites partie de l’Europe en quelques sorte. Le destin de l’Europe dépend de ce qui se passe en Afrique, et donc de ce qui se passe en Tunisie. Aider la Tunisie n’est pas un acte altruiste mais un acte rationnel, voire un acte égoïste. Le développement de la Tunisie c’est la condition de maintien de la société occidentale. La Tunisie étant l’un des points de passage pour les immenses potentialités africaines“.

L’expérience tunisienne, si elle réussit, sera un signe d’espoir pour le monde entier. Si elle échoue, ce sera un signe de catastrophe“, a-t-il aussi estimé.
L’économiste français est aussi revenu sur le contexte général de l’économie mondiale. “Le contexte est un contexte de très grande croissance potentielle du monde. Si on regarde le monde comme s’il était un seul pays, tous les facteurs de croissance à long-terme sont réunis“, a-t-il conclu.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chaded, accusé, notamment par le patronat, de ménager l’économie parallèle et de toujours taper, fiscalement, sur les mêmes, a donné l’assurance ce lundi 28 janvier qu’il fait de son mieux contre de fléau et dans d’autres dossiers. “Nous œuvrons au quotidien pour libérer l’initiative privée et les moteurs de la croissance et éradiquer toutes les barrières administratives. Pour cela, des actions fortes ont été entamées et se poursuivront avec assiduité, telles que la lutte contre l’économie parallèle et la contrebande ou la guerre sans merci contre la corruption et la mauvaise gouvernance, outre la mobilisation des capacités productives du pays. L’objectif étant de rétablir la confiance, base de toute activité économique“. C’est ainsi que Chahed a présenté à Gammarth son ordre de priorités pour la prochaine période.
Ouvrant une conférence économique internationale, sur “Les nouvelles perspectives de l’économie mondiales : quelle place pour la Tunisie“, animée par l’éminent économiste français Jacques Attali, Chahed a souligné que “2018 doit, impérativement, être l’année de l’investissement et des grands projets pour une croissance durable et inclusive“.

Notre vision pour la Tunisie est celle d’un pays ouvert sur son espace géographique naturel, la Méditerranée, le Maghreb, l’Afrique mais aussi, l’Europe, notre partenaire historique. Une Tunisie orientée vers l’économie numérique, les énergies renouvelables et les industries à haute valeur ajoutée. Une Tunisie répertoire de connaissances, de compétences, et dotée d’une intelligence et d’un savoir-faire que nous pouvons exporter. Pour cela, nous aspirons à davantage de co-développement plutôt que de sous-traitance, avec nos partenaires européens“, a-t-il encore, déclaré.
Chahed a rappelé que “la Tunisie se trouve dans une période difficile et déterminante pour le présent et le futur du pays. Sur le plan politique, la construction démocratique se poursuit avec les difficultés et les tractations qui ponctuent la vie politique. Sur le plan économique, les défis sont grands, d’où l’importance de bien définir cette phase pour bien tracer le cap de l’avenir. Après une croissance molle de l’ordre de 1%, durant les 6 premières années, la Tunisie devrait enregistrer une croissance moyenne de 2% en 2017 et nous tablons sur un taux de 3% en 2018. L’objectif du gouvernement étant d’atteindre 5% en 2020 et d’entamer une transformation de notre modèle économique, afin qu’il soit plus créateur d’emplois“.

Le chef du gouvernement a par ailleurs évoqué “le retour, depuis une année, des moteurs de croissance tunisienne, à savoir l’investissement et l’exportation. Des secteurs comme le tourisme et les industries mécaniques connaissent, également, un net regain d’activité“.
Il a estimé, toutefois, que “ce retour à la croissance reste en deçà de nos attentes et est encore faible au regard des capacités du pays. Par ailleurs, nous sommes toujours confrontés à des difficultés budgétaires et à des déficits élevés, que nous nous efforcerons de réduire d’ici la fin de l’année 2018, et à l’horizon 2020“.
Ces objectifs nécessitent des sacrifices et créent certaines difficultés que nous sommes amenés à surmonter au quotidien, a-t-il encore soutenu, rappelant que “plusieurs réformes ont été entamées et plusieurs projets de lois adoptés au Parlement, tels que la nouvelle loi sur l’investissement, la loi sur le Partenariat Public-Privé, la nouvelle loi bancaire, la réforme des douanes, la réforme de la fonction publique et celle des caisses sociales“.
Toutes ces réformes sont, selon lui, vitales pour le pays et constitueront un nouveau socle sur lequel doit se construire toute relance économique du pays.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, se rendra, les 29 et 30 janvier 2018, au Maroc pour assister à une conférence régionale de haut niveau qui sera organisée conjointement, à Marrakech, par le Fonds Monétaire International (FMI), le Fonds Monétaire Arabe (FMA), le Fonds Arabe pour le Développement Economique et Social (FADES) et le Gouvernement marocain, à Marrakech sur la thématique “Opportunités pour tous – croissance, emploi et inclusion dans le monde arabe”, a-t-on appris auprès de la présidence du gouvernement.
Cette Conférence rassemblera des hauts responsables, des dirigeants d’entreprise et des représentants du monde universitaire, des jeunes, des médias et des représentants de la société civile du monde arabe et d’autres régions pour procéder à un échange d’expériences, d’enseignements et d’idées sur les moyens qui permettront de créer des millions d’emplois grâce à la mise en valeur de nouveaux foyers et secteurs de croissance, précise de son coté le FMI.
S’appuyant sur la conférence d’Amman de 2014 “Construire l’avenir”, qui avait souligné la nécessité d’une croissance plus partagée et génératrice d’emplois, cette nouvelle rencontre vise à orienter le débat lié à la croissance inclusive dans le monde arabe sur la mise en œuvre”, ajoute l’institution monétaire internationale.
Les réflexions porteront, notamment, sur les moyens de multiplier les débouchés en faveur des femmes et des jeunes en mettant en valeur l’innovation et l’esprit d’entreprise; la promotion de la transparence et de la technologie pour exploiter le potentiel de la région et la définition de politiques propices à une croissance plus forte et plus inclusive.
La Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le Directeur Général Président du Conseil d’Administration du FADES, Abdlatif Y. Al-Hamad, et le Directeur Général Président du Conseil d’Administration du FMA, Abdulrahman Al Hamidy, figureront parmi les intervenants.

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Dans un environnement encore difficile à bien des égards, l’Union Internationale de Banques (UIB) a continué d’afficher en 2017 une belle performance financière et commerciale. Son Produit Net Bancaire, porté par une hausse de + 19,8% des Produits d’Exploitation Bancaire, s’établit à 290 MTND à fin 2017 réalisant ainsi une progression de +17%. Ces résultats sont tirés par la dynamique soutenue des marges d’intérêts et sur commissions ainsi que par le bon comportement des revenus du portefeuille-titre commercial et d’investissement.

Cette progression des revenus de l’UIB reflète l’accélération de sa conquête commerciale dans les différents segments de clientèle Corporate et Retail et son rôle accru dans le financement de l’économie. La croissance soutenue des encours de dépôts (+12,6% vs. fin décembre 2016, soit un additionnel de 462 MTND) et de crédits nets à la clientèle (+19,4% vs. fin décembre 2016, soit +801 MTND) témoigne également de la confiance de ses clients et de l’adéquation de son modèle de banque relationnelle comme vecteur de gains de parts de marché.

Grâce à cette bonne dynamique commerciale, à une maîtrise rigoureuse des risques et aux efforts continus de rationalisation, l’UIB continue à faire progresser ses résultats tout en poursuivant ses investissements dans le développement de son capital humain, dans la modernisation de ses infrastructures informatiques et dans l’innovation. Le Résultat Brut d’Exploitation progresse ainsi de +21,1% à 154,6 MTND au cours de l’année 2017, permettant de renforcer le socle de rentabilité à un rythme supérieur aux prévisions de la feuille de route stratégique 2017-2020.

Commentant les indicateurs d’activité de l’année 2017, M. Mondher Ghazali, Directeur général de l’UIB a déclaré :  «Ce bilan largement positif de l’Union Internationale de Banques illustre la solidité de son business model diversifié et équilibré et la pertinence de sa stratégie de différenciation par l’innovation et la satisfaction de la clientèle. Il confirme sa forte résilience à un environnement encore difficile grâce à sa capacité de maîtrise des coûts et des risques et à l’engagement et l’expertise de ses collaborateurs. Enfin, ces résultats lui permettent de déployer ses futurs relais de croissance en vue d’accélérer son développement au bénéfice de ses clients et de l’économie».

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Souhaitant franchir un nouveau cap en matière de responsabilité sociétale et être un contributeur de choix dans le débat public autour de thématiques centrales socio-économiques, la BIAT a organisé, mercredi 17 janvier 2018, la première édition de ses conférences économiques autour de la thématique «Quels déterminants du décollage économique pour la Tunisie dans le monde d’aujourd’hui».

La conférence a été marquée par l’intervention de Lionel Zinsou, éminent économiste franco-béninois et par la participation au panel Elyes Jouini, vice-président de l’Université Paris-Dauphine et de Noureddine Hajji, Directeur Général EY Tunisie (Ernest & Young). Plus de 400 participants, leaders d’opinion, décideurs, financiers, femmes et hommes d’affaires, académiciens et étudiants ont échangé pendant plus de deux heures sur les préalables au décollage économique et les enjeux d’avenir de la Tunisie.

  • L’économiste qui parle autrement de la Tunisie

Incontestablement et surtout par la manière dont il a parlé de la Tunisie, Lionel Zinsou a été l’homme de la soirée. Connaissant très bien la Tunisie, parfaitement au courant de ses données économiques et financières les plus récentes et même des polémiques stratégiques qui en secouent toute la place économique et d’affaire, l’économiste en a étonné plus d’un. «Il parle de la Tunisie que nous connaissons» ?, se demandait un des présents, expert économique sur plusieurs plateaux TV tunisiens, à entendre toutes les bonnes choses qu’égrainait Zinsou sur le comportement de l’économie tunisienne et son optimisme quant à ses perspectives. Réagissant à ses propos, Noureddine Hajji finit par dire «ce soir, je dormirais certainement mieux».

Il est vrai qu’à l’entendre, on le nommerait bien «ministre du marketing économique de la Tunisie», tant il semblait bien connaître les points forts de l’ancienne Tunisie et les faiblesses de la nouvelle, et surtout comment y remédier. Tant aussi l’économiste de renom parlait bien de la Tunisie comme n’en ont jamais parlé ses politiciens, ses dirigeants et ses économistes, depuis plus de sept ans. A le croire aussi, on sortirait de sa conférence requinqué, plus optimiste et même fier de ce qui a été fait par la Tunisie, depuis 7 ans, dans la conjoncture, nationale et internationale, qui est la sienne.

Il fait d’abord la description de la Tunisie par le fonds d’investissement Abraj, en parlant du rachat des parts de Tunisie Télécom comme une «chance extraordinaire». Il parle de la vision, très positive, qu’ont les pays africains de la Tunisie, en tant que «centre de compétences en matière de TIC et de services de santé. On va chez vous pour rechercher des services médicaux de haute qualité. Dans le secteur tertiaire tunisien, on sait créer de la valeur ajoutée».

Il évoque avec étonnement le catastrophisme ambiant tunisien concernant le double déficit, commercial et de paiement, «qui font l’objet d’une hystérisation générale» et se demande pourquoi ne pas parler plutôt de «l’excédent commercial de la Tunisie avec l’Europe, qui est un indicateur de compétence et de compétitivité», de l’économie tunisienne, le «discours d’angoisse concernant l’endettement souverain, l’étranglement par le chômage et le marché parallèle. C’est cela le récit que j’entends». Et assène : «ce n’est pas vrai. La Tunisie est comme un pays de l’Europe du Sud. On est dans une économie de productivité. 6,5% de déficit du PIB, c’est juste plus que le critère européen et c’est classique pour un pays en développement». Pour lui, au final, ce qui se passe en Tunisie est tout à fait normal pour un pays qui a fait une révolution et sa situation économique n’est pas si catastrophique que ce qu’en disent les Tunisiens eux-mêmes.

Lionel Zinsou a plutôt souligné que la Tunisie traverse une phase unique et inédite de transition démocratique caractérisée par la multiplicité des défis d’ordre politique, sécuritaire, économique et social. «Malgré les difficultés rencontrées, l’Etat a su rester garant de l’ordre et tributaire d’un rôle d’impulsion économique. L’économie tunisienne a démontré sa résilience et encaissé des chocs assez importants endogènes et exogènes et le ralentissement de la croissance européenne et l’instabilité des pays voisins». Il trouvait même que «la trajectoire de la loi de finances 2018 est légitime et essaie de faire le moins de mal possible» et que la Tunisie est «assez disciplinée, par rapport à d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest » pour ce qui concerne la masse salariale dans le budget.

  • «Attention aux récits» et à l’image que vous donnez de vous-même !

L’économiste international attire donc l’attention sur les dangers du récit que font les Tunisiens d’eux-mêmes et de leur situation économique. Le récit angoissant, l’hystérisation, le catastrophisme qui pourraient fortement impacter des décisions d’investissements étrangers, pour un pays dont l’économie donne toujours de bons signaux de résilience et dont les perspectives lui paraissent toujours viables. Et lorsqu’on entend ce que dit une certaine opposition de la situation économique et de tout le pays et qui s’est notamment reflété dans la couverture de la presse française des dernières manifestations, ou comment la lutte contre la corruption a fini par donner l’image de tout un peuple corrompu, on ne peut que lui donner raison.

  • Il faut encourager les bénéfices des entreprises. Trop de Fisc tue le fisc

Lionel Zinsou a par la suite évoqué certaines pistes de solutions pour le rétablissement de la croissance économique en Tunisie en mettant en avant des solutions qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays, en particulier en matière de réforme de la fiscalité, d’assainissement des finances publiques et de politique monétaire. Des approches parfois choquantes, mais selon lui rationnelles.

