AccueilLa UNETunisie-Libye : Quel point d’entrée pour une coopération structurée et plus...

Tunisie-Libye : Quel point d’entrée pour une coopération structurée et plus fructueuse ?

Les échanges commerciaux, financiers et économiques entre la Tunisie et la Libye n’ont pas évolué au rythme des conventions et des accords signés depuis des années. On en compte actuellement 80 dont l’accord multilatéral de création de la Zone de Libre-échange des pays membres de la Ligue Arabe qui est entré en application, le1er janvier 2005.

En dépit de ces accords encore inapplicables, les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinaient, avant la Révolution tunisienne du 14 janvier, et celle de la Libye du 17 février, les 2 milliards de dollars avec quelque 1200 entreprises tunisiennes exportatrices sur le marché libyen.

Un chiffre que les deux parties veulent dépasser aujourd’hui. Moncef Marzouki, le président de la République, lors de sa dernière visite en Libye, et le président du Conseil national libyen de transition, Moustapha Abdeljalil, n’ont pas cessé de réaffirmer la volonté commune de développer les partenariats dans leurs pays, qui connaissent le même processus et partagent les mêmes objectifs.

Un discours rassurant de la part des politiciens, mais beaucoup reste à faire afin de concrétiser ces fermes décisions politiques. C’est dans ce cadre que l’association NOUR, en collaboration avec l’Association nationale Libyenne, a organisé une conférence sur le thème « Tunisie -Libye : Quel nouveau modèle de partenariat ? ».

Des membres de la société civile, experts tunisiens et libyens se sont réunis, samedi 28 janvier, pour réfléchir ensemble sur un nouveau module de partenariat entre les deux pays surtout que le marché libyen, dans ce climat morose particulièrement avec la crise européenne, constituera une bouffée d’oxygène pour l’économie et les investisseurs tunisiens. Avec 854,8 MD, la Libye est aujourd’hui le premier partenaire commercial de la Tunisie avec une part de 4.4%. Au-delà de l’économique, les liens entre les deux pays revêtent une dimension sociale ancrée.

C’est la raison pour laquelle le partenariat tuniso-libyen postrévolutionnaire devra s’orienter vers de nouvelles formes de coopération. Une coopération basée principalement sur une intégration économique commune, empêchée par les anciennes dictatures. Mais avec les changements survenus dans les deux pays, elle sera appelée à prendre en considération l’histoire commune, les mutations intervenues pour pouvoir assurer un avenir commun et un destin partagé.

Quel nouveau module de partenariat ?

Pour que les relations se développent efficacement, la Tunisie et la Libye devront travailler ensemble, la main dans la main, dans le but de créer un nouveau module de partenariat plus intégré. Ceci ne se fera qu’ travers des systèmes de droit qui soient au service des citoyens avec des orientations claires pour leurs politiques économiques.

Ahmed Jehani, conseiller auprès de Mustapha Abdeljalil et ex-négociateur à la Banque mondiale pour la Libye, a insisté, à ce propos, sur l’importance de « mettre en place une politique économique future commune et cohérente afin de chercher les moyens supplémentaires de coordonner les économies ».

Partageant les mêmes propos, Saïd Aïdi, ex- ministre de l’Emploi, a fait remarquer que le module de développement qu’il considère comme idoine devra être axé sur la création d’un espace économique ayant pour dessein la garantie d’une « immunité économique » et la réussite des processus de transition dans les deux pays.

Dans ce contexte et dans le but de favoriser la multiplication des opportunités d’investissement, d’échange, la mise en œuvre d’un code d’investissement commun demeure un facteur important qui permettra aux acteurs économiques de deux pays de fonctionner ensemble et avoir les garanties d’investissement dans les deux sites.

Pour le faire, Marouane Abassi, senior économiste à la Banque mondiale, a relevé l’importance de consolider le pouvoir politique de la Tunisie et celui de la Libye pour qu’ils soient acceptables pour les différentes composantes de leur population. « C’est le point d’entrée pour une coopération structurée et plus fructueuse », a-t-il estimé.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -