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Tunisie : Grave, le déficit commercial explose et le déficit courant risque d’atteindre un record de 8% du PIB

Les dernières données de l’INS sont fort éloquentes. Durant le premier semestre de 2012, le déficit commercial a augmenté de 52%, comparativement à la même période de 2011, les exportations à prix constants ont baissé de 1.4% et les importations ont augmenté de 10.6%. Il en découle deux conséquences fondamentales. D’abord, la croissance qui marque le pas après le léger frémissement enregistré, durant le premier trimestre 2012, bien que comparativement à un premier trimestre 2011 très bas, car si les exportations baissent à prix constants, durant tout le premier semestre 2012, cela veut dire au moins que la croissance est atone. En tout état de cause, cette croissance sera, pour toute l’année 2012, de loin inférieure aux prévisions du gouvernement Jbali de 3.5% avec ce que cela aura pour conséquence sur l’augmentation du chômage et la baisse du niveau de vie des citoyens. Le niveau du PIB de la Tunisie, à fin 2012, sera, au mieux, au même niveau du PIB de 2010 alors qu’au même moment, le PIB du Maroc s’est accru de près de 10%, celui de la Jordanie de 7% et l’Algérie de 8%. Or, comme le dit l’adage, celui qui n’avance pas recule, et tel est le cas de la Tunisie. Il faut signaler aussi que la contre performance des exportations est due en grande partie au secteur totalement exportateur qui enregistre, non seulement une stagnation de ses exportations, mais également une baisse de 1.7% de ses importations (contre une augmentation de 20%, au cours  la même période de l’année dernière). Cela signifie que les exportations de ce secteur ne risquent pas de redémarrer  à court terme.
Le problème, selon certains économistes, est structurel et a un lien direct avec le départ de plusieurs entreprises exportatrices, 200 entreprises, durant les 5 premiers mois de 2012.
La deuxième observation a trait à la baisse de 4 % des exportations vers l’Union Européenne  et particulièrement la baisse des exportations vers la France de13.7%. Cette tendance est à apprécier en liaison directe avec le départ des entreprises exportatrices qui sont, pour l’essentiel, des entreprises françaises. Entre temps, les exportations vers les pays du Golfe n’observent aucune évolution positive. En fait, si l’on excluait les exportations vers la Libye qui ont connu une évolution positive , bien que cela ait contribué à perturber l’approvisionnement du marché intérieur, les exportations tunisiennes auraient connu une baisse plus prononcée, et c’est la tendance réelle à retenir, les exportations vers la Libye étant éphémère. La deuxième conséquence a trait aux équilibres extérieurs du pays. Le déficit commercial  a augmenté de 52%, passant de 3597 MD à 5469 MDT entre le premier semestre 2011 et le premier semestre 2012, une évolution qui pourrait amener le déficit courant  à atteindre, pour toute l’année 2012, 8% du PIB et amener la dette extérieure à augmenter de 5% du PIB, soit plus de 2200 MDT de dette supplémentaire.
Pour un président de la République qui s’affiche contre la dette, la bataille semble ainsi perdue pour 2012, et la Tunisie ne semble pas avoir d’autre choix que la dette, dans la mesure où la ponction sur les réserves en devises a atteint ses limites. Depuis la Révolution tunisienne, en effet, 3400 MDT ont été pompés sur ces réserves qui ont baissé, depuis la révolution, de 13 milliards DT à 9.6 milliards DT et de 147 jours d’importation à 95 jours d’importation. La baisse supplémentaire de ces réserves, risquant d’entamer la confiance des opérateurs extérieurs, il ne reste donc que la solution de l’endettement extérieur, n’en déplaise aux détracteurs de l’endettement.
Tout cela se passe, au moment où le président tunisien Moncef Marzouki, désigné et provisoire, joue avec le feu en cherchant coûte que coûte à démettre le gouverneur de la BCT de ses fonctions et en refusant de promulguer une loi  sur la participation de la Tunisie au FMI. Contrairement au discours officiel, parfois outrageusement optimiste de gouvernants tunisiens qui ne pensent déjà qu’aux élections prochaines, les derniers chiffres du commerce extérieur ne donnent pas que de bons signaux.
Il est temps, nous semble-t-il, que les gens qui aiment ce pays laissent de côté les dossiers futiles qui ne mèneront nulle part sinon à la haine, la vengeance et la violence et de s’attaquer aux problèmes de fond qui, à défaut de solution, risquent de mettre le pays à genoux et l’éloigner des objectifs fondamentaux de la révolution que sont l’emploi, l’amélioration du niveau de vie, la lutte contre la pauvreté et le développement régional.
K.B

 

 

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