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Tunis- Mustapha Ben Jaafar annonce la feuille de route électorale, mais il est vite taclé par Ghannouchi et Daimi

Mustapha Ben Jaafar a annoncé, dans une conférence de presse, tenue lundi 11 mars courant, au siège de l’ANC, la feuille de route de ce qui reste de la période transitoire.

Le Président de l’ANC , a affirmé que l’agenda de synthèse , élaborée sur la base d’un accord des chefs des groupes parlementaires et de quelques députés, situe les prochaines élections entre le 13 octobre et fin décembre 2013 , en proposant le 27 Octobre comme date consensuelle.

L’agenda, qui devait être soumis à l’assemblée plénière, lundi après-midi, prévoit le parachèvement de la rédaction de la constitution, fin avril prochain. Quant à la 1ère lecture et l’adoption de la constitution, elles auront lieu fin juin ou début juillet 2013.

L’agenda en question part du principe que l’adoption de la constitution aura lieu, dès la première lecture. Si tel n’est pas le cas, l’agenda sera prorogé d’un mois, pour une éventuelle seconde lecture. Et au cas où celle-ci n’aboutirait pas à l’adoption de la constitution, l’ANC aura recours au vote.

Par ailleurs, l’adoption de la loi relative à l’instance de la magistrature judiciaire est prévue pour fin mars courant, au plus tard, toujours selon le président de l’ANC .Quant au code électoral, il ne sera adopté qu’après la promulgation de la constitution.

Mais, alors même que les groupes parlementaires s’emploient à trouver un accord sur l’agenda politique et électoral de la période à venir, Rached Ghannouchi annonce à la BBC, que les élections se tiendront en octobre 2013, concomitamment avec le 2ème anniversaire des élections d’octobre 2011. Cependant, dans une déclaration faite le même jour à Shems FM , Rached Ghannouchi remet en question cette date. Commentant la date proposée par Ali Larayedh pour décembre 2013 comme date de l’expiration du mandat de son Gouvernement, il a indiqué que « ce qui a été annoncé par Ali Laarayedh n’est qu’une simple expression de volonté qui n’a pas encore force de loi», et d’ajouter : »ne pas organiser les élections à cette date ne suppose nullement la dissolution des autorités de l’Etat « .

Pour sa part, Imed Daimi, directeur du cabinet du président de la République provisoire, qui voit tout sous l’angle des élections présidentielles, devraient être, selon lui, au suffrage universel, et avoir lieu en septembre 2013, de l’avis de son parti le CPR « pour que le président élu puisse nommer un chef du gouvernement une fois les résultats des législatives proclamés», a-t-il dit, aujourd’hui lundi, sur Mosaïque FM.

Cette discordance affichée par la troïka, pourtant en quête de refondation, met à nu la guerre de clocher qui a toujours émaillé ses approches concernant les questions majeures de la transition démocratique, en tête desquelles l’ordonnance du processus électoral, la nature du régime politique à adopter, la loi sur l’immunisation de la Révolution et d’autres chantiers politiques qui font grief.

C’est à se demander si la cohésion affichée par les trois composantes de la coalition, Ennahdha, le CPR et Attakatol, lors de la formation du gouvernement n’était que de façade, s’effondrant au moindre accroc, comme celui de l’échéancier électoral. Et cet épisode est promis à récidive tant les positions des uns et des autres sont dictées par leurs soucis partisans privilégiant la conquête du pouvoir bien plutôt que l’intérêt national.

Aboussaoud Hmidi

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