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Tunisie : Le remaniement, un serpent de mer !

Depuis plusieurs semaines déjà, on ne parle que de remaniement ministériel, un remaniement qui tarde à venir et dont l’accouchement ne fait que durer. S’agit-il d’un changement à ce point important que les décisions sont difficiles à prendre, ou bien s’agit-il d’amener des personnalités hors troïka à rejoindre la nouvelle formation et que des négociations parfois avouées, mais la plupart du temps, occultes ? s’éternisent autour de questions que rares sont les illuminés qui peuvent deviner.

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Mais d’abord, pourquoi le remaniement ?

Différents responsables de la troïka, et particulièrement d’Ennahdha évoquent principalement des raisons d’efficience. Le gouvernement ayant travaillé pendant plus d’une année, les résultats sont ce qu’ils sont, il était temps de marquer une pause de réflexion et d’opérer les changements nécessaires pour relancer la machine. Ces changements devraient concerner les départements qui ont réussi le moins. Malheureusement, il est très difficile de juger des départements ayant fait mieux que d’autres, puisque, aussi bien sur le plan politique, que social ou économique le fiasco est total.

La scène politique est envahie par les bobards des uns et des autres ; ceux au pouvoir veulent éliminer tout opposant crédité du minimum de chances de succès lors d’éventuelles futures élections et, pour ce faire, tous les moyens sont bons. Les vieilles méthodes du RCD sont utilisées intégralement et presqu’à l’identique, avec un peu plus de maladresse. Les milices agissent comme une vraie police parallèle qui se met en branle, dès que les concurrents bougent.

L’opposition, quant à elle, n’arrive pas à resserrer ses rangs et à travailler sur un objectif clair et commun. La recherche de postes, encore, loin à saisir, reste un des facteurs les plus importants de discorde.

Le climat social s’enflamme de plus en plus, la pauvreté ne fait que grimper, la flambée des prix accable tous les citoyens, les crédits bancaires dont certains font usage pour pouvoir engager certaines dépenses, sont interdits.

La situation économique est au plus bas, depuis plusieurs décennies. Le gouvernement sait consommer, mais ne sait pas créer les richesses. Si le budget de gestion 2012 a été entièrement consommé, celui de l’investissement et de l’équipement, véritable créateur de richesses et d’emploi, ne l’a été qu’à hauteur de 33%.

Ainsi, un remaniement à l’intérieur de la même troïka n’apporterait rien, sauf si on attribuer à certaines personnes certains postes avant les élections.

La deuxième raison d’un éventuel remaniement serait, toujours selon des responsables au pouvoir, d’élargir la plateforme politique du gouvernement, autrement dit, offrir des portefeuilles à des partis ne faisant pas partie de la troïka.

Et là la question est: Qui accepterait aujourd’hui de rejoindre une équipe pas très rayonnante, rien que pour partager le lourd fardeau de son échec. Parce qu’aujourd’hui, il est évident, que sans des mesures politico-économiques draconiennes, innovatrices et peut-être en prise sur le futur, l’économie ne pourrait être relevée. Et de toutes les façons, de pareilles mesures ne pourront donner leurs fruits qu’au bout d’un certain temps et, de toute manière, pas avant les élections.

Ainsi, l’unique objectif d’un tel remaniement serait de faire partager au gouvernement son échec pour des raisons purement électorales. Le chapeau étant trop grand à porter par la seule troïka, il serait opportun de rechercher quelques assoiffés de postes, chose qui ne manque guère dans l’opposition, des assoiffées qui seraient aussi responsables que l’équipe gouvernante et qui seraient par la même occasion neutralisés pour les futures élections.

L’unique salut pour la Tunisie est clair: des élections qui enfantent un gouvernement plus équilibré et dont les membres sont choisis pour leurs compétences. Ceci aura pour première conséquence la reconquête de la confiance des investisseurs tunisiens et étrangers ainsi que celle des bailleurs de fonds. Sans cette reconquête, aucune issue ne sera possible.

Evidemment, cette confiance ne peut naître et durer qu’une fois ce gouvernement trace une politique claire, réalisable et audacieuse. Tous les composants de l’économie devraient être traités. Les choix seraient difficiles à prendre, mais ils seront déterminants. A titre d’exemple, l’organisation administrative actuelle ne permettrait jamais le développement régional. Les responsables continuent d’ignorer l’organisation fédérale qui a fait preuve de succès partout où elle a été appliquée. La division du pays en fédérations avec des gouvernorats « locomotives » permettrait une concurrence entre les régions en matière d’investissement et d’emploi. Les responsables politiques s’accrochent bec et ongle à un pouvoir centralisé pour des raisons relevant du ridicule. Les régions étant différentes les unes des autres, leur imposer les mêmes législations d’investissements, d’emploi et de fiscalité, serait dépourvu de sens, et de bon sens.

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