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Port de Radès: Le TOS fonctionne-t-il? Belhaj dit non et Chakchouk dit oui mais!

Il y a quelques jours, le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Férid Belhaj, mettait l’accent sur l’importance du port qu’il considérait comme étant la priorité des priorités des réformes que doit engager la Tunisie. Belhaj évoquait aussi, plus précisément, le cas du port de Radès. Un port de commerce tunisien donnait en décembre dernier le coup d’envoi du TOS (Terminal Operating System), présenté comme étant le système technologique qui devait révolutionner la gestion dans le port de Radès, pour un coût de 76 MDT. Depuis, le PDG de la Stam (Société Tunisienne d’acconage et de manutention) avait été changé, et le vice-président de la Banque mondiale, qui finançait ce projet, laissait entendre que le TOS ne fonctionnait plus, tout au moins le financier n’avait plus idée sur ce qu’était advenu de ce système de suivi instantané des conteneurs et de l’optimisation de la gestion portuaire.

  • L’UGTT dit non pour tout ce qui concerne la Stam
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Interrogé à ce propos par Africanmanager, le ministre tunisien du Transport et de la logistique, Moez Chakchouk, affirme que Belhaj n’avait peut-être pas les bonnes informations, et que le TOS fonctionne bien. « Il fonctionne, mais c’est uniquement la Stam qui l’utilise, car n’étant pas encore mis en œuvre avec le reste des parties intervenantes dans le port de Radès, comme la Douane, les transitaires, ou la TTN (Tunisia TradeNet) qui vient par ailleurs d’augmenter ses tarifs, alors qu’il devrait être utilisé par toute la chaîne des intervenants », a affirmé le ministre du Transport. Et ce dernier d’ajouter que « il y a un plan d’action à mettre en œuvre avec la fédération patronale du transport, avec laquelle nous prévoyons une prochaine réunion, pour mettre au point le programme d’intégration du TOS ». Le ministre a évoqué, à ce propos, une dernière visite de chantier avec le ministre du Commerce, où il avait pu constater de visu que le TOS fonctionnait bel et bien chez la Stam. Le ministre Chakchouk a nié l’existence de tout blocage au niveau de la Stam, et affirme que « la performance s’est améliorée depuis janvier dernier, et arrive à 13 et 14 conteneurs par heure », faisant remarquer en même temps que le trafic commercial a baissé, et que le ralentissement est aussi dû aux transitaires qui traîneraient à enlever leurs marchandises.

Et lorsqu’on lui pose la question si le problème du port de Radès a été définitivement réglé, Chakchouk est catégorique, et affirme que « Non, c’est en cours, mais il faut pour cela que la restructuration de la Stam soit faite ». Et c’est là, nous semble-t-il, le vrai nœud gordien de la question du port de Radès. A ce propos, le ministre affirme qu’il « y a là un vrai travail à faire avec l’UGTT. Nous ne sommes pas pour la privatisation de la Stam. Cela n’est pas à l’ordre du jour. Nous voulons simplement que la Stam s’améliore, avec l’introduction d’un partenaire stratégique dans le terminal conteneurs, comme pour le cas du port de Sfax, où la Stam travaille avec la société privée Groupement des Manutentionnaires de Sfax, et fait du très bon travail et réalise de très bonnes performances. C’est ce que le syndicat refuse, mais nous sommes encore en discussion à ce sujet ».

  • Les Américains financeront les quais 8 et 9. Mais qui les gèrerait ?

Nous posons ensuite au ministre la question de l’issue des appels d’offres, maintes fois reportés après que le dernier n’ait enregistré que la participation d’un opérateur chinois, et dernièrement annoncés comme devant être financés par un don américain, qui est en quelque sorte conditionné par l’introduction de la concurrence qui boosterait les performances de la Stam, et qui voudrait aussi (mais cela c’est des enjeux politiques internationaux, et Chakchouk a préféré ne pas en parler) écarter celle des Chinois.

Chakchouk précise alors pour Africanmanager que « nous avons négocié, mais pas encore signé, un don américain de 300 MSD, dont 200 pour la construction desdits quais, une partie pour l’assainissement de la Stam, une autre pour l’intégration de la TTN, l’aménagement de 20 hectares pour la zone logistique du port de Radès, et l’amélioration de l’accès au port. Nous voudrions que l’acteur qui va gérer ces nouveaux quais, en plus des 6 et 7 pour faire un véritable terminal conteneur, soit une nouvelle société faite sur la base d’un PPP où la Stam et même d’autres partenaires tunisiens privés. Et c’est ce que refuse l’UGTT, et refuse le don. Mais nous négocions toujours pour trouver une solution ».

Le ministre du Transport et de la logistique résumait ainsi la problématique qui retarde encore la construction de ces nouveaux quais et la dotation du port de Radès d’un véritable terminal conteneurs qui pourrait bénéficier des apports d’un partenaire, où la Stam sera présente, tout en gardant toute l’activité RORO, ou trafic roulier.

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