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Privatisation

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L’Union régionale du travail de l’Ariana par le biais de son secrétaire général, Mohamed Chebi, a rejeté la décision du gouvernement tunisien d’ouvrir son ciel avec l’Union européenne sans poser des conditions, qualifiant cette décision d’arbitraire.

Dans un communiqué publié sur la page officielle de l’UGTT, il a été indiqué que l’impact de cette décision sur Tunisair sera négatif, voire catastrophique compte tenu des difficultés structurelles auxquelles fait face aujourd’hui la compagnie nationale et son incapacité à se maintenir face à la grande concurrence.

L’URTT de l’Ariana a également considéré cette décision comme un premier pas vers la privatisation de Tunisair, appelant toutes les parties concernées à assumer leurs responsabilités et bloquer l’exécution de ladite décision.

Il est à rappeler à ce propos que les représentants de la Tunisie et de l’Union européenne ont paraphé, lundi 11 décembre 2017, l’accord sur l’Open Sky, lequel sera applicable à partir de 2018.

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La banque tunisienne de demain : Les nouveaux défis de la modernisation du secteur“, tel a été le thème d’un séminaire stratégique organisé ce mercredi 6 décembre 2017, à l’initiative de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES). Des économistes, des banquiers, des fiscalistes ainsi qu’un bon nombre d’opérateurs du monde financier ont pris part à cette rencontre qui devait apporter des réponses claires à plusieurs interrogations : Quels défis et menaces devant le secteur bancaire tunisien? Quel statut aura la banque de demain en Tunisie ? Quel positionnement ? Quelles performances ? Et quelle place par rapport aux défis de la digitalisation?

Dans son discours d’ouverture, Néji Jalloul, DG de l’ITES, a fait savoir que les défis du secteur bancaire demeurent énormes, surtout dans une économie où la croissance demeure embryonnaire, selon ses dires, citant comme défis la bonne gouvernance, le financement du développement régional, l’innovation, la concurrence et la culture du risque. En effet, malgré la mise en place d’un package de réformes portant principalement sur la restructuration et la recapitalisation des banques publiques, une nouvelle loi bancaire et la refonte du statut de la BCT, la performance du secteur bancaire demeure décevante et en deçà des objectifs fixés.

Selon l’ITES, le secteur bancaire fait face à 6 défis majeurs, à savoir un secteur fragmenté et dominé par les grandes banques (11 banques parmi 23 ont une part de marché supérieur à 90% alors que les 12 autres se répartissent sur les 10% restants), un secteur fragile et vulnérable, un taux élevé des créances classées (les provisions ont représenté entre 2014 et 2015 plus que 20% du PNB des banques et un taux de provisionnement qui a atteint 57%), manque de liquidité (les opérations de politique monétaire ont atteint leur plus haut historique en novembre 2017 avec 10,129 milliards de dinars en moyenne contre 7,329 milliards en novembre 2016, soit une augmentation de 38% sur un an). Ajoutons à cela un retard important en termes d’intégration des IT dans le processus de distribution et la bonne gouvernance. En effet, sans une amélioration du mode gouvernance rien ne garantit que les erreurs du passé ne se reproduisent pas, indique une note de l’Institut.

Quant à lui, Ahmed Al Karam, président du directoire d’Amen Bank et président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), a fait savoir que la banque tunisienne fait face aujourd’hui à plusieurs défis. Primo, la banque ne dispose pas de ressources pour faire face aux besoins de la clientèle et assurer son fonctionnement convenablement suite à l’absence de liquidités, soulignant toutefois qu’en dépit de la conjoncture et de l’instabilité qui a marqué le climat des affaires dans lequel opèrent les banques tunisiennes aujourd’hui, ces dernières ont affiché des performances et ont prouvé leur résilience et elles se sont montrées capables de faire face aux menaces dont principalement les risques de prêts et liquidité, le blanchiment d’argent, ainsi que le risque de volatilité du taux de change et du taux d’intérêt. Les banques tunisiennes se trouvent aussi devant plusieurs difficultés tributaires de la crise conjoncturelle, à savoir la baisse de l’exportation, un déficit commercial très élevé et surtout un marché parallèle qui absorbe l’essentiel, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que la solution pour remédier à cette solution est la croissance et une lutte efficace et sérieuse contre le marché parallèle, appelant à trouver des solutions efficaces et pertinentes permettant aux banques de reprendre leur rythme habituel et permettre au secteur  de jouer pleinement son rôle et de répondre aux besoins des PME et protéger par conséquent les créanciers.

Karam a en outre souligné la nécessité de privatiser les banques publiques qui demeurent à ce jour un fardeau sur l’État, soulignant que le gouvernement a déjà préparé un dossier relatif à la privatisation des banques, à travers la création de structures qui fonctionneront en tant que bras financier de l’État, comme la CDC, la BTS ou encore la BFPME.

S’agissant du financement de l’économie par les banques, Ferid Ben Tanfous, DG de l’ATB, a appelé à ne pas négliger le rôle déterminant joué par les banques dans le financement de l’économie tunisienne, assurant que cela se fait à hauteur de 80% par les banques, sans toutefois cacher l’existence de plusieurs points faibles à améliorer, notamment au niveau de l’accès des PME au financement.

