AccueilLa UNETunis : Qui arrêtera le président Marzouki ?

Tunis : Qui arrêtera le président Marzouki ?

Jamais président tunisien n’avait autant fait polémique. Même pas Ben Ali lui-même. Ni l’ancien opposant de gauche, Moncef Marzouki, ou son pendant de droite, Rached Ghannouchi, qui l’ont rencontré, ne peuvent dire le contraire. Il ne s’agit pas ici, tant de mettre en valeur la personnalité, l’aura naturelle ou fabriquée dont il était entouré, que de déplorer l’image que dégage le 3ème président de la 1ère République tunisienne. Ce n’est qu’après 23 ans de pouvoir absolu, que Ben Ali a déchaîné le premier cri «Dégage» demandant sa démission. Moncef Marzouki n’a pas de cesse de répéter, «je ne démissionnerais pas, je ne démissionnerais pas, je ne démissionnerais pas », tant les cris demandant sa démission fusent de toutes parts, alors que des membres de l’ANC tentent, pour la seconde fois, de déposer une motion de censure à son encontre. Pour la première fois depuis son élection avec 7000 voix, Moncef Marzouki perd des points dans les sondages, et cela ne semble pas vouloir s’arrêter. Sa gestion des affaires et de l’image de l’Etat appelle ainsi plus d’une remarque.

– Un président qui a plus d’argent que de pouvoirs.

Moncef Marzouki n’a tellement pas de prérogatives qu’il affirme qu’il ne dort plus du poids de ses responsabilités. Il ne travaille tellement pas à redresser l’économie de l’Etat qu’il préside avec 7000 voix que l’ANC ose lui diminuer le budget de sa présidence de 10 MDT. Le locataire du palais de Carthage n’en coûte pas moins plus de 1,5 MDT par mois à ses contribuables qui lui injectent mensuellement 30.000 DT dans la poche pour qu’il puisse se consacrer à la navigation sur les réseaux sociaux et écrive ses livres qu’il s’en va dédicacer, comme un vulgaire écrivain de «la tourbe de la francophonie », selon l’expression de son compagnon d’armes, Tahar Hmila, à l’institut du monde arabe, à Paris.

– Un président mal fringué malgré son haut salaire.

Malgré un budget de gestion de plus de 19,2 MDT, des dépenses de costume de 1,5 MDT, le représentant légal de la Tunisie, celle de la révolution du jasmin, celui du pays de l’élégance à la tunisienne, se retrouve élu le président le plus «mal fringué » de toute l’assemblée des présidents et des Emirs arabes. On se demanderait, alors, où vont les 1,5 MDT ? On se demanderait aussi s’il est du droit d’un chef d’Etat de donner une telle image d’un pays qui voudrait se donner une image internationale, lorsqu’il renvoie, par exemple, l’ambassadeur de Syrie, ce qu’aucun pays n’a fait ou lorsqu’il prend position contre la Corée du Nord, avec laquelle la Tunisie n’a rien à voir, ni de près ni de loin.

– Un président qui ne fait pas respecter l’étiquette de son rang.

Il est connu, par toutes les chancelleries et par tous ceux qui ont travaillé dans le protocole, qu’un chef d’Etat en visite officielle reçoit dans le lieu de sa résidence officielle, sauf lorsqu’il va voir le chef de l’Etant invitant.

Moncef Marzouki, prend le contrepied de toutes les coutumes, l’étiquette diplomatique et les us protocolaires et s’en va, traînant derrière lui l’image de tout un pays, rendre visite à la femme de l’Emir qui l’avait accueilli en sandales et lui avait reproché de ne pas savoir saluer, la Cheikha Moza.

– Un président qui parle plus qu’il ne fait.

Après plus de 16 mois de présidence de la République, le bilan de Moncef Marzouki comprend nettement plus de discours et de paroles que d’actes et de décisions stratégiques, tant économiques, sociales que politiques. De tous ses voyages à l’étranger, le chef de l’Etat, provisoire, n’a rien rapporté, en termes de projets économiques et industriels. Dans tous ses déplacements à l’intérieur du pays, il n’a rien apporté non plus aux régions visitées, en projets économiques et industriels.

Le chef de l’Etat tunisien pourrait bien se cacher derrière l’indigence de ses compétences. Il faudra alors rappeler que c’est Moncef Marzouki lui-même, qui avait refusé des prérogatives plus larges, lors de la discussion de la «petite Constitution». C’es à croire qu’il ne cherchait qu’une planque bien payée pour se venger d’un peuple qui n’avait pas pris sa défense contre Ben Ali !

– Un président, politiquement incorrect.

Il est d’usage, chez tous les présidents de pays occidentaux, que le chef de l’Etat ne parle des affaires intérieures de son pays et notamment les dissidences et les différends internes, qu’à l’intérieur des frontières de son pays et par le seul biais de la presse de son pays. Mais voilà que la Tunisie de l’après- Ben Ali, se paie un président qui profite de ses déplacements à l’étranger pour régler ses comptes avec ses ennemis politiques. Il le fait, dès son premier voyage, en Mauritanie. Il récidive en Allemagne, puis met carrément les pieds dans le plat sur la chaîne Al Jazeera, lorsqu’il promet l’échafaud aux laïcs. Ces propos, dont l’un de ses conseillers dira qu’ils ont été mal compris, dénotent pourtant d’une attitude, pour le moins, politiquement incorrecte.

– Un président qui ne prend pas la mesure de ses gestes.

Depuis son accès à la magistrature suprême, même si elle est dénuée de toute prérogative, l’homme de droit Moncef Marzouki, a accordée le pardon de tout un Etat par la grâce, à pas moins de 15.000 détenus, d’anciens Salafistes accusés de terrorisme et des détenus de droit commun.

Le chef de l’Etat tunisien ne semble pourtant pas bien étudier les documents des candidats à l’amnistie et à la grâce qu’on lui présente et ne prend pas non plus ainsi la mesure de ses gestes. Plusieurs anciens condamnés pour actions terroristes relaxés, s’étaient vite retrouvés dans d’autres actions armées contre leur pays, comme à Rouhia, Bir Ali Ben Khalifa après Soliman. D’autres, de droit commun, se remettent, dès leur libération en vertu de l’une des rares prérogatives de Moncef Marzouki en sa qualité de chef de l’Etat, à commettre des actes de viol de mineurs, des actions de violences et d’autres voies de fait.

A Kairouan, par exemple, deux impliqués dans le viol d’une mère de famille et de sa sœur, avaient bénéficié de la grâce présidentielle. Selon la radio Shems FM, le premier aurait été gracié, le 14 janvier 2013, alors que l’autre fait partie de la dernière liste des prisonniers graciés, le 20 mars dernier. Notre confrère Businessnews, rapportait qu’un homme âgé de 49 ans vivant entre Tébourba et La Manouba arrêté pour viols, attentats à la pudeur et tentatives de viols sur des enfants en bas âge, avait été gracié par Marzouki alors qu’il purgeait une peine pour des délits de mœurs. Il aurait même avoué 22 crimes de pédophilie.

Nous ne voulons, ainsi, aucunement manquer de respect dû au chef de l’Etat. Notre souci est plutôt d’attirer son auguste attention, encore une fois et de nouveau parmi d’autres journalistes qui l’ont fait, sur certains dérapages qui pourraient enfoncer sa descente dans les sondages.

Khaled Boumiza.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -