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Prise d’otage sur l’autoroute. J’ai fait mon deuil du ministre de l’Intérieur !

Il était presque onze heure du matin, ce dimanche, lorsque le feu a été mis aux premiers pneus et branches d’arbres sur l’autoroute Sousse-Tunis au niveau de Bouficha. Nous y étions. Plusieurs centaines de voitures particulières et de camions de marchandises ont ainsi été bloqués en pleine autoroute, au milieu du gué. Des femmes, des enfants, des étrangers et des malades, ont ainsi été pris en otage pendant quatre heures, par quelques gosses qui faisaient la loi.

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Officiellement, ce serait pour protester contre les nuisances émanant d’une décharge publique. Officieusement, se serait pour protester contre l’interdiction faite aux marchands ambulants de vendre leurs pacotilles, autour de la station de péage et dans le voisinage d’une ou de deux stations-service. Il se raconte, de l’intérieur la manifestation, qu’ils auraient été payés. Les protestataires par prise d’otages, sont pour quelques-uns armés de gourdins et de pierres, les visages cachés par des T-shirts enroulés autour de leurs visages. Ils n’ont rien de l’honnête citoyen, venu protester pour améliorer ses conditions de vie.

Pour la plupart, des gueux, va-nu-pieds ou en tongs, des pantacourts déchirés, les coiffures en gel engluées de poussière des champs d’oliviers qu’ils ont parcourus à pied pour venir «paisiblement protester», l’œil vitreux de colère contre ceux qui viendraient à protester parmi les otages. «Ta gueule ! Toi, tu es en voiture et moi je n’ai rien », interpelle l’un d’eux qui traînait derrière lui une partie d’un vieux pneu de poids-lourd, déchiqueté qu’il jette dans le brasier, un automobiliste qui a osé protester et demander le pourquoi de cette prise d’otage.

A 13 heures 30, des automobilistes impatients tentent de déboulonner les glissières et de se frayer un chemin vers la voie inverse et essayer de rejoindre Tunis via Zaghouan. Les gueux s’en rendent compte et accourent, placent deux gardiens sur la glissière démontée, alors qu’un autre allumait l’herbe sèche et les arbustes de l’entre balises, pour empêcher les voitures de traverser. On n’était pas loin du désastre, par un brasier généralisé à la moindre fuite de carburants de quelques voitures ou « louages » fatigués. Des hommes et des femmes, parmi les otages , accourent avec leurs packs de bouteilles d’eau qu’ils extrayaient de leurs voitures, pour éteindre le feu et éviter qu’il n’embrase les voitures entassées sous un soleil de plomb. Aucun membre des forces de l’ordre n’était intervenu et encore moins ceux de la protection civile, ni pour éteindre les brasiers, ni pour porter assistance aux otages, encore moins pour voler au secours de ceux qui tentaient de passer à travers les balises démontées, les laissant à la merci de quelques gosses, entre 10 et 15 ans, qui les insultent et les rackettent pour en laisser passer quelques-uns. Les forces de l’ordre s’étaient illustrées par une présence passive, regardant sans bouger le petit doigt.

Plus loin, on dit qu’on discute. Mais on n’a vu passer aucun officiel. On aperçoit de loin quelques uniformes noirs des forces spéciales, mais aucun contact avec les protestataires-ravisseurs. En contrebas, sur la route nationale Enfidha-Bouficha qui était aussi coupée à la circulation, les véhicules des forces de l’ordre. Plusieurs camions de la Garde Nationale stationné à l’entrée du pont. Eux aussi, observent sans bouger le petit doigt. Et lorsque tu oses demander pourquoi, on te répond que «nous n’avons pas reçu les instructions». Ces dernières devaient venir de leurs supérieurs. Or, aucun gradé n’était sur la rout. A quelques kilomètres, la caserne de Bouficha. Mais qui ne semblait pas concernée. On appelle le 197 pour crier au secours. On nous répond que ce n’est pas à nous de vous répondre. Essayez le 193. Quelques centaines de voitures étaient prisonnières de quelques gueux et personne ne s’en souciait.

