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Il fut un temps politique en Tunisie où le parti islamiste ennahdha était l’ennemi public n°1 de presque tous les politiciens, à l’exception de la Troïka qui s’était alors alliée au parti de Rached Ghannouchi, seul parti assez discipliné et structuré pour leur offrir les sièges que le CPR de Moncef Marzouki et le Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar briguaient sans en avoir les moyens. Pour la Troïka comme pour Nidaa Tounes du candidat Caïed Essebssi (BCE), Ennahdha était alors l’épouventail et le seul argument politique capable de faire assez peur aux Tunisiens pour les pousser au «vote utile».

Devenu chef de l’Etat,           BCE fera ensuite «pacte avec le diable» à Paris et partage le pouvoir avec son ennemi d’antan. Une fois bien établi à Carthage, il pousse son fils, héritier de fait du parti fondé par son père, à abonder dans ce sens. Le parti islamiste tunisien était le partenaire incontournable, tout aussi indispensable qu’un «mal nécessaire».

  • Petits rappels d’histoire

Intervint alors la nomination de Youssef Chahed au poste de chef de gouvernement. «Injustice» en termes de répartition des portefeuilles, remarquée par son parti, la guerre contre Youssef Chahed est lancée, toutes griffes cybernétiques et médiatiques dehors. Le but était d’écarter de La Kasbah celui qui y commençait à prendre au sérieux son nouveau poste de chef de gouvernement et qui avait tourné le dos à ses anciens camarades du parti Nidaa.

De manière paradoxalement surprenante et attendue, le chef de l’Etat prend le parti de son fils et redonne vie aux «Accords de Carthage», une sorte de «Choura laïque» ou de conseil d’administration pour l’entreprise Kasbah, qui permettait de tracer le programme du chef du gouvernement en lieu et place et de le recadrer si nécessaire. Le but était de contourner, par le jeu du consensus, la Constitution qui ne permettait pas de virer Youssef Chahed sans coup démocratique férir.

Entretemps, Ennahdha avait pris assez confiance en lui-même et se sentait désormais assez fort pour reprendre le chemin de croix du pouvoir qu’il avait quitté en 2014 de peur d’endosser toutes les erreurs des premières quatre années de la Troïka et de se faire brûler les ailes par un pouvoir devenu incandescent. Ennahdha avait repris du poil de la bête et BCE croyait toujours pouvoir le tenir par le «droit d’aînesse» et par le sentiment d’obligé envers le parti dont il avait contribué à remettre le pied dans l’étrier, alors que tout le monde l’accusait de tous les maux politiques du pays.

Quelle ne fut sa surprise de voir son ancien partenaire et ami de l’épisode de Paris se rebeller et même tourner casaque, lorsqu’il lui propose son accord pour le point 64 du «Document de Carthage 2». Le surprenant surpris à son tour par Ghannouchi qui s’en serait lavé les mains ; BCE se fâche, tempeste et décide d’un divorce unilatéral avec Rached Ghannouchi.

En véritables moutons de Panurge, les membres de Nidaa suivent leur chef et coupent les ponts avec le vieux patriarche islamiste qui avait, de surcroît, dû se convertir au laicisme, croyant ainsi enfiler la peau de mouton qui lui permettrait facilement de rentrer dans la bergerie.

Et du coup, Ennahdha redevient l’ennemi juré de ce qui restait de Nidaa Tounes après que Youssef Chahed l’a décimé. Lundi 5 novembre 2018, le chef du gouvernement décide enfin de remanier son gouvernement. Son ancien parti ayant juré sa perte, il l’écarte du remarniement et retourne les quelques ministres de Nidaa shortlistés pour le nouveau gouvernement. Reprend, le même jour, la campagne cybernétique contre la nouvelle composition. L’accusation principale était de comporter des ministres d’Ennahdha, comme si le gouvernement de Habib Essid, devenu conseiller politique de BCE, n’en comptait pas, tout comme le gouvernement adoubé par le «Document de Carthage » dans sa première version. L’ultime insulte contre tel ou tel ministre qu’on voulait descendre en flammes, c’est d’être Nahdhaoui, proche, apparenté ou même ayant exercé sous un ministre d’Ennahdha, même si l’accusé est d’une autre religion.

  • Pourquoi insulte et pour quoi l’insulte ?

Il est vrai que la chronique de la lutte des islamistes tunisiens est fertile en arrestations et autres pratiques dont sont comptables des deux premiers régimes, celui de Bouruiba qu’Ennahdha se remet à glorifier, après avoir célébré sa fin sous Ben Ali dont il avait applaudi à deux mains l’arrivée au pouvoir le 7 novembre 1987 et sous le régime Ben Ali qui avait pourtant sauvé la tête, au propre comme au figuré, de son chef et contre lequel le MTI avait lutté à partir de la France et de l’Angleterre. Une lutte, par tous les moyens, licites et illicites, jusqu’au sang, celui de Bab Souika, de Sousse et de Monastir. Une lutte rémunérée en monnaie sonnante et trébuchante, non contre un régime, mais contre un modèle societal. Une lutte, qui fait en effet de l’appartenance au parti Ennahdha le moyen de destruction d’un « way of life» vieux de plus de 3.000 ans et la reconqiête d’un pays multiracial, multiculturel, multiconfessionnel. C’est tout cela qui fait de Nahdhaoui l’insulte suprême à tout ce qui a fait la Tunisie, d’Elyssa à Béji Caïed Essebssi.

