AccueilLa UNEParis aide Saïed à aider Mechichi pour la dette FMI

Paris aide Saïed à aider Mechichi pour la dette FMI

Le chef de l’Etat tunisien a donc terminé sa visite en France, sur invitation d’Emmanuel Macron. En compagnie du gouverneur de la BCT Marouane El Abassi, Saïed n’y était pas pour le Club de Paris, comme l’avaient susurré certains cassandres détracteurs, mais pour le sommet sur le financement des économies africaines. Une sorte de sommet France-Afrique mais en présence de presque tous les bailleurs de fonds, et dans une conjoncture spéciale, fortement marquée par le Covid-19 qui a tout autant impacté les économies africaines dont certaines connaissent désormais la récession, par les effets sanitaires et financiers de la pandémie. Une visite, faut-il le dire avec toutes les critiques qu’on lui fait, qui a permis de découvrir un Kais Saïed qui s’intéresse désormais aux problèmes économiques de son pays et aux moyens d’y apporter des solutions grâce à l’impulsion économique qu’il semble donner à la diplomatie qu’il conduit. Mais aussi, un chef de l’Etat qui croit de plus en plus à l’Afrique et au travail multilatéral africain, pour le bien de l’économie de son pays et de tout le continent.

  • Un autre Saïed est apparu, plus économique et plus africain que jamais
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A notre propre avis, la visite de Saïed à Paris a surtout été marquée par la très mauvaise prestation médiatique  sur France 24. Et pourtant, il y avait, cette fois et contrairement à d’autres visites du chef de l’Etat, beaucoup à dire sur les résultats de ce voyage officiel, et pas que des critiques, mais même du bon et du concret, comme le demande le peuple. En un mot même الشعب يريد و الرئيس يجيد. Traduisez, et n’ayons pas pour une fois peur des mots, « le peuple demande, et le président excelle !

Commentant pour Africanmanager les résultats de la visite du chef de l’Etat, l’ambassadeur de Tunis à Paris, Karim Jamoussi, commence par faire remarquer que « ce sommet a en fait pour cadre un nouveau paradigme pour essayer de réduire les disparités entre le Nord et le Sud, dont est soucieux le président français Emmanuel Macron. Et le fait d’avoir autour d’une même table 21 chefs d’Etat et chefs de gouvernements africains, ainsi que les bailleurs de fonds, comme la Banque Mondiale, le FMI, la BAD, la BERD, l’Union Africaine et l’Union Européenne et sa présidence portugaise, était le cadre idoine de négociations multilatérales pour apporter des solutions à la crise des pays du Sud ». Et l’ambassadeur tunisien de constater que « la participation tunisienne, en amont et pendant le sommet, a été énergique, et digne d’une vraie diplomatie économique, dont l’objectif était de constituer une force de frappe multilatérale qui permettrait de décrocher des avantages qu’elle ne pourrait pas avoir en solo ».

  • Bientôt, Ouattara de la Côte d’Ivoire  et Tshisekede du RDC en Tunisie, et des projets aussi

Et d’ajouter que « les chefs d’Etat africains, dont le président Kais Saïed, ont désormais et comme ils l’ont démontré à Paris, le sentiment qu’agir de concert et en coalition, leur donne beaucoup de force et de poids, pour arriver à leurs objectifs nationaux. Et ce souci, on l’a vu, a été partagé entre le Président Saïed, le président sénégalais Macky Sall celui de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, le président du RDC et actuel président de l’Union Africaine Félix Tshisekede, et le chef d’Etat égyptien Abdelfattah Essissi. Tous étaient unanimes pour considérer qu’aujourd’hui, la solution est dans le travail en communauté, pour redorer le blason de l’Afrique et la sortir de la crise ». Et on pouvait ainsi, presque dire, que la participation de Saïed au sommet de Paris où les deux sujets phares ont été la dette et le vaccin Covid-19, a vu resurgir chez le chef d’Etat tunisien une pleine conscience de l’importance, diplomatique et économique,  de l’Afrique pour la Tunisie. Une conscience et une volonté de mieux positionner la Tunisie en Afrique, qui se concrétisera par les visites en Tunisie des présidents ivoirien Alassane Ouattara et congolais Félix Tshisekede, au cours des prochaines semaines, a annoncé l’ambassadeur Karim Jamoussi pour Africanmanager, avant d’ajouter que, « et pour parler concret, avec à la clef une préparation technique de ces visites, pour des investissements interafricains conséquents dans les deux sens ».

