Tunisair déploie ses ailes sur l’Afrique (Vidéo) … mais !

Tunisair déploie ses ailes sur l’Afrique (Vidéo) … mais !

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Véritable colonne vertébrale de la nouvelle stratégie économique africaine de la Tunisie, Tunisair joue son rôle de transporteur officiel et de locomotive pour l’accès des produits et des services que peut exporter la Tunisie vers de nouveaux marchés.

Un nouveau vol africain, cette fois vers Cotonou du Bénin, avait démarré le 7 décembre 2017 sur la base de 2 fréquences par semaine, les mercredis et samedis. 50 % de la clientèle de cette ligne proviendront du secteur de l’enseignement, de la santé et du commerce et le reste utilisera Tunis-Carthage pour le transit. «La nouvelle ligne mise en place s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie de Tunisair pour une pénétration graduelle de l’Afrique», explique à Africanmanager, le DGA Commercial de Tunisair, Ali Miaoui.

  • Tunisair fera en 3 ans ce qu’elle n’a pas fait en 20 ans sur l’Afrique

Miaoui rappelle encore, dans le cadre de la même stratégie, que «nous avons ouvert Niamey en 2016, Conakry en mars 2017, Cotonou en décembre 2017 », avant d’ajouter que «le premier trimestre 2018 connaîtra l’ouverture de Khartoum et Douala au Cameroun et probablement Ndjamena pour le potentiel qu’elle recèle et en 2019, Tunisair sera à Lagos et Accra pour l’Afrique anglophone, pour revenir ensuite en 2020 vers la zone francophone de l’Afrique et atterrir à Libreville».

A Cotonou, Ali Miaoui était heureux, qui comme Ulysse a fait un beau voyage, serein comme un DG qui a bien fait son travail et optimiste quant à l’avenir de la compagnie. Pour lui, «ce qu’il faut retenir, c’est que Tunisair fera en 3 ans ce qu’elle n’a pas fait en 20 ans sur l’Afrique. Doubler nos fréquences, et doubler notre présence en dessertes sur l’Afrique».

La majorité des lignes ouvertes sur l’Afrique vont à merveille. Il paraît même que le succès de la ligne Tunis-Conakry aurait obligé son concurrent direct la RAM (Royal Air Maroc) de diminuer ses fréquences sur cette destination africaine. Il est cependant évident que Tunisair ne rentabilisera pas immédiatement et même sur une seule année, ses nouvelles dessertes aériennes africaines. «La rentabilité financière viendra certainement la 2ème voire la 3ème année d’exercice », affirme Ali Miaoui. Il est vrai, comme il le rappelle, que l’enjeu n’est pas uniquement pour Tunisair, mais pour toute l’économie tunisienne. La stratégie de Tunisair s’insère en effet dans la stratégie africaine globale de la Tunisie».

  • Il reste beaucoup à faire, selon le président du TABC

Ce n’est pas l’homme d’affaires et président de l’ONG Tunisia-Africa Business Council (TABC) qui dira le contraire. Les nouvelles lignes africaines de Tunisair, «c’est d’abord un des piliers clés de la stratégie africaine, à titre privé en tant que membre d’une communauté d’hommes d’affaires opérant sur l’Afrique, en tant qu’ONG économique et commerciale ou simplement Tunisien», dit Bassam Loukil à Africanmanager. Et l’homme d’affaires de développer. «On ne peut pas nous développer sur le continent et y nouer des relations économiques de long terme, sans lignes aériennes directes. Cette nouvelle 7ème desserte africaine de Tunisair avec le Bénin nous encourage à nous investir sur ces nouveaux débouchés pour nos exportations telles que le Bénin, nous incite à utiliser les dessertes de Tunisair comme plates-formes pour pénétrer les marchés voisins. Pour nous, le Bénin, c’est toute la zone autour. On ne peut pas parler de stratégie africaine sans plates-formes clés comme Djibouti, Cotonou, Conakry ou Abidjan pour se développer sur l’Afrique», explique-t-il.

Les pieds sur terre, il tempère cependant. «Avec toutes ces nouvelles lignes, nous sommes juste au début du début de la mise en place de la politique africaine. Il reste beaucoup d’autres choses à faire. Il y a les lignes maritimes à développer et il y a les ambassades à ouvrir dans une douzaine de pays africains pour pouvoir affirmer qu’on a une diplomatie africaine», dit l’homme d’affaires tunisien pionnier sur l’Afrique. Et de mettre ensuite le doigt, directement où ça fait encore mal aux affaires avec l’Afrique. «Le jour où l’on commencera à nous déplacer, en tant que Tunisie, à très haut niveau et avec une fréquence plus importante, sinon régulière, vers ces pays via le président de la République et le chef du gouvernement et qui reçoivent au retour, plus fréquemment leurs homologues africains, on pourra dire qu’on a une politique africaine ». A bon entendeur, salut !

Pour l’expert sur l’Afrique qu’il est devenu, «une telle politique se développe sur plusieurs axes et de manière concomitante. Une Tunisair qui est en train de se développer sans la mise en place d’ambassades derrière et des ambassades sans des liens tissés et entretenus au plus haut niveau pour donner certains avantages aux opérateurs tunisiens et plus de visibilité aux opérateurs tunisiens sur ces pays qui sont par ailleurs très sollicités par d’autres pays, comme le Maroc, la Turquie, la Chine, le Liban et toute l’Europe. C’est cette nouvelle démarche d’ouvertures de lignes, aériennes et maritimes et de relations à très haut niveau, qui pourra seule nous permettre de mieux nous placer et de prendre des parts de marchés dans ces pays».

Il reste que Tunisair est encore une société fragile. Elle fait certes d’excellents résultats, avec une hausse de 20,7 % du trafic en novembre dernier, mais l’appui financier de l’Etat, celui qui en fait justement le pilier de sa nouvelle stratégie économique africaine, lui fait toujours défaut !

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