Pour des raisons désormais politiciennes, l’inquisition politique bat son plein depuis peu en Tunisie et ses procureurs de faire fi du sens de l’Etat qui pourrait amener tel ou tel ministre à accepter tel ou tel poste. Pour ces nouveaux accusateurs, rien d’autre ne pourrait justifier ou expliquer l’acceptation d’un fauteuil ministériel sauf l’appartenance partisane. Et celle à Ennahdha ne peut qu’être perstiférante. Ces mêmes inquiditeurs refont l’histoire, comme lorsqu’ils avaient fait la «chasse aux sorcières » à tous ceux qui avaient servi le même Etat sous Ben Ali, avant de se rendre à l’évidence , celle de leurs capacité à être les hommes d’Etat qu’ils ont toujours été et de flirter de nouveau avec eux.

Parti politique par obligation pour ne pas se renier en reniant la «confrérie des Frères Musulmants et son caractère religieux, Ennahdha n’a jamais et n’oubliera jamais ses desseins ancestraux que sont la prise de contrôle de tout l’Etat et sa transformation en Etat religieux où la Chariaa fera foi et loi. Ennahdha n’oublie rien, il retarde et attend son heure. Rached Ghannouchi l’avait dit en rencontrant certains extrémistes et Abdelfatteh Mourou l’avait confirmé devant le gourou Ghounim.

Au fil des accusations, gonfle le nombre de «Nahdhaouis» dans le prochain gouvernement de Youssef Chahed. Le but est d’essayer de démontrer qu’il est lui-même devenu Nahdhaoui, qu’il ne lui manquerait que la marque de prosternation au front, et de le faire ainsi haïr par la population de ceux qui avaient eux-mêmes fait entrer le loup dans la bergerie et qui se prennent désormais pour le berger qui crie au loup. La fin de cette histoire, tout le monde la connaît pourtant, sauf les intervenants de Nidaa sur les plateaux TV.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, devait faire mouvement, pour tenter de donner le change après les admonestations de ses militants de la première heure et d’une partie de l’opinion publique. Ce qui est surtout reproché à BCE, c’est son silence coupable, au mieux, et au pire son assentiment face à son fils, Hafedh Caïd Essebsi, qui se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, provoquant l’une des crises politiques les plus graves de la post-révolution et sans doute la plus longue, une situation qui a des échos à l’international et que les amis de la Tunisie scrutent avec inquiétude. Donc de l’action il en fallait, aussi bien pour le chef du gouvernement, Youssef Chahed, que pour celui de l’Etat, mais encore faut-il que les décisions soient fondées rationnellement et que les choix soient mûrement réfléchis. A la vue de la décision du locataire du palais de Carthage de sortir de son placard l’ex-chef de gouvernement Habib Essid, dont il avait lui-même ordonné l’exécution, il est permis d’en douter. Sans parler des bruits sur le retour, aux côtés de BCE, de l’ex-patron de l’Intérieur, Lotfi Brahem, fraichement débarqué par Chahed. Tout ça est très étrange !

Le moins qu’on puisse dire est que le retour en grâce de Habib Essid est inattendu. Il est vrai que ceux qui l’avaient publiquement immolé, à l’ARP, et surtout leur commanditaire, Essebsi sénior, ont eu des états d’âme par la suite, voire même des remords, en constatant, avec son successeur, que les choses étaient plus complexes qu’il n’y paraissait, que Essid n’était peut-être pas responsable de tout ce qu’on lui a collé et qu’il n’a pas démérité in fine. On se disait qu’il était possible, dans une tentative de réparation que les politiciens sont rarement disposés à faire, que l’ex-chef de gouvernement réapparaisse quelque part, avec un maroquin important. Mais que Essid refasse surface au palais de Carthage, à ce niveau de responsabilité, pour épauler celui qui l’avait couvert d’honneur puis sacrifié, ça c’est plutôt inattendu.

Une logique que seuls BCE et Essid comprennent

Il se dit que Essid reprend du service pour mettre de l’ordre dans la maison BCE, surtout après le cafouillage monstre provoqué par l’homme qui souffle à l’oreille du président, Noureddine Ben Ticha, autour du choix de Chahed d’installer Hichem Fourati au ministère de l’Intérieur (le chef du gouvernement a-t-il consulté son mentor pour valider son choix ? L’a-t-il simplement consulté comme du reste le lui permet la Constitution ? Etc.). L’agitation a été telle que la porte-parole de BCE a été obligée de monter au front pour dire que Chahed a pris langue avec le chef de l’Etat et qu’il est de son bon droit d’agir comme il l’a fait. Il est vrai qu’il faut absolument mettre de l’ordre dans la boutique, et l’ordre Essid ça le connait, mais est-il pour autant l’homme de la situation, la perle que cherche un président qui a perdu prise sur les événements ? Ça c’est moins sûr…

Les qualités de grand serviteur de l’Etat de Habib Essid, d’homme de dossier et sa droiture sont de notoriété publique, la preuve en est qu’on ne lui a collé aucune entorse à la morale publique après son départ, et ça continue. Mais il est aussi de notoriété publique que c’est un piètre homme politique et que les combines et autres manigances de cet univers impitoyable le rebutent. Ils le rebutent à tel point qu’il a préféré que son sacrifice soit fait en direct devant toute la nation, au Parlement, au lieu d’être congédié entre quatre murs, en lui mettant sur le dos toutes les tares du pays. Dans le fond il avait vu juste, sauf qu’au lieu de saisir cette occasion pour se défendre énergiquement, en distribuant les coups, comme le fait excellemment Chahed, Essid s’est couché, docilement, et a même remercié ses bourreaux. Ce n’est pas l’idée qu’on se fait d’un bon politique. Choisir cet homme pour calmer la ruche de Carthage, pour domestiquer celle de Nidaa Tounes et pour affronter les soubresauts d’une élection qui a déjà commencé, c’est au mieux une erreur, au pire une faute politique majeure de la part de BCE, une de plus…

