AccueilLa UNEBataille autour d’un marché de masques anti-Covid-19

Bataille autour d’un marché de masques anti-Covid-19

Le sort des commandes de masques anti-Coronavirus semble avoir été scellé, puisque le gouvernement Fakhfakh aurait décidé d’aller voir ailleurs. A l’origine de tout cela la polémique autour d’une importante commande, chez un professionnel tunisien, par ailleurs député, de quelques millions de masques. Il semblerait ainsi, qu’après avoir piqué un coup de colère et traité cette affaire de futilité, le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh ait décidé d’exclure les professionnels tunisiens du textile.

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« 25 millions de masques, fussent-ils destinés au personnel de santé, sont achetés finalement de Chine entre hier et demain. 5 millions seront fournis localement », indiquait mardi soir sur son mur fb Hassen Zargouni, qui semble disposer d’informations sûres, et non encore officielles.

Et Zargouni de commenter que « tant pis pour les industriels tunisiens, qui ne savent pas s’organiser, qui ne savent pas collaborer, qui ne savent pas être efficaces ensemble… Il est clair qu’il est difficile d’acheter en local quand on n’a pas de gros industriels, qui livrent de grosses quantités en peu de temps ».

  • Nafaa Ennaifer répond et dévoile

L’un premiers professionnels à réagir a été le DG du groupe TFCE, Nafaa Ennaifer. Sur son mur, il écrivait que « notre secteur textile comprend 1700 entreprises structurées et 180.000 emplois, dont l’essentiel dans la confection à l’export. Ceci outre une multitude de petits ateliers ! La mobilisation de moins de 8% de ces effectifs permettrait de fabriquer 2 millions de masques lavables par jour. Soit 15 jours ouvrables pour ce besoin de la PCT.

Sauf qu’actuellement la majeure partie des usines sont fermées. Et les rares usines ayant pu obtenir une autorisation exceptionnelle de maintien partiel de leur activité, ne peuvent utiliser plus de 15 à 20% de leurs effectifs!

Personnellement, j’ai 4 demandes de réouverture partielle d’ateliers en souffrance, après avoir essuyé déjà 3 refus il y a 10 jours. Ainsi, une unité employant d’habitude 100 personnes (moyenne nationale), peut tourner actuellement au mieux avec 20 salariés entre directs et (ouvriers sur machines) et indirects (non productifs) !!!!! Et, comble de la frustration, personne ne sait encore comment et à quel rythme les choses vont évoluer.

Pour livrer les commandes export non encore annulées, ne pas perdre pied auprès de nos clients, et pour fabriquer en parallèle des masques de protection, il faut bien des usines ouvertes et tournant avec un minimum d’effectif. Comme c’est le cas …d’autres pays !

On ne peut profiter des nouveaux créneaux de substitution que tout le monde convoite (le médical), produire rapidement des bavettes lavables pour la protection de nos citoyens, avec des usines fermées, ou tournant à 20% de leur capacité! Dans la vie, il faut savoir ce qu’on veut ! »

  • Le Covid-19 « pouvait être une opportunité. C’est le contraire qui se passe » 

Le même Ennaifer, partage ensuite, « avec beaucoup de peine », dit-il, le Post d’un « vrai entrepreneur, patriote et engagé, qui crie sa rage contre tous ces gens médiocres qui nous ont pris en otage, qui nous empoisonnent la vie », mais qui a refusé de se dévoiler.

Et l’entrepreneur qui a requis l’anonymat de s’écrier que « c’est quand même super dur. Mes insomnies deviennent fréquentes ! J’ai passé 15 ans à travailler jour et nuit à construire un bijou de l’industrie, à former des dizaines de jeunes qui sont devenus ma fierté, et à développer un savoir-faire remarquable,

Aujourd’hui, tout est en train de s’effondrer. C’est la vérité. J’avais tant espéré que cette tragédie du covid-19 nous unisse tous plus que jamais : industriels, managers, syndicalistes, employés, peuple. Ça pouvait être une opportunité pour faire prévaloir les valeurs d’altruisme, de cohésion sociale et d’entraide.

Aujourd’hui, c’est tout l’opposé qui se produit : Des “responsables” incompétents et immatures, des syndicalistes qui veulent prendre par la force ce qui ne leur appartient pas, des politiques qui se déchirent, des gens qui se font lyncher par des médias qui cherchent le show, des médias sociaux qui ont foutu le bordel dans notre quotidien car mis à disposition de personnes irresponsables, des oligarques qui veulent éviter de passer à la caisse en faisant payer la facture à autrui. Je pensais qu’on allait vaincre cette épidémie et se remettre tous au travail jour et nuit pour récupérer le temps perdu et construire des lendemains meilleurs. Désillusion totale !

Ces syndicalistes, ces politiques à la …, ces oligarques malsains, ne méritent absolument pas ce que nous tous faisons pour le pays.

Combattre l’apartheid, combattre l’occupant, combattre les terroristes, les criminels est bien plus facile que ce que nous endurons du fait de cette absence de l’Etat, cette mauvaise gouvernance et cette hostilité à la réussite ! J’ai toujours été optimiste et réfléchi en patriote. Mais c’est devenu usant de garder cet état d’esprit, d’évoluer au milieu d’une pourriture pareille ».

Aux professionnels tunisiens, et à leurs employés, il ne leur reste donc que leurs yeux pour pleurer !

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