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Quelle sortie de crise pour la Tunisie?

A mesure qu’elle s’étire sans la moindre perspective crédible de dénouement, la crise politique en Tunisie  a fini par précipiter sous les fourches caudines  la classe politique , partis et  institutions confondus, coupables  aux yeux des Tunisiens et de bien des observateurs étrangers d’avoir laissé le pays en jachère et les Tunisiens livrés à eux-mêmes. D’autant plus que le  temps ne joue en faveur de personne, surtout ceux qui tiennent les leviers du pouvoir avec la  dégradation de la situation sanitaire due à la propagation du coronavirus et à l’augmentation du nombre de décès quotidiens, sans compter les répercussions économiques et sociales de la pandémie et les risques d’effondrement financier.

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Au cours des derniers mois, le pays est apparu frappé d’impuissance, car les ingrédients de la  crise ne cessaient d’essaimer   entre les institutions de l’État, les milieux politiques et la société civile d’une part, et entre les acteurs économiques, sociaux  et sanitaires d’autre part. Ce qui fait craindre une explosion qui peut avoir  des conséquences dévastatrices, estime le journal Arabi 21 dans une analyse reprise par le Middle East Monitor.

La tentative du président d’inhiber l’action du gouvernement, en contradiction flagrante avec le dessein de son élection et les principes qu’il a juré de respecter, ne montre aucun signe de rétraction. L’action du gouvernement, non plus,  n’a pas été à la hauteur des défis dictés par cette phase, malgré le soutien et les encouragements qu’il a reçus du parlement. Ceci est principalement dû à l’absence de vision et de plan, et au manque de capacité de leadership et de courage dans la prise de décision.

C’est aussi le résultat de l’obstruction du président aux activités du gouvernement, du manque d’harmonie dans la politique du gouvernement, et de l’accumulation des échecs de la décennie de la révolution, notamment dans les domaines économique et social, et au niveau des relations avec les partenaires sociaux.

Le Parlement est toujours la cible des vestiges de l’aile gauche éradicatrice du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de ses partisans régionaux et internationaux, par la diffamation, les perturbations et les menaces de dissolution.

La cible principale derrière tout cela est le statut du parlement dans le système de gouvernance, qui a pulvérisé toutes les voies d’un retour potentiel à l’autoritarisme, à l’unilatéralisme et au système du chef unique sous le parapluie du système présidentiel.

La  situation présente est la preuve la plus pertinente de la nécessité de recourir à un référendum afin de convertir  le système politique mixte actuel en un système parlementaire à part entière, axé sur le développement de la démocratie en soutenant la création de partis et en modifiant le système électoral.

Le système politique issu des résultats de l’élection de 2019, qui s’est caractérisé par sa faiblesse, a prouvé son incapacité à répondre aux défis de cette phase. L’incompétence y est associée a ouvert la porte aux paris sur le renversement de la démocratie et le retour au système présidentiel et tyrannique, et aussi  aux illusions de la démocratie sélective et d’exclusion (une démocratie sans islamistes), en plus des querelles, des altercations et de l’intensification des conflits marginaux au mépris des intérêts et des attentes des citoyens et des valeurs de coexistence et d’acceptation de l’autre.

De quoi le pays a-t-il cruellement  besoin ?

Le pays a maintenant besoin d’une vision claire dans le cadre d’une démocratie pour atteindre le développement et la prospérité économique et prévenir le processus d’effondrement progressif de l’État et de la société afin d’éviter le chaos et l’échec complet. Cela serait possible en adoptant les deux mécanismes suivants :

Le premier mécanisme consiste à adopter un consensus stratégique similaire à l’accord de 2013 en lançant un dialogue politique national sous l’égide des trois syndicats et avec la participation de tous les partis parlementaires et non-parlementaires et de la présidence dans un délai ne dépassant pas six mois, estime Arabi 21 qui rappelle qu’au  début de ses travaux, le mécanisme susmentionné est tenu d’établir un ordre du jour en termes de réforme du système de gouvernance, d’amendement de la loi électorale, en particulier le système de vote, l’instauration de la Cour constitutionnelle, et l’arrêt de l’ingérence du président dans le fonctionnement du gouvernement et les affaires de l’État.

Le deuxième mécanisme est centré sur le recours au peuple qui est la source originelle de la souveraineté et peut être utilisé comme une voie par laquelle la légitimité peut être renouvelée et les équilibres modifiés pour atteindre la stabilité et l’harmonie des institutions de l’État.

Cette approche offre un ensemble de solutions qui tiennent compte de tous les éléments de l’équation politique actuelle, à savoir la perturbation du système en place par le président, la faiblesse du gouvernement, la fragmentation du parlement et son exposition à des attaques récurrentes, la vulnérabilité et le conflit entre les partis politiques, la nécessité d’une trêve sociale, et le rôle des organisations nationales pour hâter l’exécution d’un plan de sauvetage des domaines sanitaire et financier, dans un cadre démocratique et sur la base d’une vision qui affirme la capacité des Tunisiens de tous bords à corriger le cours de la situation par le dialogue et à sortir de la crise.

La crise sanitaire et ses répercussions négatives pousseront-elles la classe politique tunisienne à dépasser son combat, à mutualiser ses efforts pour faire face à la pandémie et à s’asseoir à la table du dialogue ?

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