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Elyes Mnakbi

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Ancien colonel de l’armée tunisienne, reconverti et qui dirige depuis bientôt une année «l’armée» d’employés (ils sont plus de 7.500 personnes) de la compagnie tunisienne de transport aérien Tunisair, Elyes Mnakbi reste optimiste quant l’avenir de l’entreprise , malgré tout ce qui se dit à propos de sa qualité de service et ses difficultés financières.

Interviewé lors de la rencontre de la TABC avec le groupe d’hommes d’affaires qui participeront à l’inauguration de la nouvelle ligne de Tunisair sur le Benin, le Colonel-PDG qui voudrait sauver le soldat-Tunisair estime que «elle va désormais dans le bon sens». Mnakbi n’en reste pas moins réaliste et loin d’être langue de bois comme il l’a attesté lors de différentes sorties médiatiques, en reconnaissant que «la saison passée a été catastrophique, malgré l’augmentation de 23 % du chiffre d’affaires avec une flotte vieillissante», mais sans oublier pour autant de s’auto-congratuler et nous faire remarquer que «c’est est une première pour les sept dernières années d’exercice de Tunisair».

En fait et comme nous l’avait déjà indiqué le ministre du Transport Radhouane Ayara et comme le confirme son PDG, la compagnie prépare un nouveau plan de redressement, qui serait, selon Mnakbi «en phase finale d’élaboration».

  • Le Colonel qui voudrait sauver le soldat Tunisair

Première nouveauté dans ce plan, Tunisair chamboule encore une fois son plan de flotte. «Nous avons mis en place une nouvelle politique, qui tienne compte de notre situation matérielle. A l’instar du reste des grandes compagnies aériennes, nous n’achèterons plus, nous louerons les avions dont nous aurons besoin et cela nous coûtera 30 % de moins qu’à l’achat», indique Mnakbi à Africanmanager. Manifestement bien informé et sûr de sa décision, il précise que «notre plan de flotte consiste désormais à louer cinq ou 6 avions, des A320 Néo qui offrent plus de rayon d’action et permettent un gain de 15 % en consommation de carburant ou des 737.800 qui disposent d’une large soute pour des voyageurs, tels que les Africains».

Désormais, Tunisair fait la politique de ses moyens et suit la tendance internationale du Leasing, même si avec du retard. Désormais aussi, le plan de la flotte de la compagnie qui compte actuellement 28 appareils, ne comportera plus que 5 appareils A330 qui seront Néo, en lieu et place des acquisitions qui devaient se concrétiser en 2020. Les 5 seront en location à travers le Leasing, avec, peut-être, une option de rachat, mais ce n’est pas sûr. Ce qui certain, c’est qu’ils ne feront que remplacer les avions qui ne seront plus aptes à voler et dont le rythme régulier est d’un départ par an.

Mais la restructuration de Tunisair, c’est aussi le volet social. La compagnie qui avait provisionné 53 MDT pour un plan de sortie volontaire à la retraite anticipée de 1.200 salariés, s’était retrouvée avec des demandes de cadres indispensables et voudrait pouvoir, choisir et décider elle-même de qui pourra partir à la retraite anticipée.

Tunisair comptait sur les caisses sociales pour payer les retraites. Ces dernières ont cependant soulevé une levée de bouclier pour cause de difficultés financières propres. «C’était une ancienne évaluation, datant de 2015. C’est désormais la compagnie qui se chargera de payer la différence. Il nous faut pour cela 100 MDT», indique Elyes Mnakbi. Et lorsqu’on lui rappelle que l’Etat refuse jusqu’à présent de mettre la main à la poche pour aider Tunisair, il prend un air désolé pour rétorquer, comme s’il avait Youssef Chahed en face de lui, que «normalement, même si Tunisair perd de l’argent, elle fait gagner le pays, macroéconomiquement, grâce au tourisme et services sanitaires etc. et participe activement à la croissance économique du pays». Et de sauter ensuite le pas, non sans courage et même avec la témérité du bon soldat, en affirmant avec le sourire, que «l’Etat doit nous verser l’argent, non seulement pour le bien de Tunisair, mais de celui de tout le pays».

  • L’Open Sky total, c’est la faillite pour Tunisair

L’autre actualité pour Tunisair, alors que la ministre tunisienne du Tourisme pousse vers la finalisation des négociations avant la fin 2017, c’est l’ouverture de son marché, par l’Open Sky à d’autres compagnies et notamment les Low Cost. Et lorsqu’on lui demande si cette ouverture est une bonne chose pour sa compagnie, il n’hésite pas une seconde pour répondre par un «jamais» sentencieux, avant de préciser, comme pour nuancer les déclarations de Selma Rekik Elloumi, que «l’Open Sky sera appliqué à Djerba et Monastir. Mais pas à Tunis-Carthage. C’est cela l’accord car, avec l’infrastructure, les moyens et la flotte de Tunisair, c’est la faillite !».

 

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