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dimanche 24 janvier 2021
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Quelque chose de Ben Ali chez RG. « بابا هتر كيف كبر »

Rached Ghannouchi est en colère contre ceux qui ont fait de lui ce qu’il est. Dans ce qu’on pourrait appeler une Fatwa à propos de la démocratie (il en fait aussi sur la constitution, selon Kais Saïed), RG s’insurge contre une partie de sa base qui a osé lui remettre une lettre de mise à fin de son mandat à la tête d’Ennahdha, les comparant à des militaires comploteurs de nuit, et les sermonne que « les leaders sont une exception dans les partis démocratiques ».

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Selon l’octogénaire dont les signes de fatigue sont visibles sur la main droite qu’il cache de la gauche, il leur assure que « les leaders ont la capacité de résister à l’usure (…). Les leaders ont la peau dure (…). Ils se renouvellent (…) Pourquoi les renouveler alors qu’ils sont au summum de leurs capacités », dit le vieux leader qui voudrait se prendre pour un éternel Mollah.
Ben Ali, lorsqu’il était président de parti et président de l’Exécutif, n’aurait pas dit mieux pour défendre son fauteuil devant les jeunes loups aux dents longues qui avaient fini par comploter contre lui, et l’envoyer ensuite à l’exil forcé.

Ghannouchi, commandant en chef de son parti, trésorier de toutes ses finances et gardien de ses secrets, et dépositaire de l’autorité législative du pays, voudrait rester à vie dans le parti qui dirige, de fait tout le pays. Le Mollah Ghannouchi a manifestement quelque chose de Ben Ali. Et cela nous rappellerait presque la chanson de feu Salah Khemissi lorsqu’il disait « بابا هتر كيف كبر » en parlant des papas devenus gagas, et le règlement de la Choura serait clair à propos de la présidence du parti, et le « Général » Mekki est désormais aux aguets.

Il ne manque désormais à Ghannouch, qu’à recourir aux mêmes astuces de Ben Ali, et faire circuler une lettre de « Mounachada » ou « d’appel à rester ». Ou de faire comme Noureddine Taboubi [ar] qui voudrait aussi rester leader de l’UGTT, changer les règles du jeu, comme ils l’avaient tous refusé pour le candidat Yousef Chahed lors de la dernière campagne des présidentielles.

Ce qui est sûr, c’est que le fauteuil de leader est tellement confortable et si abondamment paré de privilèges qu’il en devient douloureux de le quitter. Insupportable alors de ne plus voir son téléphone sonner, avec à l’autre bout du fil des lécheurs de bottes, des offreurs de faveurs, et des rencontres avec ministres et ambassadeurs étrangers. Quant aux règlements, ils sont bons pour les autres, et « les chameaux sont guidés par leurs ainés الابل بكبارها », comme dit le proverbe tunisien.
Mais en définitive, « le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême » disait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’état du président Richard Nixon.

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