L’instabilité politique ne freine pas les investisseurs, ils déboursent!

L’instabilité politique ne freine pas les investisseurs, ils déboursent!

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Le président de l’Instance tunisienne de l’investissement, Khalil Laâbidi, a fait savoir dans une interview accordée à Africanmanager que comme déjà annoncé en 2017, une reprise a été constatée durant cette année au niveau de l’investissement étranger, mais elle demeure assez timide pour le moment. Toutefois l’intérêt des investisseurs étrangers pour la Tunisie est manifeste, à travers les visites qu’ils effectuent en Tunisie.

Outre la multiplication des visites, Laâbidi a évoqué l’émergence de nouveaux investisseurs en provenance par exemple de l’Asie et de l’Europe de l’Ouest et qui souhaitent s’installer en Tunisie. Il y a aussi, selon ses dires, des entreprises européennes qui aujourd’hui ont de grandes difficultés pour écouler leurs marchandises aux Etats-Unis, et sont en train de chercher de nouveaux sites de production, et la Tunisie se positionne bien dans ce domaine, selon ses dires.

Au niveau interne, le responsable a affirmé que la situation de l’investissement est en quasi amélioration et les gens se sont habitués à travailler malgré l’instabilité politique : “La situation politique n’a jamais nui aux intérêts des investisseurs tunisiens ou étrangers“, a assuré Laâbidi, affichant son espoir d’atteindre le chiffre de 3 Milliards de dinars au niveau de l’investissement étranger contre 2 Milliards en 2017. “Jusqu’au mois d’août dernier, les chiffres sont positifs et en amélioration et c’est à partir de cette date qu’on peut dire que la reprise a été amorcée“, a-t-il soutenu.

Dans le même ordre d’idées, le président de l’Instance tunisienne de l’investissement a tenu à préciser que de grandes marques veulent s’implanter en Tunisie, citant à titre d’exemple deux grands investisseurs japonais dans le domaine du câblage dont l’un avec une capacité d’emploi de 5 mille personnes.

Mis à part ces deux investisseurs, Laâbidi a cité un investisseur actif dans le domaine du câblage qui a quitté la Tunisie mais envisage un retour après un passage à vide d’une année et demi. Deux autres constructeurs automobiles souhaitent aussi s’installer en Tunisie, l’un est chinois et il est en train de débarquer tout en faisant des investissements avec un taux d’intégration dépassant les 40%. L’autre est un investisseur qui vise l’exportation à partir de la Tunisie. A cela s’ajoute un début de reprise dans le secteur du textile, de l’agroalimentaire et de la pharmaceutique.

Interrogé sur le PLF 2019, Laâbidi a qualifié ce projet de “positif” : “Il y a de très bonnes mesures dans la loi de finances 2019. La première est de rassurer l’investisseur sur le fait qu’il n’y aura pas d’augmentation de la pression fiscale. La deuxième est qu’au niveau des entreprises totalement exportatrices où il y aura, à partir de 2021, un rapprochement du régime on-shore et offshore qui se rencontreront au taux de 13%. Du coup, les sociétés qui travaillent dans l’on-shore auront une baisse de l’imposition de 25 à 13,5% et celles totalement exportatrices verront le taux augmenter de 10 à 13,5%. Ajoutons à cela les mesures qui encouragent à investir dans le secteur hospitalier et la baisse de la TVA appliquée sur certaines activités“.

Le responsable de l’Instance tunisienne de l’investissement a évoqué le virage de la Tunisie vers l’économie du savoir et les nouvelles technologies : “Aujourd’hui je propose de prendre quelques mesures sur la voiture électrique, sur le câblage et les composantes automobiles, sachant que tout le secteur de l’automobile est en train de migrer vers la voiture électrique. Il faut soutenir cette industrie notamment au niveau des droits de douane et leur donner plus d’avantages”.

Sur le projet de la banque des régions,  il a expliqué qu’il s’agit là d’une des solutions qui pourraient donner des résultats, soulignant toutefois qu’on aurait pu travailler autrement à travers les banques qui existent déjà en mettant à leur disposition des fonds publics qu’elles gèrent pour le compte de l’Etat avec des conditions bien déterminées, selon ses dires.

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