Déficit commercial : Le bulldozer chinois aggrave une situation déjà catastrophique

Déficit commercial : Le bulldozer chinois aggrave une situation déjà catastrophique

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Pour prendre le pouls de la santé économique d’un pays, il faut passer à la loupe ses exportations, lesquelles donnent à leur tour de précieuses indications sur l’état de l’industrie, de l’agriculture, des produits à haute valeur ajoutée, etc. De ce point de vue l’exemple allemand est très parlant. Voilà un pays dont l’excédent commercial record, le plus gros du monde, 252.9 milliards d’euros en 2016, énerve les pays de l’Union européenne, lesquels ont la désagréable impression que Berlin a fait d’eux les dindons de la farce et que le seul pays qui profite à fond de l’élimination des barrières douanières au sein de l’UE… c’est l’Allemagne. Toujours l’Allemagne. Avec sa puissance industrielle, ses produits haut de gamme qui toisent l’attelage européen, et même la France.

Evidemment quand on évoque tout de suite après le cas tunisien, on descend de plusieurs crans, avec un déficit commercial chronique ces dernières années, et dont d’ailleurs on ne voit pas le bout. Et pour compliquer la donne, les produits chinois ont inondé en masse le marché tunisien, creusant un peu plus le trou de la balance commerciale, déjà abyssal. Et quand on sait que Pékin a la ferme intention de reprendre le flambeau du leadership économique mondial après ce qui semble être la défection américaine, avec un Trump qui a des envies de bouclage de ses frontières face à tout ce qui a le parfum de l’étranger – protectionnisme -, on se dit que la Tunisie n’est pas sortie de l’auberge…

Le déficit commercial de la Tunisie a plus que doublé passant à 1221,8 millions de dinars (MD) en janvier 2017, contre 507,2 MD en janvier 2016, provoquant une perte de plus de 15 points au niveau du taux de couverture des importations par les exportations, selon les résultats du commerce extérieur publiés, que vient de publier l’Institut National de la Statistique (INS).
Ainsi, le taux de couverture s’est établi à 64,8%, contre 80,2% une année auparavant, chutant de 15,4 points. Ce déficit commercial est du à une forte hausse du déficit enregistré au niveau de la balance énergétique (-309,2 MD contre -24,2 MD en janvier 2016), ce qui représente 25,3% du déficit global.

Il est également, expliqué par la hausse des importations (+35,6% à 3 474,8 MD), à un rythme plus accéléré que celui des exportations (+9,6% à 2 253 MD). La hausse des importations a concerné l’ensemble des secteurs, notamment l’énergie, puisque les importations ont accru de 277,9%, en comparaison avec janvier 2016 (98,4 MD). D’après l’INS, les importations énergétiques en janvier 2016 ont été au deçà des moyennes mensuelles (405 MD), enregistrés au cours des années 2015 et 2016.

De même, les importations des produits agricoles et alimentaires de base ont augmenté de 75,1% en raison de la hausse des importations de blé tendre (57,4 MD contre 33 MD en janvier 2016). Même constat pour les matières premières et les produits semi-manufacturés qui se sont accrus de 20,7%.

En ce qui concerne les exportations, la hausse enregistrée en janvier 2017, a concerné les produits agricoles et alimentaires (19,2%) en raison de l’accroissement des recettes de vente de dattes (59,1 MD, contre 29,4 MD) et les industries mécaniques et électriques de 16,7%, ainsi que le textile de 7,4%.
A contrario, les exportations énergétiques et de phosphate ont régressé respectivement de 15,5% et de 11,4%.

L’invasion chinoise n’est pas une vue de l’esprit 

La Chine reste le pays avec lequel la Tunisie enregistre le déficit commercial le plus important (- 292,2 MD), suivie par d’autres pays tels que la Russie (-228,6 MD), et l’Italie (-121,6 MD).
La balance commerciale enregistre, cependant, un excédent avec plusieurs pays, comme la France, premier partenaire de la Tunisie (236,2 MD) et la Libye (53,3 MD).

Les exportations tunisiennes avec l’Union européenne ont connu une nette augmentation de 10,1%. Cette tendance haussière a principalement concerné l’Allemagne (+20,5%), la Belgique (16,8%) et la France (+12,2%) alors que nos ventes ont chuté avec notamment les Pays Bas (-42,6%) et l’Espagne (-2,2%).

A l’échelle maghrébine, les exportations tunisiennes continuent de régresser vers la Libye (-24,5%). En revanche, celles destinées au Maroc et l’Algérie ont connu une progression remarquable respectivement de 146,8% et 19,7%.

Côté importations, les échanges tunisiens avec l’Union Européenne (51% du total des importations d’une valeur de 1772,7 MD) ont enregistré une hausse de 28% par rapport à la même période de l’année dernière. La France et l’Italie demeurent les plus importants fournisseurs de la Tunisie, avec des quotas d’importations respectifs de 14,5% et 14,1%.
Les importations avec l’Italie ont évolué de 39,2% et avec la France de 14,7%.

TAP

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