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Il est une vérité que le travail de tout gouvernement est bâti sur les chiffres. C’est ce qui leur fournit les données nécessaires à leurs prévisions, leurs réalisations et leurs déclarations et promesses ou annonces de mesures économiques. Ces chiffres sont confectionnés par des spécialistes, des économistes, des prévisionnistes et tout un tas d’experts. Et si ces derniers se trompaient, faisaient des prévisions un peu trop optimistes ou pessimistes, cela fausserait nécessairement les données de documents aussi importants que le budget ou la loi de finances. A voir ce tableau, confectionné par Bawsala qui ne sait manifestement rédiger qu’en langue arabe, les prévisionnistes tunisiens auraient été, depuis 2015, à côté de la plaque.

On comprendrait qu’ils veuillent être optimistes pour la croissance du PIB, où toutes leurs prévisions ont été loin de la réalité. Mais on remarque tout au long de ce tableau qu’ils sont aussi à côté de la plaque pour le déficit budgétaire et pour l’endettement.

On comprendrait aussi qu’ils n’aient jamais pu deviner le vrai taux de l’inflation, pour des raisons indépendantes de leur volonté et qui sont en lien avec le taux de change, l’anticipation des opérateurs économiques et autres.

Cela a presque toujours obligé le ministère des Finances à élaborer chaque année une loi de finance complémentaire qui corrige les erreurs d’appréciation de ses économistes et autres prévisionnistes. Cela à moins que, politiquement, la volonté ait été d’optimiser pour des raisons politiques ou politiciennes, afin de ne pas heurter les Tunisiens et les laisser toujours croire que «tout est sous contrôle» et que tout ira bien, ce qui en fait des menteurs ou des adeptes du dicton qui dit «Je ne mens jamais. C’est la réalité qui se trompe»

Ce qu’on remarque, à la lecture de ce tableau, c’est que les économistes et autres spécialistes des prévisions n’ont fait que se tromper. Il y a pourtant bien un Conseil des analystes économiques qui est présidé par un ancien ministre de l’Industrie. Serait-il, lui aussi, à côté de la plaque et se tromperait-il aussi lourdement sur les chiffres qui permettent de faire les bonnes prévisions? Ou ne serait-il pas entendu par le gouvernement?

Il y a pourtant aussi grand nombre d’experts en matière de pétrole, de salles de marchés et de devises étrangères, capables de faire les bonnes prévisions. On se demanderait alors où sont-ils ou pourquoi ne ferait-on pas appel à eux?

Cette affaire n’est pourtant pas du menu fretin, c’est du lourd. Les chiffres, prévisions et indicateurs économiques ne sont pas là pour faire joli, pour le décor, en dehors de l’usage qu’en font les autorités pour doser les politiques publiques il y a également l’usage qu’en font les investisseurs et bailleurs de fonds. Si la fiabilité des données émises par les instances dont c’est le métier venait à être un problème, c’est tout l’édifice de la confiance qui pourrait s’écrouler. En effet comment pourrait-on, raisonnablement, envisager de placer ses billes dans un pays qui joue avec des données aussi importantes, voire les maquille? La confiance, à ce niveau, c’est une affaire de milliards de dollars ou d’euros, c’est pas de la gnognotte! Le gouvernement a intérêt à mettre de l’ordre dans ses dossiers. La Tunisie, au point où elle en est, ne peut pas se payer le luxe de se louper à ce niveau.

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La valeur ajoutée des industries non manufacturières a cru de 3,7%, au cours des 9 mois de l’année 2018, par rapport à la même période de l’année précédente, en raison notamment de la hausse de la production de pétrole à près de 37,5 mille barils par jours, selon les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique (INS).

La croissance est également due en effet, à la hausse de la production dans le secteur d’extraction du pétrole et du gaz (8,5%), et du secteur du bâtiment (1,8%).

A cet égard, la production quotidienne du pétrole brut est passée à près de 37,5 mille barils au cours des 9 mois de l’année 2018, contre une moyenne quotidienne de 33,7 mille barils, au cours de l’année précédente, et de plus que 70 mille barils quotidiennement en 2010.

Cependant, le secteur des mines s’est inscrit en baisse de de 3,3%, suite à la régression de la production du phosphate, qui a atteint, durant la même période, près de 1,1 millions tonnes contre 1,2 millions tonnes, pendant la même période de l’année 2017. La moyenne de production pendant les trois trimestres était estimée à près de 2 millions tonnes avant 2011.

Régression de la croissance des industries manufacturières

La croissance des industries manufacturières a régressé de 0,3% au cours des 9 mois de l’année 2018. Cette baisse est due à une régression de 8,5% de la croissance enregistrée dans les industries chimiques, avec un recul de près de 22%, enregistré dans la production des dérivés du phosphate.

Toutefois, la croissance a été au rendez-vous pour le secteur du textile-habillement (1,6%), les industries mécaniques et électriques (0,3%), les industries agroalimentaires (1,1%) et l’industrie des matériaux de construction, de la céramique et du verre construction (0,9%).

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Par Mamadou Biteye et Vera Songwe*

L’Afrique connait une croissance mais pas assez rapide. Afin de sortir plus de 400 millions d’Africains de la pauvreté, les 54 pays africains devront augmenter leur croissance économique en moyenne de 7% par an ou plus. Le commerce est un moteur puissant de la croissance. Mais en matière de commerce, l’Afrique est la région, la moins intégrée au monde, alors que les exportations intra-africaines représentent 18% du total des exportations en 2016.

Récemment, d’énormes progrès ont été accomplis.

En mars, les dirigeants africains ont fait un grand pas en avant lorsque 44 des 54 pays africains ont signé la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), l’accord commercial le plus important, signé depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La ZLECA rassemble 1,3 milliard de personnes et un Produit intérieur brut (PIB) combiné de plus de 2 000 milliards de dollars. S’il est ratifié par chaque pays, il deviendra l’un des plus grands blocs commerciaux du monde.

La ZLECA engage les pays à supprimer les droits de douane sur 90% des biens, à libéraliser progressivement le commerce des services et à éliminer les nombreux autres obstacles non tarifaires, tels que les longs retards aux frontières nationales qui entravent le commerce entre les pays africains. À terme, la libre circulation des personnes et un marché unique du transport aérien africain pourraient se développer dans la nouvelle zone de libre-échange.

