La Libye représentait la destination affichant le plus fort taux de croissance quant au nombre de tunisiens résidents à l’étranger, soit 95 milles migrants. Afin d’établir un état de lieux de la migration tunisienne en Libye tout en évaluant son potentiel, l’Organisation Internationale pour les Migrations en Tunisie (OIM) et la Banque Africaine de Développement (BAD), viennent de publier une enquête sur les « Migrations des Tunisiens en Libye : dynamiques, défis et perspectives ».
Cette enquête a été menée auprès d’un échantillon aléatoire, formé de 700 Tunisiens de Retour de Libye (TRL) en 2011. La base de sondage est constituée de 40582 dossiers de déclaration de retour de Libye suite aux événements de février 2011, remplis par les TRL et déposés auprès des différents délégations régionales de l’OTE.
Caractéristiques générales des Tunisiens de retour de Libye (TRL)
Cette enquête révèle que 39,5% des TRL sont repartis en Libye. Ce comportement défie toutes les prévisions basées sur la question de la sécurité. Les migrants sont majoritairement de sexe masculin, mariés et vivant dans des ménages de grande taille. Ces derniers présentent massivement de faibles niveaux d’instruction et de faibles qualifications et aptitudes professionnelles.
Situation actuelle des TRL
Les TRL ont subi un retour traumatisant suite à la guère civile en Libye. L’enquête montre que 20,1% des TRL ont pu retrouver un emploi en Tunisie et se déclarent actifs occupés. 73% d’entre eux sont des salariés et 17% des indépendants.
En dehors des actifs occupés, 42,6% ont émigré à nouveau, soit en retournant en Libye (93,5%), ou en rejoignant l’Italie. Pour le reste, 28,7% sont au chômage et 8,7% sont inactifs. L’enquête a précisé que prés de 80% des TRL étaient administrativement en situation illégale lorsqu’ils ont quitté la Libye. Leur retour précipité les avait mis dans une situation difficile.
Perspective de retour des TRL vers la Libye
L’enquête révèle que 70,4% des TRL désirent retourner en Libye, alors que 20,1% pensent rester définitivement en Tunisie. La situation précaire vécue par la plupart des TRL, mais aussi la volonté de certains de retrouver rapidement leurs emplois, ont déjà poussé 39,5% d’entre eux à retourner en Libye.
Pour retourner en Libye, les TRL auraient besoin de certains appuis. Il s’agit essentiellement d’information sur la sécurité et d’accompagnement dans la recherche d’un emploi salarié.
D’après l’enquête, les principaux facteurs de retour en Libye seraient d’abord l’amélioration des conditions sécuritaires, ensuite le fait de trouver ou retrouver un emploi salarié et enfin obtenir un bon salaire. Quant aux principales réticences au retour en Libye, la même source indique que la fragilité sécuritaire, le traumatisme psychologique ou le fait d’avoir subi des dommages matériels énormes demeurent les raisons principales de cette réticence.
Caractéristiques des TRL retournés en Libye
Ladite enquête signale que 39,5% des TRL sont déjà repartis en Libye. Ces TRL sont globalement plus vulnérables et se trouvent de plus dans l’incapacité à trouver un emploi en Tunisie et par la suite à satisfaire leurs besoins.
Ces TRL sont originaires des zones les plus démunies, particulièrement du Centre-Ouest du pays et ayant des ménages de grandes tailles. Ils ont aussi de faibles niveaux d’instruction et faibles aptitudes professionnelles, soit les plus bas niveaux de salaire pour leurs derniers emplois en Libye. Ils sont partagés entre les plus faibles et les plus importantes durées dans les derniers emplois occupés.
Les TRL qui sont retournés en Libye sont plus nombreux à être en difficulté sur le marché de travail même avant la migration ; ils déclarent avoir eu le moins d’assistance et le plus de difficultés pour subvenir à leurs besoins. Ils cherchent leurs emplois sur place, de manière individuelle et non structurée.








