23 octobre 2013, deux ans nous séparent des premières échéances électorales qu’a vécues la Tunisie depuis la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite et la chute de son régime.
Le climat reste toujours tendu et empoisonné par une grave crise suite au retrait de 60 députés de l’ANC après le meurtre de Mohamed Brahmi, le 25 juillet dernier.
Ce mercredi 23 octobre, date choisie pour le démarrage du dialogue national, Tamarod, les principales coalitions de l’opposition, plusieurs associations ainsi que d’autres composantes de la société civile ont choisi d’exprimer leur mécontentement d’ Ennahdha, chef de file de la coalition au pouvoir, censée annoncer la démission de son gouvernement.
Dégage…. Encore une fois à l’avenue Habib Bourguiba
12h00 à l’avenue de Habib Bourguiba, des milliers de Tunisiens et des Tunisiennes ont répondu à l’appel de l’opposition.
Répétant le fameux mot « dégage » devant le siège du ministère de l’Intérieur, les manifestants ont scandé plusieurs slogans: « aujourd’hui, c’est le moment du départ », « Laarayedh est le producteur du terrorisme », « le gouvernement du terrorisme, le peuple souffre encore dans les zones rurales ».
Elèves et lyciens regrettent l’ère Ben Ali
La manifestation d’aujourd’hui a été marquée aussi par la présence d’un grand nombre d’élèves et de collégiens des établissements scolaires sis à au centre-ville qui se sont rassemblés à l’avenue 14 janvier.
Ils avaient une seule et unique motivation, celle de voir le gouvernement actuel partir après deux ans d’échec. « On est neutre. Je suis venue de Kasserine pour exprimer le mécontentement du peuple envers ce gouvernement », nous a assuré Sana, âgée d’une vingtaine d’année, avant d’ajouter, les larmes aux yeux : « le gouvernement n’a rien fait pour ce peuple, particulièrement pour la région de Kasserine. On regrette l’ère de Ben Ali qui n’a jamais tiré de chevrotine sur les enfants ».
Le syndicat national des forces de l’ordre soutient les manifestants
Ce 23 octobre, les forces sécuritaires étaient au rendez-vous. Leur présence était massive. A cette occasion, Mohamed Ridha Zitouni, secrétaire général chargé du dossier social au Syndicat National des forces de Sécurité Intérieure, a indiqué qu’un effort louable a été déployé pour assurer le bon déroulement de cette manifestation.
Dans une déclaration à Africanmanager, il a affirmé que l’amour de la Tunisie a poussé les forces de sécurité à être présentes malgré leur harcèlement, ces derniers temps, par le ministère de l’intérieur. On cite également les notifications de suspension de fonctions émises, mardi 22 octobre, à l’encontre de certains membres du bureau exécutif du Syndicat national des forces de la sureté intérieure, suite aux incidents ayant eu lieu, vendredi dernier, à la caserne de l’Aouina. « Notre mission est de protéger la Tunisie et l’ensemble des citoyens. C’est la raison pour laquelle le syndicat s’est mobilisé pour sécuriser cette journée historique » a-t-il dit.
Les membres LPR dispersés par les agents de l’ordre
Au moment où des milliers des Tunisiens étaient rassemblés à l’avenue de Habib Bourguiba à l’occasion de cette date historique, des membres de la ligue de protection de la révolution dont le nombre ne dépasse 150 ont été dispersés par les agents de l’ordre afin d’éviter toute confrontation. Ceci alors que le vice-président du Bureau de Communication du Mouvement Ennahdha, Faycel Maater, a affirmé sur Mosaïque Fm, que le mouvement n’a pas appelé ses partisans à sortir dans les rues aujourd’hui et que ces derniers ne sont ni dans les rues ni dans les places publiques.
Encore des morts parmi les forces de sécurité
Cette manifestation est venue au moment où toute la Tunisie attendait l’allocution du chef du gouvernement, prévue à 11h puis reportée pour avoir finalement lieu, dans la soirée, et dans laquelle Ali Laarayedh a annoncé que le gouvernement ne démissionnera pas.
L’avenir de la Tunisie demeure incertain après ce refus de démission et surtout à la suite du décès de 6 membres des forces de sécurité lors des affrontements qui ont eu lieu entre un groupe terroriste et des agents de sûreté dans la région de Sidi Ali Ben Aoun, à Sidi Bouzid, lors d’une intervention dans le domicile d’un suspect.
Wiem Thebti