Une telle libéralisation devrait donner un fort élan au commerce intra-africain. Une modélisation récente de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) prévoit que la valeur du commerce intra-africain se situera entre 15% et 25% de plus en 2040 avec la mise en place de la ZLECA. L’analyse montre également que les pays les moins avancés devraient connaître une plus forte croissance en matière de commerce intra-africain de produits industriels – jusqu’à 35% de plus en 2040, contre seulement 19% pour les pays africains en développement.

Cependant, avant tout autre chose, l’Afrique doit s’engager dans un plus vaste effort politique visant à bâtir un consensus depuis la formation de l’Union africaine en 2002. Ceux qui cherchent à obtenir un soutien pour l’accord ont la lourde tâche de démontrer comment la ZLECA tirera parti de divers marchés individuels au profit de plusieurs secteurs. L’agriculture en est un exemple.

En matière d’agriculture, le commerce agricole intra-africain est particulièrement sous-exploité en raison des droits de douane élevés sur les importations, d’autres obstacles non tarifaires (tels que les normes de santé et de sécurité), de la faible productivité et du manque de connectivité rurale. En 2015, les pays africains ont dépensé environ 63 milliards de dollars américains en importations de produits alimentaires, provenant en grande partie de l’extérieur du continent. Les projets de modélisation de la CEA augmenteront de 20% à 30% le commerce intra-africain de produits agricoles en 2040 avec la mise en place de la ZLECA, notamment du sucre, des légumes, des fruits, des boissons et des produits laitiers. La ZLECA donnerait un accès aux marchés aux niveaux régional et international, ce qui résultera à générer des revenus pour l’État, augmenterait les revenus des exploitants agricoles et augmenterait leur capacité ainsi que celle des pays à investir dans la modernisation du secteur par la transformation et la mécanisation. La ratification de la ZLECA renforcerait la sécurité alimentaire de l’Afrique et contribuerait à la croissance économique globale par le biais du secteur agricole.

Toutefois, ratifier la ZLECA n’exclut pas ses défis. Pour réussir, il faut surmonter les nombreuses questions sur la responsabilité des Africains. Il faut surmonter les craintes que les avantages de la zone de libre-échange ne soient répartis de manière inégale. Et cela nécessite l’engagement et la participation du secteur privé au service de l’accord tout en garantissant que celui-ci apportera de vastes avantages à la société, à l’environnement et aux économies nationales.

Ne vous méprenez pas – pour que l’accord parvienne à la ratification et porte ses fruits, le secteur privé doit intervenir.

Le besoin d’éducation et de participation des secteurs public et privé souligne également l’importance de rassembler les parties prenantes concernées pour qu’elles communiquent, posent des questions et développent une compréhension des différents points de vue. C’est la raison pour laquelle le Forum sur le commerce en Afrique organisé à Lagos, au Nigéria, la semaine dernière ne pouvait pas être organisé à un meilleur moment. Organisé par le Ministère du commerce et de l’investissement du Nigéria et organisé par la Fondation Rockefeller avec la CEA et la Commission de l’Union africaine, le Forum constituait la meilleure occasion à ce jour de réunir des représentants de tous les secteurs du commerce.

La ZLECA pourrait transformer l’économie de l’Afrique en le rendant compétitif au niveau mondial et en libérant le potentiel de création et de partage de la prospérité sur le continent d’une perspective uniquement africaine. Mais pour parvenir à la ratification, il faut un processus de collaboration et une contribution de plusieurs secteurs. Le forum de vendredi à Lagos a été un effort majeur pour rassembler ces voix pour l’avenir de l’Afrique.

  • Vera Songwe est la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Mamadou Biteye est le Directeur général pour l’Afrique de la Fondation Rockefeller.

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Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par M. Alex Segura-Ubiergo a visité Brazzaville du 6 au 14 novembre pour poursuivre les discussions sur un arrangement financier possible soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC). Le programme envisagé et qui serait appuyé par la FEC vise à aider la République du Congo à rétablir la stabilité macroéconomique et à réaliser une croissance plus élevée et plus inclusive. En particulier, le programme cherche à rétablir la viabilité de la dette et prévoit un large éventail de réformes visant à améliorer la gouvernance, à réduire la corruption, et à accroître la transparence et l’efficacité de la gestion des ressources publiques, en particulier dans le secteur pétrolier. Une bonne exécution du programme contribuerait aussi à la stabilité extérieure de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et soutiendrait les efforts collectifs des autres pays membres et des institutions régionales de l’union monétaire.

À l’issue de la visite des services du FMI, M. Segura-Ubiergo a publié la déclaration suivante:

« L’activité économique se stabilise, mais cela reflète des tendances divergentes dans les secteurs pétroliers et non-pétrolier. Alors que la croissance du secteur pétrolier est vigoureuse, le secteur non-pétrolier souffre d’une profonde récession, et sa reprise serait probablement plus lente que prévu. En conséquence, la croissance globale ne dépasserait probablement pas 1% en 2018, soit 1 point de pourcentage de moins que les prévisions antérieures. La croissance pourrait se redresser davantage et atteindre 3% en 2019, portée par une hausse de la production pétrolière et une reprise de la croissance de l’économie non-pétrolière.

« L’inflation devrait rester inférieure à 2%, et la forte expansion des exportations pétrolières devrait permettre de dégager un excédent de la balance des transactions courantes pour la première fois depuis 2014. Les conditions financières restent très tendues, et les créances en souffrance sont en hausse.

« L’assainissement des finances publiques s’est poursuivi, mais l’effort dans ce domaine ne permettrait pas d’atteindre les objectifs prévus pour 2018. Le déficit primaire hors pétrole devrait baisser seulement de 35,7 % du PIB hors pétrole en 2017 à 31,5 % en 2018, un ajustement ne représentant que la moitié de l’effort attendu.

« Bien que les autorités aient pu restreindre les dépenses, les recettes non-pétrolières baisseraient de 6% du PIB hors pétrole par rapport à 2017, et seraient environ 20% en deçà de l’objectif fixé pour 2018. Par ailleurs, grâce à une hausse considérable des recettes pétrolières, le solde budgétaire global deviendrait excédentaire en 2018.

« Face à la contreperformance des recettes non-pétrolières en 2018, plusieurs défis administratifs et institutionnels devraient-être urgemment adressés. Pour 2019, la mission a recommandé d’ajuster le projet de la loi des finances, afin d’incorporer l’impact du ralentissement de l’activité économique sur les recettes non pétrolières, ainsi que de réduire les dépenses non prioritaires. Des réformes seraient nécessaires pour réduire les subventions aux carburants et accroître l’efficacité des établissements publiques et autres institutions décentralisées de l’état qui continuent de dégager des déficits opérationnels. Par ailleurs, il est important de protéger les dépenses sociales essentielles en faveur des groupes les plus vulnérables de la population.

