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Algérie : La Banque centrale fait sauter le verrou sur les exportations hors hydrocarbures

Le nouveau gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, Mohamed Loukal, installé depuis le 1er juin 2016, n’a pas perdu de temps. Il a tout de suite entrepris de donner un coup de fouet à l’économie algérienne en adoptant cette semaine une mesure forte pour faciliter le travail des exportateurs hors hydrocarbures. Une décision qui devrait servir de palliatif à la baisse des exportations de pétrole algérien à cause de l’effondrement des cours mondiaux du brut, qui ont remonté légèrement mais sont encore scotchés sous les 50 dollars le baril.

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Autre mesure de taille, aux aspects même révolutionnaires au regard d’une économie corsetée, verrouillée : « Une entreprise qui importe des matières premières pour fabriquer des produits destinés à l’exportation et qui détient des avoirs suffisants en devises dans son compte bancaire d’entreprise peut régler sa facture en devises sans passer par la Banque centrale », a confié à l’APS un cadre de la Banque centrale algérienne, sous couvert de l’anonymat. La seule condition qui est posée, ajoute le responsable, c’est que l’entreprise importatrice paie sa facture avec ses propres devises.

Il faut savoir qu’en Algérie, ceux qui opèrent à l’export ont la possibilité de toucher en devises la moitié des revenus de l’exportation, le reste est converti en dinars par la Banque centrale. « Ce qui exclut les primo exportateurs qui ne sont pas encore dotés de devises étrangères. Ils ont été retirés du périmètre de la mesure dans un second temps », souligne à Jeune Afrique Mohamed Bessa, directeur de la communication et des exportations au sein de la société algérienne Général Emballage. « Il paraît logique que les entreprises achètent en devises étrangères des importations qui serviront à la transformation avec ajout de valeur ajoutée de biens qui seront ensuite revendues en devises étrangères, le tout sans que la Banque centrale n’ait à faire la conversion des devises en dinars », poursuit-il.

Diversification de l’économie oblige

Ces décisions font partie de la nouvelle stratégie des autorités algériennes pour faire baisser les importations, et diversifier les exportations, dominées principalement par les hydrocarbures. Au premier trimestre 2015, les caisses publiques ont dû faire face à la chute vertigineuse du prix du pétrole, laquelle a provoqué un net recul de la valeur des exportations d’hydrocarbures, jusqu’à 8,7 milliards de dollars entre janvier et mars 2015 (-8,9% sur un an). Une situation qui forcément impacte négativement la balance commerciale. D’où les actions tous azimuts en ce moment pour redonner du tonus et diversifier l’économie du pays, marquée par des années d’immobilisme et de politique de la rente pétrolière.

Cette sinistrose sur les cours du pétrole sera peut-être une chance pour l’Algérie, in fine, à condition que les réformes aillent à leur terme et qu’elles donnent les fruits escomptés.

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