C’est ainsi que même s’il trouvait «classique» le double déficit, il se dit frappé par sa composition «frustrante» de plus de dépenses que d’investissement et qu’il explique par la baisse de l’épargne. «Dans la théorie économique, le déficit extérieur est une fonction stricte de ce déséquilibre. Si on n’a pas assez d’épargne pour financer l’investissement, on s’installe dans un déficit de paiement. La monnaie glisse. On a alors un problème d’inflation. On a donc du mal à remobiliser l’épargne pour financer l’investissement et on perd des chances de croissance. C’est là qu’il faut porter l’effort. Ré-encourager l’épargne, augmenter la rémunération de l’épargne et de l’investissement et les profits de l’entreprise. On a alors une chance de retrouver les niveaux de croissance dont on a socialement besoin. Cela demande de toucher aux banques publiques, d’encourager l’assurance, de collecter l’épargne de la diaspora tunisienne, d’augmenter les marges de l’entreprise, de ne pas accélérer la pression fiscale sur cette dernière et elles ont raison de dire que trop d’impôt tue l’impôt. La Tunisie est sur la trajectoire. Mais lui faut aussi prendre des mesures pour stimuler la demande des entreprises et leurs profits», a expliqué l’économiste dans une déclaration à Africanmanager.

  • Ouvrir le crédit bancaire au marché parallèle pour l’intégrer dans le formel

Il se dit «étonné que le gouvernement prohibe l’importation de certains produits», pour essayer de tacler le marché parallèle et que «les petits arrangements avec certains pays [Ndlr : la Turquie] est la pire des solutions». Pour Zinsou, la solution réside dans l’intégration du marché parallèle qu’il a appelé à ne pas diaboliser ou criminaliser et à le considérer comme une économie à part entière ; il faut lui offrir les solutions qui représentent un réel profit pour lui. «Plus de pression et de harcèlement fiscaux ne feront que l’éloigner plus du formel. Il faut lui donner les droits qu’il pourrait avoir dans le formel» pour l’attirer. Zinsou a même appelé les banques tunisiennes à s’ouvrir au financement du secteur informel pour l’attirer, petit à petit, vers le formel.

  • Vous ne financez pas les PME et TPE qui créent l’emploi

Pour la question du chômage, le banquier d’affaires puis PDG du fonds d’investissement Européen «PAI Partners» estime que le taux tunisien est au niveau moyen des pays de la Méditerranée et qu’il est bien meilleur qu’en Algérie, pourtant un pays pétrolier. Il s’adresse ainsi aux banquiers tunisiens pour leur dire que «vous ne financez pas des entreprises et micro-entreprises créatrices d’emploi et il y a donc des réformes à faire» à ce propos. Pour lui, «l’Etat doit se retirer du financement et se consacrer à garantir l’activité de ceux qui viennent investir». Pour le reste, la solution du chômage réside dans le financement des PME et des TPE (très petites entreprises).

Les solutions existent donc. Ce qu’il faudrait, c’est moins d’angoisse, moins de catastrophisme, moins de médisances, politiciennes et économistes, donner une meilleure image du pays par le récit qu’on fait de sa situation et croire en soi. A bon entendeur, salut !

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Selon ses indicateurs d’activité relatifs au 4ème trimestre 2017, le chiffre d’Affaires Total de la société “SOMOCER” a opéré une montée en force, soutenue par une appréciation probante de l’ordre de 38,22%. Il s’est hissé à 23,982 millions TND, comparativement à la même période de l’année 2016, où il s’est établi à 17,350 millions TND.

Le Chiffre d’Affaires Total de l’année a culminé à 84,808 millions TND, enregistrant ainsi une forte progression de 27,25% par rapport à celui réalisé au terme de l’exercice 2016, arrêté à 66,647 millions TND. Cette embellie est imputable à la conjonction de deux facteurs, à savoir une hausse du chiffre d’affaires local et une croissance plus accélérée au niveau du chiffre d’affaires à l’export.

Le Chiffre d’Affaires Local avait atteint 60,199 millions TND à la clôture de 2016 pour atteindre 73,767 millions TND à la fin de 2017, soit une hausse de 22,54%.

Le Chiffre d’Affaires Export au 31 décembre 2017 a poursuivi sa trajectoire haussière entamée depuis 2016, affichant ainsi une envolée de 71,25 %, passant de 6,448 millions TND au 31 décembre 2016 à 11,041 millions TND pour la même date un an plus tard. Notons que dans le cadre de sa stratégie de développement à l’international, la société a décidé de se mettre à l’avant-garde de l’export en vue d’optimiser la prépondérance de cette activité dans le chiffre d’affaires global et de donner une impulsion supplémentaire à la vocation d’exportateur du groupe. Dans ce sillage, la société est parvenue à conquérir de nouveaux marchés à l’instar de la France, la Jordanie et l’Algérie, ce qui lui a permis de consolider sa position à l’étranger.

