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Tunisie : Un remaniement pour redistribuer les butins de la révolution. Circulez, y a rien à voir !

Il y a quelques jours, la compagnie Tunisair lançait un cri de détresse et un appel pressant au Gouvernement, pour essayer de la sauver de la faillite. Jusqu’ici, son dossier est toujours entre les mains du ministre du Transport, Karim Harouni qui ne l’aurait pas passé devant le Conseil des ministres. Les pertes de Tunisair dépassent désormais son capital. Son plan de redressement demande des dizaines de millions de dinars, et seul l’Etat peut les donner.

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Il y a quelques semaines, l’appel d’offres international pour la réalisation de la promesse du Gouvernement de construire 30 mille logements neufs pour ceux qui se plaignaient alors de l’indigence de la qualité de leur vie, s’avérait infructueux. Cela pourrait renvoyer aux calendes grecques ce programme qui devait être réalisé en 2012.

 

Depuis quelques mois, quelque 3.000 voitures s’entassent dans le port de La Goulette, sans encore une issue pour les dédouaner. Ces voitures ont été importées par les concessionnaires, en prévision du PGI (Programme Général d’Importation). Le secteur des concessionnaires, qui fait travailler des milliers de personnes et brasse un chiffre d’affaires en milliards, est pourtant à sec depuis des mois.

Il y a quelques mois, le chef du Gouvernement tunisien, Hammadi Jbali, promettait des élections pour on ne sait plus quel mois. Il y a une année, ce même chef du Gouvernement promettait une reprise économique, certifiée à travers un ensemble de mesures administratives et législatives.

Il y a quelques années, une Assemblée Constituante composée de 217 élus, promettait une nouvelle Constitution et une deuxième République.

Aucune de ces promesses, citées juste pour l’exemple, car il y en a eu 365, n’a été tenue. Les problèmes évoqués, cités pour l’exemple aussi, car ils sont à la pelle, sont urgents, tant leur coût de résolution devient chaque jour plus pesant pour la collectivité et l’économie, restent pendants dans l’attente d’un Gouvernement qui attend lui-même Godot !

– Le choc de Mohamed Abbou qui ne sauvera que la troïka !

Face à cette situation, le Gouvernement patauge et mouline de l’eau. Le gouvernement étant une coalition de 3 partis, ceux-ci ne parlent plus, depuis quelques mois, que de remaniement. Un remaniement qui n’a aucun sens politique ou stratégique. Ce sont, en effet, toujours les ministres de la troïka qui seront concernés par ce remaniement qui ressemblera au jeu des chaises musicales. C’est toujours aussi la même stratégie politique de la même coalition, sans aucune perspective d’élargissement au reste des composantes de la scène politique tunisienne issue des élections du 23 octobre 2011. Des élections qui risqueraient de devenir le seul bon souvenir de la seule et unique année de démocratie. C’est, aussi, toujours la même stratégie de nominations basées sur l’appartenance aux partis de la troïka et la dévotion, mais aucunement sur la compétence technique et technocratique. C’est toujours aussi la même stratégie économique, qui attend toujours les IDE comme on attendrait le Messie, qui attend toujours la paix sociale comme on attendrait le mirage et qui s’endette, comme on le ferait pour un mauvais mariage. A la tête du CPR, membre de la troïka, Mohamed Abbou parle de ce remaniement comme d’un choc salvateur. Il n’a pas dit pour qui !

– Les chaises musicales pour redistribuer les richesses.

Un des slogans de la révolution, revue et corrigée par la troïka, était la redistribution des richesses. Ouverte depuis le 23 octobre 2011, la chasse à la richesse par le biais des chaises du Gouvernement, n’arrête pas de faire des émules. Au portillon de La Kasbah, les candidats se pressent et se bousculent, les uns plus envieux que les autres du pouvoir et de ses dividendes. La troïka se réunit, plusieurs fois, pour examiner des listes, non de projets à formuler et à mettre en exécution ou de problèmes économiques à résoudre, mais pour orchestrer la séance de chaises musicales qui décidera qui aura tel ministère, les pouvoirs et les privilèges qui vont avec. C’est cela la façon, made in troïka, de redistribuer les richesses de la Tunisie dont elle a spolié le pouvoir !

Khaled.

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