La Société Immobilière et de Participations (SIMPAR), promoteur immobilier coté à la Bourse de Tunis et adossé au groupe de la Banque Nationale Agricole (BNA), a publié ses états financiers individuels arrêtés au 31 décembre 2025.
Le chiffre qui retient d’abord l’attention, c’est celui d’une perte nette de 5 297 427 dinars, en aggravation par rapport aux 3 480 889 dinars de 2024. Mais cette lecture brute masque une réalité plus nuancée, où le métier de base progresse et où le bilan recèle une richesse que les comptes ne reflètent pas.
Le premier signal positif vient de l’activité commerciale. Les ventes de biens immobiliers passent de 3 757 157 dinars à 4 269 107 dinars, soit une progression de 13,6 pour cent. La dynamique est encore plus marquée sur le segment résidentiel, cœur du métier de la société. Les ventes de logements bondissent de 73,6 pour cent, passant de 2 325 400 dinars à 4 036 482 dinars. Voilà une reprise commerciale tangible, qui traduit un écoulement réel des programmes achevés.
Cette reprise s’appuie sur un appareil de production sain. Le résultat d’exploitation reste positif à 1 548 701 dinars, à un niveau quasi identique à celui de 2024, qui s’établissait à 1 560 242 dinars. L’excédent brut d’exploitation, indicateur le plus pur de la performance opérationnelle, ressort à 1 530 460 dinars. En clair, l’activité de promotion immobilière, prise isolément, dégage un excédent stable et confortable.
– La cause est ailleurs que dans les ventes
Si la société affiche une perte malgré ce métier rentable, la cause se situe ailleurs, dans les charges financières. Celles-ci atteignent 6 841 331 dinars, contre 5 019 616 dinars un an plus tôt, une hausse de 36,3 pour cent. Elles découlent d’une stratégie d’expansion du stock financée par l’emprunt, l’endettement non courant passant de 34 976 060 dinars à 44 413 408 dinars. La perte est donc avant tout un coût de portage financier, appelé à se résorber au rythme de la commercialisation des projets en cours.
Car le stock immobilier, loin d’être un fardeau, constitue la matière première du chiffre d’affaires futur. Sa valeur brute progresse de 76 662 878 dinars à 94 984 389 dinars.

Cette expansion intègre la mise en service de la Résidence Agate, qui apparaît pour 27 038 075 dinars en travaux terminés, désormais prête à alimenter les ventes des prochains exercices. Le projet M41 Raoued, avec 22 948 187 dinars en travaux en cours, prend également le relais.
Le point le plus remarquable du dossier reste la valeur cachée du bilan. La participation de la SIMPAR dans la SODET SUD recèle une plus-value latente considérable. Une expertise indépendante évalue les douze lots de terrains détenus par cette filiale à 40 832 mille dinars, contre une valeur comptable de 13 888 mille dinars, soit une plus-value latente de 26 944 mille dinars non reflétée dans les comptes. Cette richesse dormante dépasse à elle seule le total des capitaux propres affichés, qui s’établissent à 19 237 994 dinars.
– Une trésorerie confortable, grâce au soutien de la banque-mère
Élément de confiance essentiel, les commissaires aux comptes délivrent une opinion sans réserve. Selon les deux commissaires aux comptes, les états financiers présentent sincèrement la situation de la société, sans aucune incertitude relevée sur la continuité d’exploitation ni déficience importante du contrôle interne. Pour une entreprise en perte, c’est un gage de solidité méthodologique appréciable.
La trésorerie conforte cette lecture. La variation de trésorerie redevient positive à 339 868 dinars, alors qu’elle était négative de 3 311 496 dinars en 2024. Ce redressement a été facilité par le soutien de la banque actionnaire, qui a accordé en 2025 le rééchelonnement de 16 768 006 dinars d’échéances impayées, desserrant la pression à court terme.
Au total, la SIMPAR présente le profil d’une entreprise dont le métier fonctionne, dont le bilan vaut davantage que ce que montrent les comptes, et dont la perte traduit un effort d’investissement plus qu’une faiblesse structurelle. L’enjeu des prochains exercices sera de convertir le stock construit en ventes assez vite pour alléger la charge de la dette.








