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dimanche 27 septembre 2020
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El-Kamour : La course vers l’abîme !

Ce qui se passe actuellement et depuis bientôt deux mois à El-Kamour ne pourra, en dernière analyse, qu’emporter le pays dans une course chronométrée vers l’abîme. Les  contestataires font d’extraordinaires efforts pour ne pas entendre raison et les autorités, débordées et impuissantes, feignent d’être partie prenante dans la crise. Le président de la République, Kais Saied, lui-même, dit tenir une vision pour une solution pour ce qui est en train de prendre les allures d’un drame, mais on ne sait pas ce dont il est capable sur ce registre sauf discourir, demander aux sit-inneurs de lever leur mouvement et promettre, comme ceux qui l’avaient précédé, de trouver une issue à ce problème qui n’a que trop duré.

Les compagnies qui exploitent le pétrole et le gaz dans cette vaste région du Sud, exaspérées par les mouvements de protestations à répétition, menacent de s’en aller sous d’autres latitudes où elles seront sûrement les bienvenues. Elles l’ont dit au chef de l’Etat lui « intimant » en quelque sorte d’user des prérogatives qui sont les siennes pour régler cette question une fois pour toutes. Il est vrai qu’elles se retrouvent dans un périmètre qui peut être considéré comme une « zone de non-droit » où  l’Etat est privé de tout outil de puissance publique pour faire respecter la loi et les droits des investisseurs.

Les nouveaux maîtres des lieux, de jeunes chômeurs des régions méridionales du pays, lassés par les promesses du gouvernement mais remplumés  par l’impouvoir des autorités à toutes les échelles, ont sans coup férir verrouillé l’ important oléoduc qui transporte normalement la moitié du pétrole du pays et des centaines de personnes et ont pris d’assaut un site de production de brut, réduisant la production de gaz d’environ 40 % et celle de pétrole de moitié. « Notre sit-in va se poursuivre et les vannes pétrolières resteront fermées en attendant une rencontre prochaine avec le nouveau gouvernement », a averti un des chefs de file du mouvement.

Les protestations  exigent que le nouveau gouvernement de Hichem Mechichi, qui a prêté serment la semaine dernière, honore la promesse faite en 2017 d’investir des millions pour développer la région, étant rappelé que les gouvernements successifs avaient  promis plus d’investissements dans la région, mais beaucoup de ces promesses n’ont pas été tenues. A la mi-août, les autorités ont proposé de créer 250 emplois sur trois ans, selon la coordination du sit-in qui a qualifié cette offre d' »inacceptable ».

Tataouine souffrait déjà d’un taux de chômage de plus de 30 %, l’un des plus élevés du pays, avant que la pandémie de coronavirus n’anéantisse des milliers d’emplois informels et n’étrangle les réseaux de commerce transfrontalier illicite avec la Libye et l’Algérie qui apportent un revenu vital à de nombreux ménages de la région qui compte parmi les plus marginalisées du pays, avec un taux de chômage supérieur à la moyenne, des infrastructures défaillantes et un secteur privé en perte de vitesse.

La ministre sur la ligne de front

Pour l’heure, et en attendant  l’entrée en lice du président de la République, c’est la  ministre de l’Industrie, de l’énergie et des mines, Saloua Seghir, qui est saisie du dossier. Elle a rencontré  les représentants de trois sociétés pétrolières opérant dans le sud tunisien, à savoir la Compagnie autrichienne « OMV Tunisie », la société italienne  » Eni Tunisie » et la société tuniso-britannique ATOG (Anglo-tunisian oil and Gas).

A défaut de solutions pratiques et immédiates, la ministre a repris la profession de foi de ses prédécesseurs, celle qui place le dossier El Kamour parmi les priorités du gouvernement actuel, en y ajoutant que ce dernier « est en train d’élaborer un plan d’action participatif impliquant toutes les parties prenantes, étant donné la légitimité des revendications sociales exprimées par les manifestants ». Elle ne s’est pas fait faute d’assurer de « son engagement à résoudre le problème dans les plus brefs délais pour permettre aux compagnies concernées de reprendre leur activité et préserver les emplois ».

