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instabilité politique

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De nouveau, se font entendre en Tunisie les voix demandant le changement du chef du gouvernement et donc la chute du GUN (gouvernement d’union nationale). Il est vrai que Youssef Chahed commence un peu trop à s’enraciner et à s’approcher des 12 mois d’âge qui ont jusqu’ici été la norme de la longévité gouvernementale depuis 2011. Il est vrai aussi que, malgré toutes les critiques dont il a et fait l’objet, les faiblesses dont il a fait et fait toujours montre, le second chef de gouvernement de la 2ème République tunisienne commence à donner les premiers éléments tangibles d’une certaine réussite (bien que pas encore une réussite certaine) et les premiers frémissements d’une reprise économique.

L’homme a donné à tous ceux qui ont demandé. Des salaires jusqu’à faire exploser les caisses de l’Etat, des capitulations sociales jusqu’à créer un monstre syndical, des concessions politiques jusqu’à perdre presque le soutien de ceux qui ont signé le Pacte de Carthage dont il est issu, des ministres à ceux qui ont demandé leurs têtes jusqu’à perdre tout sens de solidarité gouvernementale et même des terres aux agriculteurs et aux habitants jusqu’à susciter des envies.

Il commence pourtant à avoir ce qu’il lui fallait pour mener à bien son mandat. Il a organisé un «Tunisia 20-20» qui commence, certes à peine, à donner ses fruits avec notamment les accords conclus avec le Fades (Fonds arabe de développement économique et social) et la BM (Banque Mondiale). Il a, quoiqu’on puisse en penser et malgré les lourds engagements salariaux du gouvernement Habib Essid, réussi de difficiles négociations avec le FMI.

La Tunisie commence à récolter les fruits de cette réussite avec les dizaines de millions DT qui commencent à pleuvoir du côté des «Followers» du FMI, comme la BM, la BAD (Banque Africaine de Développement), l’Union Européenne et d’autres. Les grands projets redémarrent, même s’ils restent quelque peu plombés par la complexité des procédures administratives et la tension sociale diminuée même si elle reste vive.

Un frémissement de la reprise «que nous ressentons, par les chiffres» disait optimiste, le 28 avril dernier, le ministre Fadhel Abdelkefi. Ce dernier faisait en effet état d’une hausse, en avril et non en février seulement, de 46 % de la production de phosphate, une hausse de 34 % dans le tourisme, une hausse des IDE (+18 % à 66 % dans les industries) et des investissements locaux, sans compter l’amélioration, en avril dernier, du déficit commercial.

Tout cela se passe, et c’est certes peu mais sans être rien, alors qu’on entendu de nouveau s’élever les voix pour demander le changement du GUN. Des voix qui viennent de l’opposition. Mais aussi, quoique plus enveloppées comme dans l’appui à tous ceux qui protestent pour un oui ou pour un non, d’autres partis comme chez Ennahdha et même Nidaâ Tounes. Des voix qui s’élèvent aussi chez l’autre partenaire du Pacte de Carthage. De nouveau, c’est l’UGTT (syndicat des travailleurs) qui évoque une nouvelle initiative de sortie de crise. De nouveau aussi, le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi, annonce qu’il y ira de son grain de sel et on laisse fuiter chez la présidence de la République qu’il pourrait lui aussi annoncer une nouvelle initiative.

Loin de calmer les esprits, tout ce remue-ménage politicien ne fait que déstabiliser encore plus un GUN, déjà diminué, d’abord par les «fissures» du parti dont est issu Youssef Chahed et ensuite par les turpitudes d’Ennahdha qui joue au «je te soutiens, mais je soutiens aussi tous ceux qui te déstabilisent». Une déstabilisation politique qui intervient à 6 mois des prochaines élections municipales. Une déstabilisation politico-économique qui, si elle venait à se vérifier, emporterait aussi les légers battements de papillon d’une reprise économique qui commençait à peine à se dessiner.

