Ennahdha met le couteau sous la gorge de Chahed. Youssef devrait s’en...

Ennahdha met le couteau sous la gorge de Chahed. Youssef devrait s’en expliquer ou partir

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Cela pourrait-être un nouveau coup bas d’Ennahdha à son partenaire, pour l’obliger à des concessions dans une autre négociation qui reste secrète. La pratique n’est pas nouvelle chez le parti islamiste tunisien. Les faits et les déclarations restent là. Le ton d’Ennahdha envers son protégé, semble cette fois différent, presqu’un coup de sang par la voix de Harouni.

S’exprimant, en effet, samedi 6 juillet 2019, à l’occasion des travaux de la 3e session annuelle des cadres d’Ennahdha, le président du conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, a révélé que son parti «négocie actuellement avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, son maintien ou son départ à la tête du gouvernement sous ses conditions». Et Harouni d’ajouter, la menace à peine voilée de changer son fusil (Ndlr : de soutien politique) d’épaule, que «Ennahdha mettait en œuvre la politique définie par le conseil de la Choura, à savoir, une bonne relation avec le président de la République, des rapports constructifs avec l’UGTT et des négociations conditionnées avec Youssef Chahed, tout en préservant ses intérêts».

  • Des négociations, et secrètes de plus. Il y a anguille sous roche !

En soi, le soutien d’Ennahdha à Youssef Chahed et son gouvernement n’est pas nouveau. Il avait même été, à plus d’une reprise, expliqué par le souci de stabilité gouvernementale qui animait le parti islamiste. C’est, d’ailleurs, l’une des principales raisons de la confiance accordée au chef du gouvernement tunisien par les forces en dehors de son propre parti, Tahya Tounes.

Les dernières déclarations du bras droit de Rached Ghannouchi éclairent, cependant, le soutien islamiste d’une autre lumière, complètement différente du louable souci de la stabilité. On découvre ainsi que ce soutien n’obéissait pas qu’au simple souci de stabilité. Autrement, il n’aurait pas bougé d’un iota, l’instabilité étant toujours un danger qui guette, et la situation sociale, et la situation économique et même l’avenir des prochaines échéances électorales.

Le fragile équilibre de cette stabilité reposerait manifestement sur d’autres piliers que la population ne connaît pas. Des piliers ou des intérêts dont les gouvernés ne connaissent que dalle. De quoi s’agit-il ? De quels intérêts Ennahdha et Chahed se soucient-ils dans ces négociations ? Des intérêts nationaux, partisans ou plus bassement personnels ?

  • Des déclarations, jusque-là non démenties, ni par Chahed, ni par son parti. Pourquoi ?

Quelques jours après les derniers attentats commis par des terroristes religieux, et dans un pays où ce genre de terrorisme reste lié, à tort ou à raison- là n’est pas la question dans le présent article d’opinion- à l’islamisme, les propos de Harouni sonnent comme une tentative politicienne d’éclabousser Chahed et son parti. L’éclabousser de la boue d’une connivence avec un parti politique haï par plus de 3 millions d’électeurs, si l’on exclut les irréductibles du parti islamiste tunisien, lesquels se comptent désormais en milliers et non plus en centaines de milliers. Des élections où tous sans exception, cherchent à minimiser l’impact de l’islamisme rampant dans la vie sociopolitique de la Tunisie.

Ces déclarations de Harouni sur des négociations secrètes avec Youssef Chahed et sur les conditions que pose Ennahdha pour son maintien, datent de samedi dernier. Depuis, Youssef Chahed, chef de gouvernement et président de Tahya Tounes, et le même parti, se taisent et n’ont publié aucun communiqué à ce sujet. Qui ne dit mot consent !

Nidaâ Tounes avait implosé à cause, notamment, de ses relations ambiguës, père et fils, avec Rached Ghannouchi et son parti. Par leur silence, Chahed et son Tahya se retrouvent sur une pente glissante. Une pente qui pourrait confirmer les sondages que tous ses proches minimisent. Et si les déclarations de Harouni étaient véridiques ? Que restera-t-il d’autre à Chahed pour sauver son parti que de quitter la scène pour s’assurer une rentrée moins destructrice, pour lui et pour son parti ?!

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