Ben Tanfous a à cet égard appelé à cesser de faire assumer aux banques la responsabilité du financement des PME : “Les premiers sur qui on tape sont toujours les banques !“, s’est-il exclamé, avant d’assurer que les banques tunisiennes ne savent pas aborder et traiter les dossiers des PME comme celles des grandes entreprises. Du coup, 30% des crédits bancaires sont accordés aux particuliers et 80% à l’immobilier, selon ses dires.

Il a en outre indiqué que 80% des demandes formulées par les PME pour accéder à un financement sont rejetées pour des raisons non seulement liées aux banques mais aussi au PME pour des problèmes en rapport avec leurs business plan, appelant ainsi à créer une ligne spécifique pour le financement des PME qui ne doivent pas être traitées comme des grandes entreprises, selon ses dires.

Quant à lui, Habib Belhaj Guider, DG de la BNA, a indiqué que la banque finance aujourd’hui le grand, le moyen et le petit agriculteur ainsi que l’Office des céréales, avant d’assurer que 12 à 13% des concours de crédits de la BNA vont en premier lieu à l’agriculteur, puis en deuxième lieu à l’Office des céréales. De même, a-t-il ajouté, la BNA finance l’entreprise agricole publique au même niveau que la privée, et ce en dépit des problèmes de liquidité du système bancaire.

Frank Dupont, économiste auprès du FMI, a reconnu l’existence d’un déficit au niveau du financement des PME mais qui n’est pas spécifique à la Tunisie. “Les PME sont toujours moins servies que les grandes entreprises et cela est structurel pour plusieurs raisons liées à la banque mais aussi à la PME qui trouve aujourd’hui des difficultés pour concevoir son business plan“, a expliqué le responsable du FMI, appelant à mettre en place un plan d’accompagnement des PME qui ont besoin d’élaborer un business plan correct et réalisable, selon ses dires.

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La grève des agents et cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), initialement prévue, pour aujourd’hui et demain, 28 et 29 novembre 2017, dans toutes les structures relevants de la société, a été reportée pour les 8 et 9 décembre courants et ce, suite à l’appel de la Fédération générale de l’électricité et du Gaz, indique un communiqué publié aujourd’hui sur la page officielle de l’UGTT.

L’objectif de ce report est d’ouvrir les négociations afin de trouver les solutions susceptibles de protéger la Steg de la privatisation et de maîtriser ses équilibres financiers.

Il est à signaler à ce propos que l’UGTT s’est opposée à toute intention de cession de la Steg même à travers la privatisation de certaines de ses activités comme la production de l’électricité.

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Le ministre des télécommunications et de l’économie numérique, Anouar Maarouf, a annoncé l’entrée d’un nouveau partenaire au sein de l’opérateur Tunisie Télécom, à savoir le groupe émirati “Abraaj”, en remplacement de “Dubai Al Kabidha”, qui se désiste de sa part évaluée à 35% du capital de TT.
Lors d’une séance plénière, tenue lundi, à l’Assemblée des Représentants du peuple (ARP) et au cours de laquelle a été adopté le projet de budget dudit département, le ministre a précisé que l’entrée de ce nouveau partenaire intervient à la suite de la décisIon de “Dubai El Kabidha” de céder sa part dans le capital de TT, émettant l’espoir de voir ce nouveau partenaire contribuer au développement des activités de cette entreprise.
Il a ajouté que l’ancien partenaire de l’opérateur, citant “Dubai Al Kabidha”, a entravé la vision du gouvernement dans le développement de l’entreprise, car depuis la Révolution, ce groupe avait déclaré vouloir céder sa part dans le capital de TT.

Maarouf a précisé que la restructuration de TT ne repose pas nécessairement sur sa privatisation mais sur l’exécution d’un programme de restructuration visant la modernisation du cadre juridique règlementant son activité, assurant que son département a préparé un projet de loi pour la réforme de TT composé de cinq articles et dont l’objectif est d’améliorer la gouvernance et l’efficience de cet établissement.

Le ministre a déclaré que la première copie du code numérique sera élaboré avant la fin de 2017, précisant que ce code sera le premier du genre, du fait qu’il sera orienté vers la promotion de l’économie numérique, alors que le code des communications s’était contenté d’organiser le secteur des télécommunications.
Le système de l’identifiant unique, a-t-il dit, entrera en vigueur en 2018, affirmant que son département oeuvre à mettre en place le système “madania”, à travers lequel seront enregistrés les décès et naissances, outre la liaison entre les différentes structures et administrations publiques pour faciliter les prestations des services administratifs au profit des citoyens.

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L’expert-comptable, Walid Ben Salah a indiqué, dans une interview accordée à Africanmanager, que la privatisation est une solution parmi d’autres qui permettra de drainer des fonds supplémentaires au profit de la trésorerie publique et de redresser la situation de certaines entreprises : “Malheureusement pour le PLF 2018, rien n ‘a été prévu comme recettes provenant de la privatisation”, a-t-il soutenu, faisant savoir toutefois que la privatisation doit être faite d’une manière bien étudiée et réfléchie.” L’État ne doit pas détenir un monopole dans des secteurs où le secteur privé pourra faire mieux comme celui de la RNTA”, a-t-il dit.

“On n’a pas soutenu l’idée se désengager des secteurs stratégiques comme la Steg, l’Étap et la SONEDE. Mais l’État détient plusieurs autres participations dans plusieurs entreprises qui ne lui permettront ni de prendre des décisions ni d’avoir des recettes supplémentaires”, a expliqué Ben Salah avant d’ajouter que pour les entreprises où l’État est majoritaire ou détient le monopole à 100%, il est aussi appelé à étudier certaines participations notamment celles dans les secteurs non stratégiques.