« Des progrès considérables ont été accomplis dans la mise en œuvre du programme de réformes structurelles des autorités y compris la publication d’une étude diagnostic sur la gouvernance, l’introduction d’une obligation juridique exigeant la publication des états financiers audités annuels de la SNPC et la publication en ligne des accords de partage de production dans le secteur pétrolier. Des efforts supplémentaires pourraient améliorer les projets de lois sur la Haute Autorité pour lutte contre la corruption et sur le régime de déclaration du patrimoine, ainsi qu’accroître la transparence de la gestion et de la comptabilisation des recettes pétrolières.

« L’équipe du FMI poursuivra les discussions avec les autorités sur les étapes nécessaires pour que la demande de la République du Congo pour un arrangement financier pour trois ans au titre de la FEC puisse être examinée par le conseil d’administration. Ces étapes consisteraient à réviser le projet de la loi des finances 2019, de mettre en œuvre des réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, ainsi que d’obtenir les assurances de financement explicites des créanciers officiels extérieurs, y compris un allégement de la dette, nécessaires pour rétablir la soutenabilité de la dette.

« La mission tient à remercier les autorités congolaises de leurs entretiens productifs et de leur chaleureuse hospitalité ».

[1] La mission a rencontré Son Excellence le Premier Ministre, M. Clément Mouamba, le ministre des Finances et du Budget, M. Calixte Nganongo, le ministre d’État pour l’Économie, M. Gilbert Ondongo, la ministre du Plan, de la Statistique, et de l’Intégration régionale, Mme Ingrid Olga Ebouka, le directeur national adjoint de la BEAC, d’autres hauts fonctionnaires, ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires du développement.

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Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la hausse ses prévisions relatives à l’inflation en Tunisie pour l’exercice 2018, à 8,1% contre 7,8% prévu dans son rapport sur les perspectives économiques – octobre 2018 – et 7,5 pour l’exercice 2019.
Dans le récent rapport (novembre 2018), “perspectives de l’économie régionale dans la région du Moyen Orient et l’Asie Centrale“, le FMI prévoit une baisse de la croissance pour toute l’année 2018, à 2,4% contre 2,6% dans ses prévisions du mois d’octobre et 2,9% pour 2019.
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a évalué, quant à elle, dans son rapport paru le 8 novembre 2018 la moyenne de l’inflation pour toute l’année 2018 à 7,5% contre 5,3 en 2017.
Le taux d’inflation sera baissé progressivement pour atteindre 6,7% en 2019 et 6% en 2020, estime la BCT.
Pour sa part, l’Institut National de la Statistique (INS) avait indiqué, en octobre 2018, que le taux d’inflation s’est stabilisé à 7,4%, après le repli enregistré entre le mois de septembre et août. L’Institut prévoit un taux de croissance de 2,8% au cours du deuxième trimestre de 2018.
Le gouvernement tunisien œuvrera pour maitriser l’inflation et la hausse des prix conformément aux objectifs déclarés dans le projet de loi de finances pour 2019, a annoncé, lundi, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lors de la plénière consacrée au vote de confiance des nouveaux membres du gouvernement.

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Après la validation de sa nouvelle équipe par les députés hier, Youssef Chahed doit dès ce mardi retourner au charbon. Et à en croire le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour, le chef du gouvernement a du plain sur la planche. Il a déclaré, ce matin sur Express FM, que «l’économie tunisienne recèle des atouts très prometteurs, grâce surtout à ses ressources humaines et ses diplômés. Cela dit, le PIB demeure faible et il faudra doter la politique économique d’axes clairs».

Parmi ces axes il y a la sauvegarde de la stabilité économique, laquelle passera par la maitrise du déficit du budgétaire, un déficit qui impacte négativement l’inflation et la confiance des investisseurs.
Par ailleurs Azour a souligné le niveau de la dette, trop élevé selon lui, donc il y a des efforts à faire pour préserver la compétitivité de la Tunisie, ragaillardir la confiance des investisseurs et adopter une politique monétaire taillée pour contenir l’inflation et maintenir les réserves en devises à un niveau convenable.
Enfin la Tunisie devra poursuivre les réformes structurelles, notamment celle qui cible la fonte de la masse salariale dans le secteur public, tout cela en dynamisant le secteur privé et en rognant ses coûts.

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Selon les prévisions (octobre) de la Banque centrale de Tunisie (BCT) portant sur les évolutions économiques et monétaires, le déficit énergétique, qui s’est élevé à 4.684 MDT (contre 2.700 MDT un an auparavant), explique 33% du déficit de la balance commerciale tandis que le déficit de la balance des matières premières (5.647 MDT contre 4.448 MDT au terme des neuf premiers mois 2017) a accaparé 40% du déficit commercial.

Au niveau de la balance des services, la BCT a noté la bonne tenue de l’activité touristique, durant la saison estivale, a induit une hausse notable des recettes touristiques de 441 millions d’euros au cours des mois de juillet et août, soit le niveau le plus haut enregistré depuis 2010. Sur l’ensemble des neuf premiers mois, les recettes touristiques ont cumulé 1.030 millions d’euros contre seulement 807,4 millions une année auparavant, tout en restant au-dessous des performances de 2014 (1.225 millions d’euros).

Quant aux revenus du travail (en espèces), ils ont totalisé 1.025 millions d’euros, à fin septembre 2018, contre 997 millions un an auparavant.

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“De quelle relance parle-t-on alors que les trois moteurs impulsant la croissance économique sont en panne : l’investissement, les exportations et la consommation des ménages”, c’est ce qu’a déclaré l’ancien ministres des Finances, Houcine Dimasi dans une interview accordée à Africanmanager.

Il a par ailleurs assuré que l’investissement privé piétine depuis longtemps pour différentes raisons dont notamment l’instabilité politique et sociale, la lourdeur bureaucratique, le délabrement de l’infrastructure de base, et l’absence de visibilité en matière de politique économique et financière.

“Ajoutons à cela”, selon ses dires l’irrationalité budgétaire citée plus haut, freinant lamentablement l’investissement public. Ajoutons aussi la grave crise qui secoue durement le secteur du bâtiment, représentant habituellement l’un des facteurs clés en matière d’investissement.”