Essid lui ne voit pas du tout les choses de la même façon, et l’a dit à Africanmanager. D’abord s’agissant de sa disgrâce, par BCE, il aurait tout laissé derrière lui, pas d’états d’âme, aucune rancune, argue-t-il : «cela c’est du passé (…) les choses sont claires entre nous“. Ensuite l’avenir : “rendre service au pays se fait de n’importe quel poste. Il faut faire la part des choses et cela se fait dans tous les régimes de voir des chefs de gouvernement devenir ministres des Affaires étrangères ou autre, en Italie, en France comme en Hollande. C’est chose normale ou dirais-je moi je la considère comme tant, car se mettre au service du pays ne peut souffrir d’aucun sentiment de supériorité ou de fausse modestie (…) Avec une expérience de 64 ans, elle peut être de toutes les natures et dans toutes les positions. Autrement, pourquoi le chef de l’Etat ferait-il appel à moi et les prochains jours montreront [Ndlr : ce que je peux faire]».

Le problème Brahem

L’autre option du président de la République, si elle est avérée, pose aussi de gros problèmes. Installer Brahem à ses côtés, alors que Chahed l’a remercié (le fond de cette affaire, le bien-fondé ou pas de cette décision ne sont pas notre propos ici), poserait déjà un problème de cohérence dans la ligne de l’exécutif. Si Chahed a jugé qu’il était nécessaire de se séparer de son ministre de l’Intérieur, que ses raisons soient bonnes ou mauvaises, la raison d’Etat veut qu’il ne soit pas réinstallé chez BCE, pour ne pas donner l’impression, désastreuse, qu’il y a divergence de vues entre Carthage et la Kasbah, ou pire : L’impression qu’il y a deux exécutifs aux intérêts et orientations antagoniques. Par ailleurs faire revenir Brahem aux affaires apporterait de l’eau au moulin de ceux qui soutenaient que Chahed avait fait cavalier seul, de bout en bout, dans les changements au ministère de l’Intérieur, alors que le cabinet de BCE avait réussi à dissiper le malentendu en affirmant que le chef du gouvernement avait effectivement consulté qui de droit et que la bronca n’avait pas lieu d’être…

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L’ex-chef de gouvernement tunisien Habib Essid a été tout récemment nommé ministre conseiller auprès du président de la République Béji Caïed Essebssi. Cette nomination a suscité beaucoup de réactions sur la toile. Beaucoup se sont ainsi étonnés du fait que l’ancien chef de gouvernement accepte d’être le Conseiller de celui qui avait été la cause de sa démission et de sa sortie de La Kasbah. D’autres ont rappelé les conditions, jugées alors dégradantes, dans lesquelles Habib Essid avait été amené à aller solliciter un second vote de confiance à l’ARP, qui le lui avait refusé, bien qu’il ait été longuement applaudi à la sortie de l’ARP.

Africanmanager a porté toutes ces questions auprès de l’intéressé lui-même.

Dans un entretien téléphonique de 5 minutes, Essid nous a ainsi expliqué avoir accepté «pour rendre service au pays de quelque poste que ce soit». Et lorsque nous lui rappelons les conditions de sa sortie de La Kasbah et qui en a été la cause, l’ancien chef de gouvernement répond que «cela c’est du passé» et que «lorsque l’occasion se présente pour rendre service à la nation, je n’ai pas hésité, car la Nation est une chose sacrée». Pour lui, le différend avec le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi, «est passé et il a été décoré le 25 juillet ». Il précise même avoir discuté avec le chef de l’Etat de la question de sa sortie de La Kasbah, «comme nous le faisons toujours», précise-t-il. Et d’ajouter, lorsque nous lui demandons si BCE lui a expliqué le pourquoi des conditions dans lesquelles il avait été alors poussé à démissionner, que «les choses sont claires entre nous», sans autres formes de détails.

Pour lui, il est inconcevable d’avoir des états d’âme du genre refuser le poste de ministre conseiller après avoir été chef de gouvernement. «Cela ne se fait pas », dit-il en quelque sorte offusqué et que «rendre service au pays se fait de n’importe quel poste. Il faut faire la part des choses et cela se fait dans tous les régimes de voir des chefs de gouvernement devenir ministres des Affaires étrangères ou autre, en Italie, en France comme en Hollande. C’est chose normale ou dirais-je moi je la considère comme tant, car se mettre au service du pays ne peut souffrir d’aucun sentiment de supériorité ou de fausse modestie».

Interrogé ensuite, par Africanmanager, sur la valeur ajoutée qu’il pourrait apporter dans son nouveau poste de Conseiller politique du chef de l’Etat, Habib Essid répond d’abord par un «j’essaie», avant d’ajouter en toute assurance que «si je n’en étais sûr [Ndlr : de pouvoir apporter une valeur ajoutée], je n’irais pas. Mais avec une expérience de 64 ans, elle peut être de toutes les natures et dans toutes les positions. Autrement, pourquoi le chef de l’Etat ferait-il appel à moi et les prochains jours montreront [Ndlr : ce que je peux faire]».

