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mercredi 30 septembre 2020
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Pour la Tunisie et le Maghreb, le futur est numérique

La Tunisie a réussi à limiter le nombre des cas de contamination par le coronavirus et a commencé à lever le confinement en juin. Néanmoins, des facteurs tels que les divisions politiques actuelles et la paralysie quasi totale de l’industrie du tourisme constitueront des défis importants pour l’avenir, selon l’Oxford Business Group (OBG) qui livre une analyse de la gestion digitale de la pandémie par les pays du Maghreb.

En Algérie, les mesures de verrouillage ont également été levées en juin, mais cela a donné lieu à une tendance à la hausse du nombre de cas tout au long du mois de juillet. Les quarantaines ont été rétablies et 29 provinces sont actuellement sous couvre-feu, tandis que le 31 juillet, l’UE a retiré le pays de sa liste de « voyages sûrs ».

Le Maroc a été l’un des premiers pays de la région à mettre en œuvre des mesures de confinement strictes – une initiative qui a été saluée par l’Union Européenne, tout comme la proposition du roi Mohammed VI de lancer une initiative continentale pour mettre en commun les connaissances et les ressources.

Malgré la stabilité macroéconomique récente, la Mauritanie est l’une des économies les plus vulnérables du Maghreb et, plus largement, de la région MENA. La Banque mondiale a récemment averti qu’en raison de la pandémie, la croissance du PIB pourrait chuter de 5,9 % en 2019 à un niveau compris entre – 2 % et – 6,8 % cette année.

Enfin, le conflit en cours et la crise humanitaire en Libye ont rendu le pays particulièrement vulnérable au Covid-19. Des efforts de secours sont en cours et l’Organisation mondiale de la santé aide à gérer la réponse à la pandémie.

Accélération de l’adoption du numérique

Bien que le Covid-19 entraîne de graves conséquences économiques et sociales, un effet secondaire positif dans la région a été l’adoption rapide et généralisée de solutions numériques, allant du paiement sans contact à des approches innovantes de l’enseignement et du travail à distance.

En Tunisie, le ministre tunisien des technologies de la communication et de la transformation digitale Mohamed Fadhel Kraiem a eu recours à Twitter en juin pour annoncer que la période post-Covid-19 sera « marquée par l’accélération de la numérisation dans le pays ».

Grâce à une base industrielle solide et diversifiée, la Tunisie était déjà bien placée pour répondre à ses besoins en produits manufacturés, notamment ceux destinés au secteur des soins de santé.

« Un certain nombre d’entreprises, y compris des entreprises étrangères, sont déjà pleinement engagées dans la lutte contre le Covid-19 », a déclaré Abdelbasset Ghanmi, directeur général de l’Agence de promotion des investissements étrangers, à l’OBG en avril. « De telles initiatives démontrent clairement le fort potentiel de la base industrielle tunisienne et, plus largement, sa volonté d’unir le secteur public, le secteur privé et la société civile dans la lutte contre la crise ».

L’un des aspects de cette démarche est le déploiement de technologies de pointe. Si l’ampleur de certaines opérations a été limitée, de nombreux résultats ont été encourageants.

Par exemple, à Beja, dans le nord du pays, les ingénieurs du fabricant allemand de pièces automobiles Kromberg & Schuber ont mis au point des écrans faciaux utilisant la technologie d’impression 3D. En s’appuyant exclusivement sur les matières premières et les équipements existants, l’entreprise a pu produire une trentaine de pièces, dont elle a fait don à l’hôpital régional de Béja.

De même, la Fondation Orange, en collaboration avec le ministère de la santé, a soutenu six FabLabs de solidarité à Tunis, Sfax et Gabès dans la production d’écrans faciaux pour le personnel hospitalier, créés à l’aide de machines de découpe laser.

Le Maroc était également bien placé pour tirer parti de ses atouts industriels existants. Comme en Tunisie, le secteur textile – qui représente 15 % du PIB industriel – s’est révélé particulièrement utile, de nombreuses entreprises se lançant dans la fabrication de masques.
Parallèlement, l’unité industrielle Lamatem de Berrechid – inaugurée en octobre dernier et spécialisée dans les textiles médicaux – s’est engagée à répondre aux besoins en équipements médicaux du système de santé public.

Dirigées par des ingénieurs et des entrepreneurs, ces initiatives sont à l’avant-garde d’une nouvelle approche, de plus en plus répandue, pour améliorer la capacité industrielle nationale. Bien que leur portée soit limitée, elles démontrent que les économies émergentes peuvent être plus autonomes en ce qui concerne certains produits essentiels.

Renforcer la collaboration régionale ?

Si le Maghreb n’a pas été traditionnellement caractérisé par une forte collaboration intra-régionale, certaines initiatives issues de la pandémie – notamment dans le domaine de l’innovation numérique – peuvent laisser présager un avenir plus interconnecté.

Par exemple, dans le cadre d’un projet coordonné par le Maghreb Startup Network, LaStartupFactory (Maroc), IncubMe (Algérie) et EY Tunisie ont organisé le « Covid-19 Maghreb Bootcamp », qui s’est tenu entièrement en ligne à la fin du mois de juin.

Les participants ont développé des approches numériques pour la gestion de Covid-19, et quatre projets ont été sélectionnés comme gagnants.

L’un d’entre eux est la start-up libyenne Speetar, qui développe une plateforme numérique pour connecter les patients aux médecins, garantissant que les personnes vivant dans des régions éloignées reçoivent des soins médicaux. Un autre exemple est celui de Makelti en Algérie, avec une application qui vise à réduire le gaspillage de nourriture dans les cantines institutionnelles en permettant aux gens de réserver leur repas un jour à l’avance.

Bien qu’il reste à résoudre les problèmes liés aux TIC à l’échelle régionale, notamment l’accès limité ou peu fiable à l’internet, des initiatives telles que celles-ci indiquent qu’un écosystème régional plus connecté et plus collaboratif pourrait voir le jour après la conférence Covid-19.

Source : OBG

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