Selon ses déclarations, la relance de notre économie ne dépend pas d’un piètre vœu mais plutôt d’une réforme structurelle radicale de toutes nos politiques économiques, sociales et financières. Ce qui nécessite beaucoup de clairvoyance, de force et surtout d’audace.

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La croissance économique attendue au T3-2018 serait de l’ordre de 2,6%, en glissement annuel (G.A), tirée essentiellement par les bonnes performances du secteur touristique, a indiqué la BCT dans un rapport sur les “évolutions économiques et monétaires et perspectives à moyen terme” publié jeudi.
La BCT prévoit, également, aussi une reprise de l’inflation au 4ème trimestre 2018 à 7,6%, contre 7,5% au troisième trimestre 2018.
En moyenne sur l’année, l’inflation serait de l’ordre de 7,5% contre 5,3% en 2017. Néanmoins, à moyen terme, une atténuation graduelle de l’inflation est attendue pour s’établir à 6,7% en 2019 et 6% en 2020“, précise la BCT.
Il est à rappeler que les dernières statistiques de l’Institut National de la Statistique ont indiqué que le taux d’inflation s’est stabilisé en octobre 2018, à 7,4% après le repli enregistré entre le mois de septembre et aout de 7,5% à 7,4%.

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La Commission des finances, de la planification et du développement de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a entamé, aujourd’hui, jeudi 8 novembre 2018, l’examen du projet de la loi de finances relatif à l’exercice 2019.

Le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, y est présent pour donner plus d’éclaircissements sur ce projet de loi.

Il est à rappeler à ce propos que le budget de l’Etat pour l’exercice 2019 est fixé à 40,662 milliards de dinars contre 37,666 milliards de dinar l’an dernier, enregistrant ainsi une hausse de 8%. Il permettra, selon les prévisions, de réaliser un taux de croissance de 3,1% contre 2,6% attendus en 2018.

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L’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimasi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont le remaniement ministériel, la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international et le projet de la loi de finances relatif à l’exercice 2019.

Que pensez-vous du dernier remaniement ministériel ?

 Le dernier remaniement du gouvernement Youssef Chahed constitue le énième chambardement de ce gouvernement. Ces changements successifs de ministres par d’autres, subis par ce gouvernement, ne font que refléter parfaitement l’échec cuisant de Chahed. Démuni de stratégie et de politique, voire même de simple programme,  incompétent dans le choix d’hommes d’état à la hauteur de la crise multidimensionnelle  que traverse le pays, et dispensé de tout soutien politique réel et consistant, Chahed s’est enfoncé dans les coalitions éphémères et fallacieuses ainsi que dans le populisme et la démagogie. De ce fait il a contribué avec les autres gouvernements post-révolte à aiguiser les cafouillages économiques et sociaux dont souffre ce pauvre pays, et à ternir encore plus l’image de ce dernier au niveau international. En agissant ainsi, Chahed ajoute de l’eau au total chaos menaçant le pays ; chaos qui ne peut profiter qu’aux sectes politico-religieuses genre Ennahdha.

L’année 2019 serait extrêmement dure et pénible pour le pays. Les déséquilibres socio-économiques atteindront leur summum. Les chacals politiques de tout genre, guettant le pouvoir, tenteront de se neutraliser mutuellement sans pitié. Ainsi notre cher pays serait un bateau dans la bourrasque sans réel capitaine. Seuls les pirates seront là pour le récupérer aisément.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international ? Certains experts considèrent cette sortie comme un échec le pays, votre avis ?

La dernière sortie sur le marché financier international a révélé la perte de notre pays  d’une bonne partie de sa fiabilité en matière de transactions extérieures. En effet, cherchant à mobiliser sur ce marché un emprunt de plus de 800 millions d’euros, le gouvernement n’a pu obtenir que 500 millions. L’excellente image d’antan de notre pays sur la scène mondiale s’est obscurcie puisque les bailleurs de fonds n’ont plus tout à fait confiance.
Par ailleurs le coût de cet emprunt serait très lourd puisque ses conditions ont été fort contraignantes : plus de 6,75% comme taux d’intérêt et seulement 5 ans comme durée de remboursement. L’on s’écrase réellement sous le fardeau de l’endettement d’autant plus que ce dernier sert de plus en plus non pas à consolider nos infrastructures de base et nos équipements collectifs mais à consommer, voire à gaspiller, inutilement.

La dernière sortie stérile et manquée sur le marché financier international n’est pas un phénomène fortuit et passager. Il représente l’un des signes de l’état économique et  financier fiévreux de structure que traverse depuis longtemps notre pays. Pour preuve le recours fréquent depuis la révolte aux budgets complémentaires. L’on concocte à la hâte un projet de budget bourré de fausses promesses et l’on replâtre par la suite par budget complémentaire dans des conditions dures et difficiles. Ainsi, les budgets complémentaires sont devenus une manie fréquente et régulière alors qu’ils étaient l’exception avant la révolte.

Pour preuve aussi ce recours régulier aux emprunts sur le marché financier international. Avant la révolte ce recours visant surtout à financer les dépenses improductives du budget était aussi exceptionnel. Avant la révolte, l’Etat tunisien faisait appel à des organismes internationaux (BIRD, BAD, BEI,…) pour l’obtention d’emprunts souvent affectés à des projets d’infrastructure ou d’équipements collectifs. Cette rationnelle politique d’avant la révolte s’est éteinte. Désormais on empreinte à des conditions ruineuses pour satisfaire des promesses illusoires.

Quels sont les points forts et les points faibles du PLF 2019 ? S’agit-il d’une loi de relance ?

Le PLF n’a ni des points forts ni des points faibles. Cette manière de s’interroger ainsi n’a aucun sens car dans une telle dynamique dialectique l’on ne peut séparer les points forts des points faibles. En fait, dans sa globalité, le PLF 2019 est une simple continuité des lois de finances antérieures : s’enliser dans de stériles dépenses budgétaires dépassant de trop loin les ressources propres de l’Etat. D’où un enfoncement jusqu’au cou dans l’endettement à des conditions de plus en plus coûteuses et pénibles.

Je le répète encore une fois : Le PLF 2019 ne fait pas exception par rapport aux précédents post-révolte ; en comparaison avec le PLF 2018, les dépenses additionnelles prévues par le PLF 2019 s’élèvent à environ 4,7 milliards de dinars (ce qui est plus qu’énorme), affectées à raison de 37% à l’augmentation des salaires (1 740 millions de DT), 28% pour le remboursement des dettes antérieures (1 320 millions de DT) et 15% pour les dépenses de compensation (700 millions de DT). A contrario, le budget de  l’équipement ne bénéficiera que de 5% de ces dépenses additionnelles du budget, soit le ridicule montant d’à peine 235 millions de dinars.