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Pour ceux qui en doutaient encore, l’actuel chef du gouvernement (il le restera très probablement jusqu’aux prochaines élections), Youssef Chahed, n’a rien à voir avec son prédécesseur, Habib Essid. Entendez par là qu’il n’a pas le caractère amorphe – certains diront la docilité – de Essid, qui a accepté de tendre le cou pour une exécution publique, au Parlement. On l’avait même entendu adresser des remerciements à ses bourreaux, une attitude surréaliste pour un chef de gouvernement qui n’avait pourtant pas démérité (on s’en est rendu compte, hélas, bien après). Et bien Chahed ne sera pas cet agneau de sacrifice là. Et c’est une bonne nouvelle pour le pays. Vous imaginez la tête des amis et partenaires de la Tunisie s’ils apprenaient que le pays du jasmin s’est, une fois de plus, payé une crise politique avec la démission du chef du gouvernement, sous la pression de quelques illuminés pas regardants du tout sur l’intérêt national et sur les enjeux du moment. Le discours de Chahed du mardi 29 mai 2018 dans la soirée, très offensif, notamment en direction de son principal adversaire, Hafedh Caïd Essebsi (qui a fini par éclipser, et ce n’est pas en son honneur, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi), est finalement une bonne annonce pour son mentor, le président de la République, Béji Caïd Essebsi…

Les grands perdants

Comme l’a dit le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, si BCE voulait défaire le gouvernement, il aurait une toute autre attitude. Le fait est qu’il ne voulait et ne pouvait pas vouloir la perte de Youssef Chahed. D’abord pour la simple raison que c’est lui qui l’a personnellement choisi, et même imposé alors que son poids politique en Tunisie et même au sien de son propre parti était loin de lui donner droit à cette fonction suprême. Donc si le chef de l’Etat avait décrété l’échec de son poulain au point d’être l’artisan de son éviction, il ferait le constat par là même de sa propre déroute. Et pour un homme au crépuscule de sa carrière politique (91 ans, tout de même), c’est carrément impensable. Essebsi a joué le jeu de la démocratie en poussant l’affaire du désaccord de Carthage le plus loin possible – trop loin sans doute -, mais in fine il avait la garantie que Chahed sauverait sa tête. Ne serait-ce que parce qu’en situation d’état d’urgence il est, constitutionnellement, impossible de dégommer un chef de gouvernement. Ensuite parce qu’il était clair depuis le début que le directeur exécutif de Nidaa Tounes n’aurait pas de majorité au sein des signataires du Pacte de Carthage pour inscrire Chahed à l’article de la “mort”. Enfin BCE avait l’assurance, de la part de son pote Ghannouchi, que Ennahdha ferait bloc à l’ARP pour s’opposer, le cas échéant, au limogeage de Chahed. Sans parler des députés de Nidaa et de l’opposition qui ont clairement rallié la cause du chef du gouvernement.

Si la main du chef de l’Etat a tremblé, alors qu’il aurait pu et dû dès le vendredi 25 mai 2018 en finir définitivement avec ce dossier, c’est parce que, disons-le clairement, son fils animait le groupe des anti-Chahed. Et cette hésitation coutera cher à Essebsi, pour la postérité. Quand on sait le traumatisme vécu, très récemment, par les Tunisiens à cause des ‘fils de’, ‘filles de’, ‘neveux de’, etc., (des familles Ben Ali et Trabelsi), on se dit que l’histoire lui pardonnera très difficilement ce flottement, ces 72 heures de trop, après plus de 10 jours d’atermoiements pour signer le Document de Carthage 2, dans un contexte politique et économique aussi dégradé.

L’autre grand perdant de cette affaire est, bien entendu, le fils du chef de l’Etat. Il vient de subir là son troisième revers politique, et pas des moindres, après son incapacité à décrocher l’investiture de Nidaa Tounes aux législatives de 2014 et son forfait aux législatives partielles en Allemagne. A ajouter à ses talents pour faire le vide autour de lui, avec pour conséquence cette hémorragie de militants et de députés – à peine 56 élus au Parlement, 30 de moins qu’en 2014 – que son papa, même dans sa tour dorée de Carthage, n’a pas pu ignorer et qu’il s’est enfin décidé à stopper, selon les déclarations. Essebsi junior pourrait faire l’amère expérience de son impopularité au Congrès national électif de son parti, qu’il s’ingénie à retarder depuis 3 ans, une éternité pour un parti de ce calibre.

Le Grand gagnant

C’est, évidemment, Ennahdha. Les islamistes qui, comme ils l’ont fait en se contentant de rester assis et de regarder le bloc parlementaire Nidaa se vider de son sang pour ensuite le supplanter, vont encore ramasser les lauriers de cette agitation mortifère. En effet dans ce chaos indescriptible, ils ont très stratégiquement adopté la posture de la raison, de la défense de l’intérêt suprême de la nation, en appelant à la préservation de la stabilité, enfin le peu qu’il y a, et donc au maintien de Chahed. Pourtant, comme à leur habitude, Ghannouchi & Co ont tangué, hésité, et même entamé leur exercice favori : Le double langage. Mais voilà, eux au moins ont encore cette capacité à sentir de quel côté allait tourner le vent, à écouter les voix, mêmes dissonantes, de la rue. Et on ne peut pas les blâmer pour ça, c’est aussi cela la politique, c’est aussi cela traduire les aspirations, même confuses et parfois contradictoires, des citoyens qu’on prétend représenter et défendre. Nidaa Tounes a perdu tout cela, et bien plus, depuis que HCE s’est imposé à sa tête, par la seule force de son nom. L’élection de 2019 pourrait départager les islamistes et la formation bâtie de ses mains par le locataire du palais de Carthage, mais peut-être pas à l’avantage de ce dernier…

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L’ancien ministre du Transport, Mahmoud Ben Romdhane a déclaré que l’Etat est en passe de faire faillite et ce, eu égard aux difficultés en rapport avec le règlement des pensions de retraite.

Il a expliqué, lors de son passage, ce vendredi sur Express Fm, qu’il s’agit d’une véritable fuite en avant dans la mesure où des retards considérables sont accusés dans les versements desdites pensions au cours des derniers mois en y ajoutant les niveaux alarmants d’endettement que la Tunisie a atteins.

Par ailleurs, l’ancien ministre du gouvernement Habib Essid a regretté l’absence criante d’une vision claire portant sur l’avenir et qui dépeint négativement sur l’investissement.

Il a ajouté que le gouvernement se retrouve actuellement dans une position de faiblesse ce qui l’a poussé à chercher du soutien auprès des parties sociales allant jusqu’à conclure des accords aux dépens de l’intérêt général.

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Habib Essid n’était pas très loquace et flamboyant quand il avait en charge les affaires du pays, alors que dire maintenant qu’il savoure sa retraite. L’ex-chef du gouvernement, qui avait bien encaissé sa disgrâce le 30 juillet 2016 et même remercié ses bourreaux, en plein Parlement, a accepté d’évoquer, avec Akher Khabar Online, quelques morceaux de sa vie d’homme d’Etat.

Pour commencer, il est revenu sur sa désignation au poste de ministre de l’Intérieur, dans le gouvernement de Béji Caid Essebsi, en mars 2011 ; puis conseiller chargé des affaires sécuritaires de Hamadi Jebali, en octobre 2011. Il a dit que cette nomination n’était pas du tout du goût de l’ancien président de la République, ce dernier est même allé jusqu’à mettre son propre départ sur la table, ne supportant pas l’idée de côtoyer un symbole de l’ancien régime, d’après Essid.
Au sujet des raisons de sa démission de l’équipe de Jebali, l’ex-chef du gouvernement l’explique par une mésentente sur la méthode de travail. Il a également révélé que des mesures prises par le Conseil supérieur de la sécurité nationale étaient bloquées et que plusieurs d’entre elles ne sont toujours pas appliquées.

Par ailleurs Essid a parlé de ses liens avec Chokri Belaïd, leader du Front Populaire, abattu le 6 février 2013. Il a dit que ce meurtre l’a choqué, car il ne pensait pas que des assassinats politiques puissent se produire en Tunisie. Il a indiqué qu’il a vu Belaïd quelques jours avant sa rencontre fatale avec les terroristes
Il a ajouté que son équipe a été prise dans la tempête, avec des attentats successifs. À chaque fois que son gouvernement s’apprêtait à entreprendre des réformes, une attaque terroriste se produisait. “Le combat contre le terrorisme était notre priorité absolue” a-t-il indiqué.

Enfin, preuve qu’il nourrit encore, tout de même, quelques rancœurs suite à son limogeage 18 mois après son installation, Essid a déclaré que le chef du gouvernement ne doit pas à lui seul endosser la responsabilité de l’échec de son équipe, et que toutes les parties doivent assumer. “Il faut éviter la politique du bouc émissaire” a-t-il lâché….

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Le président de l’Instance Nationale de la Lutte Contre la Corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a fait savoir lors d’une rencontre qui se tient actuellement à Tunis que le budget de l’instance en 2016 a connu une hausse considérable de 500% par rapport à 2015. Ainsi, le budget est passé de 312 mille dinars en 2015 à 1 832 000 dinars en 2016.

Chawki Tabib a, dans ce cadre, indiqué que cette hausse remarquable reflète la volonté du gouvernement et des parties qui ont contribué au financement de l’instance pour lui permettre de tenir ses engagements et accomplir les tâches qui lui ont été confiées.

Le président de l’Instance a tenu par ailleurs remercié l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid, qui a répondu positivement à la demande de l’instance d’augmenter le budget qui lui a été consacré.

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” Depuis sa prise de fonctions, le gouvernement de Youssef Chahed n’a réalisé que 18,82% de ses promesses “, a indiqué jeudi l’Organisation ” I Watch “.
Dressant le bilan du gouvernement de Youssef Chahed depuis son investiture en août 2016, ” I Watch ” a ajouté que ” 81% de ces promesses sont en cours de réalisation ou n’ont pas encore été mises en œuvre “.
L’Association de lutte contre la corruption ” I Watch ” avait lancé, le 6 octobre 2016, une plateforme en ligne disponible sur l’adresse www.chahedmeter.org, pour suivre et évaluer le rendement du chef du gouvernement Youssef Chahed et de son cabinet.
Cette plate-forme en ligne fournit une évaluation du rendement du chef du gouvernement Youssef Chahed sur la base des promesses qu’il avait faites lors de la séance de vote de confiance à son gouvernement.
L’évaluation prend en considération également les promesses faites par Chahed lors de l’interview qu’il avait accordée, le 28 septembre 2016r, à la chaîne de télévision publique ” Al-Watanya “.

D’après I Watch, le Chef du gouvernement, Youssef Chahed s’est engagé à réaliser 85 promesses, dont 16 ont été tenues, 24 n’ont pas été réalisées et 42 autres n’ont pas encore été mises en œuvre.
L’Association a estimé que ” trois des promesses faites par Chahed sont sans importance “.
Pour la directrice exécutive de l’Organisation, Manel Achour, ” le bilan du gouvernement Chahed est maigre “. Les résultats qu’il (le gouvernement) a réalisés ne sont pas loin de ceux accomplis par les gouvernements post-révolution.
” Un an après sa prise de fonctions, quatre promesses urgentes du gouvernement Chahed n’ont pas encore été réalisées, a souligné Achour.