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Les exportations marocaines vers l’Espagne et l’Union européenne ont augmenté respectivement de 14,08 % et de 9,9% de janvier à octobre 2017 par rapport à la même période de l’année précédente.

Selon les données rapportées par l’agence d’information marocaine MAP, les importations marocaines de biens d’origine espagnole ont, quant à elles, augmenté de 17,57 % en taux annuel, alors que celles de l’ensemble de l’UE ont enregistré une croissance de 4,7 % durant la même période.

En termes de parts de marché, l’Espagne est le premier client du Maroc avec des importations représentant 41,4 % du total des importations communautaires provenant du Royaume, suivie de la France (29,1%), de l’Italie (6,8 %), du Royaume-Uni (5,3%) et de l’Allemagne (4,4 %).

Les principaux articles importés de l’Espagne, pendant cette période, sont les combustibles et lubrifiants (13,7%), les composantes d’automobile (13,4%), et tissus d’habillement (10,4%), relève la même source qui note que les principaux produits exportés par le Maroc vers l’Espagne étaient les matériaux électriques (29,3%), vêtements (23,6%), et mollusques et crustacés (8,6%).

En outre, l’Espagne est le premier fournisseur du Royaume avec des exportations représentant 36,4% de l’ensemble des exportations communautaires vers le Maroc, suivies de la France (18,2%) de l’Allemagne (9,5%), de l’Italie (8,3%) et des Pays-Bas (4,3%).

Durant la période de janvier à octobre 2017, le taux de couverture de l’Espagne avec le Maroc était de 126,67%, ce qui confirme l’évolution vers un équilibre dans les échanges commerciaux entre les deux pays, détaille la même source.

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Lors de son déplacement à Remada ce mardi 9 janvier, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a évoqué dans un point de presse la montée de fièvre dans certaines parties du pays. Il a tenu à indiquer qu’il y a un énorme malentendu et que ses intentions ont été mal interprétées, rapporte Shems FM.

«Certes, la Tunisie rencontre des difficultés mais il y a des signes positifs et la situation va s’améliorer», a-t-il affirmé, en ajoutant : «J’ai déjà dit que 2018 sera la dernière année difficile et le dernier budget difficile à ficeler, car il y a des indicateurs économiques qui sont en train de progresser».
Toutefois il a déclaré au sujet des débordements : «aujourd’hui, il faut que tout le monde évite de verser dans la violence et qu’on négocie, car le dialogue est l’unique solution». «La violence n’est pas acceptable et nous n’avons d’autre choix que d’appliquer la loi et tous ceux qui manifestent pacifiquement, on les protège et on les écoute», a-t-il ajouté.

Mais pour Chahed, «les Tunisiens doivent comprendre qu’il faut faire des sacrifices car la période est difficile et tous les pays ont déjà consenti des sacrifices». Par ailleurs il a dit qu’«il ne faut pas exagérer la montée des prix, il y a un torrent de rumeurs sur les réseaux sociaux, nous de notre part on se doit de clarifier les choses. Il en est de même pour les partis politiques et les organisations qui doivent nous aider à éclairer l’opinion publique, à calmer les choses pour un avenir meilleur», a-t-il affirmé.

A propos de la mort d’un protestataire à Tebourba la veille, le chef du gouvernement est d’avis que ce drame était évitable. Selon lui ceux qui ont de bonnes intentions ne manifestent pas la nuit, car nous sommes en démocratie et par conséquent ils peuvent manifester en plein jour, avec l’assurance d’être protégés et entendus par le gouvernement.

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A la fin de l’année en cours, Youssef Chahed aura passé 16 mois (27 août 2016-31 décembre 2017) à la tête du 5ème gouvernement de la Tunisie de l’après Ben Ali et du 2ème gouvernement de la seconde République. Avec cette durée, il aura fait mieux que les deux chefs de gouvernement de la 1ère Troïka (Hammadi Jbali avec 14 mois et Ali Larayedh avec 10 mois) et 2 mois moins que son prédécesseur à La Kasbah, Habib Essid.

Tout comme ce dernier, les appels du pied commencent à se faire sentir pour qu’il laisse le fauteuil. Beaucoup d’encre a coulé sur ses relations avec son parti, Nida Tounes, et le fondateur de ce parti, le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi. Chahed est tellement tancé à ce propos qu’il se croit obligé à chaque sortie médiatique de répéter qu’il ne sera pas candidat à l’héritage de BCE. Ce qu’il ne fait pas alors qu’il devrait et la manière dont il fait ce qu’il fait alors qu’il ne devrait pas sont pourtant ceux de quelqu’un qui se ménage.

