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mercredi 30 septembre 2020
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Que cacherait le dernier coup de fil de Pompeo à Saïed ?

Dans la soirée du samedi, le chef de l’Etat tunisien Kais Saïed a reçu un coup de fil. On ne sait pas si le téléphone était rouge ou noir, ou s’ils s’étaient parlé sur Mobile. Le fait est que, en cette après-midi du début de weekend, les deux hommes « ont abordé les relations fortes entre la Tunisie et les États-Unis avant et après l’Indépendance de notre pays, et ont également souligné la nécessité d’ouvrir de nouveaux horizons pour le développement ultérieur de ces relations dans le cadre d’une nouvelle approche des relations internationales », selon le communiqué de presse, laconique et qui tentait de noyer le poisson, de la présidence de la République tunisienne .

D’après la même source, « le président de la République, Kais Saïed, a particulièrement insisté sur cet aspect, considérant que de nombreuses expériences antérieures n’ont pas conduit à la réalisation de la paix et de la sécurité internationales dans le monde. Au cours de cet appel, un certain nombre de questions internationales et régionales ont également été abordées. De son côté, le secrétaire d’État aux Affaires étrangères américaines a affirmé la volonté des États-Unis d’appuyer davantage la Tunisie dans tous les domaines ».
Le coup de fil sentait la communication importante à plein nez, mais n’en disait rien.

Autrement, Michael Richard Pompeo qui est un homme politique de l’Etat qui est militairement présent en Tunisie, diplomate, homme d’affaires et avocat américain qui, depuis avril 2018, qui est un ancien officier de l’armée américaine et a été directeur de la Central Intelligence Agency de janvier 2017 à avril 2018, n’aurait pas pris la peine de déranger le chef de l’Etat en début de week-end. Notons aussi que la Tunisie est depuis 2019 membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. La Tunisie est aussi partenaire de l’Otan, étant « allié majeur, non membre de l’Otan », depuis 2015, statut octroyé par Washington à des pays alliés ayant des relations stratégiques avec les forces armées américaines, mais ne faisant pas partie de l’organisation qui compte actuellement 28 Etats membres.

Or, selon un Tweet du bureau de Pompeo, la conversation, qui a été jugée « productive », avait porté sur un sujet bien déterminé, quoique laissé dans le vague, des « problèmes auxquels nous sommes confrontés aux Nations-Unies et à la maison [Ndlr : aux Etats Unis] ». Au passage, Pompeo insiste sur le fait que « les relations entre la Tunisie et les USA sont très fortes ».

Un peu plus explicite, la porte-parole du State Department Morgan Ortagus indique dans un autre Tweet, que « les États-Unis et la Tunisie se tiennent unis pour conforter les défis à la sécurité mondiale aux Nations Unies ».

Il ne s’agit donc point seulement, comme voudrait le faire croire le communiqué de la Présidence tunisienne qui n’arrive pas à concrétiser la transparence que doit le chef de l’Etat à ses citoyens, dans sa communication. On sait, par ailleurs, que lorsque l’Oncle Sam évoque la « sécurité dans le monde », il prépare une intervention militaire quelque part. Et que si le lien est fait avec les Nations-Unies, c’est qu’il est à la recherche d’une couverture internationale pour son opération militaire quelque part dans le monde. Serait-ce en Libye, pays mitoyen de la Tunisie et où tout ce qui pourrait se passer impactera directement la Tunisie, économiquement et socialement ? Un pays aussi, où la diplomatie tunisienne n’a pas réussi à calmer les esprits guerroyeurs des uns et des autres.

Serait-ce surtout en Iran, sachant que le  représentant spécial pour l’Iran et conseiller principal du secrétaire d’État,  Brian Hook, se trouvait il y a une dizaine de jours à Tunis pour discuter de la prolongation de l’embargo des Nations unies sur les armes à destination de l’Iran, qui doit expirer le 18 octobre 2020. Insistant sur les « menaces que l’Iran fait peser sur la paix et la sécurité internationales », il avait demandé  le soutien de la Tunisie en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité pour prolonger l’embargo sur les armes, comme l’avait souligné un communiqué du Département d’Etat.

En attendant la suite des événements, relevons cette phrase  du communiqué du palais de Carthage, faisant dire à Kais Saïed que « de nombreuses expériences antérieures n’ont pas conduit à la réalisation de la paix et de la sécurité internationales dans le monde ». La Tunisie serait-elle entraînée, directement ou indirectement, dans une quelconque aventure militaire américaine ?

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