Serait-elle parvenue à convaincre les managers des trois compagnies ? Difficile de le croire  à entendre les griefs de ses interlocuteurs. Par exemple,  le directeur général d’OMV Tunisie a indiqué que sa société a enregistré des pertes importantes qui menacent la poursuite de son activité en Tunisie, ce qui l’a contrainte à réviser les horaires de travail et à réduire les salaires à 60%. Il n’en a pas moins exprimé la volonté de la société de parvenir à des solutions pour reprendre la production arrêtée depuis mi-juillet 2020, à cause du blocage dudit pipeline, tout en insistant  sur l’importance de sécuriser les sites de production et de rattraper le retard accusé par les partenaires locaux dans le règlement de leurs arriérés avant la fin de l’exercice 2020. De son côté, le directeur général de la société Eni Tunisie a appelé le département de l’énergie à débloquer la situation à El Kamour afin de permettre à la société de reprendre la production dans les plus brefs délais, soulignant pour sa part, la nécessité pour les partenaires locaux de payer leurs factures avant la fin de l’année 2020. Enfin, le  DG de la société ATOGi a affirmé la disposition de sa société à développer le partenariat bilatéral avec la Tunisie et à renforcer la sécurité énergétique malgré la situation économique difficile et la pandémie du coronavirus.

4 Commentaires

  1. Il faut prendre au sérieux les termes des contrats signés avec les étrangers qui peuvent être indemnisés en totalité sans produire. Les inconscients responsables Tunisiens chômeurs (ne voulant pas innover et prendre leurs responsabilités) et les gouvernements à mains troublantes, qui par peur, lancent des promesses sans pouvoir les tenir, sont à l’origine de l’amplification et de la multiplication du chômage sur tout le pays. Des Tunisiens trop gâtés et irresponsables. Des Tunisiens qui veulent toucher des salaires sans contrepartie et sans se soucier de la misère qu’ils causent aux autres. Un mental de « clou dans le mur » est à bannir de chez nous. Aucun salaire sans équivalent en travail effectif ne sera accordé à personne. Notre pays est soumis à un banditisme de tous types. Tant que les gouvernements soient tenus par des mains troublantes et tant que les le banditisme n’ait pas trouvé de réel obstacles légaux applicables sur le terrain, notre peuple va souffrir de plus en plus. A qui profite ? Qui sont les réelles victimes ? Qui va prendre la courageuse décision de rétablir la discipline sociale au pays ? Y a-t-il encore dans notre pays des gouvernants de bonne carrure pour remettre le peuple sur la bonne piste de développement intégral ? Il faut dire que : notre soit nouvelle constitution est mal comprise soit qu’elle est tellement molle pour que des fâcheuses failles puissent nous mettre en danger et en permanente instabilité. A qui profite ? Qui sont les vraies victimes et jusqu’à quand allons-nous subir cette désagréable pièce théâtrale ?

  2. Je croyais qu’il n’y avait pas de pétrole en Tunisie bande de criminels vous exploitez les richesses d’une région de notre Tunisie dans même leur donner un os a broyer tellement ces politiciens et hommes d’affaires sont des hyennes ou plutôt des vampires a sucer les snag des citoyens le peuple doit se réveiller on en peut plus le peuple doit réagir et reprendre sa notoriété dégage les politiciens et entrepreneurs corrompus

  3. Quand il s’agit de défendre les intérêts vitaux du pays, il faut que le conseil national de sécurité (sous le commandement du président) intervienne avec toute fermeté
    L’armée nationale doit utiliser la force contre les sit-inneurs et les enrôler dans l’armée (Voilà un bon travail au service de la patrie).
    L’état ne doit plus faiblir devant des « demandeurs d’emploi » manipulés par des partis politiques dont la devise est « ou bien on travaille, ou bien personne ne travaille »

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