Le PLF 2019 montre clairement que depuis la sacrée révolte l’on s’est installé dans un joli bourbier du point de vue budgétaire : dépenser plus pour consommer ou gaspiller en se basant non sur l’amélioration de ses propres ressources mais plutôt sur le dangereux endettement et/ou sur le lynchage fiscal.

Peut–on parler d’une reprise en 2019 ?

De quelle relance parle-t-on alors que les trois moteurs impulsant la croissance économique sont en panne : l’investissement, les exportations et la consommation des ménages.
L’investissement privé piétine depuis longtemps pour différentes raisons dont notamment l’instabilité politique et sociale, la lourdeur bureaucratique, le délabrement de l’infrastructure de base, et l’absence de visibilité en matière de politique économique et financière. Ajoutons à cela l’irrationalité budgétaire citée plus haut, freinant lamentablement l’investissement public. Ajoutons aussi la grave crise qui secoue durement le secteur du bâtiment, représentant habituellement l’un des facteurs clés en matière d’investissement.

Nos exportations souffrent de plus en plus de la convergence de deux tendances pénalisantes : la hausse sans fin du coût et par là du prix de nos produits (montée galopante à la fois des salaires, des cotisations sociales, des impôts, des taux d’intérêt et dépréciation continue du dinar), d’une part, et la régression de notre productivité, d’autre part. Cette convergence devient encore plus contraignante lorsque l’on prend en considération l’énorme écart entre notre pays et l’Union européenne en termes d’inflation : 7 à 8% contre à peine 1%. C’est dire que désormais nos exportations ne bougent un peu que grâce à la pluie et non à l’effort et la performance des travailleurs. En un mot, depuis la révolte, notre capacité compétitive s’est sensiblement envolée à cause du populisme et de l’irrationalité des gouvernements qui se sont succédé.

Enfin, la consommation des ménages ne répond plus, malgré les augmentations continues des salaires. L’inflation, à des taux inquiétants proches de 8%, grignote sans cesse le pouvoir d’achat de la quasi-totalité de ces ménages. Trois facteurs, pouvant accentuer encore plus l’inflation, sont en perspective : les énormes augmentations des salaires aussi bien dans le privé que dans le public, la dépréciation continue du dinar, et l’augmentation des prix d’une bonne partie des et services compensés et surtout le transport et les carburants.
La relance de notre économie ne dépend pas d’un piètre vœu mais plutôt d’une réforme structurelle radicale de toutes nos politiques économiques, sociales et financières. Ce qui nécessite beaucoup de clairvoyance, de force et surtout d’audace.

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Boriana Yontcheva, a séjourné à Bamako du 24 octobre au 3 novembre 2018 dans le cadre des consultations relatives à la dixième revue du programme économique et financier du Mali appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI. A l’issue des discussions, Mme Yontcheva a fait la déclaration suivante :

« La mission du FMI et les autorités Maliennes sont parvenues à un accord préliminaire sur la conclusion de la dixième revue du programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC du FMI, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil d’administration du FMI. L’examen du dossier par le Conseil d’Administration du FMI est prévu pour décembre 2018. »

« La croissance du PIB de 2018, soutenue par une production agricole solide, devrait rester robuste à environ 5 %. L’inflation est projetée à environ 1.9 %, en dessous du plafond régional. »

« La mise en œuvre du programme au cours du premier semestre 2018 a été globalement satisfaisante. La plupart des critères quantitatifs de performance à fin juin 2018 ont été atteints. La moins-value importante au niveau des recettes intérieures a été compensée par une réduction des dépenses car les autorités ont fait preuve de détermination pour respecter leur objectif de déficit budgétaire. Le niveau attendu des recettes à fin Décembre 2018 est inférieur à l’objectif du Gouvernement de 1 pourcent du PIB. En plus de la mise en œuvre de mesures correctives d’administration fiscale pour redresser le niveau des recettes, les autorités ont également prévu de resserrer significativement les dépenses d’investissement moins prioritaires financées sur ressources intérieures et les dépenses courantes, hors salaire, afin de respecter l’objectif de déficit budgétaire de 2018. Plusieurs réformes structurelles ont été mises en œuvre, en particulier celle sur l’amélioration de la gouvernance où l’objectif de transmission des déclarations de patrimoine par les hauts fonctionnaires a été largement rempli. Cependant, la formule de fixation des prix pétroliers n’a pas été constamment mise en œuvre et la réforme relative au relèvement du seuil des investissements bénéficiant d’exonérations fiscales a été retardée. »

« Le budget préliminaire de 2019 est en ligne avec le respect du critère de convergence de l’UEMOA limitant le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Atteindre cet objectif va nécessiter plus d’efforts de recouvrement des recettes dans un contexte de prix pétroliers toujours élevés et une situation sécuritaire difficile. »

« Pour le moyen terme, les autorités doivent accroître leurs efforts afin de créer de l’espace pour les dépenses en infrastructures et sociales. Cela nécessitera une mise en œuvre inébranlable des réformes sur l’amélioration de l’administration fiscale, l’amélioration de l’efficacité de la taxation du secteur minier et des recettes sur les produits pétroliers, ainsi que l’amélioration de la gestion des finances publiques, en particulier l’augmentation de l’efficacité des investissements publics et le renforcement de la gestion de la dette. »

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Les cours des produits de base agricoles, dont les denrées alimentaires et les matières premières, devraient progresser de 1,6% en 2019, en dépit d’un léger repli en 2018, sous l’effet de l’abondance de l’offre et des tensions commerciales, selon les prévisions de la Banque mondiale (BM).

La BM indique ainsi dans sa livraison d’octobre de “Commodity Markets Outlook” que l’accroissement des tensions commerciales dans le monde va peser sur les cours des produits de base non énergétiques.

Les prix pétroliers devraient s’établir à 74 dollars le baril sur l’année 2019, soit à peine plus que les 72 dollars prévus en moyenne pour 2018, alors que les cours des métaux resteront globalement stables en 2019.

En 2018, les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) devraient être de 33,3 % supérieurs en moyenne à ceux de 2017, mais devraient globalement se stabiliser en 2019, précise la Banque mondiale. Une croissance robuste de la production pétrolière aux Etats-Unis, et un recul de la production en Iran et au Venezuela sont prévus. La demande mondiale devrait rester la même.

La surenchère des restrictions sur le commerce entre de grandes économies pourrait provoquer des pertes économiques importantes et des coûts commerciaux se répercutant tout au long des chaînes de valeur mondiales“, a déclaré Shanta Devarajan, directeur principal du développement économique et économiste en chef par intérim à la BM.

Et d’ajouter “tout recul de la croissance dans les grandes économies aurait des répercussions négatives importantes pour le reste du monde par le biais du commerce, du climat de confiance, des flux financiers et des marchés de produits de base“.

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Dans un rapport sur le projet de budget 2018, publié le 12 octobre dernier, le ministère tunisien des Finances (MF) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’exercice 2018. Selon ce rapport, qui cite des données mises à jour, «la situation économique a enregistré des signes positifs en 2018, notamment au niveau de l’amélioration du taux de croissance du PIB, en lien avec les performances de l’agriculture et du tourisme, mais aussi des exportations et des IDE». Le document attire cependant l’attention sur le fait que «cette situation comporte toujours des fragilités qui impactent négativement les grands équilibres, dont la hausse des prix du pétrole et le déficit commercial».

Evoquant ensuite la croissance, le document du MF souligne la hausse du PIB à 2,6 % au cours du 1er semestre 2018, contre 1,9 % à la même période de 2017. Et de revoir ensuite ses prévisions, en affirmant que «il est attendu que le taux de croissance, à prix constants pour toute l’année 2018, se stabilise à 2,6%, contre 3% prévu».

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Le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, qui revient de Berlin où il a pris part à la conférence, aux côtés du chef de l’Etat, a évoqué ce mercredi 31 octobre 2018 la situation économique du pays, notamment l’endettement. «La Tunisie ne tiendra pas avec un taux d’endettement de plus de 70%. Aujourd’hui, nous sommes incapables d’affronter n’importe quelle secousse économique. Le point d’inflexion phare dans le budget de 2019 est que la Tunisie va rogner un point d’endettement», a affirmé Chalghoum sur Express Fm.

Le taux d’endettement a bondi ces 7 dernières années de 40 à 80%, ce qui fait une poussée de 3,4 points par an, a-t-il indiqué. Il a ajouté qu’en 2018, cette progression annuelle ne sera que de moitié et le budget 2019 a été élaboré pour tasser le taux d’endettement de 1%.
«Certes, cela demeure insuffisant mais c’est un pas vers le repli. Le but est de faire baisser ce taux dans le futur. Un recul de 12% est possible en 5 ans et a déjà été accompli entre 2005 et 2010, le taux d’endettement étant passé de 52 à 40%», a dit le ministre.
«Aujourd’hui, il faut qu’on revienne à des taux de l’ordre de 50% et même moins», a-t-il déclaré. Cela devra passer inéluctablement par la montée de la croissance, le gouvernement ayant fait une hypothèse de croissance de 3,1% en 2019 ; et on pourra aisément aller au-delà, d’après Chalghoum, au regard de la marge de progression dans l’agriculture et l’investissement.

Le hic c’est que la Tunisie n’est pas au meilleur de sa forme au niveau de l’investissement direct étranger, selon le dernier rapport d’Ernst & Young. Mais si le pays continue dans la dynamique de l’amélioration de son climat d’affaires, comme en atteste le rapport “Doing Business 2019, de bonnes surprises seront au-rendez-vous.

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Le Fonds Monétaire International (FMI) pourrait être moins flexible concernant le déblocage des tranches du prêt accordé à la Tunisie, prévues pour 2019, en raison des dernières augmentations des salaires décidées dans le secteur public, et celles prévues pour la fonction publique, a estimé l’expert comptable Walid Ben Salah.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, il a rappelé que le FMI n’a cessé de demander le gel des salaires dans la fonction publique, depuis la signature, en mai 2016, de l’accord relatif au prêt de 2,8 milliards de dollars accordé à la Tunisie au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Le pays a déjà bénéficié de 5 tranches d’une valeur globale de 1,4 milliard de dollars.
Il aurait fallu parler franchement avec le Fonds monétaire international de la situation économique et sociale difficile du pays, marquée par la détérioration du pouvoir d’achat, la montée de l’inflation et la faiblesse de la croissance, pour bénéficier d’une meilleure flexibilité, concernant la question des salaires“.

L’expert comptable a par ailleurs jugé précipité l’engagement pris par le gouvernement auprès du FMI, de geler la masse salariale, au demeurant l’une des plus élevées au monde, et de ne pas augmenter les salaires, d’autant plus que le gouvernement a signé un accord avec l’UGTT, le 22 octobre 2018, pour augmenter les salaires dans le secteur public.
Cette contradiction est de nature à saper la crédibilité du gouvernement et reflète une absence de vision concernant les réformes qui doivent être engagées, ce qui contraint le gouvernement à opter, à chaque fois, pour des mesures artificielles, à l’instar du mécanisme du crédit d’impôt, retenu pour réduire la masse salariale. Lequel mécanisme n’est pas à même de solutionner un problème structurel et non comptable“.
Néanmoins, les augmentations salariales qui concernent le secteur public (établissements et entreprises publics) sont compréhensibles, vu la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens“.

Ben Salah a affirmé que les dernières augmentations dans le secteur public, en attendant celles de la fonction publique, sont justifiées, étant donné que l’année 2018 s’est caractérisée par une amplification des taxes et impôts, dont la hausse des impôts indirects et les retenues sur salaires. En même temps, le taux d’inflation a atteint des niveaux record (7,4% à fin septembre 2018), y compris dans le secteur de l’énergie et les taux d’intérêt ont augmenté.
Il s’agit d’autant de facteurs qui ont sensiblement impacté le pouvoir d’achat des citoyens et particulièrement des salariés.

Le PLF 2019 n’a pas intégré les dernières augmentations

En ce qui concerne l’impact des augmentations salariales dans le secteur public et celles prévues dans la fonction publique, sur les équilibres budgétaires, Ben Salah a précisé que la masse salariale inscrite dans le projet de budget de l’Etat 2019 est estimée à 16,5 milliards de dinars, soit 14,1% du PIB.
Cette masse représente plus de 40% du total du budget, compte non tenu des récentes augmentations dans le secteur public (entreprises et établissements publics) et des augmentations prévues dans la fonction publique (ministères et administrations).
Il a indiqué que le gouvernement pourrait avoir recours une nouvelle fois à des solutions provisoires, dont la réduction d’autres budgets tels que celui du développement, pour préserver les équilibres globaux.
“Les dernières augmentations salariales dans le secteur public, qui concernent les établissements et entreprises publics, augmenteront les déficits de ces derniers, surtout qu’elles ont été décidées après la fixation de leurs budgets, d’où la nécessité de leur révision“.

