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Tunisie : Le «partenaire», qui se fout royalement des capacités financières de l’Etat !

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Il y a quelques années, Feu Slim Chaker alors ministre des Finances, nous confiait une malheureuse anecdote. Il signait alors, en présence de l’ancien chef de gouvernement et de l’ancien Secrétaire Général de l’UGTT, un accord pour une énième augmentation salariale. Conscient des véritables capacités du budget et manifestement désolé de la signer, il se retourne alors vers le SG de l’UGTT et lui dit qu’il est en train de parapher une augmentation pour laquelle il n’a pas l’argent. La réponse de l’ancien SG de l’UGTT a été glaçante d’indifférence. «C’est votre affaire, pas la nôtre», répondit-il alors au ministre des Finances.

D’un SG à l’autre de la même puissance syndicale, toujours en guerre contre le gouvernement et contre la privatisation des entreprises publiques déficitaires, alors qu’elle avait déjà vendu ses propres entreprises, la réaction à la même question de la hausse des salaires est pratiquement la même.

Hier encore, le 18 avril 2018, le nouveau SG de la même UGTT quittait «très remonté», diront certains médias et «claquant le porte» rapporteront d’autres, la réunion des signataires du Document de Carthage. Taboubi aurait refusé de parapher le nouveau document de Carthage, à cause d’une clause qui stipule que le gouvernement est lié aux engagements signés depuis 2011 à condition d’en avoir les moyens.

L’ancien comme le nouveau SG de l’UGTT n’en ont cure des possibilités financières d’un Etat qui s’endette pourtant pour payer des salaires dont la masse casse désormais tous les records internationaux par rapport au budget de l’Etat. Ce qui les intéresse, c’est uniquement les augmentations salariales, directes ou indirectes par le biais des conventions annexes ou avenants. Le 30 avril 2015, l’UGTT avait pourtant accepté et signé qu’elle ne demandera pas de nouvelles augmentations pour 2015 et 2016 et ne revendiquera pas d’augmentation, au titre des primes spécifiques, pour les années 2016, 2017 et 2018 !

Et quand bien même existerait-il des milliards en fiscalité, impayés et dettes non recouvrées, ce sont des sommes qu’il n’est jamais possible de recouvrer dans une ou deux années. Les banques, publiques et privées, tunisiennes dont les plaintes en justice traînent depuis une dizaine d’années ou plus pour recouvrer une partie seulement de leurs dettes, le savent. L’UGTT le sait aussi, mais s’en balance royalement !

Il semblerait que l’UGTT, qui en veut toujours au gouvernement de ne pas respecter ses engagements, ne tient pas elle-même à sa propre signature. On pourrait ainsi lui ajouter que se disant partenaire socio-politique du gouvernement, elle se soucie peu et même très peu au vu de ses réactions, des capacités financières de tout un pays qu’elle sacrifie sans états d’âme sur l’autel du bien-être immédiat de ses employés actifs, et aux dépens surtout des dépenses d’investissements par l’Etat pour donner aux régions déshéritées le «Développement» à chaque fois revendiqué à cor et à cri. Une UGTT enfin qui applique à la lettre l’adage populaire du «donnez-moi maintenant et tuez-nous demain». La Tunisie mérite-t-elle une telle organisation syndicale ? Des syndicalistes nationalistes tels qu’Ahmed Tlili (derrière Taboubi dans la photo) ou Habib Achour devraient se retourner dans leurs tombes à la vue de ce que fait l’UGTT de 2018 !

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