Un autre chef de gouvernement ferait-il mieux ? Force est à ce sujet de noter que le handicap majeur de Youssef Chahed reste le type de gouvernance choisi depuis 2014. Un régime, ni parlementaire, ni présidentiel dans un semblant de «jeu de la barbichette» dans une atmosphère de «chiens de faïence» et où tous guettent le déroulement du «jeu des chaises musicales». Un Antoine Pinay (ministre de l’économie et des finances sous la 4ème république française) s’y casserait sûrement les dents lui aussi et même une Dame de fer comme Margaret Thatcher finirait par donner sa langue au chat. La situation, politique, économique, sociale et syndicale, lui aurait valu un Alzheimer précoce.

Chahed est-il, pour autant, irremplaçable ? Certes non. Ce qu’il faudrait avant tout remplacer, nous semble-t-il, c’est le régime politique en place en Tunisie depuis 2014. Faute de mieux, la Tunisie est condamnée à donner encore plus de temps, d’abord aux politiciens de délaisser le partisanisme au profit du nationalisme. Ensuite à la démocratie pour dépasser son premier concept à la Kadhafi et ses libertés incontrôlées, vers une définition où l’État veille au bon exercice de la liberté des citoyens, des citoyens qui respectent les lois et l’Etat qui les fait et enfin des citoyens qui pensent plus à l’intérêt de l’Etat qu’à leurs stricts siens propres. Et enfin, à l’économie de se restaurer, de se développer et de rebondir pour être le véritable garant d’une démocratie naissante et le véritable rempart contre ses dérives.

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Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le directeur général du commerce extérieur, Lazhar Bennour, a déclaré que l’instabilité politique a impacté l’évolution des exportations des entreprises. Car tout cela a fait perdre à plusieurs d’entre elles le rythme de l’évolution de leurs productions et leurs exportations.

Il dit par ailleurs qu’il craint que l’on n’arrive pas à réaliser un chiffre positif durant le deuxième semestre de l’année en cours. Pour l’éviter, Bennour a affirmé qu’ils sont en train de voir comment implémenter des mesures d’urgence récemment annoncées par son département.

De même, les efforts se conjuguent pour assurer une refonte totale du CEPEX et toute la politique de soutien de manière à faire de la Tunisie une plateforme de commerce et de service au niveau méditerranéen. Interview :

L’initiative de former un gouvernement d’union nationale a engendré une certaine instabilité. Plusieurs experts en économie ont mis en garde contre cette instabilité politique, car elle risque de toucher certains secteurs dont notamment le commerce extérieur. Qu’en pensez-vous ?

Certainement oui… Un certain ralentissement a été constaté au niveau de l’exportation de l’ensemble des entreprises exportatrices.

On a remarqué qu’une évolution des exportations de ces sociétés a eu lieu en janvier 2016, puis une certaine accélération en mars qui s’est poursuivie jusqu’au début du mois de juin dernier.

Mais malheureusement un certain ralentissement a été remarqué à partir de la moitié du mois de juin en termes d’évolution des exportations des sociétés totalement exportatrices

Ces entreprises, qui sont généralement étrangères, sont très sensibles à la situation politique et économique du pays. Cette vulnérabilité a fait perdre à plusieurs entreprises étrangères le rythme de l’évolution de leurs productions et leurs exportations.

Donc, l’impact est clair, mais nous souhaitons une amélioration de la situation, essentiellement au cours du deuxième semestre de 2016.

C’est important pour des entreprises étrangères qui travaillent dans des secteurs stratégiques dont notamment l’industrie mécanique et électrique, le textile-habillement, le cuir et chaussures et cherchent à  redémarrer avec des signes d’expansion très positifs.

Cela va par la suite nous aider à minimiser le déficit de la balance commerciale et celui de la balance courante, tout en améliorant la situation du dinar tunisien.

Avez-vous des chiffres ou pourcentages sur le taux de ralentissement au niveau de l’évolution des exportations de ces entreprises ?

Ils sont actuellement de l’ordre de 11%. Mais si la situation était plus claire, on pourrait avoir des chiffres aux alentours de 15 à 16% de l’évolution des exportations.

Les craintes de votre département, si le climat instable persiste ?

On a déjà un feedback de la part des entreprises exportatrices, notamment celles totalement exportatrices.

On a déjà remarqué que ces dernières n’aiment pas le flou. Par contre, elles veulent la clarté et la visibilité pour qu’elles puissent continuer à exporter et à tisser des relations de partenariat avec des donneurs d’ordre étrangers, tout en assurant l’extension de leurs activités.

On n’est pas sûr qu’on aura un chiffre positif durant le deuxième semestre de cette année, comme c’est le cas pendant le premier semestre. Mais cela n’empêche que les signes de la demande extérieure sont très positifs et ce, malgré la situation un peu morose de l’Union européenne.

Comment satisfaire cette demande ?

On ne peut satisfaire cette demande qu’à travers les sociétés totalement exportatrices puisque les autres sociétés partiellement exportatrices sont en train de fournir un effort louable.

Mais c’est encore insuffisant, surtout que les entreprises totalement exportatrices ne doublent pas leurs efforts pour satisfaire l’évolution de la demande internationale.

Certains observateurs estiment que l’heure n’est pas aux constats et aux propositions, mais plutôt à l’action, surtout que plusieurs entreprises tunisiennes ont fait preuve d’une certaine résilience au cours de ces cinq dernières années. Qu’en pensez-vous ?

C’est logique et c’est pour cette raison que le ministère du Commerce avait organisé au cours du mois d’avril la journée de l’export, tout en proposant une panoplie de mesures d’urgence et d’autres d’ordre structurel.

Pour l’étape actuelle, on est en train de voir comment implémenter ces mesures, surtout que beaucoup d’entre elles restent tributaires du travail d’autres ministères.

A ce niveau, on peut affirmer que plusieurs structures ne sont pas en train de bouger à la même vitesse que notre département du Commerce..

C’est pourquoi, on est en train de mettre en place les mesures qui dépendent uniquement de notre ministère et on a essayé de pousser les autres structures à réagir positivement.

Parmi les mesures prises, on cite la mise en place d’un SOS export avec un système de Networking entre les différentes structures pour qu’on soit au service des exportateurs.

D’autres mesures concernent la facilitation et l’organisation d’une caravane promotionnelle vers l’Algérie qui va englober l’investissement, le commerce et le tourisme.

Pour le marché libyen, notre stratégie se focalise sur l’invitation des importateurs pour promouvoir les relations de partenariat avec ce pays. C’est une démarche cruciale pour que la Tunisie retrouve sa place dans ce marché promoteur.

Et pour le continent africain ?

On va organiser un forum économique africain, tout en invitant les donneurs d’ordre africains. L’accent sera mis sur le service là où on a fort potentiel à exporter.

Des mesures s’imposent puisqu’il y a une urgence et une nécessité d’adopter des stratégies plus claires et plus agressives en matière de promotion des exportations.

Et pour les mesures structurelles ?

On va s’attaquer à ce genre de mesure pour qu’on ait une politique claire sur l’avenir de ce secteur au cours des dix prochaines années.

On va procéder à une refonte totale du CEPEX et une refonte de toute la politique de soutien direct, tout en prenant en compte des nouvelles données relatives à l’infrastructure dont notamment le nouveau port à Ennfidha. C’est une donnée essentielle pour notre vision, car l’objectif est clair : faire de la Tunisie une plateforme de commerce et de service au niveau méditerranéen.

Les axes sont identifiés. On doit avoir une politique de promotion plus agressive et une politique de soutien et de financement des exportations simple, efficace et qui prendrait en considération les besoins des exportateurs.

On doit mettre en place des réformes institutionnelles et des réformes juridiques pour avoir un climat d’affaires favorable à l’exportation et au commerce international, tout en développant de nouvelles formes du commerce international comme l’e-commerce.

L’entrée en vigueur de ces mesures ?

Cette stratégie s’étalera sur une période de 10ans. Un expert international sera recruté, il sera chargé de faciliter l’actualisation et la capitalisation des mesures et des outils accomplis.