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Nous venons d’apprendre d’une source bien informée que le gouvernement a renoncé à la privatisation de la Banque de l’Habitat (BH) et ce, malgré les démarches qui ont été faites dans ce sens.

Notre source nous a également confié que la privatisation de la BH a bougé avec Fadhel Abdelkefi, ex-ministre des Finances par intérim mais a été bloquée par la suite quelques semaines après sa démission…

Il y a lieu de rappeler à ce propos que le conseiller économique auprès du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi, avait assuré dans une interview accordée récemment à La Presse que le gouvernement a décidé de privatiser complètement la BH et de garder la BNA. “Cette dernière se porte très bien et a réussi à se hisser au rang de deuxième banque du pays (…) Nous comptons la garder pour financer notre économie, elle sera l’arme financière de l’État“.
Ben Sassi avait également indiqué que la BNA n’a pas d’intérêt stratégique pour l’État et qu’elle est déjà gérée comme une banque privée.

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Nous venons d’apprendre d’une source bien informée que le gouvernement s’apprête à vendre ses participations dans la Banque de Tunisie et des Émirats (BTE), le seul dossier qui bouge au niveau du ministère des Finances. Ce dernier, nous a-t-on dit, est en train de chercher une banque d’affaires qui sera chargée de l’étude et de la vente des parts de l’État dans cette banque.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la stratégie du gouvernement de vendre les participations non stratégiques de l’État dans certaines banques.

L’opération de cession doit être faite via la mobilisation de deux banques d’affaires, une chargée de la vente des parts de l’État tunisien et une autre de ceux du partenaire émirati, ce qui explique en grande partie la complexité du dossier et le non achèvement de la transaction jusqu’à ce jour.

A noter que la Banque de Tunisie et des Emirats (BTE), anciennement Banque de Tunisie et des Emirats d’Investissement (BTEI), a été créée en 1982 par une convention signée entre Abou Dhabi Investment Authority (ADIA) et le gouvernement tunisien.

En effet, depuis 2004, date d’obtention de l’autorisation d’exercer en tant que banque universelle, la BTE a engagé un processus d’universalité. A ce titre, son activité, limitée initialement au financement des entreprises, s’est étendue pour toucher toutes les autres sphères du métier de la banque et notamment la collecte des dépôts auprès de la clientèle, quelles que soient la forme et la durée (dépôt à vue, épargne, dépôt à terme).

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Désormais connu par ses lignes rouges qu’il dresse un peu partout, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a réitéré le refus catégorique de la centrale syndicale de la cession des entreprises publiques, affirmant qu’elle trace «cent mille lignes rouges» devant ce choix économique.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, le dirigeant de l’UGTT a indiqué qu’à chaque fois qu’il s’était entretenu avec le président de la République, ce dernier le remerciait pour son soutien à l’école publique, au secteur de la santé publique ainsi qu’au service public. «Je n’ai jamais entendu aussi le chef du gouvernement dire qu’il est pour la cession des entreprises publiques, et il a même déclaré lors d’un débat de presse qu’il n’y avait rien à vendre», a-t-il argumenté.

Selon son secrétaire général, «l’UGTT n’est pas pour autant crispée sur ses positions sur cette question mais a sa propre vision basée sur la nécessité de restructurer et réformer les entreprises publiques afin qu’elles puissent retrouver leur capacité d’embauche et de compétitivité et contribuer ainsi à renflouer les ressources de l’Etat», a-t-il précisé. Taboubi a fait valoir que «ces entreprises ne sont pas une propriété privée pour qu’on parle de les vendre ou les céder». Il a estimé que «certains qui ont échoué veulent se débarrasser de cette image d’échec et de leur incapacité à accomplir des actions en faveur du pays, l’imputent aux entreprises publiques».

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Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Tabboubi, a mis en garde jeudi contre le danger du chômage qui a contribué à la prolifération du phénomène de la migration irrégulière.
Face à cette situation il faut mener une guerre pour assurer le développement et lutter contre la pauvreté et l’extrémisme, a-t-il souligné.
Tabboubi a appelé, lors de sa visite à la Régie Nationale du Tabac et des Allumettes (RNTA) de Tunis, les hommes d’affaires à s’orienter vers les zones de l’intérieur pour investir et contribuer à lutter contre la cirse de chômage.
Tabboubi a pris connaissance à cette occasion des sites de production à la RNTA et appelé les ouvriers de cet établissement à renforcer le travail et développer la production pour assurer la pérennité de cet établissement
Le secteur public est une ligne rouge, a affirmé Tabboubi, précisant que la centrale syndicale poursuivra ses efforts pour défendre les établissements publics, consolider leurs rentabilités et appeler les ouvriers des différentes sociétés à renforcer leur productivité et préserver le secteur public.
L’UGTT s’attache à son rôle national, a encore dit Tabboubi, affirmant que les négociations sociales se poursuivront et que les ouvriers bénéficieront de leur droit à la majoration salariale.

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Du 4 au 6 octobre courant, une mission du FMI séjournait à Tunis. Parmi les points évoqués avec le gouvernement tunisien figure «améliorer la gouvernance et la surveillance des entreprises publiques déficitaires et moderniser la fonction publique demeurent des réformes structurelles cruciales pour réduire les risques budgétaires et rendre l’ensemble de l’économie plus compétitive». C’est dire, et c’est peu de le dire dans la mesure où la Tunisie n’aurait pas dû attendre le FMI pour le faire, l’importance de ce sujet pour un gouvernement dont la tâche initiale est de remettre de l’ordre dans l’économie du pays.

