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2022 sera une année de petite croissance, dit la BERD. Mais qui s’en soucie?

Lorsque le ministère des Finances ne revoit pas ses prévisions de croissance, ne met pas à jour tous les ratios sur lesquels il avait construit son budget et sa loi des finances pour l’exercice, ce sont ses partenaires et bailleurs de fonds qui le font. La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) a ainsi revu, mardi, à la baisse les prévisions de croissance de la Tunisie pour 2022, à seulement 2 %, en régression de 0,7 %, depuis la mise de jour de mars dernier, tout en maintenant les prévisions à 2,5% de croissance pour 2023.

Dans un rapport paru ce mardi 10 mai 2022, sur les perspectives économiques régionales et titré « Retour sur les prix futurs, faire face à la cherté de la nourriture et de l’énergie », l’institution financière européenne a revu à la baisse une bonne partie de ses prévisions de croissance du mois de mars, pour les années 2022 et 2023 dans la plupart de ses pays d’intervention.

La BERD a expliqué la révision de croissance pour la Tunisie par « l’accroissement de la vulnérabilité et l’incertitude continue », notant que la guerre en Ukraine et l’augmentation des prix (en particulier l’huile et le blé), affecteront les ménages aussi bien le budget public en raison des subventions gouvernementales. L’expert Slim Bousbbah y avait récemment attiré l’attention pour Africanmanager (ar) lors d’un séminaire à Tunis sur le sujet.

  • La bombe ukrainienne et les mines antipersonnel de Saïed font guerre à l’économie

En plus de l’incertitude politique, la BERD pointe les progrès de la négociation du programme financé par le FMI qui « ont été lents étant donné les changements politiques enregistrés au niveau du paysage politique tunisien depuis juillet 2021, et ce en dépit des négociations techniques en cours et un accord potentiel prévu dans un avenir proche », selon la banque qui semble optimiste à ce sujet. Un accord, qui s’il se réalisait, « devrait apporter au pays un financement extérieur et une assistance technique indispensable. Il peut aussi renforcer la capacité du gouvernement à aborder des réformes qui suscitent la controverse mais qui sont essentielles, à savoir réduire la masse salariale dans le secteur public et les subventions au carburant auxquelles les syndicats et une partie de la population sont fortement opposés », rappelle la BERD.

Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, les principaux risques qui pèsent sur les perspectives futures  de la Tunisie, consistent en « tout retard supplémentaire pour mettre en œuvre les réformes et arriver à un accord avec le Fonds, la détérioration de la situation politique actuelle, l’impact de la guerre de l’Ukraine sur les prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie (La Tunisie est dépendante des importations) et les retombées de la guerre sur les perspectives de l’Europe, le principal partenaire économique du pays ».

  • La BCT avait tiré la sonnette d’alarme dès mars dernier

Dès le 30 mars 2022, le Conseil d’Administration de la BCT, instance qui comprend des représentants des ministères économiques, soulignait déjà « la nécessité d’entreprendre, dans les plus brefs délais, les réformes structurelles nécessaires permettant d’assainir les finances publiques et de renouer avec une croissance saine, durable et inclusive ». Les cordons de la bourse de la croissance et ses préalables en réformes, ne sont pas entre ses mains. Mais essentiellement entre celles de la cheffe du gouvernement et sa ministre des Finances. Et ces dernières hésitaient toujours à prendre le taureau des réformes par les cornes, les mains liées par un chef de tout l’Etat qui n’a que son programme politique en tête qu’il conduit à son propre rythme, et celles du patron des syndicats ouvriers, Noureddine Tabboubi qui fait la pluie et le beau temps, élevé au rang de seul sauveur de l’économie par les bailleurs de fonds, le FMI en tête.

Tous  ne pensent maintenant, qu’à la manière de épenser le peu de richesse mobilisée, quitte à en emprunter. Créer de la richesse, n’est pour l’instant nulle part à l’ordre du jour. Ce constat est dur, mais véridique, et « fout le cafard » à tout le pays qui vit au rythme des mouvements de protestation ou de soutien, et des augmentations incessantes des prix, comme la très prochaine de l’essence (ar).

Ailleurs dans le monde, toutes les prévisions pour cette année et l’année prochaine sont exposées à des risques baissiers majeurs dans le cas où l’ampleur de la guerre en Ukraine s’étendrait ou si le flux d’exportations de gaz ou d’autres matières premières en provenance de Russie serait plus restreint.

Si l’approvisionnement en gaz devait être encore interrompu, par exemple, la production par habitant dans les régions de la BERD en 2022 pourrait être inférieure de 2,3 % au scénario de référence et de 2 % en 2023. L’économie tunisienne étant structurellement chevillée à celle de l’Europe, et fortement handicapée par l’autisme économique du chef de tout l’Etat, elle ne peut que claudiquer.

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