Tunisie : Puisque Majoul le peut, Chahed doit pouvoir !

Tunisie : Puisque Majoul le peut, Chahed doit pouvoir !

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Des grognards, des bougons, des pessimistes, il y en a partout, ça pousse comme des champignons et il y a des raisons à cela, certaines très objectives et donc justifiées. Bon, cette affaire – la sinistrose ambiante – a pris du temps, mais on a fini par y arriver. Personne n’est content, ou presque. Les citoyens se plaignent de l’envolée des prix ; les promoteurs immobiliers se plaignent des taxes qui s’abattent sur eux et les contraignent à monter les prix des logements à des niveaux prohibitifs pour le citoyen lambda ; le président de la République lui-même n’est pas content, du fait surtout de la magie de sa verve qui n’opère plus ; il n’est pas plus content, semble-t-il, du chef du gouvernement qu’il nous a choisi, qui lui-même n’est pas content du fait des attaques incessantes qui lui viennent de son propre camp et parasitent son action, sans parler de ses résultats économiques qui calent et tardent, irritant chaque jour un peu plus les citoyens ; à Nidaa Tounes aussi on n’est pas content, après le revers cuisant subi par Hafedh Caïd Essebsi et compagnie, de la part du jeune Youssef Chahed qu’ils pensaient friable et prenable ; du côté d’Ennahdha également on fait semblant de ne pas être content, à cause de la façon dont seraient gérés les deniers du pays – les devises – et l’économie, un prétexte pour justifier les attaques des prochaines élections et pour lancer dès maintenant le tour de chauffe… Bref, personne n’a la banane en Tunisie post-révolutionnaire… à part peut-être les contrebandiers, les fraudeurs et les branches sectorielles du privé.

Si Chahed était aussi verni que Majoul

On vient d’apprendre, par la TAP, que les conventions sectorielles collectives au titre de l’année 2018 entre le ministère des Affaires sociales, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) ont été passées à la loupe mercredi 8 août, lors d’une séance de travail de la commission centrale des négociations sociales.
Des questions ayant trait à la hausse des salaires de base au titre de 2018 ont été examinées lors de cette séance, d’après un communiqué publié par le ministère des Affaires sociales.
Toujours selon la même source, les participants à cette séance ont exprimé leur satisfaction quant au rythme des négociations et présenté leurs propositions concernant le taux de majoration salariale. Tiens, nous qui cherchions des gens contents, en voilà !
On a également appris que le dialogue se poursuivra sous l’égide du ministère afin de rapprocher les points de vue et parvenir à un accord sur les différents points à insérer dans l’accord-cadre, indique le communiqué.
A noter que c’est le ministre des Affaires sociales “himself” qui a chapeauté cette rencontre, en présence des émissaires de l’UGTT et de l’UTICA.

Ce qu’il est important de noter, c’est que des sous sortiront in fine et que tout cela servira à acheter la paix sociale là où ça passera. Ce qu’il est important de noter aussi c’est que la lune de miel entre l’UGTT et l’UTICA est sans nuage jusqu’ici, notamment depuis que Samir Majoul a pris les rênes de la centrale patronale. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ne peut pas en dire autant, dans ses rapports avec Noureddine Taboubi, le leader de la centrale syndicale. Chahed ne peut pas se permettre de l’arroser avec le Milliard de dinars que vont lui verser les Américains, ou de l’inonder de largesses avec l’appui budgétaire de 500 Millions $ de la Banque mondiale, les bailleurs ne le lui pardonneraient pas. Pourtant il voudrait bien, ne serait-que pour avoir un ennemi de moins, et pas des moindres et pour pouvoir finir sa route, en 2019, sur laquelle l’attend l’agitateur de l’enseignement secondaire, Lassaad Yaacoubi, dès le mois prochain, pour les raisons que l’on sait : Du fric, encore du fric, toujours du fric, que Chahed n’a pas, et Yaacoubi le sait. Mais il y a longtemps que la raison et le souci de l’intérêt du pays ont foutu le camp, et pas que chez les enseignants d’ailleurs…

S.L.

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