Toujours est-il que Youssef Chahed tient encore en place, malgré les pressions. Tous s’accordent cependant à dire que l’année 2018 qui s’approche à pas hésitants pourrait lui être fatale. 2018 sera en effet une année charnière dans la stabilité politique dont a besoin la Tunisie. Pleine de «mauvaises surprises», économiques et fiscales surtout, elle débutera avec un mois de janvier connu à travers l’histoire contemporaine tunisienne comme le mois de tous les dangers pour tout pouvoir politique en place. C’est en plus, dès le début de ce fameux mois de janvier, que les consommateurs tunisiens devraient ressentir les premiers impacts de la loi de finances 2018, notamment ceux de la TVA, sur leurs portefeuilles et leur pouvoir d’achat. Et c’est à la fin de ce même fameux de janvier que les salariés, du public et du privé, devraient ressentir les effets pécuniaires des différentes mesures de la loi de finances 2018, pour faire face aux difficultés dont souffrent les caisses sociales notamment, avec la nouvelle taxe de la CSS (Contribution sociale solidaire) de 1% de tous les revenus.

  • Les 3 Top du chef du GUN

Le chef du GUN (Gouvernement d’union nationale) n’a pourtant pas trop démérité. A son actif, on pourrait au moins lui trouver trois réalisations. D’abord, la reprise de la croissance à 2%. Une croissance, qui plus est, de meilleure qualité, même si elle reste peu créatrice d’emplois. Le taux de chômage n’est pas encore descendu sous la barre des 15 %. Un chômage qui reste le talon d’Achille de l’Etat de la 2ème république et une épine dans le pied de tous gouvernements de cette nouvelle République.

Dans ce qu’on pourrait aussi appeler «les 3 top» du GUN, on pourrait aussi compter les deux revues du FMI, en mai et octobre 2017, qui devraient permettre d’assurer le financement du budget, alors que personne n’y croyait. Et enfin l’adoption du CSS pour la réforme de la retraite, qui plus est, une reforme faite avec l’accord du syndicat ouvrier. Même si les effets de cette réforme sur le pouvoir d’achat des citoyens tunisiens ne se feront sentir qu’à partir de janvier 2018. Une réforme qui pourrait aussi ne pas être comprise que dans «Black-Side» et faire oublier ses effets sur les caisses de retraite et sur la CNAM (Caisse d’assurance maladie).

  • Les 3 flops de Youssef Chahed

Au Box-office des échecs du gouvernement Youssef Chahed semblent cependant peser plus lourd dans la balance. Il y a bien sûr la black-liste des paradis fiscaux. Une erreur, de jugement et de timing et même de langue (la réponse aurait en effet été écrite en langue arabe et adressée en tant que telle à l’UE), de l’administration financière tunisienne dans sa réponse aux demandes, d’éclaircissements et d’engagements, de l’Union Européenne, qui en dit assez long sur la gestion des crises par ce gouvernement. Une commission parlementaire avait été constituée pour déterminer les responsabilités dans cette affaire. Vainement. On avait aussi beaucoup parlé du «point focal», comme du responsable direct de cette erreur. Aucune sanction n’a pour autant été prise

La gestion de la crise de Kamour. Ce qu’a écrit le Ciped de l’ancien Gouverneur de la BCT Taoufik Baccar à ce propos est affligeant de vérité. «L’Accord d’El Kamour, conclu entre le gouvernement et des ressortissants tunisiens, personnes physiques, s’explique mais ne se justifie pas. Outre qu’il crée le précédent et rend légitime la répétition, ses conséquences sur les fondements de l’organisation politique choisie par la Tunisie, sont d’une ampleur insoupçonnable, comme au voisinage, sur l’autorité juridique et morale de l’Etat et sa capacité à pouvoir gérer à l’avenir, les affaires publiques. Ses signataires ne sont, ni compétents (le gouvernement), ni habilités (les citoyens) à cet effet. Outre que «la cause» de ce contrat (cessation de faits délictueux) est illicite, ce qui le rend au plan du Droit, nul et de nul effet». Mais il y avait déjà l’exemple de l’accord de Kerkennah !

Le glissement du dinar. Le dinar tunisien n’arrête pas de s’effriter face aux devises européenne et américaine. Depuis la fin de 2016 et jusqu’au 15 décembre 2017, le dinar a perdu 17,3% et 6,1% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et du dollar américain, respectivement, a constaté la BCT dans sa dernière note sur les évolutions économiques et financières. Le Dinar valait, en août 2016 qui est la date de nomination de Youssef Chahed à la tête du GUN, l’équivalent de 2,4755 Euros. A fin décembre 2017, il est à 2,9552 euros. Une dégringolade qui n’est pas sans effets sur l’inflation dont une partie est importée.