Amplification du déficit des entreprises et établissements publics

Pour l’expert comptable, le déficit enregistré dans les entreprises et établissements publics va rendre plus difficile leur situation financière. Ainsi, il y aura recours au budget de l’Etat pour les aider de nouveau, ou à l’endettement ou encore à l’augmentation de leurs ressources propres, par l’augmentation de certaines tarifs ( électricité, gaz, hydrocarbures, billets de Tunisair et du transport public…).
L’exercice 2019 en sera grevé, étant donné que les augmentations salariales seront débloquées en janvier 2019, avec un effet rétroactif, à compter de mai 2018. D’ailleurs, le projet du budget 2019, comporte des transferts financiers programmés au profit des entreprises et établissements publics d’une valeur de 1 672 Millions de dinars (MD), dont 958 MD, au titre des salaires. Cette somme sera revue à la hausse, compte tenu de dernières augmentations salariales“.
Il a indiqué que le recours aux recrutements anarchiques dans la fonction publique et dans le secteur public au cours des années 2011, 2012 et 2013, pour assurer la paix et la stabilité sociales, n’a pas donné de résultats, étant donné la persistance de la problématique du chômage (plus de 15%).
Et de constater que les mouvements de protestation, les sit-in et le blocage de la production pour revendiquer des droits sociaux se poursuivent encore.

L’expert comptable a réitéré son appel à “une redistribution des agents et fonctionnaires au sein de l’appareil de l’Etat, pour renforcer les structures de contrôle, telles que le contrôle fiscal et économique, la cour des comptes et les structures de contrôle public et de recouvrement, sur la base de programmes de formation et de mise à niveau adéquats, tout en veillant à la numérisation de l’administration“.
Ces mesures, a-t-il dit, permettront à l’Etat, de mobiliser de dizaines des millions de dinars et d’assurer le recouvrement des dettes classées, sans recourir à de nouveaux recrutements ou augmenter la masse salariale.

TAP

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Il y a urgence, d’après Sami Zaoui, membre du Conseil d’Analyses Economiques (CAE), à appliquer le plan de relance 2019-2020 soumis au chef du gouvernement, Youssef Chahed. Rappelons que ce plan a été dévoilé le 20 octobre 2018 et qu’il contient 100 propositions, et le cadre qu’il faut mettre en place pour que la Tunisie en tire un bénéfice. Zaoui est revenu ce mercredi 24 octobre 2018, sur Express FM, sur les détails de ce plan et la situation économique du pays.

Il a indiqué que ce rapport est principalement axé sur deux leviers pour une vraie relance : la croissance et l’emploi ainsi que l’inclusion sociale et régionale. Le document propose d’insérer certaines de ces 100 mesures dans la Loi de finances 2019, notamment un moratoire sur l’impôt sur les sociétés (le maintenir à son niveau actuel), une imposition unifiée sur les sociétés offshore et onshore de 10% (13,5% actuellement) à partir de 2021 et la bonification des taux d’intérêt, estimés à 10% aujourd’hui, pour doper l’investissement. Chahed a manifestement agréé les demandes du CAE.

Zaoui a ajouté que ces outils servent également à répondre aux problèmes économiques du moment, surtout le péril de la désindustrialisation qui guette (dégradation du tissu industriel, notamment les secteurs du textile, du tourisme et de l’automobile) ainsi que le tassement de l’investissement accentué par l’érosion du dinar et le manque de visibilité sur les retombées des placements. L’expert comptable est d’avis que la reprise de la production des énergies, notamment le pétrole et celle du phosphate sont de nature à freiner la dépréciation du dinar et à rééquilibrer la balance commerciale.

«Il y a 50 mesures horizontales de nature transversale dans ce plan de relance. Il faut optimiser le rendement de l’administration en faisant monter les services en ligne pour alléger les procédures administratives. Ce plan de digitalisation sera effectif d’ici 12 à 18 mois. Le rapport préconise, en outre, la mise en place d’un médiateur de crédit pour faciliter les rapports entre les banques et les sociétés. Des suggestions relatives à l’entreprenariat comme la création d’une maison de l’entreprenariat dans chaque gouvernorat sont, de plus, faites dans ce rapport. Il y a, par ailleurs, des mesures sectorielles au nombre de 21 qui ciblent essentiellement des réformes au niveau des secteurs et qui ont pour but de dynamiser leur performance et leur productivité », a conclu l’expert.

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Le budget de l’Etat pour l’exercice 2019 a été préparé sur les hypothèses suivantes:
-Croissance économique: 3,1%
-Prix de référence du baril de pétrole (Brent): 75 dollars
-Déficit budgétaire: 3,9% du PIB
-Taux d’endettement: 70% du PIB
-Augmentation des exportations: 8,1%

Rappelons que les hypothèses trop optimistes du projet du budget 2018, notamment un prix du baril de pétrole exagérément bas malgré les alertes des experts, ont valu bien des déboires au chef du gouvernement. Est-ce encore le cas cette fois ? Les analystes ont la parole…

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L’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) organise, en marge des journées nationales de promotion des Industries du Textile et de l’Habillement (ITH) et du Cuir et de la Chaussure (ICC), des rencontres d’affaires B2B au profit des professionnels des secteurs ITH et ICC, et ce les 30 et 31 octobre 2018 à l’hôtel Laico à Tunis.

C’est un événement incontournable pour les industriels et les fournisseurs tunisiens de matières premières et d’accessoires dans les secteurs ITH et ICC, pour renforcer les dispositifs de sourcing de proximité.

L’industrie des composants automobiles en Tunisie, c’est plus de 250 entreprises dont 67% totalement exportatrices, 4% du PIB de l’économie tunisienne, 12% de croissance annuelle de la production. Près de 67 000 emplois directs et 13 000 emplois indirects avec une disponibilité de main d’œuvre qualifiée, en particulier d’ingénieurs en équipement automobile et électronique

La Tunisie qui fournit les principaux sites de production européens est le 2ème fabricant de composants automobiles en Afrique. Le pays se classe parmi les 5 principaux fournisseurs de composants de l’Union Européenne. Ce secteur représente 4,5 milliards de dinars à l’exportation destinée aux marchés les plus concurrentiels.

