L’information de la transformation d’El Wifack, qui est déjà considérée comme une institution financière de crédit, de société de leasing en banque n’est pas nouvelle. Le premier communiqué date du 7 août 2013. Le dossier de cette demande de transformation, qui était inscrite, nous dit-on, chez le management de l’entreprise, dans le processus même de création d’El Wifack, avait été déposé chez la BCT (Banque Centrale de Tunisie) depuis 2011. Cette dernière ainsi que le ministère des finances, prendront le temps d’étudier ce dossier ainsi que les états financiers de l’entreprise, avant de répondre en octobre 2014 par l’affirmative. Mohamed Mellousse, natif de Ben Guerdane dans le Sud tunisien et un des fondateurs d’El Wifack, ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur la BCT et exclut toute intervention politique dans ce nouvel agrément de banque même s’il a déjà dans le capital d’El Wifack un éminent membre de Nida Tounes.
Les premières informations dont nous disposons à propos de cette nouvelle banque universelle, c’est d’abord qu’elle sera spécialisée dans la finance islamique, niche bancaire où on ne trouve à ce jour que deux banques (Al Baraka et Zitouna Bank) qui expliquerait en grande partie l’acceptation du dossier d’El Wifack par les autorités monétaires et financières tunisiennes.
La seconde information concerne son actionnaire de référence qui est actuellement la STB (Société tunisienne de banque) et dont le processus de l’augmentation du capital d’El Wifack pour le porter de 50 à 150 MDT), devrait normalement aboutir à minimiser cette participation de la STB et éliminer du coup le problème de l’existence d’une banque dans le conseil d’administration d’une autre banque. Mohamed Mellousse, qui dispose déjà de plus de 5 % dans le capital, pourrait aussi voir sa part diminuer. On ne sait pas encore ce que décidera le fonds libyen Lafico, lui aussi déjà participant au capital de la banque BTL (banque tuniso-libyenne).
Pour le reste, Hédi Ben Ayed serait disposer à suivre la prochaine augmentation du capital et il ne serait pas le seul homme d’affaires tunisien intéressé par cette nouvelle aventure bancaire. Reste la grande question «des [ndlr : Notons ici le pluriel utilisé dans le communiqué] partenaires stratégiques internationaux » qui «s’adjoindront aux actionnaires de référence historiques et l’ensemble lié par un pacte d’actionnaires à conclure sur la période à venir», selon les termes du communiqué de presse d’El Wifack en date du 13 octobre 2014. Le management de l’entreprise reste pour l’instant discret sur la nationalité de ces partenaires, dont on sait seulement que l’un d’eux au moins sera d’envergure internationale (d’où la formulation du communiqué).
Pour tout cela, El Wifack aura une année pour y penser et résoudre ces questions, période estimée nécessaire au démarrage effectif de la 19ème banque de la place et qui devrait, selon nos informations, garder son actuel nom et se nommer peut-être «Banque El Wifack», une appellation de bon augure pour la 2ème République de la Tunisie.
Rester à parler de l’essentiel de la création de cette nouvelle banque par la transformation d’El Wifack Leasing. Parlant de sa nouvelle banque, ce jeudi 16 octobre 2014 matin sur les ondes de la radio nationale tunisienne, Mohamed Mellousse a d’abord annoncé que contrairement à toutes les banques de la place, la banque El Wifack aura son siège à Médenine et non dans la capitale, Tunis. C’est une première. Mais cela semble pour lui couler de source pour une société de crédit, créée au Sud tunisien où se fait la majorité de ses affaires. Un banque aussi, selon lui, qui sera essentiellement tournée vers le développement des régions et qui compte en faire sa spécificité, sa vocation et sa clientèle cible.
Ka Bou