Source : BCT. Déc. 2017

 Inflation, exportation, gros salaires et petite production et autres points perdus !

On passera sur les avoirs nets en devises, qui étaient de 111 jours en décembre 2016 et qui ne sont plus que de 90 jours à fin 2017. On passera aussi les prix que les ministres successifs du commerce du gouvernement Chahed n’arrivent toujours pas à domestiquer avec les 6,3 % d’inflation de novembre 2017. On passera encore sur la hausse des importations qu’il n’arrive toujours pas à juguler (45,3 Milliards DT contre 38 Milliards DT en novembre 2016), les exportations qu’il n’arrive pas encore à suffisamment booster, la hausse de la masse salariale (12,1 Milliards DT sur les 17,6 Milliards de ressources propres du budget), qu’il n’arrive toujours pas à arrêter et la production industrielle, qu’il n’arrive pas à remonter au-dessus du 0,2% pour toute l’année en septembre dernier. On ne commentera pas non plus les 3 points perdus sur l’indice de la compétitivité globale et les 11 points perdus sur l’indice de la facilité de faire des affaires, entre 2016 et 2017.

Un an et 4 mois après son entrée à La Kasbah, c’est ainsi que s’établit par le chiffre le bilan de Youssef Chahed. Tout va bien Madame la Marquise !

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a présidé ce jeudi 4 janvier 2018 les travaux de la première réunion du Conseil Supérieur de l’Exportation, tenue au CEPEX, en présence de plusieurs membres du gouvernement, du gouverneur de la BCT, du secrétaire général de l’UGTT, de la présidente de l’UTICA et du président de l’UTAP.

Selon un communiqué rendu public par la présidence du gouvernement, Chahed a affirmé que l’exportation demeure une priorité nationale pour l’État afin de résoudre de nombreux problèmes dans le pays, à savoir l’augmentation du taux de chômage, la dépréciation du dinar, le déficit budgétaire….

Youssef Chahed, a ajouté que le gouvernement a fixé des objectifs à court terme visant à atteindre un volume d’exportation de l’ordre de 50 milliards dinars en 2020, ce qui permettra d’accélérer le rythme de la croissance et le développement régional, et ce à travers 20 mesures pour impulser les exportations tunisiennes, lit-on dans ledit communiqué.

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Lors de la présentation de ses voeux aux citoyens, pour marquer le Nouvel an, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a fait état de certaines avancées réalisées en 2017, citant à titre d’exemple, le taux de croissance qui a atteint 2,2% contre 1% seulement enregistré, ces dernières années.
Le chef de l’Etat a dit espérer une croissance de pas moins de 3% en 2018 appelant à offrir de bonnes conditions de travail aux Tunisiens.

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L’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda estime que le niveau de croissance qui devrait être réalisé, cette année, est loin de suffire pour avancer dans la transition économique. Dans une interview accordée à l’agence TAP, il est revenu sur le bilan économique de 2017, soulignant que l’année 2018 sera cruciale pour éviter l’enlisement dans la crise.

Quelle évaluation faites-vous du bilan économique de l’année 2017 ?

Certes, l’année 2017 a connu une amélioration de la croissance économique qui devrait se situer autour de 2%. Mais, cette performance est insuffisante et ne permet pas d’avancer dans la transition économique et encore moins de faire renaître l’espoir dans notre pays et particulièrement auprès des jeunes.
Je crois qu’il faut mentionner qu’à partir de 2015, l’économie nationale a connu une grande fragilisation de la situation économique. La croissance était en berne et n’a pas dépassé 1%. Et, même si on a connu une légère reprise au cours de cette année, la croissance reste faible et en deçà des attentes.

Par ailleurs, la conjoncture est marquée par une dégradation des grands équilibres macroéconomiques du pays avec une crise sans précédent des finances publiques et un déficit historique de la Balance courante. Il faut également noter les difficultés à mettre en œuvre les réformes et les retards enregistrés dans ce domaine en plus de la question du chômage qui est resté à des niveaux très élevés.
Ainsi, la reprise de la croissance, la stabilisation macroéconomique, l’accélération des réformes et la lutte contre le chômage restent les plus grands défis à soulever. Certes, nous avons réalisé des avancées dans la transition politique, mais la transition économique reste incertaine.

Quels commentaires vous inspire le niveau actuel des principaux indicateurs financiers et économiques ?

Je pense que le pays traverse la plus grave crise de son histoire des finances publiques avec un déséquilibre structurel des finances publiques se traduisant par une augmentation rapide des dépenses et une évolution moins rapide des recettes. Cette situation a créé un déficit abyssal des finances publiques depuis la révolution et a été à l’origine de la montée de l’endettement interne et externe. La situation des finances publiques en Tunisie est centrale et de sa maîtrise dépendra largement la transition économique.