D’où l’intérêt de lancer un salon professionnel tel que “TUNISIA AUTOMOTIVE 2018”. La 1ère édition est organisée par la Société des Foires Internationales de Tunis en partenariat avec la Tunisian Automotive Association (T.A.A.) et le Centre Technique des Industries Mécaniques et Électriques (CETIME) avec la collaboration de la Fédération Nationale de la Mécanique et la Fédération Nationale de l’Electricité (UTICA), de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (A.P.I.), de l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur (FIPA TUNISIA) et du Centre de Promotion des Exportations (CEPEX).

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Slim Feriani, le ministre de l’Industrie et des PME et de l’Energie par intérim, a récemment accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont la croissance, l’investissement, le PPP (partenariat public-privé) et la loi de finances pour l’exercice 2019.

Nous avons constaté récemment l’émergence de la Chine comme nouveau marché pour la Tunisie. Que peut-on dire là-dessus ?

La Chine est un important marché pour la Tunisie, notamment au niveau touristique. C’est aussi un partenaire économique très important à toutes les échelles, surtout pour ce qui est de l’investissement. C’est vrai que le volume d’investissement n’est pas très grand mais il investit quand même en Tunisie. Du côté tunisien, on peut exporter beaucoup plus en Chine. Il y a un nouveau dynamisme vers ce marché qu’il faut exploiter.

Du coup, le Partenariat Public-Privé (PPP) est très important sachant que la création de richesses ne peut être faite que via le secteur privé. Le nombre et la qualité des gens qui ont participé à la conférence internationale sur le PPP qui a eu lieu récemment à Tunis dénotent de la confiance que font les investisseurs à la Tunisie, étant donné qu’on ne peut pas investir sans confiance. On ne peut avancer qu’à travers l’investissement.
En effet, la croissance en Tunisie a été impactée par plusieurs facteurs structurels ou encore en relation avec l’environnement extérieur de la Tunisie, comme la crise en Europe ou encore la situation en Libye. Ajoutons à cela la période de transition par laquelle passe notre pays. Malgré ces handicaps, la Tunisie peut atteindre des taux de croissance meilleurs que ceux des années passées.

Au niveau du ministère de l’Energie, nous avons plusieurs projets ambitieux et innovateurs. Des projets de 1000 Mégawatt qui s’ajoutent au programme de production de 3500 Mégawatts d’ici 2030. On veut aussi aller jusqu’à 30% de production énergétique à partir des énergies renouvelables contre moins de 5% actuellement. Des projets qui nécessitent beaucoup de fonds que l’Etat ne peut pas mobiliser seul. Les projets d’infrastructure ne pourraient jamais être réalisés par le gouvernement seul. Il faut un partenariat entre le secteur privé et le public et entre la Tunisie et des investisseurs étrangers.

Est-ce qu’on peut parler de reprise au niveau de l’investissement ?

Bien évidement, on a des chiffres positifs. Tous les chiffres qu’on voit aujourd’hui sur la croissance sont des chiffres positifs. On parle de plus de 2,8% de croissance du PIB au deuxième trimestre, de 2,6% de croissance au 1er trimestre et d’une hausse au niveau des exportations de 26% durant les 7 premiers mois de cette année. On parle aussi de croissance au niveau de l’industrie manufacturière qui représente 90% des exportations tunisiennes. Tous les secteurs confondus, textile, habillement, industrie manufacturière, électronique, mécanique, agroalimentaire, ont vu une croissance et une reprise importante au niveau de l’investissement. Les chiffres de l’API nous montrent aussi qu’il y a eu une reprise. Environ 2 mille demandes d’investissement pour une enveloppe de 2 Milliards de dinars pour la création de 37 mille d’emplois. Ce sont des intentions d’investissement mais une grande partie sera concrétisée à travers des projets.

Et au niveau des IDE, est-ce aussi la reprise ?

Nous constatons également une reprise au niveau des IDE, plus de 20% de croissance. Il y a une reprise mais il y a beaucoup de choses qui restent à faire pour atteindre plus de 5% de croissance. Il ne faut pas toutefois dire que tout va bien ou ralentir le pas mais plutôt accélérer le rythme. Il faut beaucoup plus de productivité dans le secteur privé mais aussi public. La reprise économique dépend de plusieurs facteurs et on ne veut pas que la consommation soit le moteur de la croissance mais plutôt l’investissement et l’exportation. Ce sont les deux facteurs sur lesquels on doit se concentrer et ce sont eux-mêmes qui sont entrain de reprendre cette année.

De l’autre côté, il y a le moteur de la productivité sans lequel on ne peut pas avancer. Si on n’avance pas, on recule. Il faut qu’on soit responsable. Cela n’est pas la responsabilité d’un ministre, d’un chef du gouvernement ou de l’administration c’est plutôt un travail collectif d’environ 12 millions Tunisiens. C’est une prise de conscience. Il faut voir les “success stories” comme par exemple en Asie, avec des pays comme la Corée du Sud, Singapour, la Chine et le Vietnam qui sont considérés aujourd’hui comme des champions mondiaux. Pour aller dans cette direction, il faut se retrousser les manches et travailler.

Les Tunisiens doivent être conscients de l’enjeu. Nous avons des ressources financières très limitées et c’est pour cela qu’on parle de PPP. Il faut qu’on sollicite le secteur privé pour financer ces projets d’infrastructure. Aucun pays émergent n’a évolué vers ce qu’il est aujourd’hui, telle que la chine, sans IDE. Et pour que l’investisseur vienne en Tunisie, il faut qu’il soit rassuré. Il ne faut pas matraquer les investisseurs avec des messages négatifs et pessimistes qui découragent. Il faut que tous on soit responsable et qu’on encourage les investisseurs nationaux et étrangers à investir et mettre la main dans la main pour aller au devant.

La loi de finances 2019, y a-t-il des messages à transmettre ?

Le premier message est qu’il faut que cette loi soit une loi de reprise, d’appui et de relance de l’économie. Il faut libérer les énergies positives. C’est un travail collectif et une opportunité pour renforcer le dialogue. C’est aussi un travail de partenariat puisque tous les ministères sont concernés.

En tant que ministère de l’Industrie, chargé aussi des Energies et des Mines, nous avons donné beaucoup de propositions sur cette loi. Nous avons travaillé avec une approche tri-participative et collective avec le secteur privé.

Nous avons aussi travaillé avec une approche très collaborative pour écouter les soucis des investisseurs et éviter les choses qu’on doit éviter. ll faut admettre qu’aucune loi de finances n’est parfaite.

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