37 C
Tunisie
vendredi 25 septembre 2020
Accueil La UNE Pourquoi les réserves en devises ont-elles grimpé si haut ?

Pourquoi les réserves en devises ont-elles grimpé si haut ?

Les réserves en devises se sont élevées, au 23 juillet 2020, à 7.474 MUSD (ou 135 jours d’importation), en hausse de 7,5% par rapport à leur niveau de fin 2019 (6.955 MUSD ou 111 jours d’importation). Le matelas de devises enregistrait ainsi une hausse de 47 jours en importation par rapport à la même période de 2019, et 20 jours en équivalent importation, par rapport au 11 août, où les avoirs nets en devises passaient à 21,522 Milliards DT, représentant 142 jours d’importation.

  • Hausse des réserves : Décryptage

Les « mauvaises » langues pourraient dire que, à leur manière, les réserves en devises ont ainsi salué la décision du binôme Saïed-Mechichi de dépolitiser le prochain gouvernement, en le confiant à des compétences. Mais soyons sérieux !
A la BCT, on explique pour Africanmanager que cette hausse est en fait due à la baisse du coefficient d’importation en DT, qui passait de 153 MDT à 151 MDT par jour, après avoir débuté l’année avec 175 MDT/jour. Cela veut dire que la Tunisie importe désormais moins cher, et la petite appréciation du DT n’y est pas complètement étrangère. « La stabilisation du Dinar et le retracement aident en effet à diminuer le coût des importations », explique Béchir Trabelsi.
Et le DG des finances extérieures à la BCT d’ajouter qu’on a ainsi gagné 16 jours d’importation, par rapport au début de l’année, et 19 jours jusqu’au 10 août 2020, juste par le biais du coefficient d’importation. Dans la dernière note de conjoncture de la BCT, on lisait que « comparativement au mois de mai 2020, le taux de change du dinar s’est déprécié, en juin 2020, de 1,9% vis-à-vis de l’euro et s’est apprécié de 1,5% ».

  • L’effet change et la baisse des importations

Sur un site français spécialisé, on pouvait voir dans l’historique du change Euro/Dinar que la monnaie nationale signait plus de hausses que de baisses durant la période allant du 9 juillet (1 DT = 3,22 €) au 10 août 2020 (1 DT = 3,21 €). La légère appréciation, dont parlait Béchir Trabelsi de la BCT, y était donc.
Rappelons également que « les importations aussi ont enregistré une baisse de 17,7% par rapport au même mois de l’année 2019 (-24,3% en juin). En valeur, elles ont atteint 4267,8 MD contre 5182,6 MD au mois de juillet 2019. Cette baisse est due essentiellement à la régression observée de nos achats en biens d’équipement (-35%), matières premières et demi-produits (-24%) et biens de consommation (-16,1%). Par ailleurs, les importations des produits énergétiques ont augmenté de 18,5% et les produits miniers et phosphatés de 3,5% ». Dixit l’INS (institut tunisien des statistiques).

  • La baisse des recettes touristiques, celle des dépenses carburants et les TRE

Il y aussi, à côté de la baisse, et des importations et de leurs coûts en devises, un recul des dépenses de la Tunisie où l’effet Covid-19, le confinement, la fermeture de dizaines entreprises et l’arrêt de la production et de l’activité économique en général, ne sont pas loin. Baisse, par exemple, des dépenses en importations de produits énergétiques. Une baisse mensuelle de 80 à 100 MDT au cours des derniers mois. Trabelsi, qui n’exclut pas complètement l’entrée de nouvelles devises, en profite pour nuancer l’effet de cette hausse des réserves en devises. « A mesure que l’on revient à des niveaux normaux des dépenses, le niveau des réserves devrait baisser un peu ».
Les nouvelles rentrées de devises provenaient par ailleurs d’un tirage du Trésor de 100 M€ auprès de la KFW. On pourrait opposer que les rentrées du secteur touristiques ont baissé de 300 MUSD (Million de Dollar américain) pour les 6 premiers mois de 2020, mais la facture énergétique a cependant compensé par une baisse de 500 MUSD.
En face, aussi, les transferts des TRE (Tunisiens résidant à l’étranger) se sont maintenus au niveau des 6 premiers mois de 2019, c’est-à-dire à 900 MUSD en virements pour leurs familles, et ce malgré le Covid-19, et pratiquement au même niveau que 2019. « C’est ce qui explique, aussi, cette dynamique positive des stocks en devises », conclut la BCT.

3 Commentaires

  1. Soiyon séreux la baisse des importations doit être suivie par une hausse ou stabilité des exportations point à la ligne.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

104,632FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,305SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles