Salwa et Ichraf, les deux prétendantes au statut de 1ère Dame de...

Salwa et Ichraf, les deux prétendantes au statut de 1ère Dame de Tunisie

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Nièce de l’un des fondateurs du mouvement Perspectives tunisiennes, à Paris en 1963, l’ancien ministre Ahmed Smaoui, Salwa est originaire de Gafsa. Après des études d’ingénierie industrielle dans des universités américaines, elle décide de renter en Tunisie pour intégrer Canal Horizons Tunisie, la même boîte où était passé Nabil Karoui qui deviendra son mari.

Après Canal, elle rejoint Alcatel. Entrepreneuriale, elle lance l’entreprise «Fono» pour le groupe Loukil et fonde «Noor», une filiale du groupe Karoui & Karoui spécialisée dans les services interactifs (notamment le vote par SMS lors des jeux télévisés).

  • Mme Salwa, une haute compétence en informatique et une bonne communicatrice

En 2004, elle prend la direction de Microsoft Tunisie où elle passe 5 années. En 2005, Microsoft lance avec l’Observatoire national de la jeunesse et en partenariat avec l’Unesco  le Centre InfoYouth, un centre régional de technologie communautaire pour l’Afrique du Nord, conçu pour fournir aux jeunes un accès, et la formation professionnelle dans les technologies de l’information (TI). L’ouverture a eu lieu pendant la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), en novembre 2005. En septembre 2011, elle est nommée directrice générale Advertising & Online de Microsoft pour l’Afrique et le Moyen-Orient, en charge de la publicité en ligne.

La femme a fait en tout cas très bonne impression, lors de son premier passage dans la campagne de son mari, à Gafsa où son accent a fait sensation et lui a confirmé une capacité communicatrice évidente. A la télévision aussi, quoiqu’un peu moins qu’à Gafsa. Mais c’est manifestement une femme de caractère et qui est loin d’être la coquille vide qu’on pourrait croire être la femme d’un homme d’affaires comme Nabil Karoui. On aurait presque envie de dire qu’elle aurait été mieux que son mari, en candidate pour Carthage.

  • Mme le juge Ichraf Saïed. Une compétence dans son domaine

En face, c’est Mme Ichraf Saïed, Chebil de son nom de famille. Une femme moderne à voir la manière dont elle s’était habillée en accompagnant son mari de candidat au bureau de vote, en veste noire, non fermée et chemise blanche non boutonnée jusqu’au cou, loin des standards islamistes ou des extrémistes religieux, comme le donnerait à le croire une certaine position de son mari.

Elle est présidente de chambre au tribunal de 1ère instance de Tunis, juridiction d’ailleurs dirigée par une autre femme de la famille des Jribi. Selon une petite enquête de voisinage, dans le quartier d’Ennasser où le couple habite dans un simple appartement, et auprès de quelques-uns de ceux qui le côtoient au tribunal, c’est un juge honnête, professionnelle dans son domaine et très compétente. «Une femme respectable et respectée, compétente et très professionnelle, discrète et surtout sans aucune appartenance partisane ni tendance religieuse extrémiste», disait d’elle un habitué de la salle des pas perdus (Grand et large couloir du Palais de Justice de Tunis). Seul petit bémol, ce serait elle le juge qui aurait un jour interdit à une citoyenne femme d’entrer au tribunal, pour cause, disait alors la presse locale qui avait beaucoup de cette affaire, de «tenue indécente». Ceux qui la connaissent relativisent cependant beaucoup cette petite affaire et affirment que son geste n’avait aucun lien avec une quelconque tendance religieuse.

Deux femmes donc, dont les maris briguent la plus haute magistrature, d’un certain niveau, sinon d’un niveau certain, hautement professionnelles, chacune dans son domaine et très capables de tenir le statut de première Dame de Tunisie. On aurait presque souhaité voir ces femmes, au lieu de leurs époux respectifs, au poste de présidentes de la République. On ne dira pas exactement la même chose, concédons-le, par manque d’informations sur leurs vies personnelles, mais les avis diffèrent déjà sur les deux personnes arrivées aux deux premières places des suffrages du 1er tour de la Présidentielle.

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