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Les scénarios du budget de l’Etat 2017, sont « fragiles » et vont déséquilibrer les finances publiques

Les experts de l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) ont considéré, lors d’une séance d’audience, organisée par la commission des finances, du développement et de la planification à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), que les scénarios sur lesquels le gouvernement s’est basée dans la préparation du projet de budget de l »Etat pour l’année 2017, sont « fragiles » et vont déséquilibrer les finances publiques.
L’expert Abderrahmane Lahga a exprimé, à cette occasion, son étonnement face à « un budget préparé par le ministère des finances, en l’absence d’un tableau de bord clair pour l’économie nationale, permettant de garantir les équilibres financiers ».
Pour lui, les réformes économiques nécessitent une volonté politique et des ressources humaines compétentes, au sein du ministère des finances pour veiller à la structuration du budget de l’Etat.
Il a critiqué le département des finances qui « n’a pas répondu à la demande de l’UGTT, d’obtenir un échantillon de contribuables, en vue d’élaborer d’autres scénarios qui auraient un meilleur rendement pour ce qui est de la révision du barème de l’impôt sur le revenu.
Il a pointé la contradiction enregistrée entre la faiblesse du taux de croissance (moins de 1pc) et la « prospérité » du secteur financier et bancaire qui a cru de plus de 10 pc, s’interrogeant sur les financements de ce secteur et leur rapport avec la question de la contrebande et du commerce parallèle.
L’expert a évoqué à ce propos, le rôle de la banque centrale de Tunisie (BCT) dans le contrôle de ce phénomène surtout que la recapitalisation des banques publiques s’est faite avec « l’argent du peuple ».
Il a considéré qu’il est aujourd’hui temps de connaitre la contribution réelle des sociétés organisées et structurées dans l’effort fiscal, lequel ne dépasse pas actuellement 400 millions de dinars (MD) versés principalement par les grands groupes économiques.
Lahga a également critiqué le silence du gouvernement face à « la désobéissance fiscale » des médecins, s’interrogeant sur le degré de généralisation des caisses enregistreuses dans les grandes surfaces et chez les commerçants.
Il a également, appelé le ministère des finances à traiter les 1800 dossiers déposés actuellement, auprès des services en charge des litiges fiscaux, tout en critiquant l’absence de mesures dans le projet de la loi de finances 2017, concernant la réforme douanière. Lahga a proposé à ce niveau, la mise en place d’un plan de circulation au port de Radès pour combattre l’importation anarchique.
Pour Sami Aouadi, expert et universitaire, le projet de loi de finances ne comporte pas de mesures d’équité fiscale et de justice sociale, estimant qu' »il y a une exagération quant aux pressions imposées au budget de l’Etat et une non déclaration des montants qui n’ont pas été décaissés outre l’existence d’impayés fiscaux et de pénalités évalués à des millions de dinars chez certaine personnes.
Il a appelé le gouvernement à lancer effectivement, les réformes relatives à la lutte contre l’évasion fiscale, la contrebande et le commerce parallèle, soulignant que le report des augmentations salariales va engendrer une détérioration du pouvoir d’achat et partant une régression du taux de croissance étant donné que la consommation y contribue de 3 %.
Pour sa part, l’expert Karim Trabelsi a indiqué que les augmentations dans la fonction publique et le secteur privé sont liées, assurant que si le gouvernement ne revient pas sur sa décision cela impactera le secteur privé.
De son côté, le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Noureddine Tabboubi a assuré que l’organisation syndicale est prête à faire des sacrifices dans le cadre du respect des accords mais c’est elle qui choisira le type des sacrifices à consentir.
Il a par ailleurs, assuré que les augmentations salariales ont un impact positif sur la paix sociale, affirmant « qu’au cas ou les ressources budgétaires ne seront suffisantes, nous rechercherons alors les solutions idoines ».
Dans leur intervention, les députés du mouvement Ennahdha ont assuré que la porte du dialogue restera ouverte avec le gouvernement concernant les négociations sur des augmentations salariales, tout en mettant en garde contre les politiques d’austérité.
Les députés du mouvement Nidaa Tounes ont considéré que l’assemblée est ouverte aux propositions de l’UGTT et ce sans toucher aux équilibres financiers du pays.

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