Selon le rapport de ” Chahedmeter “, ces promesses portent sur les décrets-loi 115 et 116 relatifs à la liberté de la presse, d’édition et d’impression et à l’organisation du secteur audiovisuel, la création d’une structure régissant la publicité publique, le renforcement de l’efficacité de l’action du gouvernement et le parachèvement de la mise en place de toutes les institutions constitutionnelles.
Sur un total de 20 promesses économiques, seulement deux promesses ont été réalisées, a encore indiqué Manel Achour.
” Sur 9 promesses économiques en cours, 7 n’ont pas encore été réalisées. Le reste des promesses sont sans importance “, a-t-elle estimé.
Sur un total de 8 promesses à caractère social, il n’y a qu’une seule qui a été réalisée. Trois de ces promesses sont en cours de réalisation, 3 autres n’ont pas été mises en œuvre et l’une desquelles a été jugée insignifiante, d’après le rapport.

Selon le rapport présenté par ” I Watch “, Chahed s’est engagé à réaliser 14 promesses inhérentes aux secteurs du développement et de l’emploi. Sur l’ensemble de ces promesses, 3 ont été tenues et 7 sont en cours de réalisation, alors que les 4 autres n’ont pas été réalisées.
Les promesses à caractère sécuritaire sont huit. Il n’y a que deux qui ont été réalisées : la prise en charge des familles des martyrs des forces sécuritaires, militaires et douanières et le renforcement de la coopération régionale et internationale en matière de lutte contre le terrorisme.

D’après le même rapport, quatre promesses faites par Chahed sont en cours de réalisation et son gouvernement a failli à deux promesses : la révélation de la vérité sur les assassinats politiques et la présentation d’un projet de loi relatif à la prise en charge morale et matérielle des enfants des martyrs des forces sécuritaires et militaires.
Pour Manel Achour, ” la guerre déclarée contre la corruption et les barons de la corruption représente le point phare qui compte à l’actif de Youssef Chahed.
Elle a également dit apprécier les mesures prises par le gouvernement, telles que la présentation d’un projet de loi portant création du pôle judiciaire financier, d’un projet de loi organique portant création de l’Instance de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, la loi sur l’accès à l’information et la loi sur la dénonciation de la corruption et la protection de ses dénonciateurs.
A ce propos, Achour a appelé le chef du gouvernement à présenter rapidement le projet de loi sur le conflit d’intérêt et le projet de loi sur l’enrichissement illicite pour compléter l’arsenal juridique inhérente à la lutte contre la corruption.

Selon le responsable de communication à l’Organisation, Mohamed Chérif Kadhi, le rendement du gouvernement de Youssef Chahed est beaucoup plus déplorable que celui de Habib Essid particulièrement en termes des promesses non tenues.
82% des promesses faites par le gouvernement Youssef Chahed n’ont pas été tenues contre 71% non réalisés par celui de Habib Essid.
Créée le 21 mars 2011, I Watch est une organisation indépendante active en matière de lutte contre la corruption et de renforcement de la transparence en Tunisie.

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Dans une interview qu’il aurait donnée à un site arabe, «Al Watan », Abdelfattah Mourou estime que «nul ne gouverne la Tunisie, sauf le sous-développement». Il est à rappeler que l’avocat islamiste est vice-président d’Ennahdha et aussi vice-président de l’Assemblée des représentants du Peuple». C’est pourtant cette auguste Assemblée qui donne chaque fois la meilleure illustration des propos de Mourou, qui niait dans la même interview avoir accueilli à bras ouverts le prédicateur Wajdi Ghenim, par tout ce qu’on y entend comme inepties, chamailleries. C’est pourtant, ces mêmes députés du «sous-développement» qu’il gère lui-même au perchoir, qui disposent, lorsque le gouvernement propose et qui, généralement s’opposent à toutes ces décisions et retardent depuis 3 ans toutes les réformes, du gouvernement Youssef Chahed et du gouvernement Habib Essid. Mourou devrait mieux pointer ce «sous-développement» et se pointer lui-même en premier lieu.

Le vice-président de l’ARP a aussi avoué, dans le même entretien, que «nous n’avons pas une forte autorité, ni un centre de décision. Jusqu’à ce jour, les choix du pays sont à l’arrêt à cause de 7 personnes qui barrent la route. Nous sommes dans un état de soulèvement au niveau de l’autorité». C’est pourtant son propre parti qui donne toujours raison aux revendications de ces «7 personnes» qu’il a oublié de nommer. C’est encore l’ARP où il siège et dirige les débats, qui est le centre de décision qui n’arrive pas à décider de quoique ce soit et qui se transforme chaque fois en véritable poulailler. Une initiative avait été dite du bout des lèvres par Béji Caïed Essebssi pour amender la constitution pour un État mieux gérable. Ennahdha dont Mourou est le vice-président a-t-il soutenu cette initiative. Monsieur le député, «taisez-vous lorsque vous parlez» !