  • Que dit le rapport du gouvernement ?

Selon un rapport gouvernemental en date du 15 mai 2017, les entreprises publiques (EP) en Tunisie étaient au nombre de 104 en 2014, travaillant dans 21 secteurs de production et de services. Elles dégageaient, en 2010, des bénéfices d’un total d’un peu plus de 1,176 Milliard DT. Six années plus tard, en 2015, elles affichaient un déficit de presque 1,1 Milliard DT. A la fin de la même année, et on suppose que cela a beaucoup augmenté depuis, le cumul des pertes des EP, de 2012 à 2015, a dépassé les 2,5 Milliards DT.

Les causes, ledit rapport les a identifiées. D’abord des problèmes au niveau de la gouvernance, ce qui ne semblait pas être le cas avant. Manque de vision stratégique claire ensuite, alors ce ne semblait pas être le cas avant. Faible productivité, ce qui n’était pas le cas avant, puisqu’elles dégageaient des bénéfices. 41 EP ont enregistré une perte de 1,881 Milliard DT, depuis leur création et jusqu’à 2010. Ces pertes ont ensuite augmenté de 214,9 % entre 2010 et 2015. Les fonds propres de 29 de ces EP sont négatifs (-2.730 MDT contre 447,8 DT en capital).

  • Qui a payé les 5,8 Milliards DT ?

Les EP, c’est aussi des troubles et mouvements sociaux, grâce désormais à un droit de grève protégé par la Constitution et non balisé par aucune condition. Les EP, c’est encore des actifs non valorisés, des coûts de production élevés, des problèmes de pièces de rechange et des problèmes de maintenance de la flotte. C’est aussi des procédures complexes de gestion des transactions publiques, grâce notamment à la peur d’être accusés de «Fassed» qui serre les tripes des dirigeants de ces entreprises. Problèmes aussi au niveau de la structure de l’entreprise. Ajoutez-y les fortes dépenses, notamment salariales, par rapport à la faible production et le peu de productivité. Entre 2012 et 2015, ces EP ont servi un cumul de salaires de 16,4 Milliards DT, pour un résultat hautement déficitaire.

La masse salariale des EP était de 2,580 Milliards DT en 2010. Cinq ans plus tard, c’est 3,713 Milliards DT. Une hausse de 43,9 %. Les salaires des employés des EP ont augmenté de 50 % entre 2010 et 2013.

Pour faire face, soutenir l’insoutenable et verser de l’eau dans le désert, l’Etat ne dispose que du seul moyen de la prime d’exploitation, puisée dans le budget de l’Etat. 5,851 Milliards DT ont ainsi été injectés dans les caisses des EP, en hausse de 124,3 % par rapport à 2010.

  • L’Etat veut que les privés financent les EP !

Dans son document, le gouvernement de Youssef Chahed propose une panoplie de mesures pour une restructuration, sociale, financière et de gouvernance, des EP. A aucun moment ledit document n’a parlé de plan social, de licenciement ou quelque autre mesure du genre. Il évoque par contre une meilleure stratégie de l’Etat actionnaire, la création d’une agence pour la gestion des participations de l’Etat, une gouvernance qui sépare la gestion du contrôle et la nomination de gestionnaires sur appel à manifestation d’intérêt et choix sur dossier. Mais aussi un cadre RSE, un cadre législatif qui permet d’attirer les compétences à l’instar du secteur privé, la présentation de Business plans et la mise en place d’une ligne de financement qui permette l’équilibre financier à l’horizon 2018, ce qui est trop court à notre sens.

Plus important, le gouvernement Chahed évoque aussi, dans ce document, un certain nombre de mesures financières, l’argent étant le nerf de la guerre. Il propose d’abord la création de ce qu’il appelle un «Fonds de restitution» de 1.000 MDT. Ce fond, toujours selon le gouvernement Chahed, devra être financé en partenariat avec le secteur privé, qui devra y injecter 500 MDT. Le reste sera injecté par la CDC (Caisse des dépôts et consignation), ou autres, comme les Sicar. Le secteur privé pourra ainsi participer dans le capital des EP qui bénéficieront du Fonds de restitution, à hauteur de 49 %. Il sera donc actionnaire d’entreprises qui resteront entre les mains de l’Etat, après accord de la Carep (Commission de privatisation). Les EP seront ainsi partiellement privatisées. C’est en gros ce que propose Youssef Chahed. Reste à savoir si l’UGTT, qui a déjà levé son véto contre toute restructuration des EP sans son avis, accepte cela !

 

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Le président de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (Conect), Tarek Cherif, a donné, sur Express FM hier vendredi 15 septembre, son sentiment sur la nouvelle équipe de Youssef Chahed et les défis qui l’attendent. «Il faut aller vite, très vite même !», a dit Cherif. «La cadence actuelle n’est plus soutenable. Les prêts que la Tunisie contracte ne sont pas affectés à la création de richesses, on est loin du cercle vertueux !», a-t-il ajouté, en direction de la masse salariale de la fonction publique.

