AccueilLa UNE«Nous irons négocier avec le FMI notre propre programme de réformes»

«Nous irons négocier avec le FMI notre propre programme de réformes»

Fin du mois courant, l’équipe gouvernementale de négociation de la relance de la coopération financière avec le FMI, devrait s’envoler pour Washington. Elle comprendra le gouverneur de la BCT Marouane Al Abassi, le super-ministre des Finances et de la coopération internationale, et le Conseiller auprès du chef du gouvernement, Abdessalem Abbassi.

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On se rappelle que le 7 avril de cette année, un haut responsable du FMI avait dit à Reuters, que « la Tunisie n’a pas encore sollicité le Fonds Monétaire International (FMI) en vue de l’obtention d’un nouveau crédit ». Ce à quoi le Conseiller Abbassi répond, en indiquant à Africanmanager, que « nous avons la lettre de sollicitation, depuis la semaine passée, pour initier les négociations avec le FMI ». Et lorsque nous lui demandons sur quelle base le gouvernement tunisien compte-t-il négocier la relance de l’aide financière, et si sur la base des points soulevés dans le dernier rapport du FMI, Abdessalem Abbassi indique encore que « nous avons préparé un draft du programme qui sera présenté à Washington, et qui comprend les axes de réformes que le gouvernement compte entreprendre ».

–        Cette fois, c’est notre propre programme

Et le Conseiller de Mechichi d’ajouter cependant, que « cette fois, c’est notre propre programme que nous comptons présenter au board du FMI, et non ce bailleur de fonds qui a demandé des points précis à entreprendre. Nous avons notre vision de ce qui doit être entrepris. Une vision, qui s’accorde certes, dans beaucoup de points, avec celle du FMI et ses recommandations », telle que décrite dans le document de clôture des consultations de l’article IV. Un programme de réformes, sur lequel nous reviendrons avec plus de détails, mais dont la philosophie semble reposer sur l’idée de relancer la croissance, une croissance qui pourrait être le remède miracle à tous les mauvais ratios qui font peur aux bailleurs de fonds, tels que celui de la masse salariale ou de la dette.

Il semble, ainsi, que le gouvernement Mechichi qui connaît bien les risques politiques d’un alignement direct sur des exigences du FMI qui ne sont pas toujours positivement interprétées par ses partenaires sociaux, ait trouvé le moyen de contenter tout le monde, tout en prenant l’initiative de concocter son propre programme de réformes, qui donnerait un signal positif aux bailleurs de fonds, et qui rassurerait son principal partenaire socio-économique qu’est l’UGTT.

Hichem Mechichi et son équipe de négociateurs, qui ne pourront pas se permettre le luxe de revenir les mains vides de Washington, reprennent ainsi la main sur le dossier des réformes, économiques et financières, et semblent s’inscrire dans une manière d’opérer autre que celle du FMI, à laquelle s’attachent des  recettes douloureuses, dont l’impact économique pourrait être lourd de conséquences.

–        Un retour aux négociation non sans risque, mais l’optimisme reste de rigueur

Le retour de la Tunisie et du FMI à la négociation, coïncide avec la publication, par le FMI justement, des derniers chiffres de son « World Economic Outlook » pour le mois d’avril 2021. Et les chiffres pour la Tunisie ne donnent pas l’air d’être d’un grand secours pour  l’équipe des négociateurs, même s’ils suggèrent  un début de reprise. Selon le FMI, la Tunisie avait terminé l’exercice 2020 avec une récession de 8 %. Cette croissance devrait retourner en territoire positif, avec un PIB à +3,8 % pour 2021, et +2,4 %. Mais aussi un déficit du compte courant de -9,5 % pour l’exercice courant et -9,4 % pour 2022.

Abdessalem Abbassi reste cependant optimiste quant à une conclusion positive des négociations avec le FMI. Des négociations, rappelons-le, qui devront permettre à la Tunisie de lever des ressources financières en devises, généralement estimées à l’équivalent de 13 Milliards DT. Un optimisme que le Conseiller de Hichem Mechichi explique par « le programme ambitieux que nous allons défendre. Un programme qui n’est pas uniquement celui du gouvernement, mais qui bénéficie d’un consensus des partenaires socio-économiques, car mis en place en concertation avec eux ».

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