 

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Le président du groupe Nidaa Tounes à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Sofiane Toubal a fait savoir que près de 40 figures nationales ont adhéré au mouvement Nidaa Tounes, parmi lesquelles d’anciens ministres dans les gouvernements d’avant 2011 et dans celui de Habib Essid et d’autres personnalités nationales, ajoutant que l’adhésion demeurera ouverte à d’autres personnalités qui devraient se joindre au mouvement prochainement.
Lors d’une conférence tenue, dimanche, à Gammarth (banlieue nord de Tunis), à l’occasion de la conférence des cadres du mouvement Nidaa Tounes, Toubal a déclaré que le thème principal de ce conclave est la séance qui se tiendra entre l’Instance indépendante des élections (ISIE) et les partis pour fixer la date des élections municipales, précisant que les cadres du mouvement ont convenu, au cours de cette réunion, de la nécessité d’activer la tenue de ces dernières prévues avant la fin de 2017.
Selon la même source, il a également été question des nouvelles structures locales du parti, indiquant qu’une campagne nationale sur les adhésions sera menée du 15 mars au 15 avril 2017. Elle sera suivie du renouvellement de tous les bureaux et coordinations locales du parti du 15 avril jusqu’au 15 mai 2017, en prévision des élections municipales.
Toubal a précisé que les listes électorales seraient prêtes en septembre 2017 et à cet effet une commission chargée de la préparation des élections municipales sera constituée et présidée par Slim Chaker.
Concernant les infiltrations des réunions du mouvement, Toubal a souligné que le comité politique et la commission du règlement examineront cette question et les mesures adéquates seront prises avec le gel ou l’exclusion des impliqués dans cette affaire.
Il y a lieu de signaler que parmi les personnalités qui ont adhéré au mouvement de Nidas Tounes figurent Maher Ben Dhia, Hédi Mekni et Majdoline Cherni, outre le retour des deux membres du bureau exécutif qui s’étaient retirés, à savoir Mondher Belhaj et Ridha Bouajina.

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L’ex-chef du gouvernement, Habib Essid, a affirmé dans une interview accordée au journal Al Majhar, publiée dans son édition de ce vendredi 3 mars, qu’il s’apprête à rédiger ses mémoires et a démenti tout projet de rejoindre un parti politique.

Il a ajouté qu’il est satisfait du consensus établi avec l’UGTT, visant à maintenir la stabilité sociale.

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Slim Besbes, ancien ministre des Finances et membre de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), s’ajoute à la liste des économistes qui passent à la loupe le bilan de l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid. Son réquisitoire sur le rendement de l’ancien gouvernement est très sévère.

Dans une interview accordée ce mercredi 31 août 2016 à Africanmanager, il a affirmé que le pays a vécu une véritable crise économique durant le mandat de Habib Essid. C’est ce qui explique, selon ses dires, l’initiative pour mettre en place un gouvernement d’union nationale.

Besbes a dans le même cadre indiqué que le gouvernement Essid a été incapable de rétablir la confiance des Tunisiens (entrepreneurs, investisseurs, jeunes…), de plus tous les indicateurs économiques clignotent au rouge (déficit budgétaire, inflation, dinar, balance de paiement…).

Selon ses déclarations, l’année 2015 a été clôturée avec un taux de croissance médiocre ne dépassant pas les 0,7%. Pour le premier semestre de cette année, la croissance a été de l’ordre de 1,2%, un taux qui a été boosté par les recettes provenant des services non marchands, sachant que tous les secteurs productifs n’ont pas atteint les résultats escomptés, principalement ceux du tourisme et de l’agriculture. Ajoutons à cela la dépréciation du dinar, la montée de l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat. Tout cela a, selon lui, alimenté la crise de confiance qui sévissait déjà depuis la Révolution.

Des prévisons révisées à la baisse!

Slim Besbes a en outre indiqué que, durant le mandat d’Essid, le ministère des Finances s’est trouvé contraint de réviser à la baisse ses prévisions de croissance. Pour les dépenses de gestion, le gouvernement table actuellement sur une hausse de seulement 7,9 % contre 8% auparavant, sachant que le taux de consommation des dépenses de gestion a dépassé les 50% contre 45% auparavant. La masse salariale dans la fonction publique passera ainsi à 13,4 milliards de dinars contre 13 milliards de dinars dans les prévisions du ministère des Finances.

Avec ce GUN, le président de la République, Béji Caied Essebsi, a voulu provoquer un choc positif et ouvrir de nouveaux horizons visant principalement à rétablir la confiance et relancer la croissance et l’investissement. L’objectif aussi est d’élargir la coalition en associant certains partis de gauche ainsi que trois organisations nationales, à savoir, l’Utica, l’Utap et l’UGTT, a expliqué Besbes. Il a souligné la nécessité de mettre en place des mesures audacieuses et courageuses, faisant remarquer que le retard au niveau des réformes n’a fait qu’assécher les sources de financement du pays, principalement celles provenant de la taxation.

Besbes a souligné que le premier grand défi de Youssef Chahed est le bouclage du budget 2016. Selon lui, Youssef Chahed doit rationaliser les dépenses et rétablir les équilibres financiers, surtout en ce qui concerne la charge relative à la masse salariale dans la fonction publique. Il a fait toutefois savoir que le déficit budgétaire atteindra 6,5% du budget de l’État si le gap (2400 millions de dinars) n’est pas financé par des ressources extérieures.

“Il faut trouver des solutions pour maîtriser les dépenses et éviter une crise de dette publique”, déclare-t-il. Youssef Chahed doit revoir tout dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2016n tout en assurant les équilibres financiers et l’évolution modeste de certaines recettes, a indiqué Besbes.

Le deuxième défi de Youssef Chahed est celui relatif à l’élaboration d’un budget sain permettant de maitriser la dette publique, sinon un plan d’austérité s’imposera. “La Tunisie risque, en 2017, d’adopter une politique d’austérité très lourde et insupportable”. Le député a appelé ainsi à mettre en place des mesures d’urgence le plus tôt possible. “Si on ne mobilise pas des recettes pour l’année 2017, on risque certainement une politique d’austérité pouvant aller jusqu’au licenciement d’employés et la diminution des dépenses de la santé ainsi que celles à caractère secondaire “, a-t-il dit.

Appel à retarder les accords conclus avec l’UGTT!