A propos du partenariat public privé (PPP), le président de la Conect a indiqué que c’est une des planches de salut pour l’économie du pays. Mais il a demandé à l’UGTT, un partenaire dans cette affaire, de tempérer ses ardeurs et de faire preuve de «compréhension». «C’est nécessaire pour le pays ! On n’a pas le choix!».
La privatisation des entreprises publiques qui perdent de l’argent est également une des solutions, selon Cherif. Il est même allé plus loin en préconisant la cession de toutes les branches liées aux secteurs concurrentiels. «Même les banques publiques qui font des profits doivent être privatisées, car il est fort probable que les gains montent avec la privatisation !».
Pour étayer son argumentaire, il a évoqué la privatisation des cimenteries publiques il y a quelques années. «Il faut regarder les performances des cimenteries qui ont été privatisées. Combien ont-elles recruté en plus ? Combien exportent-elles de nos jours et combien de taxes payent-elles à l’Etat ?».

Il s’est également arrêté sur Tunisair. «Avec des retards de 6 à 12 heures, ce n’est plus possible. Les avions sont vieux, les pertes colossales et le nombre des salariés l’est tout autant par rapport aux besoins réels ! Nous sommes en train ainsi de priver le pays d’opportunités. Il faut aller vers la performance et l’efficacité. Il faut trouver à la compagnie nationale un partenaire stratégique pour qu’il mène la société vers la performance».

A propos du tourisme, il a déclaré qu’on ne peut pas avoir des gains substantiels sans Open Sky et en louant des appareils à d’autres compagnies. “Il faudra faire preuve de réalisme et s’attaquer aux problèmes” en fermant la porte aux idéologies, a déclaré Cherif…

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Le Secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Tabboubi, a affirmé, vendredi, que son organisation “exercera des pressions positives sur le gouvernement pour trouver les solutions permettant de sauver les entreprises publiques menacées de faillite”.
“Il n’est pas question de céder les entreprises publiques aux privés, quels que soient les problèmes financiers qu’elles rencontrent”, a-t-il lancé lors d’une visite au siège de la Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa à Kasserine, dont l’usine connait de sérieuses difficultés dues principalement à l’accumulation des dettes et à la désuétude des équipements.

La commission administrative de l’UGTT se réunira prochainement pour examiner la situation générale dans le pays et celle des entreprises publiques en particulier “et prendra par la suite les décisions et mesures nécessaires”, a encore souligné le patron de la centrale syndicale.
Noureddine Tabboubi a par ailleurs visité l’hôpital régional de Kasserine où le scanner acheté dans le cadre d’un marché public est, selon plusieurs plaintes, constamment en panne. Il a dans ce sens appelé le cadre médical concerné à ouvrir une enquête immédiate sur le dossier des marchés.
Il a également remis à l’hôpital local de la délégation de Méjel BelAbbès un lot de médicaments et de vaccins contre l’hépatite d’une valeur globale de 35 millions de dinars accordés à l’initiative du syndicat général de l’enseignement secondaire dans l’objectif de contribuer à la lutte contre ce virus qui a touché des élèves de la région au cours de l’année scolaire écoulée.

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Intervenant , ce mardi 8 août 2017, lors d’une table ronde sur la loi de finances 2018, le président d’honneur de l’Ordre des experts comptables de Tunisie, Moncef Boussanouga Zammouri a déclaré que la Tunisie déplore chaque année un gap entre les recettes et les dépenses et ce sont les les entreprises qui supportent le fardeau et le payent, appelant ainsi à trouver d’autres ressources autres que fiscales comme la privatisation de certaines entreprises : ” Il n’est pas normal de trouver l’État dans des secteurs concurrentiels…”, a-t-il dit.

Boussanouga a par ailleurs souligné l’existence de plusieurs niches pour alléger le déficit budgétaire, assurant que les entreprises sont en train de payer de l’impôt sans obtenir de contrepartie.

“Lorsque on fait un budget de l’Etat, c’est comme dans une entreprise, il faut être optimiste, il faut dire qu’il y aura une croissance économique qui va apporter des recettes prévisionnelles biens déterminées. Nous voulons une loi de finances et un budget qui tiennent compte de la croissance “, a-t-il dit.

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Les agents et cadres de la Régie nationale des tabacs et des allumettes (RNTA) ont organisé jeudi matin une marche pacifique à Tunis pour exprimer leur opposition à la cession à leur entreprise.
Partie du siège de la RNTA, cette marche est passée par la rue El Mahata et l’avenue Habib Bourguiba avant d’arriver à la Place Mohamed Ali devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).
” Ce mouvement de protestation intervient en réaction aux déclarations de certains responsables au gouvernement qui ont envisagé la possibilité de privatiser la Régie “, a déclaré le secrétaire général du syndicat de base de la RNTA, Hichem Oueslati à la TAP.
” La cession des entreprises publiques n’a jamais été la solution. Il convient plutôt de réfléchir à des programmes de restructuration et de mise à niveau sur cinq ou dix ans “, a-t-il estimé, faisant remarquer que la RNTA emploie plus de 1600 personnes qui représentent environ 35 mille familles tunisiennes.
Jamel Belhaj Ali, un employé de la RNTA a fait état de l’opposition catégorique du personnel de la RNTA à la cession de l’entreprise, soulignant que les employés de la Régie sont engagés à poursuivre leurs mouvements de protestation pour empêcher le gouvernement de prendre une telle décision qui, selon lui, risque de mettre l’avenir de milliers de familles en péril.
A noter que La Régie Nationale des Tabacs et des Allumettes (RNTA) et la Manufacture des Tabacs de Kairouan (MTK) génèrent 19581 emplois directs et indirects. Un chiffre d’affaires de 297,3 Millions de Dinars a été réalisé en 2012 et 1360 Tonnes de tabacs en feuilles sont récoltées localement, selon le site de la RNTA.

