AccueilLa UNEPéril économique imminent, pour un gouvernement indigent. LFC ou PCA?

Péril économique imminent, pour un gouvernement indigent. LFC ou PCA?

Dernièrement et en véritable cassandre, le ministre tunisien de la Santé prévoyait une 4ème vague de Covid-19. Un mauvais présage, conforté par un très faible taux de vaccination et un manque latent de vaccins, aux incidences sanitaires et économiques désastreuses.

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Le 21 juillet 2021, échéance de paiement de 500 MUSD. Les devises, ce n’est pas ce qui manque à la BCT (21,546 Milliards DT),  qui ne sont toutefois pas propriété de l’Etat, mais de tout le pays, banques, entreprises publiques et privées entre autres. Encore faut-il que le Trésor dispose des dinars (1,594 Milliard DT au 4 juin 2021) nécessaires pour acheter ces devises auprès de la BCT, et payer la dette de l’Etat. Les experts restent pourtant optimistes sur la capacité du Trésor tunisien à gérer, mais peut-être pas à partir d’août prochain, le dernier prêt de 300 M€ de l’Union Européenne n’ayant pas été encore « Dinarisé ».

Le crédit du FMI, s’il venait à être accordé, ne serait pas décaissé avant le mois de septembre prochain. Et comme pour le FMI, les aides européennes restent liées à l’application des réformes, telles que celles de la compensation des prix, dont les premières hausses ont vite fait d’engendrer les premières barricades et routes coupées à Enfidha, et commençaient ainsi à battre les tambours de guerre d’une contestation qui pourrait se généraliser à l’ombre d’une crise politique qui n’en finit plus de s’allonger en Tunisie. Et ce n’étaient que les prémices d’un ensemble de réformes plus lourdes, pour l’ensemble desquelles l’UGTT n’a jamais été d’accord, et il y a peu de chances que l’omnipotent syndicat ouvrier soit d’accord. En première réaction officielle, Noureddine Tabboubi s’en prend déjà directement au ministre Ali Kooli [ar]

–        Le duo de l’amère de toutes les batailles !

En face, c’est un gouvernement, et en premier lieu, un « super » ministre des Finances et du développement qui oubliait de développer au moins l’idée de la LFC (loi de finances complémentaire) qu’il avait annoncée pour mars dernier.

Depuis, c’est le silence d’un ministre dont le mandat est gravement atteint de sinistrose financière, qui tourne en rond et qui fait son cinéma de l’optimiste béat. Il avait bien fait le tour de la terre, de l’Est (Qatar) à l’Ouest (USA pour le FMI), en passant par le Centre (La France, où il avait demandé un concours financier à Castex qui lui aurait répondu que ce n’est pas à l’ordre du jour de sa visite en Tunisie) sans encore trouver le moyen de mobiliser au moins les 4 Milliards USD qui lui permettraient d’envisager un bouclage dans les normes de la loi de finances 2021. De plus, cette dernière est désormais dépassée. D’abord, actualiser les chiffres sur lesquels elle avait été construite au début de l’année. Des ratios comme les 33 Milliards DT en ressources fiscales dont il ne ferait plus que 31,5 Milliards DT au meilleur des cas, ou le taux de croissance (-3 % au lieu des 4 % prévus). Actualiser aussi ses dépenses, comme avec l’effet attendu des 47 conventions mises en application par accord avec l’UGTT, les augmentations pour les magistrats, les ingénieurs et les travailleurs de chantiers et dont l’effet financier pourrait être de 1,5 Milliard DT.

Et de fait, avec le 1,5 Milliard de recettes fiscales et les 1,5 Milliard DT de dépenses en plus, la LFC devra trouver 3 nouveaux Milliards DT. Le tout, sans compter le différentiel en prix du baril de pétrole entre ce qui était prévu à 45 USD et 70 USD actuellement, et qui pourrait coûter un peu plus de 0,5 Milliard DT. Le tout devrait faire un endettement à mobiliser, non plus de 18 Milliards DT, mais de plus ou moins 22 Milliards DT.

–        Fini le temps de la LFC ? Passer au PCA deviendrait-il urgent ?

Les trouvera-t-il en quelques mois ? Où et à quel prix ? Peu probable selon les experts, pour qui le Shutdown n’est plus loin. Une triste perspective, quelque part confirmée du bout des lèvres par un chef de l’Etat tunisien qui évoquait tout dernièrement à Bruxelles un rééchelonnement de la dette tunisienne.

Tunis est à quelques semaines de la séance unique et des sacrosaintes vacances estivales. Deux échéances synonymes d’arrêt de travail et de peu de production généralisée, et qui rendra difficiles la mise sur pied, la discussion et l’adoption du document par l’ARP.  

Et c’est à la lumière de tous ces chiffres qu’on n’évoque plus, comme l’avait fait le rapporteur de la commission des finances de l’ARP devant le ministre des Finances qui parlait devant le Gotha d’Ennahdha, une loi de finances complémentaire, mais désormais un plan de continuité d’activité (PCA). Un document, applicable à  toute entreprise en graves difficultés. Un document, stratégique, devant permettre à une entité (Gouvernement ou entreprise) de fonctionner en cas de désastre ou de crise majeure.

Un plan, bâti sur l’idée de péril imminent, que certaines parties de la crise politique qui secoue toujours tout l’establishment constitutionnel et institutionnel tunisien, pourraient être tentées de mettre à profit, pour faire aboutir une « idée » qui est la leur. Et même si ces experts restaient optimistes, ils n’en pensent pas moins nécessaire ce PCA, au moins pour la BCT si le pays venait à décider d’avoir  recours à la Banque centrale de Tunisie pour donner crédit au Trésor.

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