Le cadre idéal et l’enjeu c’est la loi de finances 2017, estime Besbes. Là il faut stimuler l’exportation et l’investissement, promouvoir  l’entrepreneuriat, identifier de nouveaux marchés et encourager le secteur privé à investir et créer de l’emploi vu la saturation du secteur public. “C’est le seul salut pour le rétablissement des équilibres financiers”, a-t-il dit. Une autre mission devra être accomplie par le gouvernement de Chahed, c’est le déblocage des secteurs productifs dont le phosphate et l’industrie chimique.

Slim Besbes a également appelé à maitriser les finances publiques, surtout au niveau de la masse salariale dans la fonction publique qui risque d’aller jusqu’à 15 milliards de dinars suite à l’application des accords conclus avec l’UGTT concernant les augmentations salariales. Or, le FMI exige que cela ne dépasse pas les 13 milliards de dinars sinon la Tunisie va se trouver en difficulté pour mobiliser des ressources de l’extérieur. Il faut aussi, selon Besbes, agir au niveau de la caisse de compensation.

L’ancien ministre des Finances a appelé à retarder l’application des accords conclus avec l’UGTT portant sur les hausses salariales, au moins pour 2017, l’année record au niveau du remboursement des services de la dette, selon ses dires. “La tâche n’est pas simple. Il faut respecter nos engagements avec le FMI pour éviter une politique d’austérité”, a ajouté Besbes.

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L’ancien ministre des Finances et membre de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Slim Besbes, a affirmé dans une interview accordée ce mercredi 31 août 2016 à Africanmanager que le pays a vécu une véritable crise économique durant le mandat de Habib Essid, l’ex-chef du gouvernement. C’est ce qui explique, selon ses dires, l’initiative pour mettre en place un gouvernement d’union nationale.

Besbes a dans le même cadre indiqué que le gouvernement Essid a échoué à rétablir la confiance des Tunisiens (entrepreneurs, investisseurs, jeunes…), de plus tous les indicateurs économiques clignotent au rouge (déficit budgétaire, inflation, dinar, balance de paiement…).

Il a ajouté que l’année 2015 a été clôturée avec un taux de croissance médiocre ne dépassant pas les 0,7%.

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Dans son allocution prononcée lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à Youssef Chahed, ce lundi 29 août 2016 à Dar Dhiafa, à Carthage, l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid, a déclaré que plus de 18 mille Tunisiens ont été empêchés durant son mandat de voyager vers les zones de conflit.

Il par ailleurs indiqué que son gouvernement a vécu plusieurs catastrophes dans le domaine sécuritaire, citant l’attaque terroriste du Bardo, de Sousse ou encore celle perpétrée à Tunis contre un bus de la Garde Nationale.

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Dans son discours prononcé lors de la cérémonie de passation de pouvoir qui a eu lieu ce lundi 29 août 2016 à Dar Dhiafa, à Carthage, le chef du gouvernement sortant, Habib Essid, s’est adressé à Yousef Chahed en lui disant “Monsieur le ministre”.

Habib Essid a tenté par la suite de faire comprendre qu’il s’agissait d’un lapsus, avant de présenter ses excuses à Youssef Chahed.

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Lors de son allocution à la cérémonie de passation de pourvoir qui a eu lieu ce lundi 29 août 2016, à Dar Dhiafa à Carthage, l’ancien chef du gouvernement Habib Essid, s’est adressé au chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, en disant : « Après avoir opté pour une initiative nationale celle portant sur la formation d’un gouvernement d’union nationale, j’espère que la prochaine fois on n’optera pas pour une fatwa pour changer le gouvernement», a-t-il dit.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a reçu, ce lundi matin 29 août 2016 à Carthage, après la cérémonie de passation de pouvoir entre Habib Essid et Youssef Chahed, l’ancien chef de gouvernement Habib Essid, indique un communiqué de la présidence de la République.

A l’issue de cette rencontre, Habib Essid a exprimé sa reconnaissance au chef de l’État pour la confiance et le soutien qu’il lui a accordés pendant la période de sa prise de fonction à la tête du gouvernement.

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C’est désormais officiel, Youssef Chahed est le nouveau chef du gouvernement à la place de Habib Essid. Il vient de recevoir, lors d’une cérémonie de passation de pouvoir ayant lieu ce lundi 29 août 2016 à Dar Dhiafa à Carthage, les rênes du pouvoir de la part du gouvernement sortant.

Étaient présents à cette cérémonie de passation de pouvoir un grand nombre de figures politiques, d’anciens chefs de gouvernement, des présidents de différents de partis politiques et d’autres dirigeants politiques.

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Le chef du gouvernement sortant, Habib Essid a mis en garde, lors de la cérémonie de passation de pouvoir qui se tient actuellement à Dar Dhiafa à Carthage  contre le changement du gouvernement de Youssef Chahed, appelant ainsi à donner le temps nécessaire au nouveau cabinet ministériel pour pouvoir réussir la mission qui lui a été accordée.

“Je souhaite la continuité au nouveau gouvernement au moins jusqu’à l’année 2020. La réussite du gouvernement signifie la réussite du pays”, a-t-il ajouté.

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Le chef du gouvernement sortant, Habib Essid, a affirmé lors de la cérémonie de passation de pouvoir qui se tient actuellement à Dar Dhiafa à Carthage que son gouvernement a vécu plusieurs difficultés et plusieurs catastrophes, citant l’attaque terroriste de Bardo en 2015, de Sousse ou encore celle perpétrée à la capitale contre un bus de la Garde présidentielle.

Ces incidents ont eu, selon lui, un impact très négatif sur la situation économique et financière du pays.

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