Il sera par la suite appelé à proposer une stratégie claire qui sera certainement basée sur des mesures structurelles.

Il est à noter que cette stratégie sera élaborée avec un financement accordée par la Banque mondiale dont le montant n’a pas encore été fixé.

Comment faire pour renforcer la compétitive des entreprises sur les marchés internationaux ?

Il faut diversifier notre offre. C’est important pour assurer la diversification de notre destination.

Pour pérenniser notre présence sur le marché international, il faut aussi développer l’industrie de la réexportation. Car la Tunisie durant toute son histoire était une plateforme de réexportation.

On doit donc exporter notre offre et en cas d’absence de cette dernière, on est appelé à importer et réexporter vers les marchés voisins.

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En Afrique, la sécurité génère un business très juteux, pour les raisons que l’on sait. L’assureur français Axa et le britannique Chaucer ont décidé récemment d’exploiter ce filon en montant la société Africa Speciality Risks. Cette nouvelle unité, assez inédite sur le continent, va opérer dans les sinistres et dommages en rapport avec le terrorisme, l’instabilité politique et les révoltes populaires. Axa et Chaucer ont annoncé à Abidjan (Côte d’Ivoire) l’entrée en service d’Africa Speciality Risksson dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). En attendant d’essaimer dans les autres régions de l’Afrique où le boulot ne manque pas !

Cette annonce intervient à peine trois mois après la décision des deux ténors de l’assurance de joindre leurs moyens pour s’implanter en Afrique dans le domaine du risque. Le moins qu’on puisse dire est que Axa et Chaucer n’ont pas trainé, craignant certainement que les concurrents leur grillent la politesse. Africa Speciality Risks, membre du Lloyd’s (marché international d’assurance composé d’assureurs regroupés en syndicats, NDLR), aura son siège social à Londres.

Une fourchette de 25-250 millions de dollars de couvertures

« Nous avons conscience que ce segment est nouveau. C’est pourquoi nous nous donnons dix ans comme objectif pour capter des contrats », a déclaré Boa Jhonson, le directeur général d’Axa Côte d’Ivoire. La nouvelle unité va couvrir des risques sur des biens et activités compris entre 25 à 250 millions de dollars, mais également dans les secteurs de l’énergie, de la construction, de la marine, de l’aviation et du crédit. C’est à l’Île Maurice que toutes les souscriptions seront traitées.

« Nous avons déjà couvert des risques liés au terrorisme sur le continent. Après l’attentat terroriste du centre commercial de Westgate à Nairobi, nous avons payé plus de 120 millions de dollars de dédommagements », confie Edward Lines, responsable chez Chaucer.

D’après les émissaires du groupe à Abidjan, les demandes d’assurances risques en rapport avec la politique ont fait un bond phénoménal au Gabon. Africa Speciality Risks a fait savoir qu’elle réceptionne à peu près 50 demandes par jour pour la couverture de risques politiques, un flux dopé par les craintes liées à l’élection présidentielle d’août, un rendez-vous sous haute tension.

La société a cimenté son affaire en ventilant des directeurs de développement en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Afrique du Sud, au Nigeria et à Maurice.

Axa prospère en Afrique !

Pour Axa, l’Afrique est une terre bénie. Depuis deux ans, le français fait feu de tout bois et accumule frénétiquement les acquisitions et les partenariats sur le continent, où il opère dans huit pays (Algérie, Côte d’Ivoire, Égypte, Gabon, Cameroun, Maroc, Nigeria et Sénégal).

En 2014, Axa s’est payé 77% de l’assureur nigérian Mansard Insurance et a acquis l’an dernier 7,15 % du capital du leader africain de la réassurance, African Reinsurance Corporation (Africa Re).

En février dernier, il a scellé un partenariat avec Africa Internet group — l’un des ténors africains du commerce en ligne –, ce qui permet à Axa d’avoir le monopole de la distribution de produits et services d’assurances sur ses différents sites. En 2015, le français a réalisé un bénéfice net de 5,61 milliards d’euros.

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