AccueilLa UNETunis : Syndicalisme, oui. Mais pas celui des truands !

Tunis : Syndicalisme, oui. Mais pas celui des truands !

Industriel de renom, François Michelin disait que «un bon syndicat, c’est celui qui commencerait par expliquer aux ouvriers ce qu’est le métier de patron ». Au vu de ce qui se passe dans la sphère syndicale que domine la puissante et même l’omnipotente UGTT, qui ne trouve aucune gêne à casser les grèves des autres pour régner, le syndicalisme se traduit par le droit à revendiquer tout, par n’importe quel moyen et quelle que soit la conjoncture de l’entreprise ou du pays.

Depuis 2011, ce syndicat ouvrier a repris du poil de la bête et même repris du poids dans la vie politique, jusqu’à risquer l’obésité syndicale. Profitant de la fragilité d’un gouvernement, lui-même né dans une difficile conjoncture de transition politique l’ayant «obligé » à adopter une politique des mains tremblantes, il engage un certain nombre de bras de fer socioéconomiques qu’il a fini par gagner face à un gouvernement obnubilé par la recherche d’une paix sociale.

Enivré par ses succès, en matière d’augmentations salariales, notamment dans la fonction publique où il parvient à les gonfler jusqu’à représenter 14 % d’un PIB en  mal de croissance, la moutarde lui monte au nez et se prend désormais pour la personne incontournable sans laquelle rien ne peut et ne doit se faire, tant en politique qu’en économie ou dans la société. Désormais, cette organisation dont personne ne contrôle les finances et la gestion, bien qu’elle soit en partie financée par l’Etat (salaires d’un très grand nombre de ses cadres syndicalistes) et par le patronat même.

Rendue sourde à toute autre logique de négociation que par la grève quelles qu’en soient les conséquences, après avoir réussi à purger la Constitution de tout ce qui pourrait faire barrage au seul droit de grève qui a été le seul à planter ses griffes dans la Constitution de 2014, l’UGTT règne  désormais, seule et sans aucun concurrent, dans la République du syndicat.

Dirigée par «l’autiste de la place Med Ali», lui-même dépassé par une base qui est désormais dans la spirale de la course au siège de secrétaire général auquel H. Abassi n’est plus candidat, la centrale syndicale use et abuse de son «arme de destruction massive» que sont les grèves et autres menaces de grève.

[youtube= »https://www.youtube.com/watch?v=2_PFCVnfGrM&feature=youtu.be »]

Grisés par leur réussite et l’immunité de leur statut de syndicaliste (tentez d’arrêter un syndicaliste ou de lui retrancher le salaire des journées de grèves sauvages et vous verrez ce qui arrivera), les syndicalistes n’ont désormais plus peur de rien et n’ont plus de souci à passer à la violence, verbale jusque là, pour se faire entendre. La vidéo qui circule sur le Net, montrant les vociférations d’un syndicaliste (Ndlr : Selon la vidéo, en date du vendredi dernier qui a été confirmée avec le cabinet du ministre de la Santé, ce serait Othmane Jellouli de la fédération de la santé qui était en colère noire que le ministre ne réponde pas au téléphone à un SG de l’UGTT) juste en face du bureau du ministre de la Santé qu’il somme de «déférer à son Maître » et auquel il fait injonction de «revenir parler avec moi», accusant le ministre de «s’occuper à amasser en France » alors que lui-même «luttait pour le pays».

Gesticulant à tout va et appuyant ses propos d’un geste malsain, sous les applaudissements de  ses compères qui scandaient le nom d’Al Ittihad (l’UGTT) répétant en refrain «nous t’avions dit de ne pas nous faire la guerre, quand nous nous révoltons, tu es incapable de nous faire face». Le syndicaliste s’échauffe et sermonne le ministre, avec des mots injurieux à connotation religieuse (ndlr : la religion de sa mère), que «toute décision qu’il prendra dans la précipitation, ce sera lui qui perdra» et lui demandant de «revenir sur toutes les décisions prises, sinon c’est lui qui s’en ira» et s’indignant de «la république bananière qui fait venir des ministres de France pour sanctionner leurs Maîtres» et disant, comme dans un défi que «je sais ce que je dis, j’en revendique la responsabilité, le ministre et la justice n’ont qu’à faire ce qu’ils veulent».

Tout cela, ces gestes, ces mots, ces insultes aux représentants de l’Etat et ce syndicalisme truand, ne sied nullement au syndicalisme patriotique du fondateur de l’UGTT, Feu Farhat Hached. Comme Ennahdha et sa théorie foireuse de l’islam politique, le syndicalisme revendicatif est une nécessité et une des contraintes de la vie sociale et politique de la Tunisie d’après la révolution. Il est cependant indécent que la revendication sociale, quelles qu’en soient les réactions des représentants du gouvernement et de l’Etat, se fasse de cette manière qui rappelle d’autres méthodes !

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