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La décision du Fonds Monétaire International (FMI) de geler une partie du crédit réservé à la Tunisie a poussé le gouvernement à étudier la possibilité de vendre des parts dans certaines banques publiques ou à participation non stratégique, au cours de l’année 2017. Une proposition qui a été à l’origine d’une grosse polémique dans le pays. Certains experts en la matière ont considéré que la privatisation de ces banques est une ligne rouge alors que d’autres se réjouissent de cette orientation, estimant qu’une telle décision serait bénéfique pour l’État, notamment dans le renflouage des caisses et la réduction, entre autres, du déficit des finances publiques. Nous apprenons toutefois d’une source proche du dossier que le gouvernement de Chahed s’apprête à lancer officiellement la décision de privatiser prioritairement les banques à participation non stratégique, mais attend le moment opportun pour l’annonce. Il semble que le dernier remaniement ministériel ait bouleversé les choses, surtout avec le changement du ministre de la Fonction publique. Une décision n’a pas plu à la partie syndicale, qui a accusé Chahed de ne pas respecter l’esprit du pacte de Carthage, alors imaginez la réaction de l’UGTT avec une annonce officielle de privatisation!

Le député du Front populaire (FP) et président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Mongi Rahoui a affirmé, dans une déclaration,ce lundi 27 février 2017 à Africanmanager, que l’affaire de la privatisation des banques publiques ne date pas d’aujourd’hui, mais a été de nouveau mise sur la table à cause de l’énorme pression que subit Youssef Chahed de la part du FMI.

Il a par ailleurs indiqué que l’ARP s’opposera à cette orientation, avant de souligner que la privatisation des banques publiques est une ligne rouge. Dans une déclaration faite aux médias, il a en outre indiqué que le gouvernement n’a fourni aucun effort pour atteindre ses objectifs : « Qu’attendez-vous d’un gouvernement qui sert les intérêts des lobbies ? », s’est-il interrogé, avant de lancer qu’il est persuadé que l’État pourra céder des parts dans les banques publiques.

Et Rahoui de rajouter que les banques publiques appartiennent au peuple tunisien et que la décision de privatiser ces banques revient exclusivement à l’ARP.

De son côté, l’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a, dans une déclaration à Africanmanager, indiqué que la privatisation des banques publiques n’est pas la bonne décision et que cela aura certainement des effets négatifs. Et de préciser que les banques publiques appliquent les politiques et les stratégies financières et économiques que l’État a élaborées pour un certain nombre de secteurs dont le tourisme et l’agriculture, et que si elles sont privatisées, on ne peut plus parler de plan d’action.

Pour dépasser la crise financière des banques publiques, Dimassi a appelé à revoir la relation entre l’État et ces institutions financières à travers la signature d’un accord définissant les prérogatives de chaque partie. Les rapports actuels entre l’État et les institutions financières sont à caractère administratif, ce qui a aggravé, selon ses déclarations, la crise des banques publiques.

Il a fait savoir, en outre, que le FMI ne va pas encore accorder de crédit à la Tunisie parce qu’elle n’a pas tenu ses promesses et ses engagements en termes de réformes, rappelant l’augmentation récente des salaires dans le secteur public, une décision contraire à ce qui a été convenu entre le gouvernement tunisien et le FMI, qui a exigé la réforme de l’administration tunisienne, de la fonction publique et de la fiscalité. “La décision du gel des crédits aura certainement un impact négatif sur les autres bailleurs de fonds, telles que la Banque Mondiale ou encore la Banque africaine de développement (BAD)”, a assuré Dimassi.

Quant à lui, l’ancien ministre du Commerce Mohsen Hassan a indiqué, dans un statut posté sur sa page Facebook, que la privatisation (totale ou partielle) des trois banques publiques, STB, BNA et BH, qui accaparent 40% des actifs bancaires en Tunisie, est un dossier épineux à gérer par le gouvernement de Youssef Chahed. “Beaucoup d’arguments plaident en faveur de ce désengagement de l’État de ce secteur vital pour l’économie tunisienne. Gain immédiat pour le gouvernement qui va trouver des ressources indispensables pour réduire le déficit des finances publiques”, a-t-il expliqué.

De plus, un business model a été mis en place afin « d’améliorer leur compétitivité, de renforcer leur notoriété et de faciliter l’accès à de futurs partenaires stratégiques ou techniques privés »
La privatisation pourrait, ainsi, selon ses déclarations, encourager les partenaires de la Tunisie et être un facteur de dynamisation de la croissance. “Cela dit, la partie n’est pas gagnée. les partenaires sociaux et les employés de ces institutions, estimés à 6000, ont besoin d’être sensibilisés et impliqués dans cette grande reforme”, a-t-il dit.

Et Mohsen Hassan d’ajouter que la situation économique et sociale dans le pays et le manque de visibilité de la classe politique risquent de constituer des handicaps qui empêcheraient l’opération d’aboutir dans des délais rapides.

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Le président de la commission des finances au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Mongi Rahoui, a déclaré que le gouvernement n’a fourni aucun effort pour atteindre ses objectifs.

« Qu’attendez-vous d’un gouvernement qui sert les intérêts des lobbies ? », s’est-il interrogé, lors de son passage ce lundi sur Express Fm, avant d’annoncer qu’il est persuadé que l’État pourra céder des parts dans les banques publiques.

