AccueilLa UNEEl Abbassi, en Cygne noir, promet une modernisation du Code des changes

El Abbassi, en Cygne noir, promet une modernisation du Code des changes

Intervenant, jeudi 16 juin ? devant la CTFCI (Chambre Tuniso-Française de Commerce et de l’Industrie), le gouverneur de la BCT (Banque Centrale de Tunisie), a d’abord brossé un « plan global les enjeux importants et les défis qui se dressent devant l’économie nationale en cette période chargée d’incertitudes ».

Marouane El Abassi a ainsi évoqué « le manque de visibilité qui en découle[qui] ne fait qu’accroître les aléas auxquels font face les opérateurs économiques », une « situation qui requiert de la part des autorités des actions décisives concertées à même d’assurer la préservation du tissu économique et la viabilité de ses opérateurs les plus actifs à savoir les PME, qui, en Tunisie comme ailleurs, constituent l’épine dorsale du système productif ».

–        Le Cygne noir

S’attardant toujours sur la situation économique, comme s’il voulait en faire entendre le monde entier, il évoque la faible reprise de la croissance en 2021 et 2022, année pour laquelle les prévisions tablent sur une croissance dont le rythme demeure assez lent (2,5%). Et El Abbassi d’alerter que « selon nos estimations, une baisse de l’activité dans la Zone Euro de 1% sur l’ensemble de l’année entraînerait une baisse d’environ 0,4% de la croissance en Tunisie ».

Et tel le cygne noir de Nicholas Taleb, le gouverneur évoque l’élargissement sensible prévu du déficit commercial en raison de la dépendance  du pays des importations de produits stratégiques, l’augmentation conséquente de la facture énergétique, l’alourdissement de la facture alimentaire, l’impact sur les exportations des secteurs manufacturiers en relation avec le ralentissement attendu de la demande en provenance de la zone euro, les effets négatifs sur les recettes touristiques en provenance des pays de la région sachant que le marché russe (800 MDT pour environ 630 mille arrivées en 2019), et l’accroissement des coûts de transport maritime et des frais d’assurance. Et El Abbassi, raisonnable, d’annoncer que « tous ces facteurs font que le déficit courant devrait s’aggraver pour avoisiner les 10% du PIB en 2022, contre les 6,8% prévus initialement et 6,1% en 2021 ».

–        Les chiffres qu’il faut connaître pour comprendre ce qui va arriver

Ce n’est pas la première fois qu’il le dit. Le gouverneur de la BCT explique, aussi, la hausse des cours des produits alimentaires et des produits énergétiques  qui aura pour effet d’accélérer les dépenses de compensation et creuser le déficit budgétaire.

Il rappelle ainsi que « l’augmentation d’un dollar induira une hausse de 137 millions de dinars de dépenses de compensation. De même, une augmentation de 10 $ du prix des céréales génèrera un surcoût de la facture de 88 millions de dinars sur la caisse générale de compensation ».

L’impact budgétaire net de ces deux seuls postes se situerait ainsi à près de 3% du PIB. Le déficit budgétaire serait alors de l’ordre de 9,7% du PIB contre 6,7% prévus par la LF 2022.

Il évoque, de nouveau aussi comme un inlassable donneur d’alerte, « la montée des pressions inflationnistes en perspective », une remontée, qu’il explique encore une fois pour les indécrottables néophytes par l’augmentation fulgurante des prix internationaux des produits de base, notamment l’énergie et les céréales et les fortes perturbations au niveau des chaînes d’approvisionnement, insistant sur « le caractère persistant de l’inflation qui connaitrait au cours de la période à venir une forte hausse », avertissant de nouveau sur le fait que « le coût de l’inaction s’avère très élevé, puisque l’inflation pourrait très vite devenir à deux chiffres, ce qui entraverait toute chance de stabilisation macroéconomique de nature à préparer le terrain pour une vraie relance économique ».

Le gouverneur de la BCT fait ensuite un crochet sur l’autre mission de régulateur qui est celle de « veiller à préserver la stabilité du taux de change du dinar ». Selon lui, « depuis le début de cette année, le dinar a subi la forte volatilité de la parité Euro/Dollar et a marqué une dépréciation de 6,3% à la date du 9 juin 2022 par rapport au billet vert, alors qu’il s’est légèrement apprécié face à l’Euro (0,9%) ». Et il explique cela par « la hausse généralisée du Dollar contre toutes les monnaies émergentes à l’instar de la livre égyptienne qui s’est dépréciée de près de 19,1% contre le dollar au 9 juin depuis le début de l’année, de même pour la livre turque (-30%), le forint hongrois (-14,6%) et le Dirham marocain (- 6,6%) ». Le Benchmark, même dans malheur, est en effet édifiant, et les chiffres par lui donnés, permettent de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la crise.

–        Les belles promesses d’un Gouverneur réaliste

El Abbassi esquissait certes ainsi, et ce n’est plus une première pour lui, un tableau plutôt noir. Il n’en reste pas moins les bras croisés, lorsqu’il évoque le rôle primordial de l’investissement, y compris des Tunisiens à l’étranger, en tant que levier de croissance économique.

Pour ce faire, le gouverneur de la BCT rappelle que qu’elle reste « fidèle à son engagement de levée progressive des restrictions de change, travaille sur le nouveau Code des changes, avec le challenge de répondre au mieux aux attentes des opérateurs économiques et aux mutations économiques et technologiques, caractérisées par l’accélération des mouvements des capitaux et des personnes et l’accentuation de la concurrence internationale ».

Il temporise cependant les ardeurs de beaucoup, en indiquant que  « le séquençage de cette libéralisation tiendra compte de la situation des équilibres macro-économiques fondamentaux et les performances de l’économie ».

Pour lui, en effet, la « levée des restrictions restantes aux opérations de change requiert une consolidation du système d’information de la BCT et un renforcement du contrôle interne des banques en matière du dispositif de change, afin d’assumer au mieux leur responsabilité quant à la délégation qui leur est confiée ».

Il explique aussi une « la modernisation du code de change », et non un nouveau code, qui se fera par « l’introduction d’une souplesse au niveau de la définition de la notion de résidence sur le plan change, avec bien évidemment un avantage comparatif à l’investisseur étranger ; la cohérence avec les autres textes comportant des dispositions liées au change et notamment ceux régissant l’investissement en Tunisie ». Et  enfin « une meilleure adaptation aux mutations technologiques surtout en matière de digitalisation des paiements à l’international et à l’évolution de l’écosystème, liée notamment au développement du e-commerce de biens et de services et au changement du comportement des agents économiques ».

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