Les déséquilibres macroéconomiques ne se limitent pas aux finances publiques. Ils ont également touché les équilibres externes avec un déficit de la balance commerciale, que les mouvements de capitaux ne sont plus en mesure de combler. Nous enregistrons aujourd’hui une importante crise du compte courant.
Le déficit des finances publiques et celui du compte courant expliquent l’urgence d’une stabilisation du cadre macroéconomique. Mais stabilisation ne signifie pas des politiques d’austérité. Au contraire nous devons poursuivre notre effort de relance afin de soutenir la croissance et de rétablir les équilibres de notre économie.

L’année 2017 a connu l’adoption, au mois d’avril, du plan quinquennal de développement (2016/2020). Quelle analyse faites-vous de ce plan ? Porte-t-il une vision économique claire ?

Notre pays a souffert de l’absence d’une vision économique claire et d’un projet économique cohérent depuis la révolution. L’élaboration d’une vision économique était nécessaire afin de donner la cohérence aux politiques économiques. Cependant, ce plan souffre de deux difficultés majeures. La première concerne l’inadéquation des plans quinquennaux avec la politique économique. Ceux-ci sont plutôt dépassés et ne représentent plus le cadre de formulation des politiques économiques.

Aujourd’hui, les pays penchent plus vers des visions stratégiques à long terme sur dix ou quinze ans et définissent après des budgets glissants sur trois ans. Or, notre grand paradoxe en Tunisie, c’est que nous avons opté pour les budgets glissants dans le cadre de la réforme de la Loi organique du Budget qui sera discuté au sein de l’Assemblée prochainement alors que nous nous accrochons au concept du plan quinquennal. Un paradoxe que nous devons régler.

La deuxième difficulté pour ce plan c’est qu’il n’est plus dans l’actualité de l’action publique. C’est comme si c’était le plan du gouvernement Habib Essid et qui a disparu avec lui. Ni la loi de Finances 2017, encore moins celle de 2018 n’ont fait référence à ce plan de développement.
Je crois que nous devons nous mettre dans le temps du monde et sortir de l’anachronisme et nous doter d’une vision stratégique à long terme, qui sera traduite dans un budget glissant sur trois ans.

L’année 2017 a aussi été marquée par plusieurs mouvements sociaux, notamment ceux qui ont eu lieu dans les champs pétroliers du sud. Quelle lecture faites-vous de la donne sociale dans le pays durant l’année 2017 ?

Ces mobilisations ont pesé sur la situation économique du pays. Mais, il faut dire aussi que ces mouvements sont l’expression d’une certaine lassitude après autant de promesses de prendre en compte les réalités des régions de l’intérieur et qui ne se sont pas réalisées. De véritables projets doivent être mis en place, pour répondre aux revendications de ces régions.

Au vu de tout ce que vous venez de mentionner, comment s’annonce l’année 2018 ?

L’année 2008 sera, de mon point de vue, cruciale. Il faut éviter la perspective de l’enlisement dans la crise économique par une plus grande audace dans l’action publique et dans les politiques économiques.

Quels sont les dossiers prioritaires que le gouvernement devrait engager dès le début de l’année 2018 pour espérer une amélioration de la donne économique ?

Trois dossiers prioritaires doivent retenir l’attention du gouvernement. D’abord la stabilisation macroéconomique. Ensuite, la relance de l’investissement et de la croissance. Enfin, l’accélération du rythme des réformes.

La loi de fiances 2018 est-elle de nature à favoriser la relance ?

La Loi des finances 2018 a suscité beaucoup de critiques de la part des experts et des grandes institutions nationales comme l’UTICA. Pour ma part je considère que les hypothèses retenues pour cette loi de finances sont trop optimistes et on sera certainement amené à envisager une loi de finances complémentaires avant la fin de l’année.

TAP

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Selon des données dévoilées par l’office national des statistiques (ONS), la production industrielle du secteur public a enregistré une hausse de 4,1% au troisième trimestre 2017 par rapport au même trimestre de 2016, situant le taux de croissance à plus de 2,1% sur les neuf premiers mois de l’année 2017, rapporte APS.

Cette hausse a été essentiellement tirée par les secteurs, respectivement, des industries textiles, des cuirs et chaussures, des industries agro-alimentaires, des matériaux de construction et des industries des bois et papier, alors que des contreperformances ont été enregistrées dans le secteur des Industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et électroniques (ISMMEE) ainsi que celui des industries chimiques, détaille la même source.

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AFRIQUE

Dans une Egypte qui va beaucoup mieux économiquement et où l'inflation recule, la Banque centrale s'est autorisée à baisser ses taux d’intérêts de 1%,...

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