AccueilLa UNEDe très mauvaises nouvelles chez Servicom. Partirait-elle en vrille ?

De très mauvaises nouvelles chez Servicom. Partirait-elle en vrille ?

Le DG, installé en 2019 après la démission de son prédécesseur Mejdi Zarkouna, démissionne à son tour et quitte le navire Servicom qui semble couler. Il propose  même à son conseil d’administration de mettre son groupe sous la protection de la loi sur les entreprises en difficulté, et de mettre tout sous administration judiciaire. C’est le cas d’une entreprise, introduite en bourse sur OPV au prix de 3,5 DT, et c’est une première absolue sur le marché financier tunisien.

  • Il démissionne et conseille à son CA de mettre un administrateur judiciaire à sa place

Alerté par les commissaires aux comptes de l’entreprise, le Conseil du Marché Financier (CMF) confirme dans un communiqué que « suite à la démission du directeur général Mourad Dimassi, qui a quitté ses fonctions depuis le 9 août 2022, les commissaires aux comptes informent le Conseil du Marché Financier qu’il y a aujourd’hui vacance dans la direction de la société puisqu’aucune relève n’a été assurée à cette démission.

Selon le même communiqué du CMF, « M. Dimassi a démissionné également de toutes les sociétés du groupe Servicom et a adressé un courrier aux membres du Conseil d’Administration les incitant à faire admettre en urgence toutes les entreprises du groupe dans le cadre des sociétés en difficulté et nommer un administrateur judiciaire afin d’assurer les tâches courantes car depuis le 09/08/2022 la société n’a aucun signataire légal ni décideur ».

Et le CF de dire aussi que « compte tenu de cette nouvelle situation de vacance du poste de direction générale, du non règlement des échéances de l’emprunt obligataire « Servicom 2016 » après restructuration, de la décision du tribunal de première instance de Tunis du 11 janvier 2022, de la mise en faillite de la filiale SERVITRA (détenue en totalité) et sur laquelle Servicom SA a une créance en compte courant associé et en compte clients totalisant 33.914.997 TND au 31 décembre 2021 et de la situation financière déjà très difficile, les commissaires aux comptes ont constaté des incertitudes très significatives liées à la continuité de l’exploitation de la société SERVICOM SA ainsi que le reste des sociétés du groupe Servicom. Par ailleurs, le Conseil du Marché Financier a invité les commissaires aux comptes à accomplir les diligences prévues par la loi n°2016-36 du 29 Avril 2016 relative aux procédures collectives ».

  • Où était le gendarme de la bourse, depuis avril 2022 ?

Sur les états financiers de l’entreprise, on ne trouve rien sur le site du CMF, ni en individuel, ni en consolidé, et cela depuis 2019. L’entreprise aurait pourtant tenu une AG Extraordinaire, le 13 avril 2022 « pour statuer sur la continuité de la société », ce qui devrait déjà sonner les cloches du danger pour le gendarme de la bourse (CMF), pour ne pas être surpris quatre mois plus tard par la décision de son DG de quitter le navire.

Tout aussi étrange, pour une entreprise qui délibérait en début d’année sur sa continuité, Servicom publiait un jour plus tard (14 avril 2022), un communiqué assurant que « les revenus consolidés du 1er trimestre 2022 s’élèvent à 3.6 MDT enregistrant, ainsi, une amélioration de 6% par rapport à la même période de l’année 2021 (…), que la société a vu son EBITDA progresser de 65% par rapport à 2021 passant de 174 KDT à 287 KDT. Ainsi, le taux d’EBITDA est passé de 5% au 1er trimestre 2021 à 8% au 1er trimestre 2022. Le premier trimestre 2022 a été, principalement, marqué par la conclusion d’un dossier de climatisation à l’export vers le marché libyen. Le trimestre est, aussi, marqué par la concrétisation et la réalisation, avec succès, de plusieurs nouveaux projets que ce soit pour l’activité climatisation que l’activité ascenseur ».

A la réunion de son Assemblée Générale Ordinaire en date du 13 avril 2022, Servicom annonçait déjà un résultat déficitaire de 3 352 835 DT en individuel, et résultat consolidé part du groupe déficitaire de 14 013 313 DT. « Mieux », l’Assemblée Générale donne quitus entier, définitif et sans réserve aux membres du Conseil d’Administration pour leur gestion durant l’exercice 2019.

Aucune mention ne sera pourtant faite des résultats des délibérations précédentes sur la continuité de l’entreprise, ni sur les remèdes à proposer pour redresser la situation de l’entreprise. Et la question demeure entière : qu’est-ce qui se serait réellement passé chez Servicom pour que Dimassi jette l’éponge après Zarkouna, et que leur entreprise devienne vouée, selon le propre conseil de Dimassi, aux entreprises en difficultés ?

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