Dans le sens Sousse-Tunis, la file des voitures s’allonge, s’étire et arrive jusqu’au péage d’Enfidha. Quelques otages trouvent le moyen de faire marche arrière et rebrousser chemin. Petit à petit, le reste des automobilistes pris en otages s’enhardissent, devant des forces passives de la Garde nationale avec leurs voitures rangées sur le bas-côté. Comble de l’ironie, la société des autoroutes n’a même pas levé les barrières et on devait payer pour fuir l’autoroute occupée par les énergumènes. Des centaines de fuyards, tout seuls et non accompagnés par un quelconque motard ou une quelconque voiture de la Garde Nationale ou de la police, s’engouffrent dans les pistes à la recherche de la route menant à Zaghouan. A l’entrée de cette ville, par la localité de Takrouna, pour éviter Enfidha où il n’y avait aucun policier, une longue queue se forme et des automobilistes croyant en une autre tentative de prise d’otage, rebroussent chemin. A 15 heures, les preneurs d’otages lèvent leurs barrages, mais presqu’aucun garde national n’avait l’information. A la Radio Nationale, les services d’informations venaient juste d’annoncer la prise de l’autoroute et de la route nationale et n’avaient eux non plus aucune nouvelle.

C’est ce jour-là que j’ai fait mon deuil du ministre de l’Intérieur. On avait, comme presque tous les Tunisiens, soutenu sa nomination et le vote en sa faveur de l’ARP.

Après cette «prise de l’autoroute», dont les autorités auraient été au courant depuis quelques jours sans prendre aucune mesure et faisant même montre de plus d’un dysfonctionnement et de plusieurs gaffes stratégiques, de manque d’assistance aux kidnappés, il ne fait plus aucun doute que ce n’est pas ce ministre de l’Intérieur qui rétablira l’ordre et appliquera la loi. Incapable de libérer un tronçon d’autoroute tombé entre les mains de quelques gamins et d’une bande de bandits de grand chemin, ce n’est pas sur lui que la Tunisie pourra compter.

1 COMMENTAIRE

  1. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme disait Mr Lavoisier, et si tu es un bon tailleur tu dois suivre le fil du nœud disait un ancien proverbe de grands-mères.
    Il semble que les mêmes bandes de chefs de brigands qui manipulent des jeunes et moins jeunes en les payants pour accomplir des actes criminels envers la pacifique population Tunisienne. Une sérieuse enquête policière peut nous démontrer qu’un nombre d’entre eux peut se trouver partout en Tunisie (du sud au nord). Les sérieux, honnête professionnels fidèles à leur pays, peuvent se rendre compte qu’il y a des activités commerciales et financières derrière la majorité des émeutes en Tunisie.
    Les prétextes d’emploie, de développement et de nuisances sont employés pour légitimer leurs agressions contre des innocents, contre l’image des gouvernements Tunisiens, contre la stabilité nationale et contre la sauvegarde de la Tunisie. Ce sont des coups très bas, mais malheureusement sont très douloureux pour l’image de la Tunisie, dont le peuple souffre déjà de plusieurs maux et que cette action de malfaisants et de malfaiteurs ne fait que lui faire plus de mal. Il faut que chacun prenne sa responsabilité dans ce bled d’impunité généralisée contre les vrais criminels. Nous ne devons pas paniquer, car l’ennemi ne cherche qu’à nous frapper par la frustration d’insécurité. Rira bien celui qui rira le dernier, mais surtout pas aux dépends de notre souveraineté nationale. Je reste optimiste, car la sagesse, l’intelligence et la volonté de vaincre les malfaisants est réelle chez la majorité des Tunisiens. Cet acte doit être rapidement jugé avec une sérieuse collaboration des services des détecteurs de ce genre de barbarisme prémédité. Il faut chercher les marionnettistes à travers plusieurs techniques et moyens de détection mis à la disposition des courageux et intelligents détecteurs. Vive la pacifique, agréable Tunisie, forte par la solidarité de son peuple qui doit être uni contre toutes les provocations et agressions préméditées par les prédateurs et leurs corrompus collaborateurs.

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