AccueilLa UNETunis : Samedi, le lamentable pshiiit ou le grand ouf !

Tunis : Samedi, le lamentable pshiiit ou le grand ouf !

On le croyait sérieusement entamé, sinon découragé, par les pressions et menaces sous-jacentes de son parti, Ennahdha. Le chef du Gouvernement, Hammadi Jbali, semble pourtant tenir bon dans sa décision de former un nouveau gouvernement, apolitique et technocrate. C’est du moins la franche impression qui se dégageait, ce jeudi 14 février 2013, chez la majorité des chefs de partis qui ont été reçus aujourd’hui, à Dar Dhiafa, dans la banlieue nord de Tunis, par le chef du Gouvernement. A tous, il promet, pour vendredi, la liste de son gouvernement, tel qu’il l’aura concoctée tout seul.

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A l’issue d’une série d’entretiens, ce jeudi, avec des dirigeants de partis politiques comme Kamel Morjene ou encore Nida Tounes et qui font jaser toute la blogosphère d’Ennahdha qui se déchaînent contre le secrétaire général de leur parti, Ahmed Néjib Chebbi et Maya Jribi, Hamadi Jbali a déclaré qu’il annoncera, samedi, le succès ou l’échec de son initiative. Il y a cinq jours, Jbali déclarait à France 24, qu’il n’exclut pas la possibilité de présenter sa démission, s’il échouait dans la formation de son nouveau gouvernement apolitique et technocrate. «Si je ne trouve pas de soutien politique» à son initiative qu’il qualifie d’«initiative de salut national», «je considérerais alors que j’ai échoué et donc j’irais au Président de la République, en application de la Constitution, afin qu’il nomme une autre personne pour former un autre gouvernement», a-t-il précisé. Et Jbali d’ajouter, plus loin, que «si les politiciens s’opposent [à son initiative], je me retirerai et ils seront responsables devant le peuple». Le chef du Gouvernement tunisien a aussi annoncé qu’il ne se présentera ni aux élections présidentielles ni aux élections législatives indiquant que «j’irai me reposer».

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Son silence face aux déclarations de mécontentement d’Ennahdha lesquelles soufflent le chaud et le froid d’un responsable à l’autre, sa réunion avec un Conseil des sages où le parti au pouvoir était massivement présent, toute la scène politique tunisienne et notamment l’opposition, avait craint que le chef du Gouvernement ne fasse un pas en arrière pour contenter ses «frères de sang» politique. Ces derniers prônent, en effet, un nouveau gouvernement de compétences politiques et non de technocrates, qui les mettraient automatiquement en dehors du pouvoir.

Dans moins de 48 heures, donc, la Tunisie et toutes les chancelleries étrangères qu’il avait reçues, pendant deux jours, découvriront si le coup de poker du chef du Gouvernement tunisien n’était qu’un énorme coup de bluff. Ils découvriront aussi si toute la polémique faite autour d’une déclaration, le jour de l’assassinat de Chokri Belaid, que certains avaient accusée d’être un simple coup médiatique pour essayer d’effriter l’unité populaire suscitée par sa mort tragique, ne s’essouffle avec un énorme pshiiit comme un mauvais cake d’un mauvais pâtissier.

Dans moins de 48 heures, soit la Tunisie connaît la fin de cette série télévisée de mauvais goût qu’est désormais la remaniement ministériel et pourra entrevoir le début de la fin du tunnel de la période de transition, soit elle s’engagera de nouveau et pour une période indéfinie de jacasseries politiques et de chamailleries politiciennes, donnant ainsi, encore, un mauvais signal au peuple tunisien, aux partenaires étrangers, à l’économie, aux investisseurs, aux agences de notation et aux marchés financiers.

Dans moins de 48 heures, Hammadi Jbali marquera d’une pierre blanche son passage dans la vie politique tunisienne, en obligeant la Troïka à vaquer, rapidement, à son unique et vrai travail qui est l’écriture de la nouvelle Constitution et obligera toute la Constituante à décréter la marche forcée vers les prochaines élections, ou se résoudra à marcher dans les pas du maître d’Ennahdha.

De l’avis de plus d’un observateur, Jbali pourrait marquer son époque, même en démissionnant. Une démission, si elle se réalisait, pourrait même le propulser au rang des hommes d’Etat, malgré son appartenance à un parti qui n’aura su attirer que 1,7 millions d’électeurs et un parti qui est loin de l’image d’un fédérateur et de modéré qu’il aura vainement essayé de se dessiner à l’intérieur comme à l’extérieur de la Tunisie. Wait and see !

Khaled Boumiza.

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