Et il paraîtrait que le président sénégalais aurait été vivement intéressé par le projet de pôle médical à Kairouan, et que la question de l’enseignement universitaire en Tunisie pour les Ivoiriens et Congolais aurait aussi été longuement évoquée entre Saïed et les chefs d’Etat de ces deux pays. On comprendrait ainsi que c’est à Paris que le chef de l’Etat tunisien a enfin pris conscience de la dimension africaine de son pays, et aurait commencé à concrétiser cette prise de conscience pour l’économie nationale tunisienne. « Je suis africain, et je déplore qu’on ne coopère pas comme il se doit avec le reste des pays du continent, alors que nous pourrions tirer  profit des spécificités de chacun, pour un partenariat gagnant-gagnant », a indiqué l’ambassadeur qui rapportait ce que disait à Paris le chef de l’Etat tunisien, qui signait ainsi un retour à ses sources africaines, un retour où le travail du diplomate a été important.

  • Les DTS africains augmentés de 100 Milliards DT, Tunisie y compris

Et il apparaît clairement, selon les informations que nous a livrées l’ambassadeur Jamoussi, que le travail du bloc africain, avec un Kais Saïed qui avait dès son arrivée à Paris, tenu des réunions avec les présidents ivoirien et  sénégalais et le président de la BAD notamment,  ait essentiellement porté sur la question des DTS (Droits de Tirages Spéciaux) auprès du FMI, en tant que solution pour, d’une part traiter la crise financière de chaque pays, et d’autre part mieux gérer le poids de leur dette, de manière à ne pas prendre en otage les opportunités de croissance.

L’ambassadeur de Tunisie en France nous apprend ainsi que l’un des plus importants résultats de la participation de Kais Saïed au Sommet de Paris, a été « l’augmentation, non plus de 33 Milliards USD comme il était prévu au début, mais de 100 Milliards USD des DTS des pays de l’Afrique auprès du FMI, qui se monteraient désormais à 650 Milliards USD, à travers la réallocation des quotes-parts, de la France, de l’Espagne, du Portugal et peut-être même des USA, et ce ne sont pas tous les pays africains qui sont demandeurs de DTS », selon Karim Jamoussi.

Force est ici de rappeler que l’aide financière  accordée  à certains pays par le FMI, est fortement liée aux montants des DTS de chacun d’eux. Et c’est ce lien qui aurait déterminé la dernière position du FMI à l’égard de la demande tunisienne d’un crédit de 4 Milliards USD. De fait donc, une augmentation des DTS de la Tunisie, parmi l’augmentation du reste des pays africains participant au Sommet de Paris, donnera de nouvelles perspectives à la demande tunisienne aux négociations techniques déjà engagées avec le FMI. Mais elle esquissera  aussi et surtout une nouvelle perspective pour la dette tunisienne envers le FMI, les taux des DTS avoisinant les 0,05 %. Mais aussi même pour toute possible prochaine sortie de la Tunisie sur les marchés financiers internationaux. Le volume exact des DTS de la Tunisie ne pourra cependant être connu que d’ici fin juin ou début juillet prochain, et deviendra effectif en septembre 2021.

  • Encore des vaccins, qui seront envoyés par la France

Soucieux de résoudre la question de l’approvisionnement de la Tunisie en vaccins, et de booster la campagne de vaccination, devenue outil de relance économique, le président tunisien Kais Saïed n’est pas non plus rentré à Tunis les mains vides. Premier partenaire économique de la Tunisie, la France fournira des doses supplémentaires de vaccins, en quantités importantes, à la Tunisie où ces quantités arriveraient en juin prochain, à travers le mécanisme Covax. A tout cela, il faudra ajouter trois générateurs d’oxygène d’une valeur de 3 MDT en don de la part de la France, qui contribueront à combler le déficit de la Tunisie en cette matière vitale.

Décrite ainsi, la participation du chef de l’Etat au Sommet de Paris sur le financement des économies africaines se  présente sous un jour différent,  celui d’un résultat plus que probant, différent de toutes ses autres visites, y compris dans des pays arabes. Et surtout un résultat qui donne une autre image du porteur de l’image de la diplomatie tunisienne qu’est le chef de l’Etat Kais Saïed. Une visite qui,  en définitive,  aura permis de mettre au diapason de l’intérêt de l’Etat, chef d’Etat et chef de gouvernement.

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