Le président de la commission des finances a par ailleurs précisé que les banques publiques appartiennent au peuple tunisien : « La décision de privatisation de ces banques revient exclusivement à l’ARP ».

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Depuis plusieurs années déjà, la Tunisie a rompu avec le concept d’entreprise publique rentable. Le problème ne date pas d’aujourd’hui, mais de plusieurs années. Les entreprises publiques se trouvent devant un cumul de problèmes économiques, financiers et sociaux. Aujourd’hui, elles ne contribuent presque pas à l’essor de l’économie nationale.
Après avoir été longtemps considérées comme le fleuron de l’économie tunisienne et première source des recettes du budget de l’État, les entreprises publiques sont devenues un lourd fardeau, difficiles, voire impossibles à gérer à la lumière de la crise de liquidités qui sévit dans le pays depuis un bon nombre d’années .

Preuve à l’appui : La contribution des entreprises dans le budget de l’État au titre de l’année 2016 est presque nulle, et les quelques Millions de dinars qui sont venus renflouer les caisses de l’État au titre de cette année sont dus aux recettes exceptionnelles générées par la 4G mais aussi aux contributions provenant de la Banque centrale de Tunisie (BCT). C’est la ministre des Finances, Lamia Zribi, qui le confirme. Elle n’a cessé dernièrement de tirer à boulets rouges sur les entreprises publiques, sans pour autant proposer des solutions. Elle se contente de dire ce qu’elle constate : “Si aucune mesure n’est prise pour le redressement et la restructuration de ces entreprises là, (…), c’est la crise financière” assurée. Oui, elle parle ! Elle dit des vérités, qui laissent entrevoir différentes interprétations, la plus plausible est la privatisation. C’est une des solutions récemment proposées par une députée de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Aussitôt évoquée, la colère avait monté d’un cran au sein de l’Assemblée. Pour les Tunisiens, la privatisation est une atteinte à leurs droits. En Tunisie on peut évoquer la crise, mais parler de la privatisation, c’est tabou. Oui ! On se permet d’injecter de l’argent dans des entreprises déjà mortes et improductives, mais on ne privatise pas ! Mais jusqu’à quand ? Il est légitime de s’interroger à ce stade : Doit-on se débarrasser de ces entreprises là ? Et si on privatisait les entreprises à vocation commerciale ?

Mohamded Slah Ayari, conseiller fiscal a fait remarquer, dans une déclaration à Africanmanager, que les recettes provenant des entreprises ont connu une baisse très importante de 42,8%, passant ainsi de 409 Millions de dinars durant les 9 premiers mois de l’année 2015 à seulement 234 MD durant la même période de 2016.

Selon ses déclarations, les entreprises publiques ne contribuent pas comme auparavant dans les caisses de l’État à cause de plusieurs difficultés économiques et financières énormes, à titre d’exemple la situation de Tunisair, qui a confirmé les pertes successives supportées par la dite entreprise, considérée comme le fleuron des entreprises publiques. Ainsi, la perte qui a été confirmée au titre de l’exercice de 2015 a atteint 72 MD. Le même constat s’applique aux autres entreprises publiques telles que la SNTRI, la SNCFT, la CGT, la CPG et la dernière en date, Petrofac, qui croule sous les difficultés économiques, financières et sociales.

À notre interrogation : Est-ce que l’État a intérêt à privatiser les entreprises publiques ou à continuer à supporter le fardeau qui devient de plus en plus lourd ? Momahed Salah a dit : ” À priori, il serait plus adéquat de se débarrasser des entreprises publiques qui n’assurent pas un service social au profit des citoyens tunisiens, par conséquent et à l’exception des secteurs stratégiques tels que la Steg, la SONEDE, la SNTRI, l’État a intérêt à céder les entreprises publiques qui ne font qu’accumuler du déficit au fil des années, et ce dans l’espoir qu’elles soient redressées dans une première étape afin de contribuer à l’amélioration des recettes fiscales et à la création de nouveaux postes d’emploi”.

De son côté, Mbarek Khamessi, expert en redressement des entreprises en difficulté, nous a fait savoir que la privatisation des entreprises publiques n’est pas la bonne solution, et ce en dépit des difficultés financières énormes rencontrées par ces entreprises là, de plus on ne peut privatiser que les entreprises ayant un fort potentiel de rentabilité. “Personne ne pourra acheter une entreprise non rentable et avec une activité non évolutive”, a-t-il expliqué.

Khamessi a, dans le même ordre d’idées, mis en garde contre le fait de voir ce processus de privatisation se transformer en opération de liquidation, comme le cas de la Société Tunisiennes des Banques (STB) dans le temps, appelant ainsi à puiser avant tout dans les solutions de restructuration et de redressement.

En outre, il a fait remarquer que les entreprises publiques n’ont jamais été un objet de rentabilité, mais plutôt social comme le cas de la poste, de la Steg ou encore de la SONEDE, appelant ainsi à ne pas se limiter uniquement à l’aspect financier. “Le privé ne va pas jouer le rôle assigné au début à cette entreprise là”, a-t-il assuré. Il faut éviter, selon lui, le mimétisme législatif et importer bêtement les expériences étrangères dans le contexte tunisien.

Un représentant du ministère des Finances, qui a voulu parler sous l’anonymat, a quant à lui précisé que les difficultés des entreprises publiques ne datent pas d’aujourd’hui mais plutôt d’avant la Révolution, citant le cas des entreprises de transport comme la SNTRI, les sociétés pétrolières comme la SNDP et STIR. A cela s’ajoutent la SONEDE, la Steg, la CPG, la Fouladh, Tunisair, SNCPA et la Transtu.

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On a souvent comparé et à juste titre les entreprises publiques tunisiennes au « tonneau des Danaïdes » de la mythologie grecque pour souligner leur forte propension à engloutir les fonds de l’Etat, tel un récipient percé. Et bien sûr, c’est le contribuable qui met la main à la poche pour les maintenir à flot, et cela lui coûte 200 dinars par an, selon des estimations qui n’ont rien de fantaisiste. Pour autant, l’Etat doit-il se débarrasser de ces « gouffres financiers » alors qu’il a de plus en plus besoin d’argent, surtout à l’heure actuelle, pour assurer un soupçon d’équilibre budgétaire ?

Une réflexion, encore une, est engagée sur la question à l’occasion de conférence nationale sur le projet de la stratégie de modernisation et de gouvernance des institutions et établissements publics. On ignore ce qui va en sortir, mais il semble que la rhétorique soit la même avec cependant l’assurance que le gouvernement planche sur l’évaluation des entreprises publiques cédées aux privés pour en tirer les axes de l’approche à mettre en œuvre en la matière.

Des vérités qui doivent être dites

Convenons d’ores et déjà que, tiraillé qu’il est entre ceux qui plaident pour la privatisation et ceux qui y sont franchement hostiles, le gouvernement ne sera pas près de trancher le nœud gordien avant longtemps. Car sur un sujet si sensible et qui, plus est, fâche les syndicats, notamment le premier d’entre eux, l’UGTT, il va falloir se livrer à un exercice d’équilibrisme d’autant plus risqué qu’il devra se traduire par des écueils foncièrement sociaux et même politiques. Faut-il souligner à cet égard que de nombreux paramètres de la première importance devront entrer en ligne de compte, ce qui dicte des démarches convenues entre l’Etat, sommé de protéger ses intérêts autant que ceux des salariés et plus encore le patrimoine de l’entreprise. Autrement dit, la privatisation doit être pensée et menée dans l’intérêt bien compris de toutes les parties dont aucune ne devrait se sentir lésée ou désavantagée.

Cela requiert qu’un diagnostic sérieux, rigoureux et sans concession soit posé pour établir tout ce qui fonctionne et qui ne marche pas dans l’entreprise qu’il s’agisse du volet économique, social ou stratégique. Un pré-requis qui déblaie le terrain pour « l’ouverture de l’entreprise sur son environnement », pour reprendre la formule utilisée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et qui peut être interprétée comme la possibilité de la céder aux investisseurs privés. Une perspective qui pourrait s’avérer indispensable dans la mesure où la privatisation devrait apporter l’essentiel de ce qui lui manquait en étant sous la tutelle de l’Etat : de l’argent frais, une gestion selon les normes, des gains de productivité, une rénovation du système de production, bref tout ce qui fonderait l’entreprise à faire jeu égal avec ses pairs. Pour l’Etat, ce serait tout bénéfice, d’abord en mettant fin à l’hémorragie des ponctions et des subventions qu’il injectait, ensuite des rentrées qui renflouerait ses caisses et aussi un ingrédient pour la relance de l’économie en général.

Un déficit de 3 milliards de dinars

Il va sans dire que seules les entreprises classées à faible rentabilité ont vocation à tomber dans l’escarcelle du privé. Des boulets que l’Etat n’a cesse de traîner et dont il n’ose pas dire chercher à se débarrasser, de peur de s’attirer les foudres des employés et des syndicats, tout en sachant qu’en temporisant ainsi, il ne fait que creuser le déficit des entreprises publiques et amplifier ses propres pertes cumulées.

Un déficit chiffré à 3 milliards dinars ces trois dernières années, et pour peu qu’il soit épongé, s’une façon ou d’une autre, permettra, d’après les spécialistes, de faire gagner au PIB de la Tunisie, pas moins de 2 points de croissance.

C’est de cela que les syndicats sont tenus de se convaincre comme de la nécessité de préserver les droits des salariés qui devront être impérieusement garanties par les repreneurs à l’enseigne d’engagements dîment pris et rigoureusement respectés.

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Pour la première fois en Tunisie, le gouvernement procédera à l’évaluation du processus de privatisation ayant ciblé certaines entreprises publiques. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Fonction Publique et la Gouvernance, Abid Briki.
Lors de son intervention à la Conférence nationale sur la stratégie d’évolution et de la gouvernance des établissements et des entreprises publics qui se tient actuellement à Gammarth, le ministre a qualifié d’importante cette nouvelle démarche.
Selon lui, cette rencontre sera l’occasion pour poser moult questions : Le processus de privatisation a-t-il atteint les objectifs fixés ? Qu’en est-il de ces retombées ? S’agit-il d’une solution appropriée pour les entreprises en difficulté ? « C’est une bonne expérience, surtout qu’on va réviser ce processus et trouver les réponses adéquates à l’ensemble des questions posées », a-t-il dit.

Y a-t-il d’autres entreprises publiques qui seront privatisées prochainement ? Présentement non, a répondu le ministre, faisant savoir qu’on n’a pas encore une vision claire sur la privatisation de certaines entreprises publiques. « On attend encore les propositions de l’ensemble des intervenants dont notamment les partenaires sociaux pour pouvoir décider », a-t-il conclu.

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